La mission Bern

La mission Bern

La mission confiée à Stéphane Bern contribue à la sauvegarde du patrimoine français. Pour sa troisième saison, dix-huit sites emblématiques des régions de métropole et d’outre-mer ont été sélectionnés. Détail de leur intérêt et des travaux qu’ils nécessitent.

Les dotations accordées à ces 18 sites emblématiques seront annoncées lors des prochaines Journées européennes du patrimoine en septembre prochain. Ceux-ci bénéficieront d’un soutien financier de la Mission Stéphane Bern via la Fondation du patrimoine, grâce aux jeux Mission Patrimoine 2020 de FDJ. Cette aide s’ajoutera aux subventions du ministère de la Culture pour les édifices protégés au titre des monuments historiques ainsi qu’aux dons et mécénats collectés.

La sélection
Les projets sont instruits par les Directions régionales des affaires culturelles et les délégations régionales de la Fondation du patrimoine
• Critères : intérêt patrimonial, situation de péril de l’édifice, degré de maturité de l’opération, et le projet de valorisation ou de réutilisation et l’impact socio-économique sur le territoire.
• Typologies de patrimoine : toutes, hors patrimoine mobilier, de toutes les époques, qu’il s’agisse de patrimoine bâti (immeubles), qu’il soit religieux, castral, agricole, artisanal, industriel, culturel, militaire, maison d’illustre, rural ou urbain, etc., ou de parcs ou jardins. Natures des propriétaires : toutes, qu’il s’agisse de collectivités publiques, d’associations, ou encore de fondations, congrégations, de particuliers, d’entreprises, etc.
• Protection des lieux : tous les patrimoines sont éligibles, qu’ils soient non protégés, labélisés par la Fondation du patrimoine, inscrits ou classés au titre des monuments historiques ou des sites, ou contenus dans un site patrimonial remarquable.

Le financement
Le total des fonds mobilisés en 2019 pour les opérations sélectionnées par la Mission Stéphane Bern grâce aux jeux, aux crédits ministériels exceptionnels et aux collectes de dons et de mécénats, s’élève à environ 45 millions d’euros. Depuis le début de la mission en 2017, le montant total des fonds est de plus de 87 millions d’euros.
• Les jeux Mission Patrimoine de FDJ et les crédits ministériels exceptionnels
Les recettes de l’édition 2019-2020 des jeux Mission Patrimoine (le tirage d’un Super Loto le 14 juillet 2019 et la vente de tickets de grattage à 3 € et à 15 €) ont déjà permis à la Fondation du patrimoine de percevoir plus de 24 millions d’euros à ce jour (et 22 millions d’euros pour l’édition 2018). Les jeux 2019 étaient disponibles jusqu’au 5 juillet 2020 chez les détaillants ou sur le site internet www.fdj.fr.
• Les crédits monuments historiques exceptionnels
Le ministère de la Culture a apporté de son côté, en plus des dotations ordinaires consacrées aux opérations portant sur des monuments historiques, 28 millions d’euros de crédits exceptionnels. Ils correspondent au montant des taxes à percevoir par l’État sur les jeux Mission Patrimoine, et viennent s’ajouter aux aides habituelles du ministère. Dorénavant, l’État garantit que, chaque début d’année, sera rendu disponible sur le budget patrimoine du ministère de la Culture un volume de crédits budgétaires équivalent au montant des taxes perçues l’année précédente, engagement inscrit en amont du vote du budget 2021. Les montants correspondants seront bien fléchés sur les projets sélectionnés par le Loto du Patrimoine. Les subventions, en moyenne de 10 à 20 % du montant des travaux pour les immeubles inscrits, de 20 à 50 % pour les immeubles classés, pourront être portées à un taux exceptionnel de 40 % pour les monuments inscrits, et 60 % pour les monuments classés.
• Les collectes de dons en faveur de la Mission Bern ou de ses projets faites sur le site www.missionbern.fr. Elles ont permis de réunir 5,8 millions d’euros au total.
• Le mécénat : Axa France, FDJ et Fondation d’entreprise FDJ, JCDecaux soutiennent la Mission Bern. Plusieurs entreprises mécènes et fondations d’entreprise participent au financement de ses projets telles Total Foundation, CGPA, AG2R La Mondiale, Mutuelle Ivry la Fraternelle, SMA BTP, Laurent-Perrier, Gecina ainsi que des clubs de mécènes de la Fondation du patrimoine. Le montant total du mécénat est de 7,4 millions d’euros.
• Les Pièces d’histoire, développées par la Monnaie de Paris en partenariat avec Stéphane Bern, en vente notamment sur le site de la Monnaie de Paris, ont permis de collecter 649 000 € HT depuis le 25 mars 2019 pour soutenir la Mission Bern.
• Le Pass Patrimoine, lancé en octobre 2019, est un pass coupe-file permettant d’accéder gratuitement et en illimité à plus de 400 monuments de France et de Belgique. 80 % du prix d’entrée est reversé au lieu concerné, et 10 % de la marge à la Fondation du patrimoine en faveur des projets de la Mission Bern. Il est en vente au prix annuel de 79 € en Pass Solo et de 149 € en Pass Duo, sur le site de la startup Patrivia.
• La Poste soutient la Mission Bern par l’édition en 2019 et 2020 d’un carnet de timbres « Ensemble, sauvons notre Patrimoine ! » à l’effigie des projets emblématiques.

Le séchoir à tabac de Lipsheim, remonté à l’Écomusée d’Alsace d’Ungersheim.

Les sites
Auvergne-Rhône-Alpes. Ardèche
Église Saint-Étienne de Mélas au Teil
Intérêt patrimonial : l’église est située sur le premier lieu de peuplement du Teil durant l’Antiquité, sur l’ancienne voie romaine reliant Nîmes à Lyon. Sa date de fondation n’est pas connue, mais celle d’un monastère de femmes par Frédégonde vers 550 apparaît dans le premier cartulaire de la cathédrale de Viviers. L’église réunit trois édifices distincts, juxtaposés au XIXesiècle par la construction du bas-côté Sud : une nef centrale à cinq travées du XIIesiècle, une nef unique dans le bas-côté Nord qui pourrait dater du XIe siècle et une étonnante chapelle octogonale au Nord, creusée de hautes niches semi-circulaires, qui remonterait également au XIe siècle et pourrait avoir été une chapelle funéraire. Au milieu du XIXe siècle, les archéologues et historiens, dont Prosper Mérimée, sensibilisent l’opinion publique sur la sauvegarde de ce monument qui venait d’être remis en lumière grâce au percement de la Nationale 102.

Bourgogne-Franche-Comté. Doubs
Temple protestant Saint-Martin à Montbéliard
Intérêt patrimonial : au XVIesiècle, Montbéliard, ville luthérienne en forte croissance démographique, est gouvernée par la famille des Württemberg. Le temple Saint-Martin est édifié par l’architecte H. Schickhardt entre 1601 et 1607, dans le cadre d’une politique d’urbanisme d’envergure du Prince. Il allie morphologie des premières églises luthériennes allemandes et inspiration italienne. C’est le plus ancien lieu de culte protestant existant en France. Son aspect intérieur a été modifié au cours des siècles : les boiseries latérales, chaire et stalles ont notamment été ajoutées au XIXe siècle. Plusieurs éléments classés monuments historiques s’y trouvent. En 2019, suite à l’intervention d’un atelier de restauration et conservation d’objets d’art sur une travée test, des décors peints d’origine ont été découverts. Ils laissent apparaître partiellement la modénature des baies des façades.

Bretagne. Côtes-d’Armor
Phare, fort et caserne de l’île aux Moines
Intérêt patrimonial : l’île aux Moines doit son nom à l’installation d’une communauté de cordeliers au XVesiècle. Non fortifiée par Vauban, elle devient un repère de corsaires anglais. Face à cette piraterie, les autorités royales décident au début du XVIIIesiècle de fortifier l’archipel. Le fort et la caserne datent de cette période. Au XIXe siècle, un phare est implanté sur l’île pour sécuriser la côte. Il sera éclairé en 1854. Détruit en 1944, il est remplacé en 1952. L’histoire de l’île est intimement liée à celle de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) née en 1912 suite au massacre des macareux moines — symbole de l’association — lors de safaris organisés par la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest sur les côtes nord de Bretagne et en particulier sur l’archipel des Sept-Îles. Le classement de l’archipel en Réserve naturelle protégée, la première en France, date de cette période. Jusqu’en 1970, la LPO se consacre à la gestion de la réserve des Sept-Îles avant de créer d’autres réserves naturelles en France.

Centre-Val de Loire. Cher
Grange pyramidale à Jars
Intérêt patrimonial : les granges pyramidales, uniques en France, sont la mémoire du Pays fort et de ses traditions paysannes. D’une soixantaine à l’origine, il n’en reste aujourd’hui qu’une trentaine, toutes propriétés privées à l’exception de celle de Vailly-sur-Sauldre, déplacée d’un hameau du canton puis remontée pour servir de grange témoin. Emblèmes du Pays-Fort et de son bocage, elles sont impressionnantes par la hauteur de leur faîtage (de 12 à 15 m) et la pente de leur toit à quatre pans. Leur particularité est l’absence de mur porteur : les pans s’appuient sur des poutres qui se rejoignent en un faîtage pointu. Cette grange appartient à un ensemble de bâtiments composant le corps de ferme des Chenuets. Elle a gardé la plupart de ses caractéristiques d’origine : toiture imposante, charpente sur poteaux, aire centrale de battage, bergerie, mangeoires et stockage en niveau haut. Elle a cependant été remaniée, la pente du toit arrière ayant disparu.

Corse. Haute-Corse
Couvent des filles de Marie de l’île Rousse
Intérêt patrimonial : ce bâtiment a été édifié en 1849 à l’initiative de François Piccioni, oncle du maire de l’île Rousse, Sébastien Piccioni. Il avait alors pour but d’abriter la congrégation d’Agen des Filles de Marie, dévouée à l’instruction des jeunes filles. En 1906, l’institut fut laïcisé et prit le nom d’Institution Jeanne d’Arc. Plus tard, une magnanerie y fut installée au premier étage alors confisqué. En 1970 une partie du bâtiment deviendra une école maternelle, doublée d’un local de catéchisme. Cet édifice du XIXesiècle constitue un élément important de l’identité de la place Paoli. Il est l’un des trois monuments qui forment un ternaire d’édifices publics autour de la place : église de la Conception, marché couvert et Institut des Filles de Marie.

Grand Est. Haut-Rhin
Séchoir à tabac de Lipsheim, remonté à l’Écomusée d’Alsace d’Ungersheim
Intérêt patrimonial : la culture du tabac était aux XVIIIe et XIXesiècles un véritable moteur économique de la région. Les feuilles de tabac étaient séchées sous les auvents des maisons ou dans des séchoirs dédiés. Leur architecture typique, étroite et en hauteur, a longtemps marqué les paysages alsaciens. Devenus rares, les séchoirs traditionnels, aujourd’hui sans vocation, sont laissés à l’abandon et parfois démolis. Précieux témoin de cette activité artisanale, l’ancien bâtiment de séchage du tabac de Lipsheim, dans un état critique, pourrait remonter à la fin du XVIIIe ou début du XIXe siècle. Afin d’assurer sa sauvegarde, ses propriétaires privés ont décidé d’en faire don en 2017 à l’Écomusée d’Alsace. Il a ainsi été démonté et transféré au musée, rejoignant une collection de plus de 70 édifices traditionnels représentatifs de l’histoire régionale. Il y est à ce jour le seul exemplaire en lien avec l’activité de séchage de tabac, mais est en attente de remontage et restauration pour être visible du grand public.

Hauts-de-France. Somme
Église Saint-Pierre de Dompierre-sur-Authie
Intérêt patrimonial : construite au début du XVIesiècle, l’église Saint-Pierre s’élève au centre du petit bourg de Dompierre-sur-Authie dans le canton de Rue.
L’édifice représente dans la région un bel exemple d’église paroissiale soutenue par un puissant lignage, la famille de Rambures. Avec sa femme Jeanne d’Halluin, André de Rambures, conseiller et chambellan du Roi, sénéchal et gouverneur du Ponthieu, grand Maître des eaux et forêts de Picardie, seigneur de Rambures, Drucat et Dompierre, fit construire cette église sur des fondations anciennes avant 1513. Elle présente un plan recherché avec un bel étagement des masses et les caractéristiques architecturales du gothique flamboyant de cette partie de la Picardie. Elle est organisée selon un plan en croix latine. Sa nef de trois travées, traversée par un transept saillant, se termine par un chœur à trois pans. Un clocher recouvert d’ardoises surplombe la première travée du bas-côté Nord.

Île-de-France. Val-d’Oise
Fort de Cormeilles-en-Parisis
Intérêt patrimonial : la fin du siège de Paris par la coalition de la Prusse et des États allemands le 26 janvier 1871 a entraîné la chute de l’Empire et l’avènement de la IIIRépublique. Pour protéger la capitale d’une nouvelle menace, le gouvernement décide de la réalisation d’une ceinture de forts autour de Paris, confiée au général Séré de Rivières, directeur du service du Génie. Premier ouvrage réalisé entre 1874 et 1877, le fort de Cormeilles, au sommet de la butte du Parisis, servira de modèle pour les suivants. Il est de structure polygonale entourée de fossés secs avec un Massif central constitué de 2 bâtiments de casernement : l’un pour les officiers et l’autre les artilleurs. La façade de celui des officiers est particulièrement soignée, associant pierre de taille et brique. Il est doté de la seule chapelle du système de fortification de Séré de Rivières, avec 2 baies jumelées. Les fossés sont défendus par 3 caponnières pourvues d’armement léger. Durant la Seconde Guerre mondiale, le fort était occupé par la marine allemande et, de 1947 à 1956, servit de prison pour des officiers allemands et collaborateurs. De 1973 à 1997, l’Infanterie de Marine s’y installe et organise des stages d’initiation commando pour les réservistes.

Normandie. Seine-Maritime
Théâtre romain de Lillebonne
Intérêt patrimonial : le théâtre antique de Lillebonne est un édifice de spectacle situé dans l’ancienne ville de Juliobona, aujourd’hui Lillebonne. Il est découvert en 1754 puis acquis par le Département de la Seine-Inférieure en 1818 et fouillé dès 1830. La qualité des vestiges antiques retrouvés sur site est révélatrice de l’importance et de la prospérité de la ville durant les trois premiers siècles de notre ère. Le théâtre en est l’un des principaux témoins. Édifié et remanié à plusieurs reprises entre le Ier et le IIIesiècle, il servit au fil du temps de bastion défensif, pâture, verger ou encore carrière de pierres. Il est aujourd’hui un site archéologique majeur de Normandie et l’un des édifices antiques de spectacle les plus étendus et les mieux conservés du nord de la France.

Nouvelle-Aquitaine. Corrèze
Viaduc des rochers noirs
Intérêt patrimonial : enjambant les gorges de la Luzège à 92 m de hauteur, ce viaduc a été construit par la Société des tramways de la Corrèze de 1911 à 1913, à partir d’un système inventé par l’ingénieur Albert Gisclard. Inauguré par le Président Raymond Poincaré lors d’un voyage officiel en Corrèze, il fut emprunté jusqu’en 1959 par le « Transcorrézien », pittoresque tacot qui sillonnait la campagne de Tulle à Ussel. Sur la quarantaine d’ouvrages du même type construits dans le monde, il en reste seulement cinq aujourd’hui, dont ce viaduc.

Occitanie. Aude
Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse
Intérêt patrimonial : fondée en 779 par Charlemagne, l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse est l’un des monuments religieux les plus prestigieux d’Occitanie. Elle témoigne de plus 1 200 ans d’histoire. Elle offre un véritable catalogue d’architectures du Xe au XVIIIesiècle et porte les traces d’un rayonnement politique et spirituel éminent. Cette abbaye appartient à deux propriétaires distincts : le Conseil départemental de l’Aude et la SCI Abbaye de Lagrasse, qui héberge la communauté des Chanoines de la mère de Dieu. La communauté s’est installée dans les murs abandonnés à l’usure des temps depuis la Révolution française. Elle a ainsi redonné sa vocation religieuse au lieu et entrepris le sauvetage de ce patrimoine historique.

Pays de la Loire. Maine-et-Loire
Ancien tribunal à Baugé-en-Anjou
Intérêt patrimonial : situé en cœur de bourg, ce tribunal a été construit entre 1862 et 1866, d’après les plans de l’architecte tourangeau Léon Rohard, inspirés par le Palais de Justice de Paris. Son style néoclassique traduit l’hégémonie de l’École des Beaux-Arts sous le Second Empire. Sa majestueuse façade principale est agrémentée de quatre colonnes doriques à double volute, soutenant un rebord de toit orné d’une remarquable frise sculptée. L’intérieur de l’édifice dévoile d’immenses salles aux murs couverts de boiseries et de cheminées de pierre sculptées. L’actuelle salle d’audience du tribunal est décorée avec une tapisserie ancienne dans les tons bleus. Le parti-pris de l’époque consistait en un tribunal communiquant directement avec la maison d’arrêt, située à l’arrière. Les travaux de construction sont complétés en 1867 par l’aménagement de jardins.

Provence-Alpes-Côte d’Azur. Hautes-Alpes
Cathédrale Notre-Dame du réal à Embrun
Intérêt patrimonial : le clocher roman à flèche octogonale de la cathédrale du Réal domine la vallée de la Durance. Cette cathédrale de la fin du XIIesiècle est située sur l’un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Une alternance originale de pierres noires et grises souligne ses façades, caractérisées par une architecture d’inspiration lombarde. Son clocher engagé dans la façade et le portail ouest est surmonté d’une grande rosace datant du XVe siècle. L’intérieur de l’édifice magnifie le mariage du roman et du gothique. Accrochées à un pilier, les orgues en encorbellement de la fin du XVe siècle, don de Louis XI, comptent parmi les plus anciennes de France.

Guadeloupe
Habitation Zévallos au moule
Intérêt patrimonial : le site de Zévallos est unique parce qu’il rassemble l’une des premières sucreries industrielles de la Caraïbe et une maison de style Louisiannais, construite vers 1850. C’est l’une des seules architectures de briques et de fer de la Guadeloupe. Le site s’étend sur presque 2 ha et a une place dans les traditions orales. Il témoigne de l’évolution économique de la Guadeloupe et de l’histoire de son peuplement à partir du XVIIesiècle. Son histoire est traversée par celle des premiers colons puis des esclaves pour finir par l’arrivée de la main-d’œuvre d’origine indienne.

Martinique
Église du Sacré-Cœur de Balata
Intérêt patrimonial : sa position centrale et dominante face à la baie de Fort-de-France fait de l’église du Sacré-Cœur de Balata un arrêt touristique incontournable en Martinique. Chaque année, plus de 200 000 personnes viennent la visiter.
L’église, appelée plus communément « le Montmartre Martiniquais », a été construite entre 1923 et 1925 sur les hauteurs de Fort-de-France. Elle est l’œuvre de deux architectes parisiens, Charles Wulffleff et Aloïs Verrey, qui ont choisi de mêler le béton armé à l’andésite locale. Inspiré du Sacré-Cœur parisien, cet édifice propose une interprétation tropicalisée de son style romano-Byzantin, tout en en conservant certains aspects comme la grande coupole. Il est doté d’une riche documentation, constituée notamment du journal paroissial édité pendant toute la construction.

Guyane
Église Saint-Joseph d’Iracoubo
Intérêt patrimonial : la construction de l’église Saint-Joseph résulte d’un long travail qu’a su mener à bien le Père Raffray avec l’ensemble des habitants d’Iracoubo. Jusqu’en 1888, les offices religieux sont célébrés dans un ancien hangar à coton prêté par la veuve d’un colon du nom de Jacquet. Ce local est fort incommode : trop chaud, mal ventilé et pas équipé. À son arrivée, en 1886, le Père Raffray entreprend la construction d’une nouvelle église : les travaux débutent en 1887 et durent 6 ans. Les fonds alloués par le clergé se révélant insuffisants, les habitants se mobilisent en offrant des dons de toutes sortes : matériaux, main-d’œuvre et argent. Le Père Raffray offre lui-même 5 000 francs. Une fois l’édifice réalisé, le Père Raffray a voulu faire de cette église un joyau unique en y apportant une décoration intérieure de qualité. Il fit recouvrir la totalité de la surface intérieure par un décor peint réalisé par le bagnard Pierre Huguet, entre 1892 et 1898, dont le style se rattache à l’art naïf. Les thèmes iconographiques utilisés proviennent de l’imagerie populaire.

La Réunion
Pont suspendu de la rivière de l’est entre Sainte-Rose et Saint-Benoît
Intérêt patrimonial : le pont est construit en 1893 par les ingénieurs et industriels Ferdinand Arnodin et PierreJoseph Bonnin, spécialistes des ponts à câbles et considérés comme les inventeurs des ponts transbordeurs. Il a été construit pour relier la région Est à celle du Nord, mais surtout pour développer l’industrie sucrière par le transport des cannes sur un pont et non plus par un passage à gué de la rivière, très risqué et incertain. Le pont est en son temps une innovation majeure pour La Réunion. Il est implanté à 3 500 m du rivage, à 42 m au-dessus de la rivière et mesure 149,5 m de portée. Il était le plus long pont du monde lors de sa livraison.

Saint-Pierre-et-Miquelon
Cathédrale de Saint-Pierre
Intérêt patrimonial : la cathédrale de Saint-Pierre a fait l’objet de plusieurs transformations au cours de son histoire. Édifiée en bois en 1846 sur le lieu de la première église de Saint-Pierre, établie en 1690, elle est endommagée dès 1846 suite à une explosion puis détruite lors d’un incendie en 1902. Reconstruite entre 1905 et 1907, son architecture intérieure est caractéristique des églises basques avec un étage de tribunes supérieures équipées de gradins en bois. Plusieurs autres éléments la distinguent comme le volume de sa nef et ses vitraux signés du peintre-verrier Louis Balmet. Le clocher de la cathédrale, construit en béton en 1907 et devenu dangereux, fut reconstruit en 1975 avec des pierres d’Alsace et de la rhyolite de la « montagne » de Saint-Pierre, selon un projet de l’architecte alsacien Joseph Muller. La Commission nationale du patrimoine et de l’architecture du 12 juin 2019 avait proposé son classement au titre des monuments historiques, qui a pris effet le 8 février 2020.