L’IA en entreprises

L’IA en entreprises

Le ministère de l’Économie et des Finances est chargé de définir et de mettre en œuvre le volet économique de la stratégie nationale en intelligence artificielle et s’appuie dans ce cadre sur la Direction générale des entreprises.

 En collaboration avec le Commissariat général à l’Égalité des Territoires (CGET) et Tech In France, la DGE a commandé l’étude
« Intelligence artificielle – État de l’art et perspectives ».

L’IA au service des entreprises
• Des solutions concrètes au service des entreprises
La stratégie ambitieuse du ministère de l’Économie et des Finances s’attache à proposer des solutions concrètes dans chacun des axes de travail prioritaires :
– en matière d’offre, la DGE, en lien avec Bpifrance et le Secrétariat général pour l’Investissement (SGPI), a mis en place plusieurs dispositifs concrets. C’est le cas des Challenges IA (5 M€) destinés à mettre en relation offreurs et utilisateurs de l’IA pour résoudre des problèmes concrets et de 3 grands défis financés par le Fonds pour l’innovation et l’industrie (100 M€ au total), essentiel pour que la France puisse garder son avance en matière d’IA. Bpifrance a aussi réalisé une cartographie des acteurs de l’IA en France, qui permet de mieux appréhender la richesse et la diversité de l’offre française ;
– en matière de diffusion de l’IA dans l’économie, 250 millions d’euros ont été mobilisés au travers du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) pour financer des projets structurants dédiés à l’IA. En outre, la DGE, en concertation avec les acteurs institutionnels et économiques français, accompagne la démarche de normalisation en matière d’IA. Ce qui leur permettra de contribuer activement à la production de normes et de standards à l’échelle européenne et internationale ;
– un appel à projets, ouvert à tous, destiné à cofinancer des initiatives de mutualisation de données pour le développement de solution en IA sera publié dans le courant du mois de juillet.

Des actions concrètes
• Une cartographie des entreprises innovantes réalisée par Bpifrance
À ce jour, 550 startups françaises ont été dénombrées, ayant levé au total plus de 2 Md€. Et 60 % d’entre elles sont localisées en Île-de-France, toutefois d’autres grandes agglomérations telles que Toulouse, Lyon, Grenoble ou Nice ont des écosystèmes locaux développés, desquels émergent des startups prometteuses.
• La mutualisation et le partage des données en IA
La mise en œuvre d’une politique économique articulée autour de la donnée est un des volets majeurs du rapport Villani sur l’IA. Par conséquent, l’accès aux données publiques et l’incitation au partage de données privées constituent un des piliers de la stratégie nationale en matière d’IA. Ceci dans tous les secteurs d’activité, et notamment ceux dans la santé, l’industrie, la mobilité, l’énergie et enfin l’environnement. Enfin, les enjeux de souveraineté liés aux données, qu’ils soient juridiques ou technologiques, se révèlent stratégiques dans l’optique du développement puis du maintien d’une capacité nationale intégrant pleinement la confidentialité des données des citoyens, des entreprises et des services de l’État.
De plus pour favoriser l’émergence de solutions, la DGE a lancé en septembre 2018 un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour la mutualisation de données pour l’IA. Qui concerne les données privées, et complète de la sorte le dispositif d’ouverture de données publiques et la création du Health Data Hub dans le domaine de la santé. Cet AMI a rencontré un vif succès.
Quinze porteurs des projets ont été auditionnés pour mieux cerner les dynamiques en cours sur le partage de données.

« Les challenges IA »
Le dispositif « Challenges IA », financé par le Programme d’Investissements d’Avenir (PIA), favorise des démarches d’open innovation entre, d’une part, les entreprises ou entités publiques confrontées à des enjeux numériques et, d’autre part, les startups ou PME qui fourniront des technologies innovantes. Leur objectif est de faire émerger des solutions radicalement nouvelles pour l’ensemble des acteurs économiques.
Les « Accompagnateurs » sont chargés de relayer le dispositif national, d’identifier des sponsors et des lauréats, de participer au jury de sélection national des sponsors et lauréats, d’accompagner les sponsors dans la définition de leur challenge et dans
la mise à disposition des jeux de données, d’assurer le bon déroulement des challenges.
Les « Sponsors » (entreprises, entités publiques…) sont confrontés à des enjeux numériques et prêts à mettre à disposition des jeux de données avec l’aide de l’accompagnateur.
Les « Lauréats » (entreprises dites innovantes ou startup) répondent aux enjeux numériques des sponsors, développent et proposent de nouveaux produits/services grâce à l’ouverture de jeux de données inédits par les sponsors.
À ce jour quatre accompagnateurs ont été labellisés : Safe Cluster – SCS, Wavestone, Systematic – Moveo, et Care Insight.
Après la phase de sélection, les sponsors entrent dans une phase de calibrage avec les accompagnateurs et doivent rédiger avant septembre 2019 le cahier des charges de leur challenge.
La DGE lancera l’appel à projets pour identifier les lauréats de ces challenges début septembre 2019, la sélection finale étant prévue en novembre 2019.
• Les challenges retenus :
– Environnement
Sponsor public Département des Alpes-Maritimes : développer une plateforme d’analyse et de prévention des risques naturels et environnementaux (crues, éboulements, feux de forêt, périodes de canicule, épisodes de pollution de l’air ponctuels ou saisonniers, etc.) ayant un impact potentiel sur les populations, en particulier les populations vulnérables.
– Santé
Sponsor public CHU Toulouse – Hôtel Dieu Saint-Jacques : développer un procédé d’anonymisation permettant de partager et de transférer les données de santé dans le respect du cadre réglementaire.
Sponsor Sesan : appliquer l’IA au domaine de la formation pour l’appropriation et la prise en main des outils numériques régionaux en santé.
– Transport-mobilité
Sponsor Monamiligo : mettre en œuvre un algorithme, dit de « régulation » ou « regroupement », qui permet de déterminer de manière automatique les regroupements de trajets les plus pertinents et les plus économiques à cette entreprise de services de transports spécialisés.
Sponsor Thales : proposer, pour le ferroviaire, une solution de détection automatique des pantographes endommagés, à base d’une caméra intelligente.
– Défense-sécurité
Sponsor public Agence nationale des Fréquences : recourir aux algorithmes d’IA pour identifier, parmi l’ensemble des sites radioélectriques autorisés, ceux qui sont les plus susceptibles de révéler des anomalies à fort impact sur les 12 prochains mois.
Sponsor Thales Six GTS : exemple, dans le domaine du renseignement militaire, se pose la question de la détection d’objets relativement rares, à propos desquels peu d’exemples sont disponibles. Ce challenge doit permettre d’élaborer, dans ce contexte de faible disponibilité en données, un algorithme à base d’apprentissage pour la détection d’objets à partir d’images aériennes destiné à la plateforme Minds de Thales.
Sponsor MBDA : développer un simulateur de stratégie de défense. L’objectif est de découvrir, dans des situations de conflits complexes, des stratégies efficaces et optimales de défense apportant ainsi une aide à la décision efficace et déterminante aux opérationnels.

Les trois grands défis
Trois grands défis retenus ont été sélectionnés par le Conseil de l’innovation et financés à hauteur de 120 M€ par an par le Fonds pour l’innovation et l’Industrie (FII) :
• Comment améliorer les diagnostics médicaux par l’intelligence artificielle ?
Au cœur de la révolution médicale en cours, les données de santé issues du secteur médical (hôpitaux publics et privés, médecins, laboratoires d’analyse) et des patients permettent, avec l’avènement des objets connectés de santé, d’améliorer considérablement les diagnostics de très nombreuses pathologies.
Il repose fortement sur :
– la collecte des données et leur standardisation ;
– l’interopérabilité des centres d’archivage ;
– l’uniformisation des accès, des échanges et leur sécurisation ;
– la mise en œuvre de plateformes de recherche collaboratives intégrant des infrastructures de calcul et de stockage au meilleur niveau mondial ;
– le développement d’outils logiciels permettant de traiter et d’exploiter le volume considérable de données médicales.
Olivier Clatz a été recruté pour diriger ce grand défi.
• Comment sécuriser, certifier et fiabiliser les systèmes qui ont recours à l’IA ?
La question du fonctionnement sûr des logiciels est au cœur de nombreuses applications de tous les jours qu’il s’agisse du transport (automobile, aviation, rail…), des dispositifs de santé, des opérateurs d’importance vitale. Que l’on pense à la sûreté d’une prise de décision « autonome » en temps réel des domaines ne tolérant pas l’erreur de décision (décisions de sécurité, de justice, diagnostic de santé…) ou à des attentes d’équité de traitement, la confiance dans les systèmes intégrant de l’IA doit impérativement être développée comme le furent précédemment les logiciels déterministes « classiques ».
Le défi vise à assurer la transparence et l’auditabilité des systèmes autonomes à base d’IA, d’une part en développant les capacités nécessaires pour observer, comprendre et auditer leur fonctionnement et d’autre part, en développant des approches démontrant le caractère explicable de leur fonctionnement. Julien Chiaroni a été recruté pour diriger ce grand défi.
• Comment automatiser la cybersécurité pour rendre nos systèmes durablement résilients aux cyberattaques ?
L’exposition croissante au numérique d’une part et la complexité croissante des systèmes informatiques d’autre part favorise les failles exploitables par les pirates informatiques, qui peuvent notamment lancer des attaques d’une ampleur inédite. Enfin, le présent défi ambitionne de poser les bases d’une automatisation de la cybersécurité. Les perspectives offertes par les nouvelles techniques d’intelligence artificielle, en particulier l’apprentissage automatique, couplées aux approches existantes, permettent d’envisager des progrès significatifs en amont des attaques (conception puis évaluation des produits et systèmes) comme en aval (détection puis réaction). Le processus de recrutement du directeur de programme en charge du grand défi a été lancé.

Signature du Manifeste pour l’IA au service de l’industrie
Huit groupes industriels français Thales, Valeo, Air Liquide, Dassault Aviation, EDF, Renault, Safran et Total se sont concertés, en lien avec le ministère de l’Économie et des Finances, pour définir une base stratégique commune en matière d’IA. Et ont élaboré et signé un Manifeste, dans lequel ils partagent une vision commune d’une IA centrée sur le respect des valeurs françaises et européennes de l’IA.
Les signataires du Manifeste s’engagent à établir un diagnostic commun d’ici septembre 2019, le partager avec les décideurs politiques et définir d’ici fin 2019 une liste d’actions concrètes pouvant être mises en œuvre à leur niveau et coordonnées au niveau national avec l’ensemble de l’écosystème français de l’IA.

Les SeER
Nouvellement constitués, les Services économiques de l’État en Région (SeER), en lien avec la DGE, mettent à profit leur connaissance des dynamiques économiques et régionales ainsi que des écosystèmes d’acteurs pour favoriser le développement de l’économie de l’IA dans les territoires, en lien avec les Régions.
Par ailleurs, la DGE lance aujourd’hui, en partenariat avec les SeER, un réseau mobilisé autour de l’IA. Ce réseau permettra aux services économiques régionaux de l’État et à la DGE de partager les initiatives prises au niveau local, les bonnes pratiques et de générer un dialogue fructueux entre les collectivités territoriales. Il permettra en outre de mener des actions et d’engager des partenariats en région, en fonction des dynamiques propres à chacune d’entre elles.