1 immeuble, 1 œuvre

1 immeuble, 1 œuvre

Franck Riester, ministre de la Culture, a remis trois prix récompensant des projets exemplaires de cette démarche engagée depuis 2015.

Le 16 décembre 2015, le ministère de la Culture lançait le programme 1 immeuble, 1 œuvre en lien avec la Fédération des Promoteurs immobiliers de France (FPI France). En signant la charte, treize acteurs de l’immobilier s’engageaient à commander ou à acheter une œuvre d’art à un artiste vivant pour chacun de leurs nouveaux immeubles, soutenant ainsi activement la création. Pour Franck Riester, ministre de la Culture, « 1 immeuble, 1 œuvre promeut l’artiste au cœur de l’entreprise et l’art contemporain au cœur de la cité. Grâce à ce programme qui relie le ministère de la Culture aux promoteurs immobiliers, ce sont des centaines d’œuvres installées dans des immeubles de commerce, de bureaux ou d’habitation qui illustrent tout à la fois la dynamique d’un secteur économique et l’importance de porter l’art au plus près de nos concitoyens. »
Le programme réunit désormais 32 sociétés, promoteurs et foncières, réparties sur l’ensemble du territoire français. Près de 140 œuvres ont été installées dans les parties communes d’immeubles résidentiels ou de programmes commerciaux de bureaux récemment livrés. Des œuvres conçues pour des projets d’aménagement d’envergure ont aussi été érigées dans l’espace public. L’ensemble des réalisations témoigne de la richesse des expressions artistiques et de la pluralité des modes de production engagés dans le cadre de ce programme qui devrait voir l’inauguration d’une soixantaine de nouvelles réalisations artistiques en 2019.
Au moment où le ministère de la Culture célèbre ses soixante ans, le nombre important d’œuvres déclarées par les signataires de la charte prouve le succès de la commande contemporaine.

La commande artistique
Le ministère de la Culture soutient la création contemporaine, notamment dans le champ des arts plastiques, du design, de la mode et des métiers d’art. Son action est mise en œuvre par la Direction générale de la création artistique, les Directions régionales des affaires culturelles, les établissements publics et les services à compétence nationale. Cette action se déploie par l’accompagnement des établissements dédiés à la création sous toutes ses formes et sur l’ensemble du territoire national : Centre national des arts plastiques, Palais de Tokyo, Centre Georges Pompidou, Jeu de Paume, mais aussi les fonds régionaux d’art contemporain (Frac) et les centres d’art. Le ministère exerce aussi la tutelle pédagogique des écoles nationales et territoriales supérieures d’art qui forment les artistes de demain. Il accompagne la structuration des professions sur les questions sociales, fiscales et réglementaires. Il accompagne des projets d’éducation artistique et culturelle, notamment en milieu scolaire.
Le ministère de la Culture encourage et soutient la création d’œuvres d’art dans l’espace public et en dehors des lieux spécialisés. Les projets conçus par les artistes pour l’espace public concernent l’ensemble des citoyens et facilitent leur rencontre avec la création de leur temps. Il s’agit donc d’un enjeu politique majeur. Le soutien à la commande publique d’œuvres d’art destinées à l’espace public constitue l’un des piliers du soutien à la création contemporaine. Ces projets permettent de susciter un dialogue entre les usagers des sites, de soutenir les artistes vivants pour réaliser des projets dont l’ampleur, les enjeux, la dimension et le caractère parfois expérimental nécessitent des moyens inhabituels. Ces œuvres contribuent aussi à la constitution du patrimoine de demain. Les commanditaires publics (État, établissements publics, collectivités territoriales) mettent en œuvre ces projets via le 1 % artistique, procédure réglementaire de commande pour certaines constructions, ou via des commandes publiques artistiques spontanées, souvent liées à des réaménagements urbains.
Depuis 2015, date de signature de la charte, le ministère de la Culture accompagne, en lien avec la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI France), les promoteurs et sociétés foncières qui se sont engagés à commander ou à acheter des œuvres d’art à un artiste vivant pour des bâtiments privés.
En 2019, 32 promoteurs dont 13 sociétés fondatrices sont signataires. Près de 140 œuvres ont été commandées pour être installées dans les parties communes d’immeubles récemment construits ou rénovés. Le prix 1 immeuble, 1 œuvre remis par le ministre de la Culture, récompense pour la première fois des réalisations exemplaires.

Le programme 1 immeuble, 1 œuvre
Le programme artistique 1 immeuble, 1 œuvre a été lancé en décembre 2015 avec 13 entreprises privées (promoteurs immobiliers, foncières, hôtels) et le soutien de la FPI France sous l’égide du ministère de la Culture. Initiée par la FPI France (Fédération des Promoteurs immobiliers de France), la plateforme numérique www.unimmeubleuneoeuvre.fr vise à accompagner le déploiement du programme 1 immeuble, 1 œuvre en lien étroit avec le ministère de la Culture. Dès 2016, l’engagement de la FPI s’est matérialisé par la création et la mise à disposition de ses adhérents du site.
Pour Alexandra François-Cuxac, présidente de la FPI, « l’engagement de la FPI dans 1 immeuble, 1 œuvre est une évidence. La conversation qu’entretient l’architecture avec l’art depuis toujours trouve une heureuse traduction dans ce programme. Nos immeubles sont beaux, confortables et offrent une grande variété d’usages ; l’intégration d’une œuvre d’art aux parties communes ou aux espaces extérieurs crée un dialogue original entre artistes et acteurs de la construction de la ville au service de la qualité de vie des usagers, habitants ou salariés »
La plateforme www.unimmeubleuneoeuvre.fr répond à plusieurs enjeux :
• outil pour aider les parties prenantes à déployer des projets ;
• point de rencontre entre artistes, galeristes et entreprises engagés ou souhaitant l’être dans le programme.
Les objectifs :
• promouvoir le programme 1 immeuble, 1 œuvre auprès des acteurs de la promotion immobilière ;
• faciliter le dépôt d’appels à candidatures et l’entrée en contact avec des artistes qualifiés, en vue de recevoir des propositions artistiques. Des outils sont également mis à leur disposition pour les accompagner au mieux les entreprises dans leur démarche : boîte à outils, kit de communication, exemple de contrat type concernant l’acquisition et l’exploitation d’une œuvre, liste d’experts de l’art pouvant les accompagner, FAQ ;
• permettre aux artistes et aux designers de tous horizons de valoriser leur travail et de se porter candidats à des appels à candidatures des promoteurs immobiliers sur le territoire.

Le Club 1 Immeuble, 1 Œuvre
« Le Club 1 Immeuble, 1 Œuvre », association régie par la loi du 1er juillet 1901, est né de la volonté des signataires de la charte éponyme de se regrouper afin de fédérer les actions qu’ils mènent dans leurs entreprises respectives. Réunis en assemblée générale constitutive le 19 février 2019 au ministère de la Culture, ses membres ont attribué à l’association la mission d’animer le réseau des adhérents, de faciliter la mise en œuvre du programme et de valoriser les actions des signataires. À cette occasion, le conseil d’administration a nommé Arthur Toscan du Plantier représentant la société Emerige, Président de l’association.
Les actions de l’association permettront de développer le rayonnement des projets des signataires de la charte 1 immeuble, 1 œuvre auprès de tous les publics.

Les lauréats
Les trophées, conçus par les designers Jean-Baptiste Fastrez et Brynjar Sigurdarson et réalisés par la Manufacture de Sèvres, ont été remis à trois duos promoteurs-artistes. Le prix 1 immeuble, 1 œuvre récompense :

 Le promoteur Bouygues Bâtiment France Europe et LinkCity  pour son programme de commande passée en 2018, à cinq artistes pour la résidence étudiante Ambroise-Croizat à Villejuif. La résidence compte 380 studios. Chaque artiste est intervenu sur un niveau avec pour unique contrainte un rendu pictural en anamorphose. Couloirs, ascenseurs, plafonds, 2 500 m2 ont ainsi été investis par Asto, Astro, Olivia de Bona, Théo Lopez et Zdey. Le projet artistique global a été conçu et coordonné par Urban Art Agency.
– Asto (né en 1991), Géométric Bursting (3étage) : jeune artiste de Montpellier adepte du graffuturisme, Asto est diplômé d’un BTS Études et économie de la construction. Le graffuturisme est une notion connue dans le milieu du graffiti et de la scène street art internationale. Il se caractérise par des formes abstraites, géométriques ou figuratives faites à l’aérosol, en peintures murales ou dans des installations.
– Astro (né en 1981), Immersion (rez-de-chaussée) : privilégiant le lettrage et le wildstyle à ses débuts, Astro est un artiste autodidacte. Son œuvre se caractérise par un tracé abstrait qui mêle courbes, calligraphie et formes dynamiques. Ce muraliste déforme la planéité des façades et des toiles et crée des illusions d’optique. Astro participe à de nombreux festivals de street art internationaux.
– Olivia de Bona (née en 1985), Le temps des vacances (1er étage) : diplômée en arts appliqués et en cinéma d’animation en 2005, Olivia de Bona se consacre à la peinture murale urbaine. À mi-chemin entre les dessins animés et les contes, son univers se prête aussi à l’illustration pour enfants. L’artiste dessine aussi des bijoux et des textiles.
– Théo Lopez (né en 1989), Blade Runner (4e étage) : graphiste de formation, Théo Lopez s’investit très jeune dans une pratique artistique. D’abord influencé par des références tribales, il puise aujourd’hui son inspiration dans l’histoire de l’art moderne : le constructivisme russe, l’abstraction lyrique et l’expressionnisme américain. Son œuvre s’apparente au mouvement graffuturisme.
– Zdey, Liesse vagabonde d’un monde riant (2nd étage) : né à Hong-kong en 1989, Zdey arrive en France en 1997. C’est en Inde que sa double vie, en costume le jour et en graffeur la nuit, lui inspire son personnage noir masqué, tiré de la légende de Zorro. Sodey devient alors Zdey. Il démissionne en 2014 et revient à Paris pour se consacrer au street art. Zdey fait partie de cette nouvelle génération de street artistes français qui occupent le devant de la scène artistique européenne.

Le promoteur Vinci immobilier pour les œuvres de la céramiste Louise Frydman, Forêt blanche et La Fée des pétales, toutes deux disposées dans les halls d’immeubles résidentiels rue Victor Hugo, à Puteaux. L’opération immobilière « 16 Victor Hugo » de 49 logements collectifs a consisté en la construction de deux bâtiments, l’un dans l’alignement du front bâti de la rue Victor Hugo et l’autre en milieu de parcelle reprenant le traitement architectural d’un hôtel particulier. L’ensemble confié à l’architecte Dominique Hertenberger, à l’architecte d’intérieur Rebecca Newman et au paysagiste Christian Fournet, a été réalisé dans un style classique pour s’intégrer au tissu urbain environnant.
En 2017, Louise Frydman réalise deux œuvres spécialement conçues pour les halls des immeubles, rue Victor Hugo. La fée des pétales, mobile horizontal de 200 cm sur 150 cm surplombant l’escalier, fait référence à plusieurs installations antérieures de l’artiste dans l’espace public. Forêt blanche, panneau mural vertical plus intimiste de 75 cm sur 170 cm, renvoie au vocable biomorphique caractéristique de l’univers de l’artiste. L’œuvre évoque la nature par le motif répété d’un pétale blanc.
Née en 1989, la céramiste Louise Frydman est diplômée de l’ESAG-Penninghen en 2012 et est formée à l’International Center of Photography de New York en 2013. C’est le travail du papier qui l’a conduite à l’usage de l’argile, désormais sa matière de prédilection. Louise Frydman collabore aujourd’hui avec des maisons Haute Couture telles qu’Hermès, et avec la styliste Yiqing Yin.

 Le promoteur Emerige pour l’œuvre monumentale La Traversée réalisée par l’artiste Eva Jospin dans le cadre du programme Beaupassage, à Paris. Le programme Beaupassage, pensé par les cabinets Franklin Azzi architecture et B&B architecture englobe à la fois des commerces de bouche gastronomiques, des logements et des bureaux. Plusieurs artisans d’exception y sont installés : Yannick Alléno, Nicole Barthélemy, Olivier Bellin, Abdoulaye Fadiga, Pierre Hermé, Thierry Marx, Anne-Sophie Pic, Alexandre Polmard et Junichi Yamaguchi.
L’œuvre d’Eva Jospin pour Beaupassage a été réalisée en 2017 dans d’anciens entrepôts de la rue de Tolbiac à Paris, dans le cadre d’une résidence organisée par Emerige et le Fonds de dotation Emerige. La Traversée y a été révélée pour la première fois à l’occasion de l’exposition Voyage au centre de la terre sur une proposition du commissaire Jérôme Sans. Telle une grande forêt enfouie dans la longueur de la galerie d’accès au boulevard Raspail, La Traversée est apposée le long du mur, côté droit. Côté gauche, cette futaie est réfléchie par des polymiroirs plans. La forêt de carton, matériau de prédilection de l’artiste, forme un immense haut-relief de 530 cm de long par 280 cm de haut. Tout ce qui forme l’enchevêtrement sylvestre, mystérieux, insondable, voire labyrinthique, d’une forêt devient, dans les mains d’Eva Jospin, un paysage modelé, découpé, incisé et ciselé dans du carton.
Née en 1975, Eva Jospin vit et travaille à Paris. Diplômée en 2002 de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, elle participe à l’exposition collective Inside au Palais de Tokyo en 2014 et présente une grande installation intitulée Le Panorama dans la Cour Carrée du Louvre en 2016. Eva Jospin est pensionnaire de la Villa Médicis-Académie de France à Rome en 2016 et 2017.