Stratégie du tourisme

Stratégie du tourisme

Le tourisme constitue un secteur clé de l’économie du pays, il représente près de 8 % du PIB, 56,2 milliards d’euros de recettes, et deux millions d’emplois directs et indirects. Le 4e conseil interministériel du tourisme veut développer ce secteur stratégique.

Le tourisme représente 2 millions d’emplois. Au sein du secteur, certains métiers souffrent d’une image parfois ambivalente auprès des Français qui considèrent que les conditions de travail ne permettent pas suffisamment de concilier des conditions matérielles satisfaisantes, vie privée et vie professionnelle.
L’enjeu est d’ajuster des parcours d’emploi, de faciliter les mobilités des salariés entre les branches du secteur et d’adapter les formations initiales et professionnelles aux nouveaux défis de qualité renforcée, d’un tourisme plus durable et de compétences nouvelles dont ont besoin les employeurs. Tous ces chantiers exigent une qualité de gouvernance des acteurs du tourisme, une qualité de dialogue social dans les branches et un suivi fin des réalisations. L’importance qu’ils revêtent rend indispensable la mobilisation des acteurs autour d’un Comité de Filière Tourisme.
Le Gouvernement s’appuie ainsi sur les conclusions de la mission rendue par Frédérique Lardet, Bruno De Monte et Stéphanie Le Quellec avec le soutien opérationnel de Charles-Louis Molgo pour développer ce potentiel d’emplois, renforcer l’attractivité du secteur et répondre aux enjeux du développement du tourisme en France. Ses propositions, dévoilées en mai dernier, s’organisent autour de trois grands axes et plusieurs volets de mesures.

Attirer les talents en améliorant les conditions de travail
Un contrat liant une douzaine de branches du secteur du tourisme, avec le ministère du Travail portant Engagement de développement de l’emploi et des compétences (Edec), est mis en œuvre dès 2019. Il doit permettre une vision prévisionnelle partagée et paritaire des besoins de la filière, et l’adaptation des parcours de formation. C’est un levier fort et structurant pour les acteurs du tourisme réunissant l’hôtellerie-restauration-cafeterias, les organismes du tourisme, les espaces de loisirs d’attractions et culturels et de plein air, les casinos, le tourisme social et familial, les transports touristiques (montagne / plaisance), le spectacle vivant.
Les engagements des professionnels du tourisme pris lors du Conseil interministériel du tourisme (CIT) visent à :
• améliorer la santé et qualité de vie au travail (réduction de 3 % sur 3 ans des accidents du travail) ;
• faire progresser la rémunération globale du travail, au regard des compétences et des résultats des entreprises ;
• promouvoir l’épargne salariale dans le sillage de la loi Pacte ;
• faciliter le développement, plus largement, des garanties liées à l’action sociale pour l’ensemble des branches concernées ;
• améliorer l’attractivité des métiers, ainsi que l’orientation en particulier des jeunes avec pour objectif la diminution du nombre de postes non pourvus.
Ces initiatives sont prises par quatre associations professionnelles du secteur de l’hôtellerie-restauration (UMIH, GNI, GNC, SNRTC) et ont été relayées par un collectif de grandes entreprises du tourisme (Alliance France Tourisme, ex-Alliance 46.2). Elles ont vocation à s’ouvrir à toutes les branches du tourisme qui voudraient les rejoindre.
Par ailleurs chaque année, un bilan chiffré des constats et des actions menées par le secteur sera présenté conjointement par les pouvoirs publics, les organisations d’employeurs et de salariés. Un focus sera fait sur les branches à plus forts enjeux, pour répondre aux défis d’amélioration permanente de l’organisation et de qualité de vie au travail.

Mieux orienter et former les jeunes et salariés
• Formation initiale : une initiative pour promouvoir l’excellence et rapprocher les formations des besoins des entreprises
La Conférence des Formations d’Excellence au Tourisme (CFET) a été lancée en mars 2018. En suivant un cahier des charges exigeant, l’association a aujourd’hui labellisé 26 formations issues de 17 établissements. Après un an d’existence, elle poursuit son développement et s’engage, à l’occasion du CIT, à :
– mettre en place la première rencontre nationale des établissements de formation et des entreprises du tourisme en septembre 2019 ;
– contribuer aux côtés du ministère de l’Éducation nationale aux travaux relatifs à la promotion de l’excellence dans les formations de niveau infra BTS ;
– travailler à la création d’une plateforme d’excellence des formations du tourisme. Regroupant pour la première fois les formations du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration, cette plateforme aurait une fonction de tremplin vers les formations existantes, attirant les futurs étudiants dans ce secteur, notamment ceux venus de l’étranger. Le regroupement ponctuel des formations d’excellence doit leur permettre de renforcer leur visibilité et leur position dans une concurrence internationale qui sévit depuis plusieurs années.
• Une offre de formation dans le tourisme présente dans tous les territoires et en croissance
13 campus des métiers et des qualifications « Tourisme, gastronomie », 14 structures labellisées Excellence CFET (Conférence des formations d’excellence au tourisme), 107 lycées des métiers Hôtellerie-Restauration-Tourisme, 86 établissements STHR (Sciences et technologies de l’hôtellerie et de la restauration) à Cergy, Mantes-la-Ville, Argenteuil, Dugny, Meaux, Congis-sur-Thérouanne, Clichy, Nogent-sur-Marne, Champs-sur-Marne, Saint-Cloud, Paris, Serris, Émerainville, Guyancourt, Antony, Sucy-en-Brie, Brunoy, Étiolles, Savigny-le-Temple…
• Les campus des métiers et des qualifications se développent dans le tourisme
L’objet des Campus des métiers et des qualifications est de renforcer les liens entre l’expression des besoins de formations territoriaux et l’offre de formation proposée par les professionnels et les entreprises, et notamment les réseaux des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Ainsi l’enjeu est de mettre en réseau la douzaine de Campus tourisme et gastronomie pour renforcer leurs interactions.
• De nouveaux projets de formation à l’initiative des professionnels
– Rungis Académie : créée en 2018, Rungis Académie est une association loi 1901, née d’une coalition entre la Semmaris (entreprise gestionnaire du Marché de Rungis), l’Ifocop (spécialiste de la formation tertiaire en alternance pour adultes), le CFA du Marché, le CFA Médéric, les Compagnons du Devoir, la Fédération des Fromagers de France, l’Institut Paul Bocuse, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et le groupe Louvre Hôtels. Établi sur le Marché de Rungis, ce centre de formation a comme mission l’apprentissage et la reconversion professionnelle des métiers de bouche. Le centre est fondé sur un large partenariat avec des acteurs de la formation et CDC Habitat pour 150 places d’hébergement. L’ouverture du pôle formation est prévue pour septembre 2020 et en janvier 2021 pour l’hébergement.
– CFA Médéric : la Passerelle Handicap entre dans le cadre du dispositif d’accès à l’apprentissage initié par la Région Ile-de-France. Cette formation se fait en partenariat avec l’Éducation nationale, l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des handicapés (AGEFIPH) et le Groupement national des Indépendants (GNI). Durant la formation, les élèves bénéficient du statut scolaire au même titre que les élèves de l’Éducation nationale. Le calendrier de passage au CFA s’aligne donc sur les vacances scolaires. L’objectif de la Passerelle Handicap est d’apprendre un métier, de développer une technicité́ à la fois au travers de la formation au CFA et par la pratique en milieu professionnel. Cette formation permet d’obtenir une Attestation de compétences reconnue par l’Éducation nationale dans le domaine étudié durant l’année. Le projet Médéric 2024 consiste à créer une grande école hôtelière parisienne en modernisant et en y consacrant les locaux au CFA afin d’y accueillir 1 200 apprenants chaque année (contre 650 actuellement) et ainsi créer un hôtel d’application. Il s’agira de contribuer à répondre aux besoins des professionnels des métiers d’exécution (serveur, commis de cuisine, agents polyvalents) avec une formation intégrant les dimensions numériques, qualité et développement durable.
– CFA Accueil-services inter-entreprises : pour mettre en œuvre leur projet, Accor, The Adecco Group, Korian et Sodexo vont créer sur la base d’un accord du 4 mars 2019, une entité commune entre les quatre groupes, en charge de la gouvernance et du pilotage du CFA qui pourra s’appuyer sur des partenariats avec des CFA existants. Il s’agit d’une des possibilités offertes par la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018 (sécurité juridique, simplicité de la démarche, garantie légale de financement au contrat, certification d’entreprise). L’initiative répond au souhait exprimé par les entreprises de cibler les formations, de les faire évoluer en fonction des besoins et des outils d’entreprises et des innovations dans les méthodes pédagogiques, en intégrant le numérique, l’excellence dans l’accueil, le sens du service, la santé et le savoir-faire français, la sécurité et la culture de la collaboration. Les premières formations débuteront dès 2020. Trois régions sont ciblées à ce stade : Paris Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
– CFA de l’Alliance « France Tourisme » des grandes entreprises du tourisme : les entreprises membres de l’Alliance 46.2, suivant l’exemple du CFA cuisine supra, souhaitent créer un CFA métiers de services. Formation de référence, elle permettra aux apprenants, dotés des compétences dont les entreprises ont besoin, de trouver un métier au sein des entreprises de l’Alliance. La création du CFA services serait en cohérence avec la création d’une plateforme numérique dédiée à l’emploi et à la valorisation des métiers (cf. infra).
– Le MOOC Paris-CDG la France accueille le monde : lancé en 2018 en partenariat avec ATOUT France et ADP, ce Mooc proposé par Tourism Academy sous forme d’une nouvelle génération de formation en ligne, obtient des résultats très performants en matière de maîtrise des bases de l’accueil d’une clientèle internationale. Il est destiné aux salariés en activité sur la plateforme et aux habitants du Grand Roissy en recherche d’emploi dans le secteur du tourisme et de la relation client.
– Sous l’égide du Fonds national d’Assurance Formation de l’industrie hôtelière (FAFIH), 127 CFA, représentant 35 000 apprentis, ont été signataires d’une convention de partenariat constituant ainsi le premier réseau des CFA de l’hôtellerie-restauration. Plusieurs de ces structures ont dynamisé le lien entre la formation, l’hébergement et l’entrepreneuriat.
• Faciliter les mobilités et les parcours possibles d’emploi et de formations au sein du secteur du tourisme : regroupement des branches au sein de deux opérateurs de compétence OPCO grâce à la mission Lardet-De Monte
Dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle, les nouveaux OPCO agréés doivent faciliter, pour le tourisme, des parcours de mobilité potentielle entre hôteliers, clubs de vacances et parcs de loisirs par exemple, au-delà de logiques de silo. Les négociations menées dans les branches, avec le soutien de la mission Lardet-De Monte les ont conduits à désigner principalement deux OPCO (contre six précédemment) :
– OPCO services à forte intensité de main-d’œuvre : rassemblant 4 branches du tourisme de près de 850 000 salariés : HCR, cafeterias, restauration rapide, restauration collective.
– OPCO de la culture et des loisirs : rassemblant 6 branches du tourisme comptant près de 180 000 salariés d’entreprises « pure players » du tourisme : parcs de loisirs, casinos, hôtellerie de plein air, offices du tourisme, ainsi que d’autres branches du loisir : discothèques, sports, golf. Un pôle paritaire « territoire et tourisme » y a été créé. Il regroupe à ce jour une grande diversité de métiers, tous réunis par l’accueil des touristes.
Ainsi, près de 1 million de salariés du tourisme-loisirs se retrouvent dans ces deux OPCO principaux.
• Créer une gouvernance qui décloisonne les parcours entre branches et offre de meilleures perspectives aux jeunes et salariés
Le Gouvernement en lien avec les professionnels met en place un Comité de Filière du tourisme (CFT) pour formaliser un cadre d’échanges entre les branches et leurs OPCO et organiser une instance de co-construction des politiques des politiques de mobilité des salariés du secteur. Toutes les branches ayant trait au tourisme sont invitées à le rejoindre. Dans le prolongement de la mission qui lui a été confiée, la Députée Frédérique Lardet sera chargée de préfigurer la création de ce Comité de Filière, avec le soutien opérationnel de M. Charles-Louis Molgo, pour une installation par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le Secrétaire d’État, Jean-Baptiste Lemoyne, d’ici la fin du mois de juillet 2019. Ce Comité bénéficiera d’un soutien public adapté pour son administration et son fonctionnement. Il s’agit par cette gouvernance de répondre aux enjeux de montée en gamme et de pourvoir les 15 000 emplois supplémentaires par an qui pourraient être créés dans ces métiers d’ici 2022, soit une hausse de 1,2 % par an en moyenne. Les thématiques que pourrait traiter cette instance dépendront des priorités que détermineront les acteurs du secteur, dans un contrat de filière pluriannuel. Elles pourraient être les suivantes : emploi-formation ; social/tourisme solidaire ; cadre légal/enjeux réglementaires liés à l’économie de la filière ; innovation et numérisation du secteur ; questions européennes et fonds européens.

Sécuriser les parcours et fidéliser les salariés
Une sécurisation accrue de l’emploi pourra être apportée par l’appui rendu par les fédérations professionnelles et leurs OPCO aux TPE dans leur gestion de ressources humaines et par la mobilisation plus large, quand cela répond aux besoins, de l’emploi partagé (groupement d’employeurs). Le projet de mobilisation de l’emploi partagé d’ici l’horizon 2022 permettra à près de 60 000 salariés à terme et notamment près de 5 000 salariés du secteur du tourisme de bénéficier de cette sécurisation en groupement d’employeurs. Cette action se traduira par un plan d’action national et territorial, consacré par une instruction du ministère du Travail aux Direccte, ainsi que la mobilisation de Pôle Emploi avec son réseau territorial. Pôle Emploi renforcera encore ses actions avec les GE, en les invitant à ses clubs RH, en enrichissant ses outils de communication et en développant l’agrégation des offres. De plus, Pôle emploi étendra en 2019, ses conventions de partenariat au Syndicat national des Groupements d’employeurs (SNGE) et confortera celle avec RESO France.
Par ailleurs, pour diversifier les parcours dans le tourisme et permettre des trajectoires plus durables dans ce secteur, les professionnels s’engagent à mettre en place une plateforme des métiers et d’orientation (coûts de développement 300 000 € pour une mise en œuvre d’ici la fin de l’année 2019).
Initié par les acteurs de l’hôtellerie-restauration, ce projet vise à développer des outils directement mobilisables par les demandeurs d’emploi, les salariés, les familles et professionnels accompagnant l’orientation des jeunes.
De plus financé par le secteur privé dans le cadre d’une association de moyens portée par l’Institut français du Tourisme (IFT), il peut être structurant pour amener tous les acteurs du tourisme à penser une stratégie commune en termes de valorisation des métiers en facilitant la mobilité professionnelle au sein du secteur.
Ainsi la plateforme pourra s’appuyer notamment sur les outils qui seront produits dans le cadre de l’Edec (Engagement de Développement de l’Emploi et des Compétences), contractualisé entre les branches du tourisme et le ministère du Travail.

 Autres volets de mesures

Atout France : un nouveau modèle dans une gouvernance renouvelée
Les grandes orientations données par le Gouvernement suite à l’exercice AP2022, à savoir une réduction de 10 % de la masse salariale de l’État à l’étranger, impliquent une transformation de la présence internationale d’Atout France.
Avant la fin 2020, Atout France produira un effort de réduction de 4 millions d’euros de sa masse salariale. Des synergies seront recherchées avec Business France pour mieux coordonner la promotion de la France à l’international et les actions menées en faveur de son attractivité. Deux expérimentations seront lancées dès cette année.
Les mesures d’économies visent à redonner de la marge de manœuvre à Atout France pour lui permettre d’assurer ses missions d’agence de développement touristique (ingénierie touristique et promotion des destinations) et de poursuivre sa dynamique partenariale avec les professionnels publics et privés du tourisme.
Le nouveau modèle d’entreprise à construire nécessite une réflexion stratégique sur les missions qu’Atout France doit effectuer à l’étranger et depuis le siège, dans un souci d’efficacité, tout en tenant compte des spécificités des marchés émetteurs. Ces nouvelles orientations seront formalisées dans le Contrat d’Objectif et de Performance qu’Atout France signera avec ses tutelles pour la période 2020-2022.

Lancement d’un plan détaxe : optimiser les retombées économiques du tourisme international
Le Conseil interministériel du tourisme réaffirme l’objectif de faire progresser les recettes du tourisme international à 60 milliards d’euros en 2020 (contre 56,2 milliards estimés en 2018) en augmentant la dépense moyenne par touriste. À cet effet, il formule un plan complet en faveur du développement du shopping à destination des touristes non communautaires.
Dès 2020, le Gouvernement étendra le délai pendant lequel des achats réalisés en France peuvent bénéficier de la détaxe ; aujourd’hui ce délai n’est que d’un jour. En l’augmentant à 3 jours, il permettra d’augmenter les projets de séjours centrés en tout ou partie sur les achats. En 2020, le Gouvernement va également proposer l’augmentation, du plafond de remboursement en liquide de la TVA sur les achats réalisés en France en l’augmentant de 1 000 à 3 000 euros. Par cette mesure, le Gouvernement favorise ainsi le remploi de ces sommes dans les achats en France. Enfin, une forte diminution du seuil de détaxe sera mise en œuvre fin 2021, passant de 175 € (l’un des plus élevés en Europe) à 100 €.

Mise en valeur touristique du patrimoine historique
Dans la continuité des résultats de l’étude sur la faisabilité de valorisation des sites patrimoniaux par des activités touristiques, menée en 2018 par le ministère de l’Économie et des Finances, le ministère de la Culture et la Caisse des Dépôts à travers sa Banque des Territoires, il est décidé la création d’un fonds d’ingénierie « Tourisme et Patrimoine » de 1 M€. Ce fonds aura pour objectifs d’accompagner les propriétaires publics de sites d’intérêt patrimonial dans la définition de projets d’investissement économiquement équilibrés et de structurer une filière d’opérateurs privés délégataires, qui fait défaut aujourd’hui. Seront éligibles des projets hôteliers comme des projets innovants de revitalisation du patrimoine mixant plusieurs usages (culturels, événementiels, touristiques et animation locale), dans une perspective d’attractivité des territoires.
Une première année d’expérimentation portera sur 10 sites, sélectionnés dans le cadre d’un appel à projets qui sera lancé en juin 2019. Sur cette base, une fois l’ingénierie terminée, un appel à manifestation d’intérêt à destination d’opérateurs exploitants délégataires sera organisé début 2020.
Le fonds d’ingénierie sera piloté par la Banque des Territoires, favorisant l’émergence de projets dans sa mission d’investisseur immobilier pour le développement économique des territoires, et Atout France. Il s’insérera dans le cadre opérationnel de France Tourisme Ingénierie (FTI), en tant que troisième dispositif, en sus des dispositifs « Stations » et « Programmes structurants », lancés par le CIT de janvier 2018.

Lancement de l’opération « capitales françaises de la culture »
La première saison des Capitales françaises de la culture se tiendra de septembre 2021 à septembre 2022. L’appel à candidatures sera lancé dès 2020. Ces capitales, comme cela a été proposé par la mission confiée à Bernard Faivre D’Arcier, visent à distinguer et mettre en valeur, tous les deux ans, l’innovation artistique et l’attractivité culturelle d’une ville française.
L’appel à candidatures sera lancé par le ministère de la Culture, en partenariat avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, en charge du tourisme et le ministère de la Cohésion des Territoires et des relations avec les Collectivités territoriales, en charge des territoires, aux deuxième et troisième trimestres de l’année 2020. Il sera ouvert aux collectivités de 20 000 à 200 000 habitants pour une participation large des territoires.
Ces Capitales répondent à cinq principes essentiels : le soutien à la création ; la valorisation du patrimoine ; la transmission artistique et culturelle ; la participation des citoyens ; la contribution au dynamisme économique des territoires par la Culture. Elles ont vocation à favoriser le développement touristique d’un territoire à partir d’un projet structurant artistique et culturel.
L’État soutiendra la Capitale lauréate, en lui apportant un financement. L’ensemble des associations des collectivités territoriales seront associées à la mise en œuvre de ce projet.

Vers une modernisation du code du tourisme
Le Code du tourisme fixe le rôle des institutions intervenant dans ce secteur, les règles applicables à certaines activités et professions, aux équipements et aménagements touristiques, au financement de l’accès aux vacances et à la fiscalité du tourisme. Ce code est en profonde évolution :
• par le rôle respectif des institutions publiques en la matière : l’État a un rôle désormais subsidiaire tandis que les collectivités ont été confortées sur ce point par la loi NOTRE.
• par l’impact majeur des nouvelles technologies sur les modèles d’affaires du secteur, qui a été l’un des premiers à être impacté par le numérique.
• par les modifications fréquentes des dispositifs de régulation. Ainsi dernièrement, la transposition de la directive voyage à forfaits, opérée par l’ordonnance du 20 décembre 2017 et par le décret du 29 décembre 2017 pris pour son application, a profondément rénové le cadre normatif de la vente de voyages et de séjours.
Il est donc urgent de moderniser le code du tourisme, essentiellement à droit constant pour l’adapter au nouveau contexte institutionnel et simplifier les dispositifs au bénéfice des entreprises, des collectivités et des consommateurs. Le ministère de l’Économie et des Finances sera la cheville ouvrière de cette modernisation :
• modernisation du cadre juridique des opérateurs de voyages et de séjours en matière d’immatriculation des opérateurs (sécurisation de la procédure, réforme de la composition de la commission d’immatriculation) ;
• modernisation des catégories d’hébergements, en créant la notion d’auberge collective ;
• renforcement de l’information préalable des propriétaires-investisseurs dans le secteur des résidences de tourisme ;
• sécurisation des marques nationales du tourisme.

Point d’étape sur les avancées des précédents CIT

Promotion
Objectif : maintenir la position de première destination touristique mondiale
Lors des précédents CIT, le Gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour encourager et pérenniser un modèle de cofinancement « État – collectivités – entreprises » : en 2018, Atout France a mobilisé près de 14 millions d’euros supplémentaires pour la promotion à l’international de la destination France, grâce aux apports de l’État (5,60 M€), des collectivités régionales (2,65 M€) et des partenaires privés (5,65 M€). Les bons résultats obtenus par la destination France en 2018 témoignent de l’efficacité de ce dispositif, qui allie toutes les parties prenantes. La France a en effet accueilli 89,4 millions de visiteurs étrangers en 2018, ce qui représente une hausse de 3 % par rapport à 2017 et un nouveau record de fréquentation.
En 2019 ce dispositif sera affermi. L’apport de l’État, stabilisé par décret à 2,25 % de la part de la recette annuelle versée par les visiteurs étrangers pour l’octroi de visas, s’établit à 5,10 M€ et l’objectif fixé est de 15 millions d’euros supplémentaires pour la promotion internationale grâce à l’apport des collectivités et des entreprises.

Investissements
Objectif : 15 Md€ d’investissements touristiques par an d’ici 2022
Pour adapter l’offre touristique aux attentes des visiteurs internationaux, favoriser une meilleure diffusion des flux dans l’espace et dans le temps et augmenter les recettes internationales du tourisme, l’investissement est un enjeu majeur. Le CIT a ainsi fixé l’objectif de 15 milliards d’euros d’investissements touristiques par an d’ici 2022, et annoncé la création de France Tourisme Ingénierie. Ce dispositif, doté d’un budget de 15 millions d’euros sur 5 ans, créé au sein d’Atout France (5 M€) avec le soutien de la Banque des Territoires (10 M€), vise à accroître le rythme d’investissement touristique dans tous les territoires et accélérer les projets à haute valeur ajoutée.
Treize stations balnéaires et de montagne ont été retenues pour participer à une expérimentation en matière de rénovation de l’immobilier de loisir. Elles représentent une capacité de 565 000 lits touristiques dont 2/3 de résidences secondaires. Les travaux sur plusieurs sujets transverses (modélisation économique, concepts de maisons de propriétaires, nouveaux modes de mise en marché des meublés, etc.) et les échanges d’expérience entre stations doivent permettre de dessiner des pistes de réponse communes d’ici la fin de l’année.
Concernant les projets d’investissement structurants, chaque région est appelée à sélectionner trois projets à accompagner par le dispositif. Neuf régions et collectivités d’outre-mer ont déjà signé une convention triennale France Tourisme Ingénierie, ou sont en cours d’engagement. 29 projets sont identifiés à ce jour pour un accompagnement, dont 18 projets chiffrés représentant un enjeu d’investissement de plus de 400 millions d’euros.
Un 3e programme dans le cadre de France Tourisme Ingénierie pour la mise en tourisme du patrimoine historique est créé.

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