Espaces connectés

Espaces connectés

Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales et Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, ont présenté le plan gouvernemental d’appui et d’accélération des tiers-lieux « Nouveaux lieux, Nouveaux liens ».

Pour pallier l’isolement et dynamiser leur territoire, des citoyens créent depuis des années des tiers lieux afin de développer le « faire ensemble » et retisser des liens.

Les tiers-lieux, qu’est-ce que c’est ?
Les tiers-lieux sont des espaces physiques pour faire ensemble : coworking, micro-folie, campus connecté, atelier partagé, fablab, garage solidaire, social place, makerspace, friche culturelle, maison de services au public… Les tiers-lieux sont les nouveaux lieux du lien social, de l’émancipation et des initiatives collectives. Ils se sont développés grâce au déploiement du numérique partout sur le territoire. Chaque lieu a sa spécificité, son fonctionnement, son mode de financement, sa communauté. Mais tous permettent les rencontres informelles, les interactions sociales, favorisent la créativité et les projets collectifs. En résumé, dans les tiers lieux, on crée, on forme, on apprend, on fait ensemble, on fabrique, on participe, on crée du lien social…

L’État s’engage au côté des porteurs de projets
Aujourd’hui, les tiers-lieux sont devenus des plateformes de services qui contribuent à la vitalité de tous les territoires : ruraux, péri urbains, urbains, quartiers de la politique de la ville…
À l’heure des grandes transitions démographique, numérique, écologique et productive, le Gouvernement décide de soutenir ces initiatives publiques et privées en adoptant une nouvelle méthode d’intervention : sans prescrire, sans chercher à normaliser, mais en accompagnant, en accélérant et en « outillant » l’ensemble des acteurs.

L’ambition de l’état
• donner les moyens d’agir aux acteurs et aux porteurs de projets locaux ;
• consolider la dynamique des tiers-lieux partout sur le territoire.

La méthode
À chaque projet son accompagnement « sur mesure ». Avec « Nouveaux lieux, nouveaux liens », l’État propose une nouvelle méthode d’intervention à chaque porteur de projets. Six formes différentes d’accompagnement sont mises à leur disposition.
• Amorçage
Pour ceux dont le projet rayonne au-delà du territoire dans lequel il est implanté et qui ont besoin de bénéficier d’une subvention d’amorçage, sur deux ou trois ans, pour constituer leur équipe et trouver leur équilibre économique : l’État lance l’appel à manifestation « Fabriques de Territoire » et soutient financièrement la consolidation de tiers-lieux existants qui jouent un rôle de tête de réseau local. Pour les tiers-lieux implantés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville : l’État propose une aide majorée pour soutenir le déploiement et la diversification des activités numériques.
• Soutien à l’investissement
Pour ceux qui doivent faire des travaux d’acquisition et d’aménagement pour créer leur espace : l’État soutient les tiers-lieux, en projet ou existants, en les rendant éligibles aux subventions d’investissement gérées par les préfets.
• Fonds propres
Pour ceux qui ont besoin de fonds propres pour développer leur projet : Amundi et l’État créent un fonds d’investissement faiblement rémunéré (ISR) pour financer le développement des tiers-lieux privés.
• Recettes d’exploitation
Pour ceux qui cherchent à consolider leur compte d’exploitation : l’État propose des sources de financements liées à des services d’intérêt général qui procurent au gestionnaire du lieu des revenus d’exploitation complémentaires.
• Locaux
Pour ceux qui ne disposent pas encore de locaux : dans le cadre d’une expérimentation, l’État met à disposition des lieux vacants (ancien tribunal, bureaux, friche…) dont il est propriétaire. Et, conjointement avec des partenaires privés tels que SNCF Immobilier, l’État organise une bourse aux locaux pour permettre aux porteurs de projets de concrétiser leur initiative.
• Pour ceux qui participent déjà à un tiers-lieu : l’État les aide à bénéficier d’outils communs. Ils peuvent ainsi profiter des outils que les acteurs créent ensemble, et s’inspirer d’autres initiatives ou encore partager leurs expériences.

Faire ensemble
Le réseau des tiers-lieux s’est largement étoffé et l’État a décidé de créer un cadre de travail collectif pour permettre aux acteurs d’échanger et de progresser ensemble.
• Le Conseil national des tiers-lieux
Véritable assemblée, il est composé de représentants des tiers-lieux dans leur diversité (économique, culturel, numérique, éducatif et d’enseignement supérieur, associatif, ESS…). Consulté par les pouvoirs publics, il jouera un rôle d’instance de représentation provisoire et de dialogue de la filière. Il participera à l’étude des candidatures pour les Fabriques de Territoire.
• Une association nationale d’appui à l’initiative d’acteurs locaux
Créée à l’initiative de membres du comité de pilotage de la mission Coworking, l’association facilitera le développement d’outils communs aux tiers-lieux, favorisera l’émergence de réseaux territoriaux et portera une dynamique d’animation nationale. Elle aura pour mission de préfigurer une structure nationale représentative des tiers-lieux, en étroite coopération avec le Conseil national.
• Les acteurs n’ont pas vocation à faire à la place de l’État qui se mobilise activement. Mais de faire avec lui, en étant mieux structurés et coordonnés, pour être mieux entendus. Ce cadre de travail innovant et collectif doit permettre de progresser ensemble au service d’une ambition commune : renforcer ces lieux de vie, de travail, de collaboration, de création, d’inclusion partout sur le territoire, pour tous les citoyens.

L’offre de services
Déjà bien implantés dans les grandes villes et les métropoles, les tiers-lieux sont aussi des outils d’aménagement des territoires périurbains, ruraux, ou encore des quartiers de la politique de la ville. C’est pourquoi l’État consacre des moyens supplémentaires pour accompagner leur création partout sur le territoire et propose des services « clés en mains » aux porteurs de projets.

Une fabrique de territoire, c’est quoi ?
C’est une tête de réseau qui joue un rôle de
• lieu ressources pour les porteurs de projets environnants ;
• lieu de formation et d’apprentissage ;
• lieu d’inclusion numérique pour les populations éloignées d’Internet et de ses nouvelles opportunités.
L’objectif est de les développer dans les territoires qui en sont dépourvus : 150 dans des territoires non — métropolitains et 150 dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

300 Fabriques de territoire
L’État lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) permanent doté de 45 millions d’euros, pour identifier d’ici 2022, 300 fabriques, existantes ou en projet, dont 150 seront implantées en quartiers prioritaires de la politique de la Ville (QPV). Une attention particulière sera accordée aux initiatives liées au numérique dans toutes ses dimensions, les plus remarquables seront reconnues comme « Fabriques numériques de territoire ». L’État soutient à hauteur de 75 000 à 150 000 euros sur trois ans les Fabriques de territoire, le temps pour ces structures de conforter leur équilibre économique. Le financement proposé par l’État tiendra compte de l’offre de services et du lieu d’implantation.
30 Fabriques numériques de territoire seront déployées dans les quartiers de la politique de ville.
Accès à la culture et aux savoirs, accès aux droits et aux services publics numériques, formation, apprentissage du code, création, fabrication, participation citoyenne, entrepreneuriat… Les fabriques proposeront de nombreuses activités autour du numérique aux habitants et professionnels du territoire. Ces Fabriques numériques de territoire seront soutenues, en 2019, par un bonus financier de 100 000 euros par tiers-lieu.

15 millions d’euros pour l’appui à la création de tiers-lieux ruraux
Dans les zones peu denses, l’État accompagne la création de tiers-lieux en les rendant éligibles aux subventions d’investissement gérées par les préfets. L’État soutient l’innovation de ces tiers-lieux afin d’expérimenter et de lancer des actions d’intérêt collectif sur de plus petits formats. Ces actions seront, suite à leur expérimentation, capitalisées et diffusées pour essaimage lorsque cela sera souhaitable et possible.

Des lieux mis à disposition
Dans le cadre de la stratégie immobilière de l’État portée par la direction de l’immobilier de l’État, la mise à disposition de locaux non utiles aux missions de service public de l’État sera expérimentée, pour faciliter l’implantation de tiers-lieux et développer de nouveaux services à la population. La mise à disposition se fera dans le respect des règles domaniales.

10 millions d’euros pour le Pass numérique
10 millions d’euros sont consacrés en 2019 pour financer l’intervention de ces tiers-lieux numériques de proximité, les Comptoirs numériques, dans l’accompagnement des Français vers l’autonomie. Il s’agit ainsi de donner un droit à l’accompagnement au numérique à la population tout en incitant, par ce financement, à la structuration et à la professionnalisation des Comptoirs numériques.

Un fonds d’investissement immobilier « ISR »
Un fonds d’investissement immobilier de type « ISR » (« investissement socialement responsable ») dédié à l’émergence de tiers-lieux « totems » sera mis en place par Amundi et l’État (dans le cadre du Programme des investissements d’avenir) d’ici la fin de l’année. Doté de 50 millions d’euros, il orientera les moyens des acteurs engagés dans une dynamique collective nationale.

4 millions d’euros
C’est le montant mobilisé par le Plan d’investissement dans les compétences (Pic) piloté par le ministère du Travail pour financer des formations aux métiers du numérique pour les personnes éloignées de l’emploi dans les quartiers de la politique de la ville, au titre de la Grande école du numérique.

50 millions d’euros pour accompagner la création d’espaces de coworking
Action Logement mobilisera 30 millions d’euros en subventions et 20 millions d’euros en fonds propres pour accélérer la réalisation d’espaces de coworking qui permettront aux salariés de faire usage de leur droit au télétravail, conformément aux ordonnances récentes qui en facilitent le recours.

De nouveaux services pour les habitants
À travers le foisonnement des activités proposées, les tiers-lieux donnent accès à de nouveaux services de proximité.

Accéder à la culture et aux savoirs
Certains tiers-lieux ont mis l’accessibilité de la culture et des savoirs au premier rang de leurs missions : développement de nouvelles activités dans une bibliothèque repensée à l’heure du numérique, revitalisation de friches culturelles, événements collaboratifs pour repenser les musées, vulgarisation scientifique…

Travailler autrement
De très nombreux tiers-lieux proposent des espaces de travail partagés pour des télétravailleurs ou des indépendants, mais aussi des communautés, des réseaux ouverts encourageant l’échange et la collaboration au-delà du seul partage d’outils et d’espaces en commun.

Accéder aux services publics
Ce sont les tiers-lieux dont la vocation est de faciliter l’accès aux services publics, en proximité. Espaces d’accompagnement au numérique et de diffusion des cultures numériques, ils favorisent des usages et autonomes du numérique.

Créer, fabriquer, innover
Imaginer, prototyper, designer… voilà l’ambition première de ces tiers-lieux qui rendent disponibles des pratiques collaboratives de conception mobilisant des machines à commande numérique. Avec une exigence partagée : créer des savoirs communs et enrichir les communautés.

Inventer durablement
Dans ces tiers-lieux, on répare, on recycle, on transforme, on innove en étant plus responsable. La transition écologique s’incarne souvent dans ces lieux qui mobilisent l’intelligence collective et le numérique pour repenser durablement nos façons de consommer.

Contribuer et participer
Certains tiers-lieux se sont créés avec les habitants et toutes les énergies du territoire : ces tiers-lieux mettent la participation citoyenne et l’entrepreneuriat social au cœur de leur fonctionnement et en font une activité à part entière.