Nouveaux systèmes énergétiques

Nouveaux systèmes énergétiques

Le premier contrat stratégique de la filière « Industries des nouveaux systèmes énergétiques » a été signé fin mai. Il vise à faire de la transition énergétique un levier de réindustrialisation pour la France.

François de Rugy, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, Isabelle Kocher, présidente du Comité stratégique de filière (CSF) des industries des nouveaux systèmes énergétiques, Sylvie Jéhanno, vice-présidente de ce comité, ainsi que les représentants des organisations syndicales, ont signé le 29 mai dernier, le tout premier Contrat du comité stratégique de la filière « Industries des nouveaux systèmes énergétiques », en présence d’Annabel André-Laurent, vice-présidente de la région Auvergne–Rhône-Alpes déléguée à l’Économie et aux entreprises représentant Régions de France.
La filière « Industries des nouveaux systèmes énergétiques » comprend les secteurs des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique, du stockage de l’énergie et des réseaux énergétiques intelligents. Elle représente 150 000 emplois, un chiffre d’affaires de 23 milliards d’euros. Son marché mondial connaît une forte croissance, notamment du fait des objectifs mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui représentent donc de nombreuses opportunités de développement économique et de réindustrialisation.
Sur ce marché, la France dispose d’atouts indéniables, notamment par la compétence reconnue de ses grands groupes de l’énergie et la qualité de la recherche de ses laboratoires publics et privés.Le développement des énergies renouvelables en France n’a cependant pas atteint son potentiel de retombées industrielles.
Pour assurer l’augmentation de la valeur ajoutée française et la création d’emplois pérennes, l’objectif du comité stratégique de filière est d’assurer le développement du tissu industriel, notamment des PME et ETI, locomotives industrielles des territoires, et de fédérer les acteurs de la filière sur des buts communs. Le comité stratégique de filière a ainsi réuni près de 270 personnalités qualifiées lors de plus de 50 sessions de travail, avec la volonté d’allier réindustrialisation et soutenabilité de la transition énergétique à travers la compétitivité de l’offre décarbonée et les économies d’énergie. Les acteurs industriels ainsi mobilisés se sont engagés à déployer un plan d’actions ambitieux qui s’organise autour de 4 axes.

Développer une offre d’énergie décarbonée compétitive
L’évolution récente de certains secteurs de l’énergie montre qu’un cycle vertueux peut s’établir entre baisse des prix et augmentation des volumes, tout en renforçant l’empreinte locale.
• Accélérer le déploiement de l’éolien en mer pour permettre de délivrer son potentiel industriel et d’innovation et disposer d’une filière compétitive.
• Rendre la méthanisation compétitive à l’horizon 2030, en créant simultanément une offre technologique et industrielle en France.
• Dynamiser le déploiement des technologies matures et soutenir l’innovation des technologies d’avenir de production et de stockage d’hydrogène décarboné.

Construire une industrie française de l’efficacité énergétique et des smart grids permettant l’autofinancement de la transition énergétique
Les économies d’énergie sont essentielles pour permettre la transition énergétique, en réduisant le besoin et donc la facture énergétique. Les smart grids et le numérique participent à l’optimisation du système énergétique, limitant ainsi les besoins de stockage ou de changement de vecteurs.
• Massifier les rénovations, notamment des bâtiments publics, en s’appuyant sur les contrats de performance énergétique.
• Renforcer la compétitivité de notre industrie grâce aux économies d’énergie.
• Standardiser et normaliser les échanges de données sur les réseaux pour accélérer le déploiement des services énergétiques en France et à l’export.
Le ministère de la Transition écologique et solidaire a lancé un groupe de travail sur la chaleur renouvelable et de récupération. Le contrat sera enrichi des conclusions de ces travaux.

Engager une reconquête industrielle stratégique
Il est essentiel d’investir prioritairement dans des filières industrielles européennes d’excellence technologique, stratégiques, dont la compétitivité de l’offre peut être garantie à moyen terme. Le comité de filière doit permettre de créer un effet de levier sur le tissu industriel autour des acteurs clés de ces projets.
• Faire émerger sur le marché international des batteries, d’ici 5 ans, une offre industrielle compétitive implantée en France, avec l’appui de l’Europe.
• Faire émerger des champions industriels innovants en matière de solaire photovoltaïque.

Fédérer la filière pour mutualiser objectifs et dynamiques
La structuration d’une filière s’appuie sur le développement d’outils communs et une bonne articulation entre donneurs d’ordre et fournisseurs.
• Anticiper ensemble les nouvelles vagues technologiques, élaborer les business cases et mobiliser les acteurs privés et publics pour leur mise en œuvre.
• Accélérer la croissance des PME et ETI industrielles en renforçant leur accès aux marchés et l’industrialisation des technologies matures innovantes.
• Développer l’activité à l’export des industriels français.
• Anticiper les besoins en compétences et accompagner les parcours professionnels.
• Organiser un suivi du contenu local dans les appels d’offres lancés par le ministère de la Transition écologique et solidaire et le diffuser progressivement.

Pour une filière compétitive d’hydrogène bas carbone
Près d’un an après le Plan national Hydrogène lancé pour relever les défis de la transition écologique, les étapes de sa mise en œuvre se succèdent et dessinent pour ce vecteur énergétique polyvalent une trajectoire de passage à l’échelle.
Parmi les projets structurants de ce Contrat de Filière qui engage de manière réciproque l’État et les acteurs privés, le développement d’une filière française compétitive de l’hydrogène décarboné, pour l’ensemble des usages chimie et énergie : par la massification de la demande pour les technologies matures et le soutien à l’innovation pour les technologies d’avenir. « Au-delà des réponses qu’il apporte dans la lutte contre le changement climatique et pour l’amélioration de la qualité de l’air, l’hydrogène peut contribuer à réindustrialiser notre pays. L’enjeu est majeur et les perspectives immenses. Ce contrat de filière est un pas supplémentaire vers la constitution de champions français des technologies de l’hydrogène. Il est le signe d’une filière française d’excellence qui se structure et se mobilise face à une concurrence mondiale particulièrement rude. En le signant, l’État s’engage à soutenir le développement de cette filière industrielle », déclare Philippe Boucly, président de l’Association française pour l’Hydrogène et les Piles à Combustible (AFHYPAC), l’une des signataires.

Engagements pour la Croissance verte : deux signatures majeures pour la filière hydrogène
Articulé avec les Comités stratégiques de filières concernés par la thématique hydrogène, l’État a mis en place un outil de dialogue pour concrétiser les objectifs du Plan national en complément des appels à projets de l’Ademe, bras financier du plan, les Engagements pour la Croissance verte (ECV) qui agissent sur l’environnement réglementaire, normatif et organisationnel des projets.
Dans ce cadre, deux ECV Hydrogène ont été signés par les ministres et les acteurs de la filière :
• L’ECV « Production d’hydrogène décarboné pour l’industrie » directement en lien avec le CSF Industries des nouveaux systèmes énergétiques. Aujourd’hui, la production nationale d’hydrogène est obtenue essentiellement par vaporeformage. L’ambition du Plan national confirmé dans le projet de la programmation pluriannuelle de l’énergie est de parvenir à décarboner 10 % de la production d’hydrogène à l’horizon 2023 et entre 20 et 40 % à l’horizon 2028. Les industriels se positionnent sur :
– la décarbonation des usages industriels actuels, en implantant des solutions de production et de stockage d’hydrogène renouvelable ou bas carbone sur des hubs industriels déjà producteurs et/ou consommateurs d’hydrogène
– les nouveaux marchés chez les industriels fortement émetteurs de CO2, pour produire du méthane de synthèse ou des e-fuels
– et les marchés diffus pour dynamiser la filière française d’électrolyse.
Les signataires de cet ECV regroupent l’ensemble des acteurs positionnés le long de la chaîne de valeur : industriels producteurs d’hydrogène, énergéticiens, start-up et ETI, industriels utilisateurs de l’hydrogène ; centres de recherches ou laboratoires.
L’État s’engage pour sa part notamment sur des objectifs et des actions visant à valoriser l’hydrogène décarboné et clarifier la réglementation pour la fabrication et le transport d’hydrogène industriel.
• L’ECV « Hydrogène dans la mobilité routière » dans lequel les acteurs de la filière s’engagent à concrétiser les objectifs fixés dans le Plan Hydrogène en développant de nouveaux véhicules et composants hydrogène, des nouvelles stations de distribution d’hydrogène ; et en déployant la mobilité hydrogène au travers d’écosystèmes territoriaux et d’objectifs quantifiés d’introduction de véhicules et stations de recharge. L’État s’engage sur des actions législatives et réglementaires pour faciliter le déploiement des infrastructures et des véhicules hydrogène. Les signataires de cet ECV regroupent notamment des équipementiers de rang 1 et des constructeurs ainsi que des fournisseurs de stations hydrogène.
Les industriels travaillent, sous l’égide de l’AFHYPAC et du CEA, pour la signature d’autres ECV Hydrogène articulés avec les CSF (1) correspondants : mobilité ferroviaire, mobilité maritime et fluviale, stockage de l’énergie et notamment un ECV dédié aux Zones non-interconnectées.
Si les industriels et les services de l’État structurent leur collaboration au travers des ECV et des CSF, les territoires sont également les acteurs de ce déploiement et portent des projets adaptés à leurs spécificités. Les régions, notamment, intègrent l’hydrogène comme vecteur de stockage de l’énergie solaire ou éolienne, et travaillent ensemble à l’arrivée de trains à hydrogène sur leurs lignes régionales. Elles développent des écosystèmes territoriaux permettant le déploiement de véhicules à hydrogène et de stations de recharge, et dans lesquels l’hydrogène décarboné est au cœur de hubs énergétiques et industriels forts.
Claire Bourgeois-République, vice-présidente de l’agglomération du Grand Dole, Alain Leboeuf, président du SyDEV (syndicat d’énergie de Vendée) et Valérie Nouvel, vice-présidente du Conseil départemental de la Manche, se félicitent au nom du Club des élus – acteurs de l’hydrogène des engagements pris pour accompagner la filière. « Les engagements pris aujourd’hui confortent le choix des nombreux territoires déjà fortement investis dans le déploiement de l’hydrogène, déclare Claire Bourgeois-République. Ils vont les aider à mieux anticiper les métiers de demain et les besoins en formation associés à leurs projets territoriaux de transition énergétique, qu’il s’agisse de reconvertir des territoires d’industrie, répondre aux défis de la mobilité propre ou améliorer le pilotage des réseaux locaux d’énergie. 40 000 emplois liés au développement de la filière hydrogène en France peuvent être créés en 2030, une opportunité dont les territoires ont saisi tout le potentiel ».

La filière française hydrogène a tous les atouts pour prendre une place sur la scène mondiale
Une étude publiée par l’AFHYPAC en avril 2018 (2) estime à environ 40 000 le nombre d’emplois potentiels en 2030 liés au développement de la filière hydrogène toutes applications confondues pour un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros pour les industriels français, dont près de la moitié pour les exportations. La France a tous les atouts : une recherche d’excellence, des territoires engagés dans la transition écologique, des grands groupes au rayonnement mondial et des PME à haute valeur ajoutée. Tous les acteurs de la filière, fédérés au sein de l’AFHYPAC, ont une place à prendre dans la compétition mondiale.
Politique industrielle et transition écologique peuvent aller de pair pour créer de la valeur et de l’emploi sur les territoires. Les engagements pris aujourd’hui par l’État et les industriels vont dans ce sens.
Le travail se poursuit pour préciser la trajectoire qui va permettre le développement d’une filière française compétitive de l’hydrogène décarboné et notamment la garantie d’un soutien financier à hauteur des enjeux sur plusieurs années.

(1) Industriels de la Mer, Automobile, Ferroviaire, Industries des nouveaux systèmes énergétiques, Aéronautique, Chimie et Matériaux.
(2) « Développons l’hydrogène pour l’économie française », étude réalisée avec le concours du cabinet McKinsey pour l’AFHYPAC, le CEA, Air Liquide, Alstom, EDF, Engie, Faurecia, Hyundai, Michelin, Plastic Omnium, SNCF, Total, Toyota (2018).

 

 

Encadré

Les mots

  • François de Rugy : « Le contrat stratégique de filière vise à saisir les opportunités de la transition énergétique pour développer des filières industrielles compétitives et des emplois en France. Cette démarche permettra d’atteindre nos objectifs en termes climatiques tout en alliant pouvoir d’achat du consommateur d’une part et réindustrialisation du pays d’autre part. »
  • Bruno Le Maire : « La filière des industries des nouveaux systèmes énergétiques est une filière stratégique en termes économiques, environnementaux et d’indépendance énergétique. Le CSF a permis un pas vers une plus grande coopération au sein de la filière que l’État souhaite soutenir afin de développer le potentiel industriel de la transition énergétique. »
  • Isabelle Kocher : « La neutralité carbone est un immense défi technologique, social, économique. Elle n’est envisageable qu’à la condition d’être indolore pour le pouvoir d’achat des ménages et pour la compétitivité de nos entreprises. Pour réaliser les investissements nécessaires aux nouvelles énergies décarbonées, il faut donc réaliser massivement des économies d’énergie. Les décisions prises par l’État facilitent cela et c’est à nous, industriels de la filière, de proposer à grande échelle des solutions. Ces solutions créeront de l’emploi dans les territoires, aidées en cela par une meilleure reconnaissance du contenu local, c’est-à-dire du made in France et du made in Europe. »
  • Sylvie Jéhanno : « J’ai la conviction que la transition énergétique peut être créatrice d’emplois dans les territoires. Il n’est pas trop tard et ce contrat soutient le tournant industriel de tous les acteurs de la filière. C’est dans un esprit de co-construction que le CSF a travaillé pour accélérer le développement des énergies renouvelables et des économies d’énergie, et accroître la compétitivité de notre industrie et sa performance bas-carbone. »

 

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