Des soins pour tout le monde

Des soins pour tout le monde

La dernière réunion des ministres de la Santé du G7, qui s’est tenue en mai dernier, contribue à apporter des solutions pour lutter contre les inégalités de santé.

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale n’a pas accès à l’ensemble des services de santé dont elle a besoin. Pourtant l’accès à la prévention et aux soins est un droit fondamental sans lequel la stabilité et le développement sont menacés.
Le G7, qui fait de la lutte contre les inégalités une priorité, offre aux États membres une occasion de s’engager davantage en faveur de la santé mondiale. En effet, une coopération coordonnée entre les États est nécessaire à la défense des biens communs. Et la santé en est un, l’un des plus essentiels, mais aussi l’un des plus fragiles. Investir dans la santé est donc une impérieuse nécessité pour assurer l’accès des populations à la prévention et à des soins de qualité.

Santé pour tous
La réunion des ministres de la Santé du G7 a eu pour objectif de favoriser l’accès à la santé pour tous, à travers le renforcement des soins de santé primaires.
Au-delà des ministres du G7, la ministre de la Santé du Burkina Faso et un représentant du G5 Sahel étaient associés à cette rencontre de haut niveau, en tant que partenaires privilégiés de la France. Plusieurs hauts représentants d’organisations internationales du Fonds mondial, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de Gavi ou Unitaid, ainsi que l’Agence française de développement et quelques personnalités et experts issus de la société civile ont également participé aux travaux.
La lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes était notamment au cœur de la réunion des ministres de la Santé du G7, en particulier en matière d’accès aux soins dans le monde et de représentation des femmes à haut niveau dans le secteur de la santé. À ce titre, des représentants du comité consultatif pour l’égalité entre les femmes et les hommes étaient également amenés à contribuer aux échanges.
La réunion des ministres de la Santé du G7 doit également permettre de mobiliser l’ensemble des acteurs en amont de la Conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme qui se tiendra pour la première fois en France, le 10 octobre à Lyon. Cette conférence rassemblera des représentants des pays donateurs et récipiendaires, de la société civile et du secteur privé avec une ambition : lever au moins 14 milliards de dollars pour lutter contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Pour faire de cette conférence un succès, tous les leviers seront mobilisés pour favoriser l’engagement politique et financier des acteurs historiques et de nouveaux acteurs.
La réunion des ministres de la Santé du G7 a été l’occasion de renforcer les engagements des États pour faire progresser l’accès à la santé pour tous.

Des valeurs communes
Le G7, ou groupe des 7, réunit sept pays : l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, et le Royaume-Uni. L’Union européenne est également associée aux travaux du G7 depuis 1977. Ensemble, ils représentent 40 % du PIB mondial et 10 % de la population mondiale. La particularité du groupe : il n’a ni existence juridique, ni secrétariat permanent, ni membre de droit.
Chaque année, la présidence est assurée par un des sept États, qui fournit les moyens nécessaires aux travaux du groupe et définit les grandes orientations.
Le G7 est né de la volonté de se coordonner pour faire face au premier choc pétrolier en 1975. Depuis, il se réunit chaque année au niveau des chefs d’États et des gouvernements pour parler de paix et sécurité, lutte contre le terrorisme, développement, éducation, santé, environnement et changement climatique par exemple. Autant de sujets qui impliquent les différents acteurs et nécessitent des réponses communes.
Les pays du G7 partagent un socle de valeurs communes : la démocratie, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le libre marché, le respect du droit international.

La réunion

La réunion des ministres de la Santé du G7 a pour objectif principal de renforcer les soins de santé « primaires », qui permettent de répondre aux besoins des personnes à toutes les étapes de la vie, en matière de prévention, de dépistage et de soins.Pour ce faire, trois priorités sont portées par la France.

Lutter contre les inégalités d’accès aux soins de santé
Dans de nombreux pays, les systèmes de santé peinent à répondre à la diversité des enjeux de santé rencontrés par les personnes tout au long de leur vie.
La France et les pays membres du G7 ont choisi de placer au cœur des échanges les soins de santé primaires.
Les soins de santé primaires, ou soins de premiers recours sont des soins de proximité dispensés par des professionnels de santé directement accessibles et géographiquement proches des patients et centrés sur leurs besoins. Ils prennent en compte la prévention, le diagnostic, le traitement et le suivi des pathologies. Ils peuvent notamment être dispensés par le médecin traitant, dans les maisons de santé ou centres de santé. Ils visent aussi à permettre aux patients d’être davantage informés et en capacité de gérer au mieux leur santé.
Parce qu’ils constituent la pierre angulaire des systèmes de santé et un prérequis au développement socio-économique des populations, ils représentent la réponse la plus globale aux inégalités de santé

Mettre fin d’ici 2030 à trois pandémies : le sida, la tuberculose et le paludisme
Le sida, la tuberculose et le paludisme continuent de faire 2,7 millions de morts par an. La France est historiquement fortement engagée dans la lutte contre ces trois pandémies. Avec 4,5 milliards d’euros depuis 2002, la France est notamment le deuxième contributeur historique au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Toutefois, la fragilité des systèmes de santé menace la résurgence des grandes pandémies. En 2017, les dix pays africains les plus touchés par le paludisme ont signalé une augmentation du nombre de cas par rapport à 2016.
Face à ce risque, le renforcement des soins de santé primaires doit permettre d’améliorer la lutte contre les trois pandémies : le sida, la tuberculose et le paludisme.
La France compte sur l’engagement des pays du G7, qui sont à l’origine de la création du Fonds mondial, pour mobiliser l’ensemble des acteurs à l’approche de la Conférence de reconstitution de ses ressources, que la France accueillera le 10 octobre à Lyon. Rendez-vous majeur à l’issue du Sommet des chefs d’État du G7, cette conférence internationale aura pour ambition de lever au moins 14 milliards de dollars pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour éliminer ces trois maladies d’ici 2030, conformément aux objectifs du développement durable.

Améliorer l’efficacité des systèmes de santé à travers le partage de connaissances
La communauté internationale est aujourd’hui appelée à innover en lien avec les acteurs issus de la société civile afin d’établir des modalités de coopération efficace. Dans le cadre du G7, la France a pour objectif de mettre en place un outil concret pour contribuer à un meilleur partage de connaissances et d’expertise, en faveur de l’efficacité des systèmes de santé.
La France a ainsi souhaité aboutir avec ses partenaires du G7 au lancement d’une initiative pour le partage de connaissances dans le domaine des soins de santé primaires. Pour la première fois des organisations internationales s’engagent à coopérer pour la mise en place d’une telle plateforme collaborative.
À l’issue de la réunion des ministres de la Santé du G7, les principales organisations internationales compétentes – l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Fonds mondial, Gavi l’Alliance du Vaccin et la Banque mondiale – ont été invitées à signer une lettre d’engagement affichant leur intention de collaborer en matière de soins de santé primaires. Elles ont également remis un rapport sur les modalités de mise en place d’une plateforme web participative entre les membres du G7.
Cette plateforme devrait permettre de :
– développer le partage de connaissances et d’expertise sur les soins de santé primaires entre les pays du G7 ;
– contribuer au renforcement des soins de santé primaires entre pays du G7 et les pays à faible et moyen revenu en particulier les pays du G5 Sahel ;

– favoriser l’innovation en matière de renforcement de soins de santé primaires en s’appuyant également sur la société civile (chercheurs, professionnels, patients, ONG, secteur privé…).

Les engagements
Les conclusions de la réunion des ministres de la Santé du G7 publiées à l’issue de la réunion ministérielle contribueront à l’agenda des solutions qui sera présenté lors du Sommet des chefs d’État de Biarritz du 24 au 26 août, en particulier en matière de santé mondiale. Ces résultats seront également pris en compte à l’occasion d’autres événements internationaux organisés en 2019 : l’Assemblée mondiale de la santé, prévue le 20 mai à Genève ; l’Assemblée générale des Nations unies, le 18 septembre à New York ; la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, le 10 octobre à Lyon ; la réunion des ministres de la Santé du G20, prévue le 19 et le 20 octobre à Okayama.
En marge de la rencontre des ministres de la Santé du G7, la ministre des Solidarités et de la Santé s’est entretenue avec plusieurs de ses homologues.

 

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