Agir pour la santé

Agir pour la santé

Le Comité interministériel pour la santé, présidé par le premier ministre Édouard Philippe, a réuni 12 ministres au collège Le Luzard à Champs-sur-Marne, sur les thématiques de la prévention et la promotion de la santé.

Cette approche interministérielle traduit la volonté du Gouvernement que l’ensemble des ministères puissent contribuer à la prévention en santé et à la promotion, dans tous les territoires et dans tous les milieux de vie, des comportements permettant de rester en bonne santé tout au long de la vie.

Les mesures phares

La santé par l’alimentation
Si les études récentes montrent que le surpoids et l’obésité tant chez les adultes que chez les enfants se sont stabilisés, cette stabilisation survient à un niveau qui bien que moins mauvais comparativement à celui de nombreux autres pays européens, demeure trop élevé. Ainsi près de la moitié des adultes et 17 % des enfants sont en surpoids ou obèses en France aujourd’hui, avec des inégalités sociales encore très marquées. D’autres indicateurs n’évoluent pas de façon favorable. La croissance de la prévalence du diabète de type 2 se poursuit ; la pratique d’activité physique tend à décroître, particulièrement chez les femmes et les enfants, et reste très insuffisante. Les comportements sédentaires ont fortement augmenté ces dix dernières années. La consommation de sel, après avoir diminué au début des années 2000, stagne à un niveau beaucoup trop élevé, celle de sucre est trop importante tandis que la consommation de fruits et légumes et de fibres est beaucoup trop faible.
• Objectifs
– Une alimentation favorable à la santé pour tous.
– Une alimentation plus durable et solidaire.
– Une plus grande confiance dans notre alimentation.
– De meilleurs dépistages et prises en charge des pathologies liées à la nutrition.
• Mesures
– Promouvoir les nouveaux repères nutritionnels : permettre à tous les Français de connaître les bons réflexes alimentaires pour leur santé en actualisant, dès 2019, le site manger-bouger et la fabrique à menu pour faciliter la mise en œuvre par tous des nouvelles recommandations alimentaires, activité physique et sédentarité.
– Augmenter les fibres, réduire les quantités de sel, sucres, gras dans les aliments de consommation courante par un engagement ferme des acteurs économiques dès 2020 et promouvoir le Nutri-Score, afin d’améliorer la qualité nutritionnelle de tous les aliments transformés en favorisant les démarches volontaires des professionnels.
– Réduire la consommation de sel de 30 % d’ici 2025 (engagement de la France auprès de l’OMS). Pour le pain, qui représente de l’ordre de 25 % de l’apport en sel quotidien des Français, une réflexion sera engagée dès 2019 avec les professionnels afin de déterminer le taux cible et les actions à conduire pour y parvenir.
– Protéger les enfants et les adolescents d’une exposition à la publicité pour des aliments et boissons non recommandés : encourager la mise en place de codes de conduite en s’appuyant sur les nouvelles dispositions de la directive européenne sur les services de médias audiovisuels.
– Permettre à tous de bénéficier d’une restauration collective de qualité en toute transparence : assurer la montée en gamme de la restauration collective par un approvisionnement de 50 % de produits bio, durables et de qualité d’ici 2022 et promouvoir le Nutri-Score dans ce secteur.
– Organiser dès 2020 la journée nationale « Les Coulisses de l’alimentation » sur le modèle des Journées du Patrimoine où les professionnels de l’alimentation proposeront un large choix d’événements pédagogiques et de découverte au public (journées portes ouvertes, dégustations, visites dans les centres de formation, organisation de conférences et de débats).
– Étendre l’éducation à l’alimentation de la maternelle au lycée : des outils pédagogiques pour l’éducation à l’alimentation seront mis à disposition en 2019 pour couvrir tous les âges tels qu’un vade-mecum et une boîte à outils éducative sur le portail « alimentation » du site internet Eduscol et déploiement des classes du goût.
– Veiller à l’alimentation de nos aînés : prévenir la dénutrition en sensibilisant le grand public et les professionnels de santé et du secteur social en mettant en place chaque année « une semaine nationale de la dénutrition ».
– Promouvoir et partager au niveau national les actions locales innovantes, sources de créativité : dans chaque département, d’ici 2023, ces initiatives seront valorisées dans le cadre des projets alimentaires territoriaux (PAT), des chartes « collectivités et entreprises actives du PNNS » et un colloque annuel sera organisé.
– Étendre l’obligation de don des invendus alimentaires à la restauration collective et aux industriels et favoriser les dons par les filières agricoles : dès 2019, la restauration collective et les industries agroalimentaires seront actrices de la lutte contre le gaspillage alimentaire et seront amenées à organiser des dons alimentaires aux associations.
– S’assurer de la qualité et de la fiabilité des applications numériques informant le consommateur dans ses choix alimentaires : d’ici 2020, définir, en concertation avec les parties prenantes dans le cadre du Conseil national de la consommation (CNC), les conditions permettant de garantir au consommateur l’accès à une information pertinente et loyale lors de l’utilisation de ces applications.
Le programme alimentation – nutrition bénéficiera d’une enveloppe de près de 40 millions d’euros. Sur ce total, les 35 millions d’euros annuels de financement européen permettront en priorité de financer la montée en gamme des produits destinés à la restauration collective/scolaire.

La santé par l’activité physique et sportive
Notre société est marquée par une forte augmentation de la sédentarité, liée notamment à la tertiarisation des emplois, à l’augmentation des déplacements inactifs et à l’essor du numérique. Or l’activité physique et sportive est reconnue comme une thérapeutique non médicamenteuse par la Haute Autorité de Santé depuis 2011.
• Objectifs
La Stratégie nationale sports santé (SNSS) a pour objectif qu’à ce que le plus grand nombre de personnes intègre la pratique d’une activité physique et sportive à son quotidien, de manière régulière, durable et adaptée pour améliorer l’état de santé de la population. Cela requiert une mobilisation générale des départements ministériels, des fédérations sportives, des collectivités locales ainsi que des acteurs privés (notamment les entreprises) que cette stratégie entend rassembler par :
– la promotion de la santé et du bien-être par l’activité physique et sportive ;
– le développement et le recours à l’activité physique adaptée à visée thérapeutique ;
– la protection de la santé des sportifs et le renforcement de la sécurité des pratiques et des pratiquants ;
– le renforcement et la diffusion des connaissances.
• Mesures
– Promouvoir les activités physiques et sportives auprès des enfants, des jeunes et des étudiants dans tous les temps éducatifs : dès la rentrée 2019, dans le cadre du Plan « J’apprends à nager dès 4 ans », des expérimentations permettront d’amplifier et d’optimiser l’apprentissage de la natation, et ce dès le plus jeune âge. Aussi des expérimentations permettront de déployer sur quelques territoires des « Classes confiance sport » articulant les cours le matin avec la pratique d’APS en après-midi.
– Développer la pratique d’activités physiques et sportives en milieu professionnel : promotion des conciergeries sportives dans les entreprises et dans les administrations (offre de services sportifs clé en main aux salariés et agents).
– Promouvoir l’offre de pratique d’activité physique et sportive pour les seniors : les stages de préparation à la retraite intégreront progressivement la présentation des recommandations en matière de pratique d’APS et présenteront l’offre de pratique adaptée aux seniors. D’ici 2021 : déploiement sur l’ensemble du territoire de projets sportifs territoriaux incluant la thématique « APS et seniors/aînés » et des programmes d’APS construits spécifiquement pour intervenir en Ehpad.
– Développer la pratique d’activité physique adaptée pour les personnes atteintes de maladies chroniques : dans le cadre des parcours « pertinence et qualité » mis en place dans la stratégie « Ma Santé 2022 », le ministère de la Santé travaillera avec la HAS, l’INCa et la CNAM à l’élaboration d’un parcours optimisé, global, pour les femmes opérées d’un cancer du sein incluant notamment de l’activité physique adaptée.
– Renforcer la prescription d’activité physique adaptée par les médecins : d’ici à 2021, une plateforme en ligne permettra à chacun de repérer les offres d’APS et d’APA orientées vers les différents publics atteints de pathologies chroniques et proposées sur le territoire national.
– Labéliser les maisons Sport-santé : pour l’année 2019, 100 maisons Sport-Santé seront identifiées sur le territoire national, une charte d’engagement permettra d’accompagner et de suivre ces nouveaux espaces en proximité et au bénéfice des populations.
– Augmenter le nombre de personnes en situation de handicap pratiquant une activité physique et sportive : l’adoption de la stratégie sport & handicap va permettre de soutenir le développement de la pratique sportive des personnes en situation de handicap dans une logique inclusive. Elle précisera les objectifs en termes de pratiques sportives et de performance.
Les actions seront pilotées et mises en œuvre principalement par le ministère de Sports et le ministère des Solidarités et de la Santé ; d’autres ministères sont également porteurs d’actions dans ce champ (éducation, enseignement supérieur, recherche, écologie, travail, justice…)

Prévenir et prendre en charge l’obésité
En France, 17 % de la population adulte est obèse, ce qui représente plus de 8 millions de personnes. Maladie chronique évolutive allant de l’obésité simple à l’obésité sévère et/ou complexe, elle est un facteur de risque majeur pour les pathologies les plus fréquentes (maladies cardio-vasculaires, diabète de type 2, etc.).
Les conséquences psychologiques et sociales, comme la mésestime de soi, la dépression, la stigmatisation, sont conséquentes et délétères. On constate quatre tendances fortes, propres à la France, qui persistent en dépit des efforts engagés par les pouvoirs publics depuis plusieurs années :
– l’augmentation de la proportion des personnes évoluant vers une obésité très sévère, qui correspond à un indice de masse corporelle IMC > 40 kg/m². En 2016, 2 % des femmes (1,3 % en 2006) relevaient de l’obésité sévère et 1 % des hommes (0,7 % en 2006), soit plus de 500 000 personnes adultes ;
– la persistance d’inégalités sociales fortes : ainsi, dès l’âge de six ans, les enfants d’ouvriers sont 4 fois plus touchés par l’obésité que les enfants de cadres : 16 % sont en surcharge pondérale et 6 % sont obèses contre respectivement 7 % et 1 % chez les enfants de cadres ;
– la part plus élevée en outremer que dans l’hexagone de la population obèse et souffrant de pathologies associées. En Guadeloupe et en Martinique, l’obésité touche respectivement 2 % et 28 % des adultes contre 17 % dans l’hexagone ;
– l’augmentation du recours à la chirurgie de l’obésité, 4,5 fois plus en 10 ans : 68 000 personnes ont été opérées en 2017 alors qu’elles étaient 15 000 en 2006. Or, les techniques chirurgicales ne doivent concerner que des obésités sévères réunissant un ensemble de conditions et ne sont à envisager chez les mineurs que dans des situations exceptionnelles. Le suivi doit être resserré et nécessite un accompagnement de long terme ;
– le risque d’obésité des personnes avec une déficience intellectuelle est supérieur à celui de la population générale. La prévalence est doublée (environ 30 % de la population enfants avec une déficience intellectuelle) et les chiffres sont encore plus hauts lorsqu’il existe des signes du spectre autistique (50 % de la population). L’obésité représente un double handicap pour ces personnes déjà fragilisées et peut être un facteur d’exclusion. Les déterminants sont multiples avec une forte intrication entre eux et l’environnement.
• Objectifs
Pour faire face à ces constats, la feuille de route « prise en charge de l’obésité » 2019 vise à structurer et à mettre en œuvre des parcours de santé gradués et coordonnés, adaptés aux personnes obèses ou à risque de le devenir, en veillant particulièrement à réduire les inégalités d’accès aux soins et améliorer la qualité des prises en charge.
• Mesures
– Détecter précocement les personnes obèses ou à risque d’obésité par la saisie régulière du poids et de la taille dans le Dossier Médical Partagé-DMP, dès le plus jeune âge : en effet, la probabilité qu’un enfant obèse le reste à l’âge adulte varie, selon les études, de 20 % à 50 % avant la puberté jusqu’à atteindre entre 50 % et 70 % après la puberté.
– Orienter les personnes obèses ou à risque d’obésité vers les équipes adaptées. Les parcours de soins seront gradués et personnalisés, c’est-à-dire, adaptés à la complexité de la situation de chaque patient. Pour cela, les professionnels pourront s’appuyer sur des référentiels posant les indications justifiant une prise en charge de l’obésité et définissant les conditions d’une coordination renforcée des intervenants.
– Améliorer la lisibilité de l’offre sur les territoires et, plus globalement, l’information des personnes obèses : mises en œuvre de programmes d’éducation thérapeutique du patient et d’actions privilégiant la formation et l’intervention de patients ressources, mise à disposition d’une cartographie des professionnels spécialisés dans la prise en charge de l’obésité et des associations de patients.
– Conditionner, dès 2020, l’activité de chirurgie de l’obésité à une autorisation selon des critères de qualité : information du patient en amont de la chirurgie, inscription dans la durée du suivi des personnes opérées, diffusion publique des résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS) des établissements hospitaliers.
– Renforcer les centres spécialisés de l’obésité (CSO) dans leur rôle d’animation et de coordination de la filière de soins ainsi que d’appui des professionnels : diffusion des bonnes pratiques, développement de la coordination et du suivi des personnes obèses sévères, prises en charge des situations complexes notamment chez les enfants, coopération avec les établissements médico-sociaux de leur territoire, en particulier accueillant les enfants. Les CSO doivent être positionnés comme les référents de la prise en charge des obésités sévères.
– Adapter et soutenir la filière obésité dans les outre-mer notamment en développant la collaboration entre les CSO de l’hexagone et les établissements et professionnels d’outre-mer et en proposant des programmes d’éducation thérapeutique adaptés.
– Déployer, d’ici 2022, des expérimentations innovantes en direction de publics ciblés : les enfants de 3 à 8 ans à risque d’obésité (« Mission Retrouve ton cap »), les enfants et adolescents atteints d’obésité sévère (« Obepedia »). Elles donneront lieu à une évaluation afin d’en tirer les enseignements utiles en perspective d’une éventuelle généralisation.
Les actions seront mises en œuvre à titre principal par le ministère des Solidarités et de la Santé.

Protéger les mineurs de la vente d’alcool et de tabac
Une étude récente de l’Observatoire français des drogues et toxicomanie (OFDT) (Aramis, décembre 2017) confirme la perception par les jeunes d’un environnement très favorable aux consommations : tabac et alcool sont décrits comme omniprésents dans l’entourage, dans leur quartier et aux abords des établissements scolaires ou par les images auxquelles ils sont exposés au quotidien.
• Objectif
Renforcer le respect de l’interdiction de vente de tabac et d’alcool aux mineurs, dans le cadre du plan national de mobilisation contre les addictions.
• Mesures
– Appeler au grand public l’interdiction de vente aux mineurs de tabac et d’alcool par des actions de communication.
– Mettre en place des plans de contrôle coordonnés au niveau local, sous l’égide du préfet, et organiser, en partenariat avec le secteur associatif, des opérations de testing permettant d’évaluer le degré de respect de la législation sur un territoire donné.
– Mobiliser les professionnels de la distribution d’alcool et de tabac. Toutes les enseignes de la Fédération du commerce et de la distribution (19 000 points de vente), ainsi que certains groupes de la grande distribution, s’engagent aux côtés du Gouvernement pour mieux former leurs salariés, sensibiliser les clients, moderniser l’affichage et renforcer les moyens de contrôle en caisse.

Renforcer le parcours de santé des enfants et adolescents
Le Gouvernement annoncera avant l’été la mise en place d’un parcours santé accueil éducation pour les enfants de 0 à 6 ans. Ce parcours devra permettre la mise en place progressive d’une visite médicale systématique pour tous les enfants avant l’âge de 6 ans. Une réforme de la PMI, outil indispensable de prévention précoce en santé, aujourd’hui dans une situation difficile, accompagnera la mise en place de ce parcours. Cette réforme fera l’objet d’une concertation avec les départements.
En outre, bien que les maltraitances subies dans l’enfance (violences physiques, sexuelles et/ou psychologiques, conjugales, négligences lourdes) ont des conséquences sur la santé tout au long de la vie, l’accès aux soins pris en charge au titre de l’aide sociale à l’enfant est nettement moins favorable que celui des autres enfants.
• Objectifs
– Faciliter l’accès aux soins et améliorer le parcours de santé des enfants et adolescents pris en charge en protection de l’enfance.
– Améliorer les connaissances des professionnels de santé et des acteurs de la protection de l’enfance en matière de dépistage des maltraitances et de leurs conséquences sur la santé.
• Mesures
Il est proposé d’expérimenter un parcours de soins coordonné pour les enfants et les adolescents protégés, incluant une prise en charge somatique et psychique précoce, reposant sur la création d’un forfait annuel par enfant ou adolescent financé par la sécurité sociale.

Faciliter l’accès pour tous aux tests rapides d’orientation diagnostique pour l’angine
Un test rapide d’orientation diagnostique (Trod) existe depuis longtemps, permettant de différencier rapidement et efficacement les angines virales des angines bactériennes (40 % des médecins généralistes l’ont commandé en 2017).
À noter : 10 % des prescriptions d’antibiotiques correspondent à un traitement pour angine (9 millions de cas chaque année) alors que 80 % des angines sont dues à des virus, donc ne nécessitent pas d’antibiotique.
• Objectif
Maîtriser l’antibiorésistance et simplifier la prise en charge des patients suspectés d’être affectés d’une angine.
• Mesure
D’ici le 1er janvier 2020, les tests Trod angine seront réalisables par les pharmaciens. La concertation avec les professionnels de santé sur cette mesure se déroulera au cours de l’année 2019.

Permettre des prescriptions de prévention en médecine scolaire et en médecine du travail
La prévention est un enjeu de tous les milieux de vie.
• Objectif
Faciliter l’accès de tous à la vaccination.
• Mesure
Permettre aux médecins scolaires de prescrire, à titre préventif, des actes et produits remboursables par l’Assurance maladie et selon cette même modalité, aux médecins du travail de prescrire des vaccins.

Faciliter l’accès aux dépistages organisés des cancers pour les personnes en situation de handicap hébergées en établissement
Selon une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), les personnes en situation de handicap ont un recours réduit aux dépistages des cancers du col de l’utérus et du côlon ainsi qu’à la mammographie.
• Objectif
Lever le frein financier à l’accès aux programmes organisés de dépistage des personnes handicapées accueillies en établissements médico-sociaux en permettant un financement direct par l’Assurance maladie.
• Mesure
Dès l’automne 2019, la prise en charge des programmes organisés de dépistage des cancers du sein, du col de l’utérus et du côlon ne relèvera plus du budget des établissements médico-sociaux pour personnes handicapées et relèvera du droit commun de l’Assurance maladie.

Instaurer un « rendez-vous prévention » au moment du passage à la retraite
La transition démographique attendue à l’horizon 2030 avec l’arrivée des générations du baby-boom à des âges avancés impose de renforcer la prévention des troubles de santé liés au vieillissement. La période du passage à la retraite constitue ainsi un moment clé pour mener des actions préventives et mettre en place un « rendez-vous prévention ».
• Objectif
Inciter et aider les personnes à adopter des comportements de vie favorables à leur santé et réduire leurs facteurs de risque de fragilité et de perte d’autonomie, par une approche personnalisée.
• Mesure
Mettre en place un « rendez-vous prévention », au moment du passage à la retraite, qui sera structuré pour aborder les trois domaines suivants : vulnérabilités, santé et retraite. Il s’appuiera sur les caisses d’Assurance maladie et les caisses de retraite.
Ce « rendez-vous prévention » se basera sur le profil de santé, les choix de vie et les propres leviers de motivation de la personne pour établir des recommandations et orientations opérationnelles lui permettant d’agir sur son comportement (« empowerment »).
Et s’articulera avec les médecins traitants et les acteurs de prévention du territoire. Par ailleurs l’invitation au « rendez-vous prévention » sera prioritairement destinée aux personnes les plus à risque en fonction de leurs caractéristiques géographiques, socio-économiques et de leur consommation de soins.

Le numérique au service de la prévention : Santé.fr
L’information, aujourd’hui encore très généraliste et éparpillée, est le premier déterminant de la prévention en santé.
• Objectif
Donner à toutes et à tous la capacité de faire des choix favorables à leur santé. Pour cela, améliorer l’information des personnes pour faire connaître et comprendre les enjeux de prévention, les accompagner dans leurs choix en prenant en compte les spécificités liées à l’âge, au sexe et au contexte territorial.
• Mesure
Au sein du site Santé.fr, lancement d’un widget (petite application) de conseils de prévention personnalisés permettant à l’utilisateur d’accéder aux contenus de prévention et promotion de la santé issus d’émetteurs publics ou privés labélisés et sélectionnés en fonction de critères d’âge, de sexe et prochainement adaptés aux territoires. Cette fonctionnalité est susceptible d’être intégrée sur tout autre site d’information en santé public ou validée par les autorités.

Une plateforme numérique au service du bien-être des jeunes en établissement scolaire agricole
Sur la base des expérimentations et des actions conduites depuis plusieurs années, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation s’est engagé, avec le soutien de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), dans la diffusion d’une démarche innovante de programmes pluriannuels de prévention des conduites addictives dans les établissements de l’enseignement agricole, porté par des équipes pluricatégorielles, s’appuyant sur le développement des compétences psychosociales des jeunes et la prévention de pairs à pairs. Les jeunes sont ainsi Co constructeurs et acteurs de leur santé.
• Objectifs
– Soutenir la mise en œuvre d’une école promotrice de santé par l’accompagnement des projets des équipes en établissement, dans une approche globale, pédagogique et éducative.
– Promouvoir des projets centrés sur le renforcement des compétences psychosociales par le travail collaboratif entre élèves.
• Mesure : mettre à disposition de tous les acteurs de l’enseignement agricole une plateforme numérique dynamique (vidéos, témoignages, références scientifiques) d’appui à la mise en œuvre de projets concourant à l’amélioration du bien-être des élèves.

Les actions de communication

Campagne d’information sur l’alcool
• Objectif
Réduire la consommation d’alcool en améliorant les connaissances des Français sur les risques à moyen et long terme associés à la consommation d’alcool et en faisant connaître les nouveaux repères de consommation à moindre risque.
• Mesure
Lancée le 26 mars dernier, la campagne de communication (médias TV, digital, radio, presse) est destinée au grand public afin de faire connaître les nouveaux repères de consommation et permettre ainsi aux Français de faire un choix éclairé d’une consommation à moindre risque pour leur santé.
Les actions de communication se dérouleront tout au long de l’année.
Pour les femmes enceintes, le message reste « Zéro alcool pendant la grossesse » et un pictogramme plus lisible et visible apparaîtra en 2020 sur les contenants d’alcool.

Campagne d’information sur la vaccination
Pour la première fois en 2019, une campagne grand public va être diffusée sur les principaux médias nationaux, notamment la télévision, avec pour objectif de revaloriser et promouvoir la vaccination auprès des Français, inciter les Français à se faire vacciner, à faire vacciner leur entourage, faire connaître le site vaccinationinfoservice comme source de référence sur la vaccination.
Avec la réforme des obligations vaccinales en 2018, une nouvelle dynamique a été initiée autour de la promotion de la vaccination.
Le site https://vaccination-info-service.fr/, 1er site de référence des pouvoirs publics à destination du grand public et des professionnels de santé, mis en ligne en mars 2017, contribue à cette promotion, 5 millions de visiteurs uniques se sont connectés depuis son ouverture.
• Objectifs
– Améliorer la couverture vaccinale dans la population.
– Réinvestir l’espace public pour promouvoir la vaccination.
– Contribuer à rétablir la confiance dans la vaccination, et lutter contre les idées fausses et la désinformation.
• Mesure
Lancement le 24 avril 2019 à l’occasion de la semaine européenne de la vaccination d’une campagne de communication TV : « La meilleure protection c’est la vaccination ». Les spots télévisés seront diffusés aux heures de grande écoute pendant 3 semaines en avril et en mai 2019.

Création d’une signature commune « J’agis pour ma santé » pour toutes les actions de prévention
L’information des publics sur les mesures de prévention s’appuie sur de nombreux dispositifs de communication et/ou d’information mis en œuvre par différents ministères, opérateurs de l’État et autres institutions. Le Plan national de santé publique « Priorité prévention » transversal et interministériel va permettre de donner un sens nouveau à ces actions de prévention et d’atteindre une véritable lisibilité de la politique publique.
• Objectif
Cette signature permettra d’identifier simplement l’ensemble des actions de prévention existantes ou à venir du Plan national de Santé publique (PNSP), mais aussi, plus largement, toutes les actions existantes en prévention santé, dont les bénéfices, ont été scientifiquement validées. Elle a également pour objectif de permettre aux Français de s’impliquer davantage dans leur santé à tous les âges de leur vie, de les inciter à changer leur comportement et à devenir de véritables acteurs de leur santé.
• Mesure
Cette signature sera appliquée par tous les partenaires, notamment interministériels, pour toute action de communication portant sur la prévention en santé.

 

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