Plus de parité dans les médias

Plus de parité dans les médias

Retour sur la signature de la Charte « Pour les femmes dans les médias » au ministère de la Culture.

Cette charte a été initiée par l’association éponyme créée par Françoise Laborde et Laura Lemens Boy, et dirigée par Laurence Bachman et Bouchera Azzouz.

L’association
Les associations des femmes dans les médias existent dans de nombreux pays, mais pas en France. Pour y remédier a été fondée l’association Pour les Femmes dans les Médias (PFDM). En effet la France accuse un retard important en termes de parité puisque dans les médias, les femmes représentent 52 % de la population en France, et ne sont que 35 % à intervenir dans les programmes. De plus si elles sont très présentes dans les rédactions, elles sont très absentes dans les postes de direction. PDFM réunit les dirigeantes des médias afin de les aider à peser dans leur secteur économique et plus largement dans la modification des comportements sociétaux. C’est une organisation amicale, active et ambitieuse qui fonctionne sous une forme de « Think Tank » pour soutenir les femmes et promouvoir l’image de la femme dans les médias, et créer ainsi une société plus juste et plus apaisée.

Ses missions
• Valoriser la place des femmes dans les médias par tous moyens d’action et les aider à détruire le plafond de verre.
• Lancer une dynamique avec tous les acteurs impliqués dans le domaine de la responsabilité sociétale des entreprises.
• Mettre en place un réseau de soutien pour les femmes dans les médias pour les assister dans leur ascension et leurs pratiques professionnelles.
• Agir comme « Think Tank » auprès des institutions, organisations et sociétés publiques et privées.
• Sensibiliser les responsables économiques, sociaux et institutionnels à la parité et plus largement faire en sorte que les femmes soient mieux reconnues.
• Aider et promouvoir les opportunités des femmes et veiller à augmenter le nombre de femmes « expertes » à l’écran.
• Collecter, analyser et faire connaître des informations, documents et études sur la place de femmes dans les médias.
• Favoriser l’échange d’informations entre les membres de l’association sur leurs expériences respectives.

Moyens et interventions
• Déjeuners de travail : tous les deux mois, lors de déjeuner informel, des réunions permettent aux membres de l’association d’échanger, de partager, de s’informer mutuellement et définir les actions à venir. Ou encore de partager des expériences avec des invitées.
• Tutoring : pour inciter les femmes à prendre la parole plus souvent, elles développent des outils de Tutoring comme « Les 6 raisons pour lesquelles les femmes devraient prendre la parole plus souvent ». Elles interviennent dans des écoles de communication, de journalisme et de commerce pour dynamiser les étudiantes et les encourager à travailler ensemble. Et enfin elles renforcent la présence des femmes dans les guides d’expertes.
• Elles participent régulièrement à des rendez-vous tels que le Mipcom ou le festival de La Rochelle, où elles présentent l’association et incitent les femmes à prendre la parole.
• Elles organisent des opérations transversales avec d’autres associations pour sensibiliser le milieu professionnel et le grand public au retard pris par la France dans le domaine.

La charte PFDM
Harcèlement sexuel et agissements sexistes, les entreprises média s’engagent : depuis 7 ans, PFDM s’est fixé comme objectif de promouvoir la parité et l’égalité réelle entre femmes et hommes devant et derrière les caméras. Ainsi encourager les femmes dans ces carrières difficiles, c’est prime abord s’assurer de la « sécurisation de leur parcours » notamment pour les plus jeunes, les plus fragiles ou les plus précaires.
Aujourd’hui, 20 % des femmes sont confrontées à une situation de harcèlement sexuel au cours de leur vie professionnelle. Et que 82 % des employeurs n’ont pas prévu d’actions de prévention et de lutte. Dans le même temps, près de 30 % des victimes de harcèlement n’en parlent à personne. Cela doit changer !
Quelques mois après la promulgation de la loi du 3 août 2018 et de la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018, de nouvelles obligations s’imposent depuis janvier 2019 pour les sociétés, en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. En écho à ces lois, PFDM s’empare du sujet et édicte une charte de bonne conduite contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes dans les professions liées aux médias. PFDM souhaite aider les entreprises média à s’engager et à sensibiliser tout leur personnel sur le sujet en le rendant plus visible.
Si les femmes restent les premières victimes du harcèlement, les engagements qu’elles promettent avec cette charte permettront d’agir pour mettre fin à ces comportements, quel que soit le genre concerné. Une attention particulière sera portée à toute situation de fragilisation liée à l’orientation sexuelle.
Cette charte est accompagnée d’illustrations élaborées à partir de témoignages de femmes que les entreprises signataires peuvent afficher dans leurs locaux. Sarah Gully, illustratrice, a offert gracieusement ses dessins.

J’informe
Je m’engage à informer chacun de mes collaborateurs de ce qu’est le harcèlement (définition des comportements répréhensibles) et des peines encourues (risques judiciaires et financiers) ; et à sensibiliser tout nouveau collaborateur (quel que soit le type de contrat : CDI, stagiaire, CDD, contrat précaire, intermittent…) de l’entreprise au sujet du harcèlement sexuel.
• Exemples d’actions :
– afficher la présente charte dans les lieux de passage, sur les plateaux, dans les loges, les cars Régie ou les salles de montage ;
– organiser une réunion avec l’ensemble des collaborateurs pour les informer de notre engagement.
– envoyer un email à tous pour les informer de notre engagement ;
– organiser un sondage anonyme pour faire un état des lieux dans mon entreprise, ce sondage pouvant être la première vague d’un baromètre annuel ;
– intégrer et délimiter dans le règlement intérieur ou le livret d’accueil de mon entreprise les conditions d’un environnement de travail sans harcèlement, avec définition des éléments constitutifs du harcèlement sexuel, responsabilité légale de l’employeur et procédures de signalement et d’aide aux victimes ;
– joindre un document spécifique décrivant le harcèlement et les peines encourues au 1er contrat signé avec l’entreprise/l’employeur ;
– utiliser, en affichage ou en digital, les éléments graphiques du kit fourni par PFDM et réalisé par Sarah Gully, jeune dessinatrice qui a tenté de mettre en images les comportements sexistes entendus ici ou là dans l’exercice de nos fonctions.

J’agis
Je m’engage à mettre en place un dispositif pour écouter puis aider victime ou témoin d’un acte répréhensible.
• Exemples d’actions :
– a minima, communiquer à mes salariés les organismes publics qu’ils peuvent saisir (défenseur des droits, AVFT – Association européenne contre les Violences faites aux femmes au travail -, association d’aide aux victimes, numéro d’une plate-forme téléphonique…) ;
– nommer une (ou plusieurs) personne (s) identifiée(s) au préalable comme référente(s) dans l’entreprise (formée en conséquence) et qui sera de nature à prendre les mesures appropriées (Rh, Déléguée du personnel, responsable sécurité, personne de la direction, médecine du travail, membre du CHSTC… personne identifiée à définir par chaque employeur idéalement hors hiérarchie) ;
– mettre en place des systèmes pour répondre aux signalements, réaliser des enquêtes et sanctionner les auteurs des faits ;
– mettre à disposition une cellule d’écoute externe à l’entreprise proposant de l’assistance juridique et/ou psychologique.

Je partage
Je m’engage à partager les bonnes pratiques et les avancées avec les entreprises signataires de cette Charte pour faire évoluer l’environnement professionnel de notre secteur.

Je suis responsable, donc je m’engage
– Tout employeur est responsable au plan légal de la sécurité et de la santé de ses employés sur leur lieu de travail.
– Les victimes ne sont plus seules.
– Elles ne sont pas jugées.
– Elles sont écoutées.
– On ne met pas en doute leurs paroles.
– La confidentialité est préservée.
– Elles peuvent être aidées sans être menacées professionnellement.

 

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