Enfermé dans sa tête

Enfermé dans sa tête

La campagne d’informations « Tout débute par une connexion » a pour but de mettre en valeur l’importance des liens et de la relation dans le traitement de cette maladie.

De nombreux événements ont été organisés du 16 au 23 mars dernier autour de la schizophrénie. Objectif : faire tomber les tabous et déstigmatiser cette maladie auprès des jeunes, du grand public et des médias.
La schizophrénie est une maladie du cerveau qui appartient à la famille des psychoses et qui se développe probablement dès la naissance de manière invisible, mais elle se manifeste principalement au début de l’âge adulte entre 15 et 25 ans.
C’est un trouble mental sévère et chronique qui affecte plus de 23 millions de personnes dans le monde et qui se caractérise par des distorsions de la pensée, des perceptions, des émotions, du sentiment de soi et du comportement. Le ressenti comporte souvent des hallucinations, le fait d’entendre des voix ou de voir des choses qui n’existent pas, et des délires, des convictions inébranlables ou fausses.
Partout dans le monde, la schizophrénie s’associe à un lourd handicap et peut affecter les résultats aux niveaux éducatif et professionnel. Le risque de mourir prématurément est 2 à 3 fois plus élevé pour les sujets atteints de cette maladie que dans l’ensemble de la population. Les décès sont souvent dus à des maladies que l’on peut prévenir, cardiovasculaires, métaboliques ou infectieuses, par exemple.
La stigmatisation, les discriminations et les violations des droits fondamentaux des personnes atteintes sont courantes. Or on peut traiter la schizophrénie. Des médicaments et un appui psychosocial sont efficaces. L’accompagnement dans la vie quotidienne, l’assistance pour le logement et les emplois protégés sont des stratégies efficaces de prise en charge des schizophrènes.

 Symptômes et causes
La schizophrénie est une psychose, un type de maladie mentale se caractérisant par des distorsions de la pensée, des perceptions, des émotions, du langage, du sentiment de soi et du comportement tels que :
• hallucination : perception auditive, visuelle ou autre perception sensorielle sans objet ;
• délire : convictions fixes, fausses ou suspicions qui ne sont partagées par personne d’autre dans la culture du sujet et qui sont inébranlables malgré l’existence de preuves contraires ;
• comportement anormal : conduites irrationnelles, comme des déambulations sans but, des marmonnements ou des rires sans interlocuteurs, une apparence insolite, une négligence de soi, un aspect mal soigné ;
• désorganisation de la parole ; propos incohérents ou sans pertinence ;
• troubles des émotions : apathie marquée ou déconnexion entre les émotions indiquées et ce que l’on observe au niveau de l’expression faciale ou du langage corporel.
La recherche n’a pas mis en évidence de facteur unique. On pense qu’une interaction entre des gènes et un certain nombre de facteurs environnementaux peut être à l’origine du trouble. Des facteurs psychosociaux contribuent aussi à la schizophrénie.

Le traitement
Les chances d’amélioration grâce au traitement sont plus grandes si le traitement est mis en place dès l’apparition ou l’observation des premiers symptômes évidents. Par conséquent, parler avec un médecin le plus vite possible est essentiel.
Pour un bon résultat, l’information et le dialogue sont primordiaux dans le traitement et dans le suivi du malade. Sa participation active est un atout nécessaire, afin que le traitement puisse être adapté à ses besoins et à son évolution, et que la prise des médicaments soit régulière.
• Les médicaments : grâce à la prise de médicaments, le malade se sent plus apaisé. Il est en mesure de faire face à ses difficultés et à la situation ainsi que de prendre les bonnes décisions. Cependant, il arrive que la personne malade refuse toute intervention médicale, surtout au début. Cela est légitime ! En effet, en raison de la maladie et des perturbations qu’elle amène, la personne ne parvient pas à évaluer ses propres symptômes, ce qui entraîne un mauvais décodage de la situation réelle. Le malade doute alors qu’un médecin et les médicaments prescrits soient une réponse à ses problèmes.
• Prise en charge globale : elle consiste à réunir autour du malade des professionnels de divers horizons (psychiatre, éducateur, ergothérapeute, psychologue, assistant social, etc.), chacun contribuant par sa spécialité́ à l’amélioration de l’état de santé de la personne, à son parcours de rétablissement, à son retour à un excellent degré́ d’autonomie et à sa réinsertion sociale et/ou professionnelle. L’encadrement multidisciplinaire apporté par l’équipe – personnel soignant et social – ainsi que le soutien de l’entourage (famille, proches, amis, collègues, etc.) sont également des éléments clés.
• À quoi servent les neuroleptiques ? Il existe différentes familles de médicaments qui agissent sur l’humeur, sur les angoisses ou encore sur la perception que les malades ont du monde qui les entoure. Pour leur part, les neuroleptiques ont des effets sur les hallucinations, les idées bizarres et la désorganisation de la pensée, symptômes typiques de la schizophrénie.
Dans 85 % des cas, les symptômes ont disparu dans les 6 mois. Si c’est un premier épisode de la maladie, on conseille de garder la médication pendant 12 mois avant de la diminuer progressivement. S’il y a rechute, la poursuite de la médication à plus long terme doit être discutée.
Si une médication ne donne pas les résultats attendus, il en existe plusieurs autres qui peuvent être essayées. Il y a aussi d’autres moyens, par exemple, pour diminuer ou contrôler les voix, qui sont souvent un bon complément au traitement.
L’équilibre de la personne dépend de ses ressources propres, du soutien de l’équipe soignante et de son entourage, de la psychothérapie et des médicaments.

En bref
• La schizophrénie touche plus de 23 millions de personnes dans le monde, mais n’est pas aussi courante que d’autres troubles mentaux. Elle débute souvent plus tôt chez l’homme et est plus fréquente (12 millions) que chez la femme (9 millions).
• Cette maladie s’associe à un lourd handicap et peut avoir des répercussions sur les résultats aux niveaux éducatif et professionnel.
• Le risque de mourir prématurément est 2 à 3 fois plus élevé pour les sujets atteints de schizophrénie que dans l’ensemble de la population. Les décès sont souvent dus à des maladies physiques, comme des affections cardiovasculaires, métaboliques ou infectieuses.
• La stigmatisation, les discriminations et les violations des droits fondamentaux des schizophrènes sont courantes.

 

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