Paris : 100000e logement social

Paris : 100000e logement social

Comme New York (68 %) et Londres (52 %), Paris est d’abord une ville de locataires : 60 % des Parisiens louent leur appartement. À l’instar de toutes les métropoles dans le monde, les loyers parisiens ont connu une forte hausse. Entre 1995 et 2013, la progression fut de 79 %. Les loyers sont évidemment plus bas dans le parc social (13 euros/m2, au maximum) que dans le parc privé (23 euros/m2, en moyenne) et les hausses annuelles plus faibles. Quand les loyers du privé augmentent de 33 % en 10 ans, l’augmentation dans le parc social n’est pas supérieure à 2 %. C’est la raison pour laquelle le développement du parc locatif social, au-delà des obligations légales qui s’imposent à toutes les grandes villes, a été au cœur de la politique menée dans la capitale depuis 2001.
Maintenir un parc social conséquent dans Paris, c’est assurer la diversité sociale et culturelle des Parisiennes et des Parisiens. C’est enrichir Paris. Pour assurer un accès juste aux logements sociaux de la Ville, et permettre au parc social de remplir son rôle, Anne Hidalgo a engagé deux grands chantiers : d’une part, assurer la diversité de catégories de logements sociaux, et d’autre part mettre fin à l’opacité et à la trop longue attente pour l’attribution des logements.

Les différentes catégories de logements sociaux
Il existe 3 types de logement social, correspondant à des loyers et des plafonds de ressources différents pour les bénéficiaires :
• les logements PLUS sont les logements à destination de ménages de la classe moyenne (moins 23 720 € pour une personne seule, 55 486 € pour une famille avec 2 enfants), dont le loyer est environ de 7 €/m2 ;
• les logements PLS sont les logements à destination de la classe moyenne plus aisée (moins de 30 837 € pour une personne seule, 72 130 pour une famille avec 2 enfants), dont le loyer est compris entre 9 et 13 €/m2 ;
• les logements PLAI sont les logements à destination des ménages les plus modestes (moins de 13050 € de revenus annuels pour une personne seule, 30520 € pour une famille avec 2 enfants), dont le loyer est environ de 6 €/m2.
Une production de logements équilibrée doit permettre de s’adresser à toutes les catégories de revenus, en particulier à Paris où les prix des logements du parc privé sont difficilement accessibles pour la classe moyenne. 27 % des logements produits l’ont été dans la catégorie PLAI, la moins chère. Toutefois, Anne Hidalgo a souhaité intensifier encore l’effort de la collectivité pour le logement des plus précaires, dans une démarche « Logement d’abord » inscrit dans le Pacte parisien de lutte contre la grande exclusion, en portant sur cette proportion à 30 % des logements sociaux créés depuis 2014.

100 % d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite
Au-delà de l’accès au logement parisien pour tous les habitants quels que soient leurs revenus, Anne Hidalgo a souhaité que les besoins spécifiques à chacun soient également considérés. Paris est fortement engagée, et cela depuis de nombreuses années, en faveur des personnes en situation de handicap. En 2017, le Conseil de Paris a adopté une nouvelle stratégie « Handicap, Inclusion et Accessibilité universelle » qui fixe trois champs d’action prioritaires jusqu’en 2021 : rendre la ville accessible dans toutes ses dimensions, favoriser une inclusion accompagnée et proposer des réponses adaptées à toutes et tous, en particulier aux situations les plus complexes.
Dans ce cadre, chaque année, la Ville de Paris réalise notamment 200 nouvelles opérations de mise en accessibilité d’équipements publics. Surtout, tout nouveau programme de logement social est adapté aux personnes à mobilité réduite.
Au lendemain du vote par les députés de la loi Élan qui restreint la part de logements accessibles aux personnes en situation de handicap dans les constructions neuves, Anne Hidalgo a pris la décision que « 100 % des logements sociaux construits à Paris seront accessibles » aux personnes en situation de handicap.

Diversifier les types de logements sociaux pour s’adresser à tous les besoins
Au-delà de la construction de logements familiaux, les mécanismes de financement du logement social permettent également de développer des solutions de logement pour des publics spécifiques.
C’est le cas par exemple des résidences pour étudiants et chercheurs, cruciales pour maintenir l’attractivité des universités parisiennes alors que les locations dans le privé deviennent inabordables pour les étudiants et les jeunes enseignants. Ainsi, plus de 12 000 nouveaux logements étudiants et chercheurs ont été créés depuis 2001.
La collectivité parisienne a également permis la création de structures pour des publics spécifiques, qu’il s’agisse de pensions de famille ou de résidences sociales pour les plus démunis (plus de 4 800 logements sur la période), de foyers de jeunes travailleurs (plus de 6000 logements), de foyers pour personnes handicapées (plus de 1 000 logements) ou de résidences pour les personnes âgées ou dépendantes (plus de 2 000 logements). Près de 6 000 logements sociaux dignes ont par ailleurs été créés dans le cadre du plan de traitement des foyers de travailleurs migrants.

Le logement social pour homogénéiser la mixité de paris : le rééquilibrage est-ouest
• Plus de logements sociaux à l’ouest et au centre
Le souci de mieux répartir les logements sociaux sur le territoire parisien a guidé la politique de programmation depuis 2001. Il s’agit avant tout de développer le logement social au centre et à l’ouest de Paris, dans des arrondissements très peu dotés en logement social en 2001. Mais ces arrondissements sont des arrondissements denses, déjà bâtis, où les opportunités de construire sont rares. Pour développer le parc social dans ces arrondissements, tant Bertrand Delanoë qu’Anne Hidalgo ont donc choisi de recourir à la préemption et au conventionnement d’immeubles déjà occupés. Près de 11 000 logements ont été ainsi acquis par préemption depuis 2001. Si les locataires qui habitaient ces logements au moment du conventionnement restent bien sûr dans leur appartement tant qu’ils le souhaitent, ces logements seront à terme occupés par des personnes demandeuses de logement social et sous les plafonds de ressources, apportant de la mixité bénéfique aux quartiers et à leurs écoles. Le taux SRU des arrondissements de l’ouest et du centre a ainsi connu une importante progression, les arrondissements de l’est voyant quant à eux leur parc social également s’agrandir.
• Une programmation différenciée en fonction des arrondissements
Toujours dans un souci de mixité sociale, les répartitions des trois catégories de logements sociaux sont différenciées en fonction des arrondissements, pour prendre en compte la proportion de logements sociaux déjà présents dans le quartier. Ainsi, dans les arrondissements très dotés en logements sociaux, comme les 13e, 19e et 20e arrondissements, la création de PLS destinés à la classe moyenne est privilégiée, quand la Ville développe plutôt les programmes PLAI et PLUS dans le centre et l’ouest de la capitale.
• Le conventionnement de logements dans le diffus
Depuis 2014, la Ville de Paris a également développé une politique nouvelle, en utilisant l’appropriation publique, par préemption, d’appartement individuel au sein de bâtiments privés. Cette démarche permet de créer et renforcer la mixité sociale au sein même d’un immeuble. Les logements préemptés de cette manière permettre de maintenir un locataire dans les lieux, qui sans l’intervention de la puissance publique, se serait vu contraint de quitter son logement voire Paris. Ainsi, depuis 2014, la Ville de Paris a préempté 208 logements, principalement dans les 11e, 17e et 18e arrondissements.

La transparence pour l’attribution des logements sociaux : la cotation et la participation des Parisiens aux commissions de désignation
Anne Hidalgo et son adjoint Ian Brossat se sont engagés, dès 2014, pour que le mode d’attribution des logements sociaux à Paris soit encore plus transparent et plus lisible pour les demandeurs, poursuivant les efforts entrepris depuis 2001. Cet engagement s’est traduit par la mise en place de la cotation à partir de critères publics, objectifs et consultables : chaque demandeur de logement se voit désormais attribuer un nombre de points, en fonction de sa situation. Les demandes sont hiérarchisées à partir de ces critères et explicitées sur le site www.paris.fr. Ils déterminent la sélection des dossiers soumis à la commission de désignation de la Ville de Paris.
Parallèlement, Anne Hidalgo et Ian Brossat ont souhaité ouvrir les portes de la commission de désignation de la Ville de Paris à tous les Parisiennes et Parisiens qui le souhaitent, chaque jeudi, sur simple inscription. Transparence totale : la démarche est une première en France et en Europe. Ainsi, ce sont près de 500 Parisiennes et Parisiens qui ont pu assister aux commissions de désignation depuis le début de la mandature.
Pour aller plus loin encore, en 2018, la majorité a souhaité faire participer les Parisiennes et les Parisiens : tirés au sort, des citoyens de Paris siègent désormais chaque jeudi après-midi aux côtés des élus, de la majorité et de l’opposition, et des représentants d’associations et désignent à voix égales les futurs locataires du logement social. Il s’agit, une nouvelle fois, d’une première en France et en Europe.

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