L’IRD-France : 75 ans d’exigence

L’IRD-France : 75 ans d’exigence

L’Institut de recherche pour le développement célèbre son anniversaire.

Unique par ses missions comme par son modèle d’intervention, l’Institut valorisera à cette occasion la richesse de ses partenariats scientifiques avec les pays du Sud et l’actualité de son action au service du développement, au travers de nombreux événements organisés en France, en Outre-mer et à l’international.
Le symposium « Recherche, développement et bien commun. Quelles sciences pour soutenir un monde durable ? », organisé à Paris le 22 février dernier sous le haut patronage du président de la République, marque le lancement des célébrations. Seul organisme public de recherche pluridisciplinaire entièrement dédié à la coopération scientifique avec les pays en développement de la zone intertropicale et méditerranéenne, l’IRD célèbre cette année son 75e anniversaire.
1944 est en effet un moment fondateur pour l’Institut, puisqu’il voit la création de l’Office de la recherche scientifique coloniale (ORSC), qui deviendra en 1953 l’Office de la recherche scientifique et technique d’Outre-mer (ORSTOM), puis Institut de recherche pour le développement (IRD) en 1998. Ainsi, 2019 est aussi le 20e anniversaire de l’IRD dans sa forme actuelle.

L’excellence scientifique en partenariat
Dans une cinquantaine de pays de la zone intertropicale – en Afrique, en Amérique latine, en Asie, en Océanie – et méditerranéenne, l’IRD conduit des recherches sur le temps long et en partenariat scientifique équitable avec les institutions de recherche de ces pays, soit l’exact contraire de la « science coloniale » des années 1940.
En effet, la vocation de l’IRD est « totalement dédiée au renforcement des capa­cités propres de l’Enseignement supérieur de la recherche (ESR) des pays partenaires. Elle vise à contribuer, d’une part, aux avancées de la science universelle, d’autre part, à la satisfaction des besoins de leurs populations, en particulier les plus vulnérables », rappelle Jean-Paul Moatti, PDG de l’Institut.
L’IRD coproduit une science d’excellence et d’exigence, de standard international, qui nourrit décisions et politiques publiques. Santé globale, gouvernance, inégalités et pauvreté, mobilités et migrations, climat et changements globaux, océan, risques naturels, agriculture durable, biodiversité, écosystèmes et ressources… : autant de thématiques abordées dans une approche pluridisciplinaire.

Contribuer à l’agenda international du développement
Les priorités de l’IRD s’inscrivent dans la mise en œuvre, associée à une analyse critique, des Objectifs de développement durable (ODD) adoptés en septembre 2015 par les Nations unies, avec pour ambition d’orienter les politiques de développement et de répondre aux grands enjeux liés aux changements globaux, environnementaux, économiques, sociaux et culturels qui affectent la totalité de la planète. « L’adoption des Objectifs de développement durable a suscité une formidable accélération de l’intérêt pour la “science de la durabilité”, dans la communauté scientifique et au-delà », souligne le Pr Jean-Paul Moatti, président-directeur général de l’IRD. « Celle-ci se caractérise par le fait que ses objets et ses problématiques de recherche trouvent d’abord leur source dans la confrontation aux problèmes du monde réel, des écosystèmes et des sociétés, plutôt qu’à la dynamique propre des disciplines scientifiques qu’elle mobilise. Elle se veut donc intrinsèquement interdisciplinaire et intersectorielle, puisqu’elle se focalise sur une meilleure compréhension des chaînes causales complexes qui permettent d’expliquer les changements et les dérèglements actuels des éco-socio-systèmes, et sur la production de solutions et d’innovations qui favorisent les trajectoires d’évolution vers un développement durable. Le 75anniversaire de l’IRD est ainsi l’occasion pour que notre Institut se porte à l’avant-garde de cette science, en jouant un rôle d’entraînement et d’impulsion de l’ensemble de la recherche française et francophone, et surtout des scientifiques du Sud ».

Les temps forts de l’année
De nombreux événements sont organisés tout au long de l’année 2019, en France, en outre-mer et à l’international, pour les personnels de l’IRD, leurs partenaires et le grand public. Le fil rouge de la programmation est un principe qui fonde les missions de l’IRD : les savoirs scientifiques procèdent d’une construction inclusive et, pour contribuer effectivement au développement, ils doivent être pensés pour le bien commun. Ce principe se retrouve tant dans les modalités de la production scientifique de l’IRD – recherche partenariale, renforcement des capacités, sciences citoyennes – que dans la diffusion de l’information scientifique et l’appropriation sociétale de ses avancées.

 Symposium international « Recherche, développement et bien commun. Quelles sciences pour soutenir un monde durable ? »
22 février 2019 – Paris (Musée du Quai Branly).
Placé sous le haut patronage du Président de la République et sous les patronages de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et de l’Unesco, cet événement scientifique de haut niveau vise à montrer comment la recherche pour le développement a contribué, contribue et pourra contribuer au bien commun, avec en fil rouge des échanges entre grands acteurs et témoins du Nord et du Sud sur les ODD. De centaines de participants se sont réunis au symposium, qui s’est tenu en présence de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et d’Annick Girardin, ministre des Outre-mer.
Il associe des partenaires académiques (grands organismes de recherche et universités du Sud, acteurs européens de la recherche pour le développement), des institutions régionales et internationales, des représentants du monde économique et des ONG. Les débats se sont ponctués par des témoignages d’acteurs majeurs du développement (dans le domaine scientifique, économique, politique ou culturel) qui mettaient en exergue quelques-unes des avancées majeures de l’IRD et leurs impacts.
Trois thèmes prioritaires : la santé globale, avec l’exemple de la lutte contre le paludisme ; le changement climatique et les changements globaux, avec un focus sur le cycle de l’eau dans les régions tropicales et méditerranéennes ; les mobilités et la mondialisation, avec les phénomènes migratoires.

Exposition « Sahara mondes connectés »
10 mai-1er septembre 2019. Marseille (Musée d’Arts africains, océaniens, amérindiens. Centre de la Vieille Charité).
Cette exposition est née de la rencontre entre Titouan Lamazou, artiste voyageur, et Charles Grémont, historien à l’IRD. Évoquer la problématique de la connexion au Sahara permet d’appréhender l’espace saharien d’un point de vue inhabituel lorsque l’on pense aux étendues désertiques. Cette exposition se propose ainsi de questionner et renouveler les représentations sur le Sahara. La connexion et les étendues désertiques conditionnent la survie des sociétés du Sahara et de ceux qui le traversent. La mobilité, à la fois contrainte et ressource, art de vivre et stratégie politique, est au fondement de cultures singulières.
Tout en mêlant de magnifiques objets ethnographiques issus de collections prestigieuses à des objets du quotidien, en présentant des réalisations audiovisuelles et autres œuvres d’artistes contemporains, cette exposition entend faire ressentir ces réalités en suivant le fil de mobilités permanentes et toujours réinventées. Les œuvres de Titouan Lamazou, présentées en continu dans l’exposition, proposent une expérience personnelle de cette mobilité, un regard de voyageur artiste explorateur.
Coproduction Musées de Marseille/IRD. Avec Titouan Lamazou, artiste voyageur.

Colloque « Science ouverte au Sud : enjeux et perspectives pour une nouvelle dynamique ».
Octobre 2019, Dakar.
Depuis 15 ans, avec la Déclaration de Berlin sur le libre accès aux connaissances issues de la recherche académique, le libre accès aux publications scientifiques s’est décliné sous deux formes : le dépôt d’un article dans une archive ouverte et la publication dans une revue en accès ouvert. Depuis, de nouveaux modes de diffusion des connaissances et de co-construction de la recherche apparaissent et proposent, à travers le mouvement de la science ouverte (Open access et Open data), de nouvelles façons de partager les connaissances.
Ces nouvelles formes de partage sont au cœur des activités de l’IRD, qui s’est positionné très tôt en faveur du libre accès aux publications scientifiques avec les pays du Sud et met aujourd’hui en place une politique d’ouverture des données de la recherche. Le contexte dans les pays du Sud est très contrasté, alors que la science ouverte peut être un véritable levier pour une recherche d’excellence, valoriser ses résultats et renforcer sa visibilité.
À destination des professionnels de l’information scientifique, des représentants d’institutions dédiées à la diffusion de l’information scientifique ou en charge de politiques de recherche, et des chercheurs eux-mêmes qui souhaitent partager leurs données et leurs publications, ce colloque international est coorganisé par l’Université Cheikh Anta Diop, le Cirad et l’IRD. Il permettra de discuter des enjeux de la science ouverte dans les pays en développement. Il présentera des politiques d’incitations nationales, internationales ou locales ainsi que des cas pratiques afin d’initier des dynamiques en faveur de la science ouverte. Il se focalisera tout particulièrement sur la recherche dans les pays francophones du Sud.

 Innover pour le développement durable. 75 ans de recherche au Sud : un ouvrage IRD (titre provisoire)
Comment, depuis plusieurs décennies, la recherche scientifique contribue-t-elle au développement des pays du Sud ? Conçu avec l’appui d’un comité scientifique qui a mobilisé plus d’une trentaine de chercheurs ainsi que l’Association des anciens de l’IRD (AIDA), cet ouvrage présente de manière dynamique et illustrée une centaine des grandes avancées scientifiques impulsées, au cours de son histoire, par l’Institut et ses partenaires. Autant d’innovations qui ont eu, pour les pays du Sud, des impacts bénéfiques majeurs dans de multiples domaines : social, économique, sanitaire, environnemental, culturel ou scientifique… Parution : fin avril 2019.

Des événements labellisés, en France, en Outre-mer et à l’international
D’autres événements, labellisés « 75 ans de l’IRD », ont été ou seront organisés tout au long de l’année 2019, dans les délégations et représentations de l’IRD en France, en Outre-mer et à l’international, parmi lesquels :
• deux journées scientifiques sur le thème « Un monde en transition », organisées à Rabat (Maroc) en février, à l’occasion de la session plénière du Conseil scientifique de l’IRD décentralisé.
• Événements parallèles au symposium du 22 février, proposés dans les délégations régionales de l’IRD ainsi qu’à l’Institut français du Bénin et de Tunisie : retransmission des échanges du symposium, tables rondes, animations ludiques et scientifiques, moments festifs…
• Conférences grand public sur le monde végétal et la santé humaine, programmées à l’Institut français d’Abidjan (Côte d’Ivoire) le 1er mars.
• Participation de l’IRD à la 11econférence mondiale des journalistes scientifiques, en juillet à Lausanne (Suisse).
• Forum international sur les sciences citoyennes, en novembre à Montpellier.
• Colloque sur la science et l’entrepreneuriat au Sud, à la Délégation régionale de l’IRD en Ile-de-France, à Bondy (fin 2019).

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