Femmes jusqu’au bout du jour

Femmes jusqu’au bout du jour

La Journée internationale de femme, célébrée tous les ans le 8 mars, aura pour thème
« Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement ».

La thématique propose de réfléchir aux moyens innovants permettant de faire progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, notamment dans les domaines suivants : les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et la construction d’infrastructures durables.
La réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) exige des approches novatrices et intégrées, capables de rompre avec le statu quo, notamment lorsqu’il s’agit de la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation de toutes les femmes et les filles.
Les actions en cours ne suffiront pas en effet pour l’instauration d’une Planète 50-50 d’ici 2030 et il devient donc primordial d’éliminer les obstacles structurels pour faire en sorte qu’aucune femme ni aucune fille ne soit laissée de côté.
En ce qui concerne les domaines de la science, la technologie, l’ingénierie, les mathématiques et le design par exemple, les femmes restent sous-représentées. Cela a un impact négatif à long terme, car empêche ces dernières d’être à l’origine ou d’avoir une incidence sur les innovations susceptibles de réduire certaines inégalités, en tenant compte des sexo spécificités, et de favoriser ainsi une transformation structurelle positive de la société.
En tenant compte et en évaluant les implications des hommes et des femmes dans toute action planifiée, il est en effet possible d’intégrer les préoccupations et expériences de ceux-ci à la conception, mise en œuvre, contrôle et évaluation des procédures et programmes dans toutes les sphères politiques, économiques et sociétales afin qu’ils en bénéficient de manière égale. Il est donc fondamental que les idées et les expériences des femmes interviennent également dans la conception et la mise en œuvre des innovations qui façonneront les sociétés de demain, y compris quand il s’agit de services bancaires mobiles, d’intelligence artificielle ou d’Internet des objets.
Faisant écho au thème prioritaire de la 63e Commission de la condition de la femme, la Journée internationale des femmes 2019 s’adressera aux grands de l’industrie, aux jeunes pousses ou « startups » qui changent la donne, aux entrepreneurs sociaux, à toutes celles et tous ceux qui militent en faveur de l’égalité des sexes ainsi qu’aux femmes innovatrices, afin d’envisager comment l’innovation peut aider à éliminer les obstacles et à accélérer le progrès vers l’égalité des sexes, encourager les investissements dans des systèmes sociaux sensibles à la dimension de genre et bâtir des services et infrastructures adaptés aux besoins des femmes et des filles.
Le 8 mars 2019, soyez à nos côtés pour promouvoir un avenir où l’innovation et la technologie ouvriront de nouvelles portes aux femmes et aux filles, afin qu’elles puissent jouer un rôle actif dans la mise en place de systèmes plus inclusifs, de services efficaces et d’infrastructures durables qui serviront à atteindre plus rapidement les ODD et l’égalité des sexes.

Le rôle des Nations Unies
La Charte des Nations Unies, signée à San Francisco en 1945, a été le premier instrument international à proclamer l’égalité des sexes en tant que droit fondamental de la personne humaine. Depuis, l’Organisation a aidé à créer un patrimoine historique de stratégies, normes, programmes et objectifs convenus au plan international pour améliorer la condition de la femme dans le monde entier.
Au fil des ans, l’action menée par l’ONU en faveur de la promotion de la femme a pris quatre orientations précises : promotion de mesures juridiques ; mobilisation de l’opinion publique et de l’action internationale ; formation et recherche, y compris compilation de statistiques ventilées par sexe ; assistance directe aux groupes désavantagés.
Aujourd’hui, l’un des principes d’organisation centraux des travaux de l’ONU est qu’aucune solution durable aux problèmes sociaux, économiques et politiques les plus pressants de la société ne peut être trouvée sans la pleine participation, et la pleine autonomisation, des femmes du monde entier.

Focus sur l’histoire de la journée des femmes
La création d’une « journée internationale des femmes » a été proposée pour la première fois en 1910.
Dès 1911, des manifestations sont organisées en Autriche-Hongrie, Danemark, Suisse, Allemagne, puis les années suivantes en France, aux Pays-Bas, en Russie et en Suède. Sans date fixe au départ, ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met définitivement en place. Après 1945, la journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier.
Dans les années 1970, le MLF s’empare du 8 mars, dépolitise le sens de la journée et la met au service du combat des femmes, c’est-à-dire d’abord la libération des mœurs et l’acquisition de droits sexuels.
La journée internationale des femmes est reconnue officiellement par les Nations unies en 1977 invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes.
En France, c’est en 1982 que le gouvernement, avec Yvette Roudy au ministère chargé des droits des femmes, a décidé de célébrer officiellement la journée internationale des femmes, le 8 mars de chaque année.

Clara Zetkin
Née à Wiederau (Saxe) en 1857, fille d’instituteur de village, Clara Eissner se destine à l’enseignement et étudie à l’École normale féminine de Leipzig.
En 1878, elle adhère au Sozialistischen Arbeiterpartei (SAP), ancêtre du SPD (Parti social-démocrate), parti interdit par Bismarck. Elle s’exile à Paris en 1882 où elle rencontre Louise Michel, Jules Guesde, Paul Lafargue et sa femme Laura, fille de Marx.
En 1889 à Paris, lors du Congrès ouvrier international, Clara Zetkin présente un rapport sur la situation des travailleuses sous le capitalisme et prononce son premier discours pour la libération de la femme, à une époque où elles n’avaient le droit de vote dans aucun pays. De puissantes grèves générales amènent à l’abolition en 1890 de la loi contre les socialistes. Elle peut alors revenir en Allemagne et jusqu’en 1917, elle est rédactrice en chef de Die Gleichheit (L’Égalité), premier journal politique féminin. À Paris, elle participe à la fondation de la Deuxième Internationale où elle réclame l’égalité complète des droits professionnels et sociaux de la femme ainsi que sa participation active à la lutte des classes.
En 1907, les 56 déléguées de 14 pays, réunies à Stuttgart dans la première Conférence internationale des Femmes Socialistes, élisent Clara Zetkin à la présidence du Secrétariat international des Femmes socialistes. Elle fait adopter par le congrès de l’Internationale cette résolution : « les partis socialistes de tous les pays ont le devoir de lutter énergiquement pour l’instauration du suffrage universel des femmes. »
Le 8 mars 1910, lors de la Deuxième Conférence internationale des Femmes socialistes à Copenhague, Clara Zetkin propose la création de la Journée internationale des Femmes afin de militer pour le droit de vote, l’égalité entre les sexes, et le socialisme. Il faudra attendre le 8 mars 1977 pour que les Nations Unies l’officialisent.
Au Congrès socialiste international de 1912, Clara Zetkin lance aux femmes du monde entier un appel à lutter contre la guerre.
En 1914, elle adresse à plusieurs journaux des pays neutres une lettre condamnant la politique du Parti social-démocrate qui vient d’approuver l’entrée en guerre de l’Allemagne. Avec Rosa Luxembourg, elle participe clandestinement à la fondation la Ligue spartakiste et mène des actions pacifistes.
En 1915, étant passée illégalement par la Hollande, elle assure à Berne la tenue d’une conférence internationale des femmes socialistes où s’affirme l’opposition à la guerre. Ce qui lui vaudra à son retour en Allemagne d’être emprisonnée comme Rosa Luxembourg.
Rosa Luxembourg constitue en 1917 avec d’autres opposants exclus du Parti social-démocrate un parti social-démocrate indépendant auquel Clara Zetkin adhère.
Les événements se précipitent : la révolution d’Octobre en Russie, en Allemagne, les grèves puis la révolution de novembre 1918, la répression sanglante du mouvement spartakiste par la droite sociale-démocrate, l’assassinat en janvier 1919 à Berlin de Rosa Luxembourg.
La révolution allemande de novembre 1918 permet au mouvement féministe d’obtenir le droit pour les femmes de voter et d’être élues. Clara Zetkin est élue députée KPD au Reichstag à partir de 1920 pendant toute la durée de la République de Weimar.
À 60 ans passés, membre de la direction du Parti social-démocrate, Clara Zetkin devient membre du Comité exécutif de la Troisième Internationale, le Komintern, de 1921 à 1933.
En 1932, à 75 ans, elle est chargée de prononcer le discours d’inauguration du parlement où dominent les chemises brunes. Elle lance un vibrant appel à lutter contre le nazisme. Ce sera sa dernière manifestation publique.
Contrainte de fuir l’Allemagne après l’arrivée des nazis au pouvoir et l’interdiction du KPD, elle arrive à Moscou à bout de force et meurt en juin 1933.

Quelques noms de femmes dans le monde
• Simone de Beauvoir participe à la naissance de la revue et fait partie du comité de rédaction. Parallèlement, elle écrit et publie, en 1949,Le Deuxième Sexe. Livre fondateur du féminisme contemporain, il est à la fois un succès éditorial et un scandale. Une phrase de l’ouvrage marque les esprits : « On ne naît pas femme, on le devient ». La célébrité de Simone de Beauvoir est accentuée par l’obtention du Goncourt en 1954 pour Les Mandarins.
• RaichōHiratsuka, une éditrice, écrivaine et militante politique japonaise, cofonda en1911 le premier magazine littéraire entièrement féminin de son pays, Seitō.  Elle remit en cause à travers cette publication le rôle traditionnel des femmes à la  maison. Dans le numéro de lancement du magazine, elle appelait les femmes  à
« révéler le génie caché en chacune d’entre nous ! »
• Doria Shafik a catalysé un mouvement de droits des femmes en Égypte quand en  1951, elle fait irruption au parlement
à la tête d’un cortège de 1 500 femmes pour réclamer les pleins droits politiques, l’égalité des salaires et une réforme
des lois régissant le statut personnel.
Ces démarches, suivies de nombreuses autres, ont contribué à obtenir le droit  de vote pour les femmes en 1956.
• Rigoberta Menchú, première personne d’origine indigène à avoir reçu le prix Nobel de la paix, a faitcampagne pour la justice
sociale la réconciliation ethnoculturelle  et les droits des peuples indigènes pendant et après la guerre civile du Guatemala
(19 601 996). En 2006, elle a cofondé la Nobel Women’s Initiative  (Initiative des femmes ayant reçu le prix Nobel)
pour mettre en avant le travail des  femmes en faveur de la paix, de la justice et de l’égalité.
• En poursuivant leur gouvernement en justice sur la question du mariage des mineures, LovenessMudzuru et Ruvimbo Tsopodzi,
elles-mêmes mariées très jeunes, ont marqué l’histoire en 2016 lorsque la Cour constitutionnelle du Zimbabwe a tranché
en leur faveur, affirmant que personne ne pourra se marier y compris sous le régime de la loi coutumière avant d’avoir atteint
l’âge de 18 ans.
• Shaesta Waiz, pilote professionnelle américaine d’origine afghane, a parcouru le monde en solo pour promouvoir les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STEM) auprès des filles. Elle a raconté aux écolières de Kaboul son histoire et comment elle a réussi à réaliser ses ambitions en tant que fille d’un immigrant afghan.

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