Un jour pour les victimes

Un jour pour les victimes

Le 22 février prochain est la journée européenne des victimes. L’occasion de faire le point sur les différentes actions d’accompagnement et de soutien dont ces personnes peuvent bénéficier.

En application de la directive européenne du 7 mars 2002 relative à un cadre réglementaire commun pour les réseaux et services de communications électroniques, le 116 006, le numéro qui permet à toute personne qui s’estime victime d’une infraction ou d’une catastrophe naturelle d’être aidée par un professionnel, en temps réel dans le respect de son anonymat, est désormais un numéro gratuit ouvert 7 jours sur 7, 365 jours par an, de 9h à 19h.
Ce numéro, animé par la fédération France Victimes, permet un traitement égalitaire de toutes les personnes sur l’ensemble du territoire, sur le court et le long terme.
Ainsi l’écoute empathique et bienveillante permet d’offrir une aide efficace, individualisée qui rompt le sentiment d’isolement et d’insécurité des victimes.

Les missions du 116 006
• Accueillir et diriger toutes les victimes, quels que soient la personne, sa nationalité et son lieu de résidence, vers le réseau associatif d’aide aux victimes et les services spécialisés à vocation nationale en protégeant son anonymat et sa confidentialité.
• Diriger les victimes d’actes de terrorisme et d’accidents collectifs vers les numéros et structures d’information et de prise en charge spécialement mis en place par les pouvoirs publics.
– Depuis la France le 116 006 : les victimes accéderont aux services de France Victimes.
– Depuis l’étranger : les Français peuvent joindre la même plateforme au 00 33 1 80 52 33 76.
À noter que la plateforme téléphonique a été mise à disposition après les attentats de Paris et Nice, à la suite des dispositifs étatiques, et également après l’ouragan Irma.

La campagne de communication
La campagne de communication se fonde sur un clip pour les réseaux sociaux réalisé par l’agence Madame Bovary, qui utilise des exemples de thématiques centrés sur la bouche des comédiens pour inciter les Français et les résidents en France à avoir recours à ce numéro. Qu’on soit victime d’un chauffard, qu’on soit victime de son ex, du racisme d’un recruteur, ou de haters, qu’on soit victime de passants homophobes ou du vol de son identité, qu’on soit victime de l’inondation de son quartier ou d’un patron aux mains baladeuses, qu’on soit encore victime d’une escroquerie sur Internet ou victime de son oncle… ; qu’on soit une femme, un homme, un enfant ou une personne âgée, on peut appeler le 116 006, le numéro d’aide aux victimes.
La campagne se conclut sur le # EnParlerPourAvancer, comme un petit pas supplémentaire, parfois le premier, pour sortir de son état de victime, être reconnue, aidée, accompagnée. Le principe graphique utilisé renforce la nécessité de parler et insiste sur la possibilité d’être écouté par l’ensemble des victimes.
La campagne sera également déclinée en affiche et flyers, et en une série de spots courts digitaux pour les réseaux sociaux, et un clip pour la télévision.

Qu’est-ce qu’une victime ?
La résolution n° 40-34 de l’Assemblée générale de l’Onu du 29 novembre 1985 définit les victimes comme : « des personnes qui, individuellement ou collectivement, ont subi un préjudice, notamment une atteinte à leur intégrité physique ou mentale, une souffrance morale, une perte matérielle, ou une atteinte grave à leurs droits fondamentaux, en raison d’actes ou d’omissions qui enfreignent les lois pénales dans un État membre, y compris celles qui proscrivent les abus criminels de pouvoir, c’est-à-dire qui ne constituent pas encore une violation de la législation pénale nationale, mais qui représentent des violations des normes internationales reconnues en matière de droits de l’homme ».
De manière globale en France, on relève en 2016 près de 5 000 000 de plaintes.
Selon la dernière enquête conduite en 2016 par l’INSEE en partenariat avec l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. « Cadre de vie et sécurité » :
• 470 000 ménages victimes de cambriolages ou tentatives ; 55 % des victimes portent plainte.
• 6 millions de personnes victimes de menaces ou injures ; 7 % portent plainte.
• 610 000 personnes victimes de violences physiques hors ménage ; 27 % portent plainte.
• 466 000 victimes de violences sexuelles hors ménage en 2015-2016 ; moins de 10 % portent plainte.
• 780 000 victimes de violences physiques et sexuelles au sein du ménage en 2015-2016 ; moins de 10 % portent plainte.
• 558 000 victimes de violences au sein du couple en 2015-2016 ; 15 % portent plainte.

La fédération France Victimes
Fondée en 1986, et avec un réseau de 130 associations présentes sur l’ensemble du territoire français (outre-mer inclus), France Victimes (ex Inavem) promeut et développe la prise en charge de toutes les victimes d’infractions pénales (atteintes aux biens, aux personnes, accidents de la circulation) et de catastrophes naturelles. Ces atteintes peuvent être individuelles ou collectives.
La Fédération est également engagée dans les pratiques de médiation, de justice restaurative et dans toutes les mesures contribuant à améliorer la prise en charge et la reconnaissance des personnes victimes. Parallèlement c’est un organisme de formation continue depuis 1993. La fédération organise de nombreuses journées de formation en direction des salariés et bénévoles des associations, ainsi que de nombreux professionnels (juristes, médecins, travailleurs sociaux…) sur différentes thématiques.
France Victimes est membre fondateur de Victim Support Europe (VSE), et à ce titre, travaille avec ses homologues dans les pays européens pour assurer et développer l’aide et les droits des victimes en Europe.
Les principaux objectifs de France Victimes sont :
• La définition et l’évaluation des missions d’aide aux victimes,
• La coordination et le soutien aux associations d’aide aux victimes adhérentes,
• L’information et la sensibilisation des professionnels et du public à l’aide aux victimes.
L’objectif des associations fédérées au sein de France Victimes est de prendre en charge de façon globale et pluridisciplinaire toute personne qui s’estime victime d’une infraction pénale, ou d’une catastrophe naturelle en France ou à l’étranger.
Les associations d’aide aux victimes sont ouvertes à tout public, leurs services sont proposés à titre gratuit et les entretiens sont confidentiels.

 Les services des associations locales
• Une écoute privilégiée pour libérer la parole et identifier l’ensemble des difficultés des victimes (sentiment d’isolement, souffrance psychologique, méconnaissance du droit…).
• Une aide psychologique (choc émotionnel, stress post-traumatique, accompagnement dans la procédure…).
– Une information sur les droits et comment les faire valoir (organisation judiciaire, procédures, préparation aux expertises et systèmes d’indemnisation…).
• Un accompagnement social, et une orientation si nécessaire vers des services spécialisés (avocats, services sociaux et médico-psychologiques, assurances…).
Les personnes susceptibles d’accéder aux services de France Victimes n’ont pas besoin d’avoir déposé plainte. Elles peuvent être victimes directes ou indirectes, il peut aussi s’agir des proches subissant les répercussions de l’acte.
Pour France Victimes, la situation de la victime est un « état » qui doit être temporaire, et non un « statut », excepté pour les victimes d’attentats dont le statut est assimilé aux victimes civiles de guerre.
Tout le travail d’accompagnement pluriprofessionnel que France Victimes et ses associations proposent aux personnes victimes doit permettre à la personne de dépasser cet état de victime pour « Vivre avec ».

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