Jos Houweling, Amsterdam Seventies

Jos Houweling, Amsterdam Seventies

À partir de février, le Centre Pompidou consacre une exposition inédite à la série de photocollages d’Amsterdam de Jos Houweling, artiste néerlandais né en 1943.

Réalisés dans les années 1970, ces collages de milliers de prises de vues ont été compilés dans l’ouvrage populaire 700 Centenboek Amsterdam. Publié à l’occasion du 700ème anniversaire de la ville d’Amsterdam en 1975, ce livre composé de 175 grandes planches de 60 x 40 cm détaille la Venise du Nord à travers l’œil malicieux de Jos Houweling. Une déclaration d’amour de l’artiste à sa ville natale.
700 Centenboek Amsterdam apparaît aujourd’hui comme une œuvre majeure des années 1970, à mi-chemin entre une approche conceptuelle et artistique et une pratique ludique, populaire de la photographie. Ce sera l’un des albums photo les plus vendus aux Pays-Bas. En 2016, la totalité des 233 collages de ce projet, à la fois les planches publiées et des recherches supplémentaires, sont entrés dans les collections du Centre Pompidou.
Artiste, typographe, commissaire d’exposition, enseignant, Houweling pose une question à la fois simple et inépuisable : en quoi consiste une ville et quels sont les éléments d’une structure urbaine ?
Il va ainsi définir à travers ses photocollages des séries de motifs urbains et construire de véritables typologies thématiques : Lege huizen (Maisons vides), Grachtenwater (L’eau du canal), Transportfietsen (Vélos de transport), Naambordjes (Plaques signalétiques), Brievenbussen (Boîtes aux lettres), Bromfietsen (Vélomoteurs), Sexartikelenwinkels (Comptoirs de vente d’articles érotiques)…
Il s’attache à inventorier ces objets et les place au même niveau, sans hiérarchie, sans commentaire, aboutissant à de grandes planches thématiques ludiques, qui permettent au poétique de s’introduire dans les interstices de l’ordinaire. Apparaît alors sous nos yeux le caractère populaire et alternatif de la ville d’Amsterdam dans les années 1970, révélant l’esprit frondeur d’une génération jeune et rebelle.

Photographier, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à photographier
700 Centenboek Amsterdam s’inscrit dans une certaine logique de la photographie qui consiste à vouloir épuiser la totalité d’une chose, ici, dresser un inventaire le plus exhaustif possible de la ville d’Amsterdam. On retrouve cette démarche chez l’artiste américain Ed Ruscha (1937) qui photographie Every Building on Sunset-Strip (1966), chez Christian Boltanski (1944) en 1974 avec Inventaire d’objets appartenant à une femme de Bois-Colombe ou encore chez Sol LeWitt (1928) et ses collections photographiques d’objets (Autobiography, 1980).
En 2025, la ville d’Amsterdam célébrera son 750e anniversaire et le livre de Jos Houweling ses 50 ans. La cité néerlandaise a beaucoup changé depuis, au moins autant que notre regard sur les villes. Aujourd’hui, les villes virtuelles dans lesquelles nous naviguons constituent un empire numérique de signes préparés par l’esprit ludique et malicieux de Jos Houweling.

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