Journée contre le cancer

Journée contre le cancer

La Journée mondiale contre le cancer a lieu chaque année le 4 février. Elle nous rappelle l’importance de la prévention et du dépistage dans la lutte contre cette maladie.

Le terme général de « cancer » s’applique à un grand groupe de maladies pouvant toucher n’importe quelle partie de l’organisme. On parle aussi de tumeurs malignes ou de néoplasmes. L’une de ses caractéristiques est la prolifération rapide de cellules anormales qui peuvent essaimer dans d’autres organes, formant ce qu’on appelle des métastases. De nombreux cancers peuvent être prévenus en évitant les principaux facteurs de risque, comme le tabagisme. Un nombre significatif de cancers peuvent être soignés par la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie surtout s’ils sont détectés suffisamment tôt.

 Les principaux faits
• Le cancer qui constitue la deuxième cause de décès dans le monde a fait 8,8 millions de morts en 2015. Près d’un décès sur 6 dans le monde.
• Environ 70 % des décès par cancer surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
• Environ un tiers des décès par cancer sont dus aux 5 principaux facteurs de risque comportementaux et alimentaires : un indice élevé de masse corporelle, une faible consommation de fruits et légumes, le manque d’exercice physique, le tabagisme et la consommation d’alcool.
• Le tabagisme est le facteur de risque le plus important du cancer responsable d’environ 22 % du total des décès dus au cancer.
• Les infections entraînant le cancer, comme l’hépatite et le papillomavirus humain (HPV) provoquent jusqu’à 25 % des cas de cancer dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
• La détection du cancer à un stade avancé et l’impossibilité d’avoir accès à un diagnostic et à un traitement sont des problèmes fréquents.
En 2017, 26 % seulement des pays à faible revenu déclaraient disposer de services de pathologie généralement offerts par le secteur public. Moins de 30 % des pays à faible revenu déclaraient disposer de services de traitement, alors que la proportion pour les pays à revenu élevé dépassait 90 %.
• L’impact économique croissant du cancer est considérable. On a estimé en 2010 à quelque 1 160 milliards de dollars (US $) le coût annuel total de la maladie.
• Parmi les pays à revenu faible ou intermédiaire, 1 sur 5 seulement dispose des données nécessaires pour conduire une politique de lutte contre le cancer.

Les causes
Le cancer apparaît à partir de la transformation de cellules normales en cellules tumorales, un processus passant par plusieurs étapes, avec classiquement une évolution vers une lésion précancéreuse puis vers une tumeur maligne. Ces modifications proviennent des interactions entre les facteurs génétiques propres au sujet et des agents extérieurs pouvant être classés en 3 catégories :
• les cancérogènes physiques, comme le rayonnement ultraviolet et les radiations ionisantes ;
• les cancérogènes chimiques, comme l’amiante, les composants de la fumée du tabac, l’aflatoxine (contaminant des denrées alimentaires) ou l’arsenic (polluant de l’eau de boisson) ;
• les cancérogènes biologiques, comme des infections dues à certains virus, bactéries ou parasites.
Par le biais de son institution spécialisée, le Centre international de Recherche sur le Cancer (Circ), l’OMS tient à jour une classification des agents cancérogènes.
Le vieillissement est un autre facteur fondamental dans l’apparition du cancer. On observe en effet une augmentation spectaculaire de l’incidence avec l’âge, très vraisemblablement due à l’accumulation des risques de cancers spécifiques tout au long de la vie, conjuguée au fait que les mécanismes de réparation tendent généralement à perdre de leur efficacité avec l’âge.

 Les facteurs de risque
Le tabagisme, la consommation d’alcool, une mauvaise alimentation et la sédentarité sont les principaux facteurs de risque dans le monde et représentent aussi les 4 facteurs de risque communs d’autres maladies non transmissibles.
Certaines infections chroniques qui touchent particulièrement les pays à revenu faible ou intermédiaire sont des facteurs de risque de cancer. Environ 15 % des cas de cancer diagnostiqués en 2012 étaient imputables à des infections cancérogènes, provoquées notamment par Helicobacter pylori, le papillomavirus humain (HPV), le virus de l’hépatite B, le virus de l’hépatite C et le virus d’Epstein Barr.
Le virus de l’hépatite B, le virus de l’hépatite C et certains types de HPV augmentent respectivement le risque de développer le cancer du foie ou du col de l’utérus. L’infection à VIH accroît fortement le risque de développer un cancer comme celui du col de l’utérus.

 Comment réduire la charge du cancer ?
Actuellement 30 à 50 % des cancers peuvent être prévenus. La prévention suppose la réduction des facteurs de risque et l’application des stratégies préventives existantes fondées sur des bases factuelles. On peut aussi réduire la charge de cancer par le dépistage précoce et la prise en charge des patients. Avec une détection précoce et un traitement adéquat, les chances de guérison sont grandes pour de nombreux cancers.
En évitant les principaux facteurs de risque, on pourrait réduire considérablement la mortalité due au cancer. Parmi ces facteurs, on compte :
• le tabagisme (y compris les cigarettes et le tabac sans fumée) ;
• la surcharge pondérale ou l’obésité ;
• la consommation insuffisante de fruits et légumes ;
• le manque d’exercice physique (sédentarité) ;
• la consommation d’alcool ;
• l’infection à HPV sexuellement transmissible ;
• l’infection par un virus de l’hépatite ou d’autres infections cancérogènes ;
• les rayonnements ionisants et ultraviolets ;
• la pollution de l’air en milieu urbain ;
• les fumées à l’intérieur des habitations dues à l’utilisation de combustibles solides par les ménages.
Le tabagisme est le facteur de risque le plus important responsable d’environ 22 % du total des décès dus au cancer.

 Les stratégies de prévention
Pour prévenir le cancer, on peut :
• s’attacher à mieux éviter les facteurs de risque susmentionnés ;
• se faire vacciner contre le HPV et contre le virus de l’hépatite B ;
• réduire les risques professionnels ;
• réduire l’exposition aux rayonnements ultraviolets ;
• réduire l’exposition aux rayonnements ionisants (imagerie diagnostique professionnelle ou médicale).
La vaccination contre le HPV et le virus de l’hépatite B pourrait prévenir 1 million de cas annuels de cancer.
Un traitement a plus de chances d’être efficace — avec une meilleure probabilité de survie, une réduction de la morbidité et des coûts moins élevés — si le cancer est diagnostiqué précocement. Des améliorations sensibles peuvent être apportées à la vie des patients en cas de diagnostic précoce et si l’on évite les retards dans le traitement.
Le diagnostic précoce comprend 3 étapes qui doivent être intégrées et assurées en temps opportun :
• la sensibilisation et accès aux soins ;
• l’évaluation clinique, le diagnostic et la détermination du stade ;
• l’accès au traitement.
Le diagnostic précoce est utile dans toutes les situations pour la majorité des cancers. Lorsque le diagnostic intervient à un stade avancé, un traitement curatif n’est parfois plus possible. Des programmes peuvent être conçus pour réduire les retards et les obstacles et permettre aux patients d’avoir accès suffisamment tôt à un traitement.

 Le dépistage
Le dépistage vise à repérer les sujets asymptomatiques présentant des anomalies évocatrices d’un cancer particulier ou d’un stade précancéreux et à les adresser rapidement à la structure appropriée pour le diagnostic et le traitement.
Les programmes de dépistage peuvent être efficaces pour certains types de cancers, en utilisant et en appliquant correctement des tests appropriés liés à d’autres mesures dans le cadre du dépistage et en assurant la qualité des interventions.
En général, un programme préventif constitue une intervention de santé publique bien plus complexe qu’un diagnostic précoce.
Quelques exemples de méthodes de dépistage :
• l’inspection visuelle après application d’acide acétique (IVA) pour le cancer du col dans les milieux défavorisés ;
• test de dépistage du VPH pour le cancer du col de l’utérus ;
• le test de Papanicolaou pour le dépistage du cancer du col dans les milieux à revenu élevé ou intermédiaire ;
• et la mammographie pour le dépistage du cancer du sein dans les milieux à revenu élevé ou intermédiaire.

 Le traitement
L’exactitude du diagnostic est essentielle pour administrer un traitement adapté et efficace, car chaque type de cancer nécessite un protocole spécifique comprenant une ou plusieurs modalités comme la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.
La première étape importante consiste à déterminer le but du traitement ou des soins palliatifs et les services de santé doivent être intégrés et centrés sur la personne. Un objectif primordial est généralement de guérir la maladie ou de prolonger considérablement la durée de vie. Améliorer la qualité de vie des patients est aussi un objectif de premier plan. Les soins de soutien ou les soins palliatifs et le soutien psychologique peuvent y contribuer.
• Potentiel de guérison parmi les cancers se prêtant à une détection précoce : certains des types de cancer les plus répandus tels que le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus, le cancer de la cavité buccale et le cancer colorectal présentent des taux de guérison élevés s’ils sont décelés et traités précocement conformément aux meilleures pratiques.
• Potentiel de guérison pour certains autres cancers : certains types de cancer, bien que disséminés, tels que le séminome du testicule ou les leucémies et les lymphomes chez l’enfant, présentent des taux de guérison élevés s’ils sont traités correctement.

 Les soins palliatifs
Les soins palliatifs consistent à soulager plutôt qu’à guérir les symptômes provoqués par le cancer ainsi qu’à améliorer la qualité de vie des patients et de leur famille. Les soins palliatifs peuvent aider les gens à vivre plus confortablement.
Il s’agit d’un besoin humanitaire urgent partout dans le monde pour les personnes atteintes de cancer ou d’autres maladies chroniques mortelles. Ils sont particulièrement nécessaires là où il existe une forte proportion de malades à un stade avancé pour lesquels les chances de guérison sont minces.
Les soins palliatifs permettent d’atténuer les problèmes physiques, psychosociaux et spirituels chez plus de 90 % des malades du cancer à un stade avancé.
• Stratégies de soins palliatifs : des stratégies efficaces de santé publique, comportant des soins dans la communauté ou à domicile, sont indispensables pour soulager la douleur, dispenser des soins palliatifs aux malades et aider leur famille dans les milieux défavorisés. Il est nécessaire d’améliorer l’accès à la morphine par voie orale pour traiter la douleur cancéreuse modérée à sévère, dont souffrent plus de 80 % des malades en phase terminale.

 L’action de l’OMS
En 2013, l’OMS a lancé son Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020 qui vise à réduire de 25 % d’ici 2025 la mortalité prématurée due au cancer, aux maladies cardiovasculaires, au diabète et aux maladies respiratoires chroniques. L’OMS et le Circ collaborent avec d’autres organisations du système des Nations Unies au sein de l’Équipe spéciale interorganisations pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles et avec d’autres partenaires afin de :
• renforcer l’engagement politique en faveur de la prévention et de la lutte anticancéreuses ;
• coordonner et mener les recherches sur les causes de cancer chez l’homme, ainsi que sur les mécanismes de la carcinogenèse ;
• suivre la charge du cancer (dans le cadre des travaux de l’Initiative mondiale pour le développement des registres du cancer) ;
• définir des stratégies prioritaires de prévention et de lutte anticancéreuses ;
• produire de nouvelles connaissances et diffuser celles qui existent déjà pour faciliter la mise en œuvre de méthodes de lutte anticancéreuse fondées sur des bases factuelles ;
• élaborer des normes et des outils pour guider la planification et la mise en œuvre d’interventions pour la prévention, la détection précoce, le traitement et les soins ;
• faciliter la création de vastes réseaux de partenaires et d’experts de la lutte anticancéreuse aux niveaux mondial, régional et national ;
• renforcer les systèmes de santé aux niveaux national et local pour soigner et guérir les malades ;
• fournir une orientation mondiale et une assistance technique pour aider les gouvernements et leurs partenaires à mettre sur pied et à maintenir durablement des programmes de qualité contre le cancer du col de l’utérus ;
• et fournir une assistance technique pour le transfert rapide et efficace des interventions fondées sur les meilleures pratiques dans les pays en développement.

Le cancer de l’enfant

Principaux faits
• Le cancer est une cause majeure de décès chez les enfants et les adolescents dans le monde. Il est diagnostiqué chaque année chez environ 300 000 enfants âgés de 0 à 19 ans.
• Le cancer de l’enfant (ou cancer pédiatrique) recouvre de nombreux types de tumeurs spécifiques apparaissant chez l’enfant et l’adolescent entre 0 et 19 ans.
Les formes les plus fréquentes sont la leucémie, les cancers du cerveau, les lymphomes et les tumeurs solides telles que le neuroblastome et la tumeur de Wilms.
• Dans les pays à revenu élevé, plus de 80 % des enfants atteints d’un cancer guérissent, mais dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, ce chiffre est seulement de 20 % environ.
• Le cancer de l’enfant n’est généralement ni évitable ni dépistable.
• Pour améliorer les issues pour les enfants atteints du cancer, il faut un diagnostic précoce et précis, suivi d’un traitement efficace.
• La plupart des cancers de l’enfant peuvent être guéris grâce aux médicaments génériques et à d’autres formes de traitement, notamment la chirurgie et la radiothérapie. Le traitement du cancer de l’enfant peut avoir un bon rapport coût / efficacité, indifféremment du niveau de revenu du pays.
• Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les décès évitables imputables aux cancers de l’enfant résultent d’une absence de diagnostic, d’un diagnostic erroné ou tardif, de difficultés d’accès aux soins, de l’abandon du traitement, de la toxicité des traitements, et de taux de rechute plus élevés.
• Des systèmes de données sur les cancers de l’enfant sont nécessaires pour favoriser l’amélioration continue des soins et orienter les décisions stratégiques.

 Nature du problème
Le cancer est une cause majeure de décès chez les enfants et les adolescents partout dans le monde. Dans les pays à revenu élevé, plus de 80 % des enfants atteints d’un cancer guérissent, mais dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, ce chiffre n’est que de 20 %. Plusieurs facteurs expliquent ce faible taux de survie dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, notamment : l’impossibilité d’obtenir un diagnostic précis, des thérapies inaccessibles, l’abandon du traitement, les décès dus à la toxicité (effets secondaires) et des rechutes plus nombreuses, imputables en partie à un accès insuffisant aux médicaments et aux technologies essentiels. Remédier à chacun de ces problèmes permettrait d’améliorer la survie et présenterait un très bon rapport coût/efficacité.

 Quels facteurs sont à l’origine du cancer de l’enfant ?
Le cancer peut survenir à tout âge de la vie et toucher n’importe quelle partie du corps. Il commence par des changements génétiques qui touchent d’abord une seule cellule avant de se multiplier de manière incontrôlée. Dans de nombreux cancers, ce phénomène entraîne l’apparition d’une masse (ou tumeur). S’il n’est pas traité, le cancer se propage généralement à d’autres parties du corps et entraîne la mort.
À la différence des cancers chez l’adulte, la vaste majorité de ceux survenant chez l’enfant n’a pas de raison connue. De nombreuses études ont cherché à déterminer les causes du cancer de l’enfant, mais il est très rare qu’ils s’expliquent par des facteurs environnementaux ou par le mode de vie. Les efforts de prévention chez l’enfant doivent être axés sur les comportements à adopter pour éviter que l’enfant ne développe ensuite un cancer évitable à l’âge adulte.
Les données actuelles tendent à indiquer que, sur l’ensemble des enfants atteints par un cancer, environ 10 % ont une prédisposition génétique. Les activités de recherche doivent se poursuivre pour déterminer les facteurs intervenant dans le développement du cancer chez l’enfant.

 Améliorer les résultats contre le cancer de l’enfant
Le cancer de l’enfant n’étant généralement pas évitable, la meilleure solution pour en diminuer la charge est de se concentrer sur un diagnostic rapide et correct, suivi d’une thérapie efficace.
Lorsque le cancer est détecté tôt, le traitement est plus efficace, les chances de survie sont meilleures, la souffrance est réduite et les traitements s’avèrent généralement moins coûteux et moins intensifs. D’importants progrès peuvent être réalisés pour améliorer la vie des enfants atteints du cancer si celui‑ci est détecté suffisamment tôt et si les soins sont administrés rapidement. Il est essentiel que le diagnostic soit correct pour soigner ces enfants, car chaque cancer nécessite un schéma thérapeutique particulier pouvant inclure de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie.
Le diagnostic précoce repose sur 3 éléments :
• sensibilisation des familles et accès aux soins ;
• évaluation clinique, diagnostic et détermination du stade de la maladie (mesure dans laquelle le cancer s’est développé) ;
• accès au traitement.
Le diagnostic précoce est utile dans tous les contextes et augmente les chances de survie des patients pour de nombreux cancers. Des programmes visant à promouvoir un diagnostic précoce et correct ont été menés avec succès dans les pays — tous niveaux de revenus confondus — en général moyennant une collaboration entre les gouvernements, la société civile et les organisations non gouvernementales, les associations de parents jouant à cet égard un rôle essentiel. Le cancer de l’enfant est associé à un ensemble de symptômes annonciateurs que les familles et les dispensateurs de soins de santé primaires peuvent repérer.
Le dépistage n’est généralement pas utile pour les cancers de l’enfant. Dans certains cas cependant, il peut être envisagé pour les populations à haut risque. Par exemple, certains cancers de l’œil peuvent être causés chez l’enfant par la transmission héréditaire d’une mutation. Si cette mutation est identifiée dans la famille d’un enfant atteint de rétinoblastome, une consultation génétique peut être proposée et les frères et sœurs peuvent faire l’objet d’un suivi oculaire dans leurs jeunes années. Les facteurs d’ordre génétique expliquent très rarement les cancers de l’enfant. Il n’existe pas de données probantes de qualité pour soutenir la mise en place de programmes de dépistage en population du cancer pédiatrique.

 Le traitement
Un diagnostic correct est essentiel pour traiter les enfants atteints de cancer, car chaque cancer nécessite un schéma thérapeutique spécial qui peut inclure des actes chirurgicaux, une radiothérapie et une chimiothérapie. L’accès à un diagnostic efficace, aux médicaments essentiels, à la pathologie, aux produits sanguins, à la radiothérapie, aux technologies et au soutien psychosocial est inéquitable et varie d’un pays à l’autre.
Toutefois, la guérison est possible pour plus de 80 % des enfants concernés, dans la plupart des cas grâce à des médicaments génériques peu onéreux qui figurent sur la Liste modèle OMS des médicaments essentiels destinés à l’enfant. Cette liste comprend 22 traitements cytotoxiques ou traitements adjuvants et 4 traitements hormonaux contre le cancer de l’enfant. Les enfants qui terminent un traitement ont besoin de soins continus pour surveiller toute récidive et prendre en charge une éventuelle toxicité du traitement.

 Les soins palliatifs
Les soins palliatifs soulagent les symptômes du cancer et améliorent la qualité de vie des patients et de leurs familles. Tous les enfants atteints d’un cancer ne guériront pas, mais la souffrance de chacun d’eux peut être réduite. Les soins palliatifs pédiatriques doivent être envisagés comme faisant partie intégrante de soins complets mis en route dès que le diagnostic est posé, et se poursuivre que l’enfant reçoive ou non un traitement à visée curative.
Les programmes de soins palliatifs peuvent être dispensés dans la communauté ou à domicile afin de soulager la douleur et d’apporter un soutien psychosocial aux patients et à leur famille. Un accès adéquat à la morphine par voie orale et à d’autres antalgiques doit être assuré pour traiter les douleurs modérées à intenses qui sont associées à cette maladie et touchent plus de 80 % des patients en phase terminale.

 L’action de l’OMS
En 2018, l’OMS et plusieurs partenaires ont lancé l’Initiative mondiale de lutte contre le cancer de l’enfant en vue de montrer la voie à suivre et d’apporter une aide technique aux gouvernements afin qu’ils renforcent et maintiennent des programmes de qualité pour combattre ce fléau. L’objectif est de parvenir à un taux de survie de 60 % au moins pour tous les enfants atteints de cancer dans le monde d’ici à 2030. Cela correspond à quasiment le double du taux de guérison actuel et permettra de sauver un million de vies supplémentaires au cours de la prochaine décennie.
Les objectifs sont les suivants :
• améliorer la capacité des pays à mettre en œuvre les meilleures pratiques de traitement du cancer de l’enfant ;
• accorder une attention prioritaire au cancer de l’enfant et accroître les financements aux niveaux national et mondial.
L’OMS et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) collaborent avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et d’autres organismes des Nations Unies et partenaires afin :
• d’accroître l’engagement politique en faveur du diagnostic et du traitement du cancer de l’enfant ;
• d’aider les gouvernements à mettre en place des centres de cancérologie et des antennes régionales de qualité afin d’assurer un diagnostic précoce et correct et de fournir des traitements efficaces aux enfants atteints d’un cancer ;
• d’élaborer des normes et des outils pour orienter la planification et la mise en œuvre d’interventions de diagnostic précoce, de traitement, de soins palliatifs et de soins de survie qui intègrent les besoins des enfants atteints du cancer ;
• d’améliorer l’accès à des médicaments et technologies abordables et essentiels ;
• d’aider les gouvernements à protéger les familles dont l’un des enfants est atteint d’un cancer de la ruine financière et de l’isolement social lié aux traitements.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé « Lutte contre le cancer dans le cadre d’une approche intégrée », par laquelle les gouvernements et l’OMS sont priés d’accélérer l’action pour atteindre les cibles du Plan d’action mondial et du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies et diminuer ainsi la mortalité prématurée due au cancer.

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