Du nouveau à la prochaine rentrée

Du nouveau à la prochaine rentrée

À la rentrée 2019, trois spécialités seront proposées en classe de première pour que les élèves aient la liberté de choisir en suivant leurs goûts et leurs centres d’intérêt… avant le Bac dont la réforme est prévue pour 2021.

Grande nouveauté, les séries ES/L/S disparaissent car elles ne tenaient pas suffisamment compte de la diversité des talents et des aspirations des lycéens. Les séries sont remplacées par des enseignements de spécialité. Ces enseignements donneront la possibilité aux élèves d’approfondir leurs connaissances dans les domaines qu’ils auront choisis.
Les séries sont remplacées par des enseignements de spécialité : 3 en première (à raison de 4 heures par enseignement) et 2 en terminale, (à raison de 6 heures par enseignement). Ces enseignements donneront la possibilité aux élèves d’approfondir leurs connaissances dans les domaines qu’ils auront choisis. Ils permettront également aux élèves de concevoir progressivement leur projet d’études et de préparer leur réussite dans l’enseignement supérieur.
En première et en terminale, tous les élèves suivront également un ensemble d’enseignements communs représentant plus de 50 % du temps scolaire : français en 1re et philosophie en terminale, enseignement scientifique en voie générale et enseignement mathématique en voie technologique, histoire-géographie, enseignement moral et civique, langue vivante A et langue vivante B, éducation physique et sportive. Ces enseignements garantissent à tous l’acquisition des savoirs fondamentaux et d’une culture humaniste et scientifique ouverte aux enjeux de l’avenir. Ils préparent chaque élève aux exigences de l’enseignement supérieur et du monde professionnel.

Calendrier de présentation
Entre le 18 et le 21 décembre dernier, les sites académiques ont indiqué la liste des enseignements de spécialités proposés dans chaque lycée, et les proviseurs les ont communiquées aux parents d’élèves. Après les vacances de Noël, les lycéens de seconde pourront échanger avec leurs professeurs sur les enseignements de spécialité qui les attirent afin de mûrir les choix qu’ils feront définitivement en juin. Ils pourront également opter pour une série de la voie technologique.
Des outils sont d’ores et déjà en ligne pour accompagner les élèves dans leur réflexion : www.secondes2018-2019.fr.
En parallèle, l’Onisep a ouvert le 21 décembre le site « Horizons 2021 » destiné aux élèves de seconde et à leurs familles. Ce site est un outil d’aide aux choix d’enseignements de spécialité de la voie générale. Il permet aux élèves d’en connaître le contenu, et surtout de découvrir les horizons proposés par chaque enseignement de spécialité ou découlant de leurs combinaisons.
Début 2019, l’Onisep publiera une information nationale sur les enseignements de spécialité, après consolidation de toutes les académies.

Plus de liberté, plus d’approfondissement
Avec trois spécialités en classe de première, puis deux spécialités en classe de terminale, la réforme du lycée d’enseignement général permet aux élèves de disposer d’un choix d’enseignements beaucoup plus important que précédemment.
Là où les lycéens devaient opter entre trois séries (L, ES, S) qui avaient des prestiges différents et enfermaient les élèves dans des couloirs, le choix de trois enseignements de spécialité en première à la rentrée 2019, permet un parcours beaucoup plus personnalisé davantage lié aux goûts, aux passions et aux centres d’intérêt de chaque lycéen. Ces choix se feront aussi en cohérence avec les projets d’avenir qui s’affineront tout au long des années au lycée.

Carte des spécialités
Dans chaque académie, la carte des enseignements de spécialité des lycées publics et des lycées privés sous contrat a été préparée dès le mois de septembre dans un dialogue entre le rectorat et chaque établissement. Des réunions en bassins de formation se sont tenues dans la plupart des académies afin d’avoir une définition harmonieuse de la carte des enseignements de spécialité. Elle s’appuie sur les ressources humaines présentes dans les établissements.
Les principes définis nationalement pour l’implantation des cartes de spécialités :
• 7 spécialités sont implantées dans la très grande majorité des établissements : mathématiques, physique-chimie, sciences et vie de la Terre, sciences économiques et sociales, histoire-géographie – géopolitique et sciences politiques, humanités-littérature-philosophie, langues-littérature-cultures étrangères.
• 5 spécialités font l’objet d’implantations académiques par bassin de formation : langues et cultures de l’Antiquité, numérique et sciences informatiques, arts, sciences de l’ingénieur, biologie – écologie (biologie-écologie est une spécialité offerte uniquement dans les établissements agricoles).
Afin de revitaliser les établissements éloignés ou moins attractifs, certains enseignements de spécialité, moins courants, ou très demandés y seront installés.
Ainsi, la nouvelle organisation du lycée propose, aux élèves de lycée, une offre enrichie par rapport au système actuel des séries. Pour mémoire : aujourd’hui 16 % des lycées publics n’offrent pas les trois séries (L, ES, et S) et 20 % des établissements ont moins de 5 classes. Nombre de ces établissements proposeront 7 enseignements de spécialité.

Au service de la réussite pour tous
Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a présenté au comité technique ministériel de l’Éducation nationale (CTMEN), la répartition par académie des emplois de l’enseignement scolaire public prévus en loi de finances pour la rentrée scolaire 2019.
À la rentrée 2019, l’Éducation nationale approfondit son effort en faveur du premier degré pour assurer la maîtrise des savoirs fondamentaux et faire réussir les élèves dans tous les territoires.
Aux 328 302 emplois implantés à la rentrée scolaire 2018 dans les écoles du premier degré public s’ajouteront, à la rentrée 2019, 1 800 nouveaux emplois de professeurs, alors même que les effectifs d’élèves sont prévus en baisse d’environ 33 600. Dans toutes les académies, les moyens d’enseignement seront augmentés ou stabilisés à la rentrée 2019. Dans le contexte de baisse démographique, cela signifie une amélioration des taux d’encadrement sur tout le territoire.
Cet effort en faveur du premier degré permettra d’achever le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans l’éducation prioritaire, de consolider l’école rurale et de rendre l’instruction obligatoire à trois ans dès la rentrée 2019, conformément aux engagements du président de la République.
Pour le second degré, le ministère a présenté la répartition entre académies du schéma d’emploi prévu par le PLF 2019, avec le souci de consolider les moyens d’enseignement devant élèves à la prochaine rentrée scolaire. Cela se traduit, d’une part, par la transformation de 2 085 ETP en heures supplémentaires, ce qui contribuera à renforcer le pouvoir d’achat des professeurs et, d’autre part, par une diminution de 365 ETP portant sur des décharges d’enseignement non prioritaires.
Ce budget constant permettra d’accompagner les académies qui connaîtront des hausses d’effectifs (+ 0,7 % prévu au niveau national) : 13 académies verront leurs moyens d’enseignement augmenter à la prochaine rentrée scolaire.
Doté de 398 543 emplois implantés pour le second degré dans les académies, le budget du ministère permettra de mettre en œuvre dans de bonnes conditions les transformations de la voie professionnelle et du lycée d’enseignement général et technologique, qui entreront en vigueur à la prochaine rentrée, et de poursuivre l’enrichissement de l’offre de formation au collège (classes bi-langues, chorales, langues et cultures de l’Antiquité).
Par ailleurs, pour une école toujours plus inclusive, des moyens supplémentaires sont prévus pour accueillir davantage d’élèves en situation de handicap : d’ici la rentrée 2019, 4 500 nouveaux emplois d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) seront délégués aux académies, qui s’ajouteront aux créations intervenues à la rentrée scolaire 2018. En outre, 6 400 emplois d’AESH seront créés par transformation d’emplois aidés afin de poursuivre la pérennisation et la professionnalisation de ces fonctions essentielles.
Par la modernisation et l’efficience accrue de ses services, le ministère participe à l’effort de maîtrise de l’emploi public en réduisant de 400 le nombre de ses emplois non enseignants en administration centrale, services déconcentrés et établissements publics locaux d’enseignement (EPLE).
Les rectrices et recteurs d’académie vont désormais poursuivre la préparation de la rentrée scolaire 2019 en allouant ces moyens aux écoles et établissements, en veillant à répondre au double objectif d’élévation générale du niveau et de justice sociale que poursuit l’école de la République.

La réforme du Bac
Rappelons que dans deux ans, le baccalauréat 2021 reposera pour une part sur un contrôle continu et pour une autre part sur des épreuves terminales. L’épreuve anticipée écrite et orale de français se déroulera comme aujourd’hui en fin de première.
En terminale, deux épreuves écrites portant sur les enseignements de spécialité auront lieu au printemps et deux épreuves se dérouleront en juin : l’écrit de philosophie et l’oral préparé au long des années de première et terminale (cycle terminal).
Le contrôle continu sera composé d’épreuves communes organisées pendant le cycle terminal. Quatre principes restent inchangés : le bac est obtenu à partir d’une moyenne générale de 10/20 ; il n’existe pas de note éliminatoire ou de note de plancher ; le système actuel de compensation et de mentions est maintenu ; l’oral de rattrapage est maintenu en tant que seconde chance.
Comme aujourd’hui, chaque lycéen présentera une épreuve anticipée écrite et orale de français en fin de première. En classe de terminale, il présentera quatre épreuves finales : deux épreuves écrites porteront sur les enseignements de spécialité choisis par le candidat ; une épreuve écrite de philosophie : pour tous, ce choix correspond à une tradition française et à la nécessité de conforter l’esprit critique dans la formation des jeunes générations.
Un oral d’une durée de 20 minutes préparé tout au long du cycle terminal : savoir s’exprimer dans un français correct est essentiel pour les études, pour la vie personnelle et professionnelle. Parce que l’aisance à l’oral constitue un marqueur social, il convient justement d’offrir à tous les élèves l’acquisition de cette compétence. L’épreuve orale repose sur la présentation d’un projet préparé dès la classe de première par l’élève.
Cet oral se déroulera en deux parties : la présentation du projet, adossé à un ou deux enseignements de spécialité choisis par l’élève et un échange à partir de ce projet permettant d’évaluer la capacité de l’élève à analyser en mobilisant les connaissances acquises au cours de sa scolarité, notamment scientifiques et historiques. Le jury sera composé de deux professeurs.
Les épreuves de spécialités seront passées au retour des vacances de printemps. Les épreuves de français en première, de philosophie en terminale, et l’oral auront lieu à la fin du mois de juin afin que toute l’année scolaire soit mise à profit.
Le contrôle continu reposera sur des épreuves communes organisées au cours des années de première et de terminale. À titre indicatif, ces épreuves communes pourront avoir lieu en janvier et avril de l’année de première, puis en décembre de l’année de terminale. L’organisation relèvera des établissements.
Pour garantir l’égalité entre les candidats et les établissements scolaires, une « banque nationale numérique de sujets » sera mise en place, les copies anonymes seront corrigées par d’autres professeurs que ceux de l’élève. Une harmonisation sera assurée.
Les bulletins scolaires seront pris en compte pour une part limitée (10 %) de la note finale afin de valoriser la régularité du travail de l’élève.
Chaque élève étudiera deux langues vivantes comme aujourd’hui. L’écrit sera évalué selon les standards européens dans le cadre des épreuves communes. L’oral sera apprécié d’après les mêmes standards, à partir de février de l’année de terminale, selon les dispositions actuelles.
Parallèlement, la logique de certification a vocation à se développer, en direction d’abord des élèves qui suivent des cursus à dimension internationale (sections internationales, sections européennes, etc.) ou qui choisissent la spécialité Langues, littératures et cultures étrangères.
Les enseignements en langues étrangères (disciplines non linguistiques) seront développés comme la mobilité des élèves.
Cette transformation du baccalauréat s’est avérée nécessaire. En effet, aujourd’hui, l’examen ne prépare pas assez efficacement aux études supérieures auxquelles il donne pourtant accès. L’organisation actuelle de l’examen repose sur des épreuves finales beaucoup plus nombreuses que chez nos voisins européens. La concentration d’un grand nombre d’épreuves dans un temps très court n’est pas satisfaisante : elle ne récompense pas les efforts réalisés par les candidats dans la durée et pose des difficultés organisationnelles. Si le baccalauréat est une clé d’entrée dans l’enseignement supérieur, il est loin d’être un tremplin vers la réussite. Le taux de réussite au baccalauréat général et technologique (environ 90 %) ne doit pas masquer une autre réalité : 61 % des étudiants ne parviennent pas au terme des études dans lesquelles ils se sont initialement engagés.
Le baccalauréat est un symbole républicain et un repère pour les élèves. Il est devenu complexe dans son organisation et ne joue plus pleinement son rôle de tremplin vers l’enseignement supérieur. Il est donc nécessaire de le repositionner en le modernisant : simplifier un examen devenu trop complexe ; en faire un véritable tremplin vers la réussite dans l’enseignement supérieur ; et mieux prendre en compte le travail des lycéens et les accompagner dans la construction de leurs projets.

Contre le racisme et l’antisémitisme
Le plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, présenté par le Premier ministre en mars 2018, prévoit la création d’une « équipe nationale de réaction », pilotée par le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, en coordination avec la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH).
Dans le cadre de ce plan, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, annonce le 20 décembre dernier, le lancement d’une nouvelle plateforme de signalement des faits de racisme et antisémitisme.
Sur le même principe que celle mise en place en juin 2018, permettant au personnel de l’éducation nationale de signaler une atteinte à la laïcité, cette nouvelle plateforme est ouverte pour tous les personnels et doit leur permettre de signaler des situations ou des faits de racisme et d’antisémitisme dans leur classe ou au sein de leur établissement.
Par ce mode de signalement direct et simple, un soutien sera apporté dans les 24 heures et des réponses rapides seront proposées. Les équipes académiques « laïcité et faits religieux », dont la compétence est ainsi élargie à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, peuvent être mobilisées. Elles apporteront des réponses concrètes à chacune des situations signalées et pourront, si nécessaire, se déplacer en établissements, mettre à disposition des ressources, ou encore accompagner des établissements sur le long terme.
Les remontées actuelles font état d’une cinquantaine de signalements enregistrés sous l’item « racisme/antisémitisme » entre le 19 mars et le 30 septembre 2018. Ces signalements concernent majoritairement des élèves du second degré, mais également quelques-uns du premier degré, des parents d’élèves, et recouvrent des propos ou insultes à l’encontre d’autres d’élèves, d’enseignants ou de l’institution scolaire.
Un vade-mecum « racisme et antisémitisme à l’école » va être diffusé aux établissements début 2019, sous forme de fiches pratiques, afin de constituer le cadre de référence pour guider les interventions des équipes académiques auprès des écoles et des établissements. Des ressources pédagogiques élaborées par le ministère, en lien avec la DILCRAH, sont disponibles sur le portail « éduquer contre le racisme et l’antisémitisme » de Canopé, le réseau de création et d’accompagnement pédagogiques.

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