Paris : Capitale des droits de l’Homme

Paris : Capitale des droits de l’Homme

L’engagement international de Paris, capitale emblématique des droits de l’Homme — dont la Déclaration universelle a été adoptée par les Nations unies il y a 70 ans, en décembre 1948 — permet de promouvoir la vision d’une ville solidaire, fermement attachée à ses valeurs, de partager notre lutte contre les injustices et les inégalités, de rendre effectifs les droits humains fondamentaux, sociaux, économiques, démocratiques, pour tous, où qu’ils se trouvent.

Paris, ville solidaire
Paris est solidaire avec les populations sinistrées par des conflits armés, des catastrophes naturelles ou des crises sanitaires. Depuis le début de la mandature, la Ville de Paris dédie chaque année une partie de son budget international à des « aides d’urgence » : plus de 2 millions d’euros ont été attribués depuis 2014 à des ONG françaises spécialisées en soutien aux populations victimes de conflits armés ou de catastrophes naturelles. 1 520 000 € pour les populations victimes de conflits, et 500 000 € pour les victimes des catastrophes naturelles et des crises sanitaires.
Ces aides permettent de financer des programmes alimentaires, l’accès à l’eau et à assainissement, aux soins primaires, des kits d’hygiène, la mise à l’abri, le soutien aux infrastructures, du matériel et consommables médicaux, des médicaments, ou encore un soutien psychologique et post-traumatique. En 2018, 155 000 € ont déjà été attribués, dont 75 000 € au Comité international de la Croix-Rouge pour son intervention auprès des victimes du conflit syro-irakien, 50 000 € à l’association Médecins du Monde pour son action auprès des victimes du conflit israélo-palestinien et 30000 € à l’association SOS Méditerranée pour ses sauvetages en mer des migrants tentant de rejoindre l’Europe.
• Un soutien particulier à deux crises humanitaires
Au Yémen, où le conflit entre les forces gouvernementales et Houthistes a plongé le pays dans ce qui représente désormais la plus grave crise humanitaire au monde. Aux victimes des combats s’ajoutent 35. 000 déplacés et plus de 22 millions de personnes – soit 75 % de la population du pays — dans l’attente d’une aide humanitaire. Une aide de 140 000 € sera proposée au Conseil de Paris pour venir en aide aux populations victimes : 60 000 € à l’ONG Action contre la Faim pour ses activités de détection et de traitement de la malnutrition chez les nouveau-nés, enfants, femmes enceintes sur place ; 40 000 € à l’ONG Care France pour ses activités de création et de réhabilitation de points d’eau et de réseaux d’assainissement, de distribution de kits d’hygiène à destination de 50 000 personnes dans le gouvernorat d’Aden ; 40 000 € à l’ONG Médecins du Monde pour son action sanitaire dans le gouvernorat de Sanaa. Au Bangladesh, qui connaît de graves troubles politiques, où se sont réfugiés près d’un million de Rohingyas ayant fui la Birmanie, sans perspectives durables et dans une situation humanitaire préoccupante, avec notamment des traumatismes psychologiques systématiques, des violences liées au genre, un accès limité aux structures de santé primaire et services de base tels que l’eau, l’électricité ou l’assainissement. Un soutien important avait déjà été apporté en 2017 par la Ville de Paris à la minorité Rohingya, persécutée et victime des pires exactions et crimes en Birmanie. Une aide de 120 000 € sera proposée : 40 000 € à l’ONG Première Urgence internationale, pour ses activités de réhabilitation des infrastructures en eau et assainissement, la mise en place d’un système de gestion des boues, et la sensibilisation aux bonnes pratiques en matière d’hygiène, à destination de 73 000 réfugiés dans le camp de Teknaf; 50 000 € à l’ONG Électriciens sans Frontières pour son travail de formation de 20 apprentis bangladais et Rohingyas, qui électrifieront les camps de réfugiés de Ghumdhum et Balukhali, la mise en œuvre de 100 kits solaires, 700 lampes solaires et 50 lampadaires solaires, destinés à améliorer la sécurité, en particulier pour les femmes ; 30 000 € à l’ONG Médecins du Monde, pour le renforce-ment des structures de santé en matière de soins primaires, soutien psychosocial, santé mentale et violences basées sur le genre, à destination des 31 287 habitants du camp 14.
Cette solidarité des Parisiennes et des Parisiens vis-à-vis des réfugiés Rohingyas se heurte désormais à l’intolérable et incompréhensible silence de la dirigeante birmane Aung San Suu Kii. Alors que le dernier rapport de l’ONU, présenté au Conseil de Sécurité le 24 octobre dernier, affirme que le génocide continue, Aung San Suu Kii n’a non seulement pas pris position mais elle a au contraire défendu la condamnation à 7 ans de prison de deux journalistes de Reuters pour leurs enquêtes sur les mas-sacres des Rohingyas. Dans ce contexte de multiples violations des droits humains constatées, la Maire de Paris proposera le retrait la Citoyenneté d’Honneur décernée à Aung San Suu Kii lors du Conseil de Paris. Il s’agit d’un geste symbolique fort, sans précédent dans l’histoire de la Citoyenneté d’Honneur de la Ville de Paris.

Paris, ville refuge
• Un refuge pour les journalistes
Depuis plusieurs années, la Ville apporte son soutien à la Maison des Journalistes, structure unique au monde où des journalistes persécutés, menacés dans leur pays, peuvent trouver refuge. Une trentaine de journalistes en exil sont ainsi hébergés chaque année et une soixantaine d’autres accompagnés grâce notamment à la subvention annuelle de 34 000 € de la Ville et la mise à disposition des locaux à tarif modéré dans le 15e arrondissement.
• Un refuge pour les artistes
La Ville a rejoint en 2011 l’Icorn (International Cities of Refuge Network), le réseau international des « villes refuges » pour les artistes en exil. Paris s’engage ainsi à accueillir chaque année, en partenariat avec la Cité internationale des Arts, un artiste ou écrivain menacé dans son pays. Cette année, c’est la journaliste et défenseure des droits humains bahreï-nie Nazeeha Saeed qui a trouvé refuge à Paris.
• Un refuge pour les élus locaux
À l’instar des journalistes ou des défenseurs, les maires et élus locaux sont aussi devenus des cibles. Qu’il s’agisse des maires de Dakar, de Chisinau, de Cotonou, de Niamey, de Caracas ou encore des maires kurdes de Turquie (plus d’une centaine de maires arrêtés en 2016), les élus locaux, garants de la démocratie locale, sont de plus en plus nombreux à être pourchassés, enfermés, assignés à résidence pour ce qu’ils représentent. Dans de nombreuses situations, ces élus pourtant légitime-ment désignés par le suffrage universel ont été remplacés par des représentants de l’État central, souvent dans des conditions brutales.
La Ville de Paris a souhaité rappeler son attachement à la préservation de la démocratie locale par l’adoption à l’unanimité du Conseil de Paris d’un vœu appelant à la protection des maires en danger à travers le monde et à la création d’un « Observatoire international des maires en danger ».
L’Observatoire sera créé dans les prochaines semaines et hébergé au sein du Barreau de Paris, aux côtés de l’ « Observatoire des avocats en danger », qui mène un travail similaire, en soutien aux avocats menacés. Il assurera un travail de veille des atteintes aux droits des élus locaux, complété par la mise en œuvre effective de dispositifs de protection, et par un plaidoyer visant à créer un statut protecteur des « maires en danger ».
• La citoyenneté d’honneur : une protection particulière de Paris
La Ville de Paris attribue de façon exceptionnelle sa Citoyenneté d’Honneur à des personnes s’étant particulièrement illustrées dans la défense des droits humains, afin de les protéger et de reconnaître leurs combats comme les nôtres. En 2018, nous avons attribué cette reconnaissance au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, militant proeuropéen emprisonné en Sibérie pour s’être opposé à l’annexion de la Crimée par les forces spéciales russes, ainsi qu’à Nabeel Rajab, secrétaire général adjoint de la FIDH, emprisonné au Bahreïn après avoir dénoncé la participation de son pays à la guerre au Yémen.

Paris, ville engagée
La politique de la Ville de Paris en faveur des droits humains à l’international s’in-carne par sa solidarité, sa protection mais aussi par l’engagement de notre collectivité aux côtés de ceux qui défendent ces droits au quotidien.
• Défense de la liberté de la presse et de la liberté d’expression
La Ville s’engage régulièrement aux côtés de l’association Reporters sans frontières dans des actions de plaidoyer : pour dénoncer la situation de journalistes français emprisonnés comme ce fut le cas en 2017 pour Mathias Depardon et Loup Bureau alors détenus en Turquie, pour sensibiliser l’opinion publique et les médias français sur la situation extrêmement grave dans laquelle se trouvent les journalistes en Turquie avec une campagne au pochoir par l’artiste C215 sur du mobilier urbain des portraits de journalistes turcs, pour marquer la solidarité de Paris en nous rassemblant et en éteignant la tour Eiffel le 1er novembre, veille de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes contre les journalistes.
Paris apporte également son aide à des projets d’ ONG pour défendre la liberté de la presse et le droit d’informer comme le soutien à Radio Erena, seule radio libre érythréenne qui émet depuis Paris, ou au Centre de protection pour les femmes journalistes afghanes à Kaboul.
Depuis 2012, la Ville soutient et accueille la cérémonie de remise du Prix photographique international Lucas Dolega, photojournaliste franco-allemand tué le 17 janvier 2011 alors qu’il couvrait la Révolution tunisienne. Ce prix vise à soutenir et accompagner le travail exercé dans des zones à risques par des photojournalistes professionnels indépendants qui, par leur engagement personnel et la qualité de leur travail, auront su témoigner de leur attachement à la liberté de l’information.
• La promotion des droits des femmes
La Ville de Paris s’est engagée à renforcer sa politique à l’international en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous ses domaines d’intervention: en luttant contre les violences faites aux femmes, en rendant plus visibles les femmes, et en leur garantissant un meilleur accès aux soins et à la santé.
Paris offre un espace de parole à des personnalités, telle la lauréate du prix Sakharov 2017, Lamia Aji Bashar, porte-parole des victimes des violences sexuelles de Daesh, qui était venue témoigner devant vous du combat qu’elle mène pour faire reconnaître ce crime organisé contre les femmes yézidies. C’est aussi le docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix cette année, que nous avions accueilli à l’Hôtel de Ville pour témoigner de l’utilisation du viol comme arme de guerre et des crimes sexuels commis sur les femmes en République démocratique du Congo.
Au titre de la lutte contre le VIH/Sida en Afrique, la ville subventionne chaque année des projets dont la majorité des bénéficiaires sont des femmes. Ce soutien ciblé, qui s’incarne à travers la prévention de la transmission mère-enfant et une prise en charge globale des femmes, représente près de 1,8 million d’euros par an. Paris participe également au renforcement de la planification familiale et de la protection maternelle et infantile dans plusieurs villes franco-phones d’Afrique et se mobilise contre la traite et l’exploitation sexuelle des femmes en apportant son soutien à des projets de prévention et protection des jeunes migrantes nigérianes entre la France, la Libye et le Nigéria avec l’as-sociation Ecpat France.
La Ville de Paris soutient l’accès à l’éducation des filles et a ainsi subventionné en 2018 l’association Plan International à hauteur de 35 000 € pour son action dans les quartiers défavorisés de Yaoundé au Cameroun. L’engagement au soutien des droits des enfants est une de nos priorités et il se poursuivra l’an prochain alors que 2019 marquera le trentième anniversaire de la Convention internationale des droits des enfants.
• Les droits des LGBTQI+
La défense des droits des personnes LGBTQI+ à l’international est un engagement de la Ville qui fait écho à notre politique parisienne.
Alors que l’homosexualité est encore considérée comme un crime et passible de la peine de mort dans 75 pays, la Ville de Paris affiche son soutien à ceux qui se battent pour préserver ou faire progresser les droits des personnes LGBTQI+. Cet engagement passe par le soutien à l’émergence d’un réseau associatif LGBTQI+ dans l’espace francophone mondial. Ce réseau, en cours de préfiguration, a été initié en août 2017 à Montréal et contribue à développer les échanges et la formation de militants de différents pays francophones.
L’engagement de notre ville passe aussi par la reconnaissance de ceux qui se battent quotidiennement pour défendre et affirmer ces droits fondamentaux. C’est pourquoi nous avons créé en mai dernier le « Prix international de Paris pour les droits LGBT », qui sera remis à nouveau le 17 mai prochain lors de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.
• Le devoir de mémoire
Certains événements tragiques de l’Histoire ont révélé la barbarie dont les hommes sont capables. Notre engage-ment pour les droits humains doit s’adosser à un indispensable travail de mémoire et de transmission.
Ce travail prend la forme de nombreux hommages et commémorations : déplacement du Conseil de Paris à Auschwitz en 2015 pour le 70e anniversaire de la libération des camps de la mort; exposition exceptionnelle à l’Hôtel de Ville sur le génocide arménien en 2015 ; inauguration du « jardin de la mémoire » au parc de Choisy en hommage aux victimes du génocide des Tutsi au Rwanda en 2017. Différents lieux ont été érigés dans l’espace public pour permettre aux habitants et visiteurs de Paris de souvenir. Cette année, une stèle a été inaugurée au parc de Choisy, en partenariat avec les associations cambodgiennes, pour rendre hommage aux victimes du génocide commis par les Khmers rouges au Cambodge.
C’est désormais le seul monument au monde qui commémore ce génocide, après le retrait de l’espace public de son équivalent à Phnom Penh.
En 2019, sera commémoré à l’Hôtel de Ville le 25e anniversaire du génocide des Tutsi au Rwanda et inaugurée en 2019 une stèle qui remplacera la plaque commémorant la mémoire des nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961.

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