Se protéger et protéger

Se protéger et protéger

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a annoncé le premier préservatif masculin remboursé par l’Assurance maladie : une nouvelle étape en faveur de la prévention.

Depuis le 10 décembre 2018, un préservatif fait l’objet d’une prise en charge par l’Assurance maladie. Cette prise en charge par l’Assurance maladie concerne les femmes comme les hommes. La délivrance, sous forme de boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs, s’effectue en officine de pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme. Mesure de prévention et priorité du gouvernement, elle permet de renforcer la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles. Les infections sexuellement transmissibles (IST) représentent un problème majeur de santé publique en France, notamment les principales IST : infection à VIH/Sida, hépatites virales B et C, syphilis, gonococcie, infections à chlamydia.
La feuille de route 2018-2020 de la stratégie nationale de santé sexuelle prévoit d’améliorer le parcours de santé en matière d’infections sexuellement transmissibles avec comme premier objectif de renforcer et diversifier la prévention des IST et du VIH, particulièrement dans un contexte de recrudescence de certaines infections.
La lutte contre les IST se décline en effet autour d’une offre diversifiée de moyens de prévention, dans une approche globale de santé sexuelle.
Il est important de rappeler notre palette de prévention : le dépistage, le traitement du VIH comme prévention (une charge virale indétectable signifie l’absence de risque de transmission), la prophylaxie pré exposition (PrEP) par toutes les personnes concernées, le traitement post-exposition (TPE), et le préservatif qui reste l’outil de base de la prévention.

Stratégie nationale de santé sexuelle
La stratégie nationale de santé sexuelle vise à favoriser, à horizon 2030, le développement des politiques publiques en faveur de la santé sexuelle, allant de l’éducation à la sexualité à la santé reproductive, en passant par la prévention et le dépistage des infections sexuellement transmissibles et du VIH. Issue des propositions du comité national de pilotage placé sous la présidence du Pr. Patrick Yeni, la feuille de route 2018-2020 définit des actions prioritaires.
Elle porte 26 mesures concrètes qui permettront :
• d’améliorer l’information et la formation dans le domaine de la santé sexuelle, notamment par l’organisation en région de campagnes annuelles de dépistage des IST ;
• d’améliorer l’offre générale en santé sexuelle : il s’agira notamment de garantir sur le territoire l’accès aux différentes méthodes d’IVG tout en renforçant la confidentialité de cet acte, d’étendre les missions des Services universitaires de Médecine préventive et de Promotion de la Santé (SUMPPS) aux consultations de contraception et de prévention des IST, de transformer la consultation longue « IST/contraception » mise en place chez le médecin généraliste et le gynécologue pour les jeunes filles entre 15 et 18 ans en une consultation globale « santé sexuelle » au bénéfice de tous les jeunes, filles comme garçons ;
• de renforcer l’offre de santé sexuelle destinée aux populations et territoires prioritaires : des centres de santé sexuelle, d’approche communautaire, seront expérimentés dans des villes à forte prévalence VIH et IST ; en outre-mer, l’offre de santé sexuelle pour les jeunes sera renforcée, avec un accent mis sur le déploiement des actions « hors les murs », le soutien au développement associatif et la promotion d’actions innovantes ;
• d’accompagner des projets innovants en santé sexuelle : dans plusieurs régions sera expérimenté un « pass préservatifs » donnant aux jeunes un accès à titre gratuit à une offre de préservatifs dans le cadre d’un programme d’information et de prévention. Le site de la Boussole qui permet aux jeunes de connaître leurs droits sociaux va être élargi aux questions de santé et de santé sexuelle ;
• de promouvoir et de mieux coordonner la recherche en santé sexuelle, en confiant à l’alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan), en lien avec l’alliance thématique nationale des sciences humaines et sociales (Athena) la mission de coordination et d’animation de la recherche et en garantissant le maintien d’un haut niveau de recherche sur le VIH et les hépatites virales au sein de l’ANRS.

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