Sur le dos des salariés

Sur le dos des salariés

L’Assurance Maladie poursuit la sensibilisation contre le mal de dos et mobilise les entreprises.

Deux salariés sur 3 ont souffert, souffrent ou souffriront un jour d’une « lombalgie », nom scientifique du mal de dos. Douloureux et parfois invalidant, il peut entraîner de lourdes conséquences pour le salarié en termes de désinsertion sociale et professionnelle. Il pèse également sur l’organisation et les finances des entreprises : en 2017, 12,2 millions de journées de travail ont ainsi été perdues à cause du mal de dos lié à des risques professionnels, engendrant un coût direct de plus d’1 milliard d’euros, supporté par les entreprises. Afin de répondre à ces enjeux
socio-économiques et de santé, l’Assurance Maladie étend la sensibilisation sur le mal de dos au monde du travail, au travers d’un volet spécifique à destination des employeurs pour les orienter vers les démarches de prévention et les solutions de retour à l’emploi des salariés.

Mal de dos au travail
Plus de 4 actifs sur 5 déclarent avoir déjà souffert de ces problèmes pendant ou après le travail. Si une large majorité guérit spontanément en quelques semaines, une partie (7 %) continuera d’avoir des douleurs après 3 mois. Or, lorsqu’il devient chronique, le mal de dos engendre de lourdes conséquences en termes de désinsertion sociale et professionnelle, a fortiori lorsqu’il est lié au travail. Le mal de dos chronique déclenche de fait une perte de confiance progressive, mais réelle, accompagnée d’un syndrome de déconditionnement physique, psychologique et social du salarié. Ce qui explique que la lombalgie est la 1re cause d’inaptitude avant 45 ans et la 3e cause d’invalidité pour le régime général.

Des conséquences sur la santé des entreprises
Si les coûts directs sont élevés et supérieurs à 1 milliard d’euros, les coûts indirects, plus difficiles à chiffrer, sont également bien réels pour les entreprises. Ils intègrent la désorganisation des équipes, les retards de production et malfaçons, la baisse de productivité, la dégradation éventuelle du climat social et de l’image de l’entreprise au regard de l’augmentation du turnover, la démotivation…
La lombalgie n’épargne aucun secteur professionnel. Néanmoins 5 secteurs sont particulièrement concernés ayant pour point commun leur exigence sur le plan physique : le transport et la logistique, le bâtiment, l’aide et les soins à la personne, la gestion des déchets et le commerce. Ils supportent à eux seuls plus de la moitié du coût direct du mal de dos et le risque d’être victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle est 1,5 à 2 fois plus élevé dans ces secteurs.
Le port de charges est la première cause de survenue des lombalgies liées au travail (40 %), suivi de la manutention manuelle d’objets (23 %). À ces facteurs « physiques » s’ajoutent les facteurs de risques psychosociaux qui peuvent aggraver le mal de dos ou favoriser son passage à la chronicité : mauvaises conditions de travail, stress, contraintes psychosociales, insatisfaction au travail, monotonie des tâches…

Programme d’actions
Face à ces enjeux, les branches Maladie et Risques professionnels de l’Assurance Maladie lancent une campagne de sensibilisation à destination des employeurs, en déclinaison du programme global initié en 2017 « Mal de dos ? Le bon traitement, c’est le mouvement ». Ce volet spécifique vise à encourager les employeurs à mettre en place des démarches de prévention collectives et à les orienter vers les solutions existantes, dont le programme TMS Pros de l’Assurance Maladie – Risques professionnels. Son message, « Faites du bien à votre entreprise, agissez contre le mal de dos », a vocation à faire prendre conscience aux employeurs que lutter contre ce mal aura un effet positif tant sur la santé des salariés que sur l’entreprise.
Élaboré en lien avec l’INRS et en concertation avec des organismes de prévention, des fédérations professionnelles, des services de santé au travail et la Société française de médecine du travail, ce volet a également vocation à donner les clés favorisant le maintien de l’activité professionnelle – ou sa reprise rapide – à l’ensemble des acteurs concernés, y compris les professionnels de santé.

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