Campagne sur le recyclage

Campagne sur le recyclage

Le ministère de la Transition écologique et solidaire, l’Ademe et 13 éco-organismes lancent jusqu’au 13 décembre une campagne d’information sur le recyclage… et le tri qui le rend possible. Détails.

L’aspiration à davantage de biens matériels est l’une des composantes de la société de consommation. Pour les produire, les ressources de la planète sont toujours plus sollicitées alors qu’elles s’amenuisent de manière constante et irrémédiable. Leur exploitation contribue d’ailleurs fortement à l’accroissement de l’effet de serre, qui est la principale cause du réchauffement climatique.
En une année, la France produit près de 38 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés (comprenant les déchets ménagers et une partie des déchets issus des activités économiques). Autant de matières premières puisées, épuisées et jetées.
Il est donc indispensable de passer de cette économie du jetable (produire, consommer, jeter), à une économie circulaire dans laquelle la ressource est réutilisée, recyclée.
Pour changer de modèle, le Gouvernement a dévoilé en avril dernier un grand plan pour une économie circulaire. À travers les 50 mesures concrètes de sa feuille de route, la France déploie une stratégie pour que chacun puisse entrer dans cette boucle et préserver les ressources de la planète.

Enjeux environnementaux
Les politiques publiques de prévention et de gestion des déchets doivent concourir à prévenir la production des déchets, mais également à préparer au mieux le traitement de ces derniers.
Pourquoi prévenir ? Parce que les ressources de la planète s’amenuisent de plus en plus vite. Chaque année, l’humanité consomme plus que ce que la planète peut lui offrir. À titre d’exemple, cette année, le « jour du dépassement », jour à partir duquel le monde vit à crédit des ressources de la planète, a eu lieu le 1er août 2018. Il intervenait le 29 décembre au début des années 1970.
Pourquoi développer le recyclage ? Le recyclage permet de réinjecter de la « matière première secondaire », ou matière recyclée, dans les processus de production de nouveaux objets, plutôt que de prélever de nouvelles ressources pour fabriquer cette matière. Le recyclage contribue ainsi à préserver les ressources naturelles de la planète.
De plus, lorsque nos déchets ne sont pas recyclables, ils peuvent être transformés en énergie. On parle de valorisation énergétique, sous forme de chaleur et d’électricité. Une vaste étude a récemment prouvé que les principales filières françaises de recyclage des déchets ont permis à elles seules d’économiser dans l’industrie en une année environ 124 TWh d’énergie primaire, ce qui équivaut à 18 réacteurs nucléaires, soit 80 % de la consommation électrique de l’ensemble des foyers français.

Enjeux économiques
L’élimination des déchets coûtera de plus en plus cher : recycler, c’est installer de nouvelles filières.
Les coûts liés à l’élimination des déchets (collecte puis incinération ou mise en décharge) sont bien souvent sous-estimés. Et sont notamment assurés par les collectivités locales qui le répercutent directement sur leurs contribuables à travers une taxe ou une redevance sur l’enlèvement des ordures ménagères. Au demeurant, ces installations d’enfouissement ou d’incinération sont de moins en moins acceptées par nos concitoyens, quelles que soient leurs performances technologiques.
Le Gouvernement a fait le choix ambitieux, inscrit dans le projet de loi de finances 2019, de rendre l’élimination des déchets plus chère que le recyclage.
Comment ? En augmentant le coût de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) de la tonne de déchets éliminés. Elle passera de 15 € à 25 € d’ici 2025 pour l’incinération, et de 41 € à 65 € pour la mise en décharge.
L’objectif est écologique : réduire de 50 % la mise en décharge des déchets non dangereux d’ici 2025 par rapport à 2010, en favorisant le tri et le recyclage.
Il est aussi économique : le recyclage permet de générer des emplois non délocalisables par la mise en place d’unités de traitement de proximité, et permet de donner de la valeur aux déchets et aux activités de traitement associées.

Freins au tri et au recyclage
Si le bénéfice environnemental est plutôt bien perçu des Français, le bénéfice économique du recyclage est peu connu. Recycler reste avant tout associé à un geste quotidien contraignant. Considérés comme chronophages, les Français notent surtout une difficulté à bien trier, par manque d’homogénéité des règles et des contenants sur l’ensemble du territoire. Un doute permanent sur les bonnes pratiques qui amène encore trop souvent les ménages à jeter sans trier.
Les vêtements, linge et chaussures déposés dans des points d’apport volontaire affichant le logo repère de cette filière de recyclage sont collectés, triés, revendus en vue d’une réutilisation, ou recyclés, par des acteurs identifiés par l’éco-organisme de la filière, qui assurent la traçabilité de leurs actions.
Cette traçabilité va jusqu’au traitement final (élimination) lorsque les produits ne peuvent avoir un usage différent. Cette traçabilité, et les contrôles qui vont avec, permettent de garantir que les vêtements, linge et chaussures collectés sont traités dans le respect des règles financières, sociales et environnementales en vigueur.
Pour le recyclage, il n’y a pas de différence entre des déchets de produits électriques et électroniques déposés en déchèterie et ceux déposés chez des distributeurs. Pour la réutilisation des appareils entiers en revanche, la qualité du gisement issu de la distribution est meilleure.
Les déchets de papier et d’emballages recyclables qui sont collectés en porte-à-porte ou en points d’apport volontaire sont envoyés dans différents centres de tri afin de préparer l’étape de la transformation en une nouvelle ressource. Il existe 450 installations en France pour une capacité annuelle de tri de 7 millions de tonnes.
Partout en France, on trie tous les papiers et tous les emballages en verre, en carton, en métal. Pour les plastiques, les consignes peuvent effectivement varier d’une collectivité locale à une autre, suivant le degré de développement de leurs capacités techniques à recycler tout ou partie des différents types de plastiques. Partout, il faut trier les bouteilles et les flacons en plastique et dans certaines collectivités, on peut trier l’ensemble des emballages plastique : les pots, les barquettes, les films…
Pour y voir plus clair, la Feuille de route pour l’économie circulaire prévoit d’harmoniser les couleurs des poubelles et d’étendre les consignes de tri d’ici 2022 partout en France.
Pour connaître la consigne de tri locale, vous pouvez consulter consignesdetri.fr et l’appli Guide du tri.

Une campagne fédératrice et inédite
Aujourd’hui le principal défi de l’économie circulaire est celui de la mobilisation de tous – citoyens, collectivités, entreprises, associations, administrations, acteurs de la recherche et du développement dans tous les territoires.
Depuis plusieurs années, en complément des campagnes menées par le ministère et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en faveur de la prévention des déchets, les éco-organismes ont développé des actions de communication et d’information sur les gestes de tri propres à chacune de ces filières. Conscients de la difficulté à être audible pour les Français, et de la nécessité d’aller collectivement plus loin dans les performances de recyclage en France, les pouvoirs publics ont donc souhaité lancer une campagne commune visant à dépasser le simple geste de tri ou d’apport en démontrant son utilité à travers les bénéfices environnementaux et économiques du recyclage. Il ne s’agit plus du comment trier ses produits ou emballages usagés mais du pourquoi le faire ?
Les éco-organismes ont ensuite vocation à détailler, à travers leurs propres outils de communication, les pratiques propres à leurs filières.
À l’initiative de Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, une convention a été signée le 7 décembre 2017 par le ministère, l’Ademe et 13 éco-organismes pour entériner cet objectif et définir les modalités communes de sa mise en œuvre.
Comme prévu dans le cahier des charges des éco-organismes fixé par le ministère de la Transition écologique et solidaire, cette campagne, d’un budget global de 3,6 millions d’euros, est pilotée par le ministère de la Transition écologique et solidaire, portée par l’Ademe et cofinancée par les éco-organismes. L’obligation d’information et de communication fait partie des cahiers des charges des éco-organismes qui disposent tous d’un budget dédié à ces opérations.
Double objectif de cette campagne : démontrer l’utilité du recyclage tant sur le plan environnemental que socio-économique ; inciter les Français à entrer dans la boucle de l’économie circulaire. Son calendrier : du 15 octobre au 15 décembre 2018. Sa cible : 25-50 ans.

À la télé
Un spot TV pour interpeller les Français : « Ensemble, continuons de recycler » : avec un message fort et un mot-clé, « ensemble », ce spot publicitaire met en avant l’utilité du recyclage ainsi que son caractère fédérateur et collectif. Diffusé pendant trois semaines (du 15 octobre au 4 novembre) sur les principales chaînes françaises (groupe France TV, chaînes généralistes de la TNT, TF1, M6, etc.) et vidéos en ligne (catch up, réseaux, Youtube, mobile), il a souligné l’importance du geste citoyen, qui participe d’une boucle vertueuse impliquant une multiplicité d’acteurs. En ce sens, le citoyen est remercié. Un cerf a rappelé les enjeux environnementaux liés au recyclage : la nature, sa biodiversité, ses ressources naturelles sont préservées. Des entreprises ont montré et rappelé que ce sont elles qui sont chargées de collecter, trier, nettoyer et recycler le produit à l’issue de sa première vie. Elles doivent également penser sa conception et son éco-conception en amont de cette première vie. Et les citoyens ont rappelé leur engagement au quotidien… Le bénéfice économique du recyclage est le second parti pris du film. Il a donné à voir l’écosystème qui se construit derrière le seul mot « recyclage » : éco-organismes, entreprises, start-up, acteurs de l’économie sociale et solidaire, collectivités, bureaux d’études, etc.

À la radio
Des chroniques radio pour aller plus loin : 6 chroniques radio de 60 secondes et leurs bandes-annonces de 10 secondes ont été diffusées du 29 octobre au 2 décembre sur les ondes de RTL2, RMC, RTL, Europe 1 et les IndésRadio. Au total, près de 200 diffusions ont été programmées.

Sur Internet
Un site internet ressource ensemblerecyclons.fr : intégré au site du ministère de la Transition écologique et solidaire, il est composé de quatre grandes sections :
– un spot publicitaire qui fait le pont avec la campagne média ;
– une introduction courte et pédagogique sur les bénéfices du recyclage ;
– un focus sur les différentes familles de produits : ce que l’on doit en faire et ce qu’ils deviennent ;
– les grandes idées reçues sur le recyclage.
Le site internet de la campagne aiguille vers l’outil quefairedemesdechets.fr de l’Ademe, ainsi que vers les sites respectifs des éco-organismes. Il est aussi disponible en version mobile et smartphone.
• Jusqu’au 13 décembre, la campagne sera massivement relayée et animée sur les sites du ministère de la Transition écologique et solidaire, de l’Ademe et des 13 éco-organismes ainsi que sur leurs réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram et YouTube) avec le #ENSEMBLERECYCLONS. Le volet achat média digital comprend 4 leviers : achat de mots-clés Google ; native ads ; social (Facebook, Instagram) ; display programmatique.

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