Exposition : Photographier Paris

Exposition : Photographier Paris

Du 5 novembre 2018 au 5 janvier 2019, une exposition dédiée à la nouvelle scène de la photographiecontemporaine ouvre ses portes au cœur de l’Hôtel de Ville dans la Salle Saint-Jean :
« Photographier Paris, nouveaux regards sur la Ville ».
A l’occasion du lancement de Paris Photo, Foire internationale de photographie d’art, Paris devient, chaque année en novembre, la capitale mondiale de la photographie. En parallèle, cette année, la Ville de Paris a choisi de mettre en avant la jeune création photographique, au travers d’une exposition consacrée à la scène émergente, et d’un espace de rencontres où amateurs et professionnels de la photographie pourront se rencontrer et échanger.
Avec cette exposition, la Ville de Paris réaffirme son attachement à la photographie. La dernière exposition en date à la Salle Saint-Jean présentait aux Parisiens et aux visiteurs, le travail du photojournaliste Gilles Caron pendant les événements de mai 68.
Au long de l’exposition, le travail de onze photographes français et étrangers est valorisé, chacun d’entre eux jouant sur Paris et ses habitants, son architecture, ses événements, ou encore son urbanité. Différentes écritures photographiques s’affirment, ainsi que différents parcours de photographes, laissant entrevoir le monde des possibles d’un Paris vivant, aux multiples facettes.
« Cette exposition révèle le regard neuf, vif et feutré d’une nouvelle génération de photographes dont les clichés captent le quotidien des Parisiens. En accueillant à l’Hôtel de Ville de Paris ces photographes, nous mettons en lumière les multiples vies qui se juxtaposent et se croisent dans une ville qui a toujours fasciné et inspiré les photographes du monde entier » souligne Christophe Girard, adjoint à la maire de Paris en charge de la Culture. Le commissariat est assuré par Pierre Hourquet et Anna Planas, directeurs artistiques et commissaires indépendants, ainsi que Fannie Escoulen, commissaire d’exposition indépendante pour de nombreuses manifestations et institutions photographiques.

L’exposition en 11 projets
• Lucile Boiron (France, 1990)
Young Adventurers Chasing the Horizon
En 2016, Lucile Boiron commence à fréquenter les campements de réfugiés à Paris. Si le sentiment d’urgence prime sur le désir d’images, au fil des mois naît la volonté d’apporter un autre regard en mettant en lumière les corps vulnérables, les objets insignifiants, les interstices, hétérotopies éphémères, vouées à la destruction et à l’oubli.
• Thomas Boivin (France, 1983)
Belleville
Prises entre 2012 et 2018, les images qui composent la série Belleville sont le fruit de longues marches quotidiennes entre les 10e, 11e, 19e et 20e arrondissements de Paris, dans et autour de l’ancienne commune de Belleville. Attaché à une photographie qui engage avec le monde un rapport simple et direct, mais exigeant, Thomas Boivin utilise la chambre 4×5 et le moyen format pour retranscrire une qualité de tons et une subtilité de détails – qualités qui font la richesse d’un portrait, sa profondeur.
• Laurent Chardon (France, 1974)
Dédale
Les photographies présentées ici sont extraites de trois séries réalisées au cours des années 2003 à 2013 lors de randonnées nocturnes et hivernales. Décembre, La Clôture et Dédale nous entraînent du cœur de la ville et des quartiers des Grands Magasins vers ceux jouxtant le périphérique et ses pourtours en transformation.
• Stephan Keppel (Pays-Bas, 1973)
Entre Entree
Le projet Entre Entree est issu de deux résidences successives de Stephan Keppel à Paris. En reproduisant les variations infinies des surfaces de la ville – avec son jeu d’impressions, ses appareils photos et ses stocks de papier -, Keppel propose une nouvelle structure urbaine et visuelle, dont l’approche expérimentale donne une perspective unique sur la ville.
• Geoffroy Mathieu (France, 1972)
Le Principe de ruralité
Le principe de ruralité rend compte des formes de ruralités contemporaines induites par la production agricole dans l’agglomération parisienne. Depuis 2015, Geoffroy Mathieu documente ces bouleversements spatiaux à l’œuvre, l’apparition de ces nouveaux métiers qui génèrent chez les Parisiens de nouveaux rapports à la terre, aux aliments et aux paysages. Projet réalisé avec le soutien à la photographie documentaire contemporaine du Centre national des arts plastiques (CNAP), en collaboration avec UMR AUSser (Architectureurbanistique Société : savoirs, enseignement et recherche), CNRS, ENSA Paris-Belle-ville.
• Louis Matton (France, 1989)
Aéroparis
La ville de Paris se voit imposer l’implantation d’un aéroport en son hyper-centre. La société Aéroparis en est le concessionnaire, et de ce fait la forme juridique du projet artistique homonyme. Débuté en 2014, Aéroparis est constitué d’un projet urbanistique, l’Aéroport Grand-ParisCentre, mais aussi d’images, objets, expositions, afin de promouvoir son activité.
• Paulien Oltheten (Pays-Bas, 1982)
NON
Paulien Oltheten a fréquemment arpenté le quartier des Olympiades dans le 13e arrondissement durant sa résidence à la Cité des Arts de Paris. Elle y a trouvé un mur, un graffiti, NON. Elle s’est alors attachée à capturer les passants, dont les visages pris dans la perspective du mur sont entrés en collision avec le mot et en a conçu une pièce sonore.
• Ola Rindal (Norvège, 1971)
Paris
La Ville est composée de ces zones vides ou aveugles que nous ne regardons pas. Des espaces du quotidien intermédiaires, en creux, dont la présence nous apparaît souvent de façon éphémère. C’est sur ces endroits précis qu’Ola Rindal pose son regard. Un Paris réel, mais à la limite de notre champ de vision.
• Sandra Rocha (Portugal, 1974)
La vie immédiate
La vie immédiate prend sa source dans la géographie du Grand Paris, au confluent de deux grands cours d’eau : la Marne et la Seine. De l’île de Saint-Denis à Alfortville, là où les eaux se rencontrent, Sandra Rocha s’est laissée porter par le courant et a partagé son voyage avec des adolescents tout juste éveillés et conscients de la fuite du temps. Le projet fait partie de la « Commande photographique nationale des Regards du Grand Paris, Médicis-ClichyMontfermeil et Centre national des arts plastiques — ministère de la Culture et de la Communication 2016-2017 ».
• Yusuf Sevinçli (Turquie, 1980)
Paris
Yusuf Sevinçli a passé près de deux années à Paris en 2015 et 2016. Il s’y est installé, le temps de pénétrer l’âme de la ville, de s’imprégner de ses pulsations, de son rythme, de ses habitants, de se détacher aussi d’une histoire de la photographie parfois trop écrasante pour qui-conque souhaite y porter un nouveau regard. Ses images sont comme des arrachements de la réalité, saisies sur le vif puis emportées tels des rêves oniriques, étranges et sensuels.
• Peter Tillessen (Allemagne, 1969)
Superficial images
Peter Tillessen photographie l’ordinaire populaire pour y déceler l’incongru. La réalité quotidienne qu’il documente n’est pourtant qu’une surface muette de notre monde, l’apparence extérieure des choses. Tout est question d’interprétation, et le sens final des images sera laissé au libre arbitre du spectateur.

Les commissaires
Le commissariat de l’exposition est assuré par une équipe composée de Fan-nie Escoulen et Temple – Pierre Hourquet et Anna Planas.
Diplômée en gestion culturelle à l’Uni-versité de Barcelone, Anna Planas est commissaire d’exposition indépendante et directrice artistique de projets en lien avec la photographie contemporaine. Au sein de l’agence Magnum Photos, de 2006 à 2013, elle a été responsable de Magnum Gallery, où elle a développé des expositions et participé à des foires d’art internationales.
Diplômé en Design de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, Pierre Hourquet poursuit une pratique multidisciplinaire mêlant conception de livres, scénographie et commissariat d’expositions. Il développe régulièrement des projets de livres avec Le Bal à Paris — Provoke, Common Objects de Lewis Baltz, Dialogues with Solitudes de Dave Heath — ou pour des maisons d’éditions — Steidl, Filigranes, Spector Books.
Ensemble, en 2013, ils cofondent Temple, lieu dédié au soutien et à l’accompagnement de la jeune création internationale à travers des expositions personnelles et des publications. Cette expérience a donné lieu à de nombreuses collaborations avec des jeunes artistes et commissaires, dont l’exposition collective Blank Paper : Histoires du présent immédiat, qui a révélé la jeune scène madrilène aux Rencontres d’Arles en 2017. Ils développent également des pro-jets avec des institutions en Europe, comme The Hobbyist, au Fotomuseum de Winterthur et présenté aux Rencontre d’Arles cet été.
Diplômée de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, Fannie Escoulen est commissaire d’exposition indépendante, spécialiste de la photographie contemporaine. Elle a été directrice adjointe du Bal à Paris depuis sa création en 2007 jusqu’en 2014, puis directrice artistique du Prix Levallois pour la jeune création photographique internationale de 2015 à 2017. Elle collabore régulièrement avec des maisons d’édition sur des projets d’ouvrages monographiques et mène par ailleurs des missions de conseils pour des entre-prises et des mécènes pour la photographie (Olympus, Ooshot). Elle participe régulièrement à des lectures de portfo-lios, des jurys, et se passionne pour la jeune photographie qu’elle accompagne avec bienveillance depuis le début de sa carrière. À la demande du Ministère de la Culture, elle sera en charge d’une programmation autour des femmes photo-graphes pour Paris Photo 2018 (journée de débats, parcours dans la foire et hors les murs).

 

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