Haro sur la grippe

Haro sur la grippe

« Ne laissons pas la grippe nous gâcher l’hiver » : 70 % des Français savent aujourd’hui que le vaccin antigrippal constitue le premier geste de protection contre le virus de la grippe.

C’est ce que montre une récente enquête BVA pour l’Assurance Maladie conduite en septembre 2018. Pourtant elle révèle aussi que chez plus d’un Français sur deux, des idées reçues persistent, notamment autour de l’innocuité du vaccin. Bien que toutes les personnes de 65 ans et plus déjà vaccinées l’an dernier se déclarent prêtes à se faire vacciner de nouveau cette année. Le plus difficile semble donc de franchir le cap, car une fois adoptée, la vaccination s’installe comme une habitude, à renouveler chaque année. Conséquence : il est important de créer ce réflexe vaccinal à l’approche de l’hiver, chez ces personnes dites « primo-vaccinantes » dont la couverture était de l’ordre de 10 % l’an dernier.
À ce titre, il convient de saluer l’engagement cette année des sept ordres nationaux de professionnels de santé (médecins, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, masseurs kinésithérapeutes et pédicures-podologues) qui s’engagent conjointement par la signature d’une charte de promotion de la vaccination des professionnels de santé.

 Tous mobilisés

La couverture vaccinale est estimée à 45,6 %, stable par rapport à la saison 2016-2017 (45,7 %). Elle est estimée à 49,7 % chez les 65 ans et plus et à 28,9 % chez les personnes à risque de moins de 65 ans. D’après le rapport de l’Enquête nationale périnatale menée en 2016, seulement 7 % des femmes enceintes étaient vaccinées contre la grippe saisonnière, alors qu’elles appartiennent à un groupe à risque élevé de complications et qu’elles étaient toutes enceintes pendant la période vaccinale.

Bilan de l’épidémie grippale 2017-2018
• Retour sur les souches virales en circulation : la saison a été marquée par la cocirculation des virus grippaux A (H1N1) pdm09, B de lignage Yamagata et, dans une moindre mesure, A (H3N2). Dont la dynamique a varié au cours de l’épidémie : ainsi le virus A (H1N1) pdm09 a prédominé en décembre 2017 et janvier 2018, puis à partir de fin janvier, le virus B/Yamagata est devenu majoritaire.
• Données épidémiologiques : l’épidémie de grippe a été précoce et exceptionnellement longue (16 semaines). Elle a été d’une ampleur modérée en médecine ambulatoire (2,4 millions de consultations pour syndrome grippal), mais elle a eu un fort impact en milieu hospitalier, avec plus de 2 900 cas graves de grippe admis en réanimation, le chiffre le plus élevé depuis la mise en place de cette surveillance en 2009-2010.
La mortalité attribuable à la grippe a été estimée à 13 000 décès, chiffre élevé, quoique légèrement inférieur à celui estimé pour les épidémies de 2016-2017 (14 400) et 2014-2015 (14 500).

Des campagnes d’information reconduites depuis 2013

• La gravité de la grippe au cœur de campagnes : l’évolution des connaissances est un élément important dans l’adoption d’un nouveau comportement. Depuis 2013, l’Assurance Maladie a relancé en lien avec les autorités de santé, des campagnes d’information autour de la vaccination antigrippale. Toutes ces campagnes successives des 4 dernières années, axées sur la gravité de la grippe, ont permis de faire reculer les préjugés. Aussi les enquêtes d’opinion menées de 2013 à 2018 ont montré que les connaissances de la population sur la dangerosité de la grippe ont progressé et sont aujourd’hui très bonnes : désormais, cinq Français sur six l’ont compris.
• Depuis 2017, faire du vaccin le premier geste de protection à l’approche de l’hiver pour les personnes fragiles : l’année dernière, une nouvelle orientation a été donnée avec une campagne de communication qui invite, dans un registre bienveillant, à passer un bel hiver sans la grippe : « Ne laissons pas la grippe nous gâcher l’hiver ». Ce message a été bien retenu : pour 70 % de la population, la vaccination est le premier geste pour se protéger de la grippe.
Dans la continuité de cette tendance, la campagne d’information de l’hiver dernier est reconduite cette année. Pour mieux accompagner le changement de saison et jouer un rôle d’alerte, elle a été décalée de 3 semaines par rapport au lancement de la campagne de vaccination et a été ainsi lancée le 26 octobre, à la veille du passage à l’heure d’hiver. L’objectif : s’assurer d’une meilleure disposition à la vaccination des personnes pour qui celle-ci est recommandée, en particulier chez celles invitées pour la première fois.
• Chaque année, entre 300 000 et 500 000 personnes supplémentaires sont invitées à se faire vacciner. L’enquête d’opinion de septembre 2018 montre qu’une partie des personnes invitées restent à convaincre : ainsi deux répondants sur 10 âgés de 65 ans et plus ne sont pas vaccinés et n’ont pas l’intention de le faire cette année. En revanche, chez ceux qui ont pris l’habitude de se faire vacciner, aucun ne songe à y renoncer. À l’instar de l’année précédente, cette campagne fait partie d’un dispositif d’information plus global et transversal dédié au bouclier de protection contre les virus de l’hiver. Elle est portée conjointement par le ministère des Solidarités et de la Santé, la Direction générale de la Santé, l’Assurance Maladie, la MSA et Santé publique France.

La campagne d’information 2018

Les professionnels de santé informés en amont de la campagne
Les professionnels de santé jouent un rôle essentiel puisque ce sont eux qui sont les plus à même d’inciter leurs patients à se faire vacciner. Et afin de soutenir leur rôle en prévention, l’Assurance Maladie met à leur disposition des outils adaptés à leur pratique. Les modalités pratiques de la vaccination sont rappelées par des mémos mis à disposition sur ameli.fr. Pour les médecins, ces documents peuvent leur être remis lors d’une visite d’un Délégué de l’Assurance Maladie (DAM).
Les professionnels de santé reçoivent une affiche à apposer dans leurs cabinets ou officines. Celle-ci est accompagnée d’un bon de prise en charge à 100 % du vaccin pour qu’ils se vaccinent. Ils disposent également d’informations complémentaires : début octobre, ils ont été informés par un courriel de l’Assurance Maladie de la simplification du parcours vaccinal. Et les éditions d’octobre des newsletters électroniques « 3 minutes » qu’envoie, chaque mois, l’Assurance Maladie à plus de 100 000 médecins, 53 000 infirmières, et 23 000 pharmaciens, leur ont fourni toutes les informations utiles sur le dispositif de vaccination et les actions menées pour sensibiliser, à leurs côtés, les patients à risque.
Un courrier d’incitation à la vaccination antigrippale a été envoyé aux directeurs des Ehpad : la vaccination est fortement recommandée chez les professionnels de ces établissements médico-sociaux, en contact avec des personnes à risque de grippe sévère.
Enfin, tous les établissements de santé et les établissements médico-sociaux ont été destinataires d’une note du ministère des Solidarités et de la Santé leur rappelant l’importance de la vaccination de leurs personnels contre la grippe saisonnière. Enfin, des annonces dans la presse professionnelle destinée aux médecins généralistes, infirmières, sages-femmes et personnel qui travaillent en Ehpad et en établissement de soins paraissent entre septembre et novembre.

Le flyer
Entre mi-septembre et début octobre, plus de 12 millions d’assurés ont reçu un courrier signé par le médecin-conseil national de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie, accompagné d’un bon de prise en charge du vaccin et d’une brochure cosignée par le Ministère des Solidarités et de la Santé et Santé publique France. Le contenu de ce document d’information pédagogique a été actualisé : il est ainsi illustré du nouveau visuel de la campagne accompagné du slogan : « C’est la saison de la grippe, vaccinez-vous. ». Il souligne la gravité de la grippe et rappelle le bénéfice de la vaccination antigrippale ainsi que les gestes simples à adopter pour optimiser la protection contre la maladie. 1,4 million d’adhérents de la MSA ont également été invités à se faire vacciner contre la grippe.

Un spot sur des chaînes télévisées à large audience
Pour la quatrième année consécutive, l’Assurance Maladie diffuse une campagne télévisée avec un spot destiné à rappeler l’importance de la vaccination antigrippale. Plus long que celui de l’année précédente (25 secondes versus 20 secondes), ce spot a été revisité pour alerter plus fortement sur les risques liés à la grippe et instaurer la vaccination antigrippale comme le réflexe à acquérir dès l’approche de l’hiver. Il se conclut par la signature : « Ne laissons pas la grippe nous gâcher l’hiver ». Il mentionne ensuite les personnes pour qui la vaccination est recommandée en les invitant collectivement à se faire vacciner, suivi du conseil « Parlez-en à un professionnel de santé ».
Depuis le 26 octobre, ce spot est diffusé pendant 3 semaines sur les chaînes suivantes : TF1, France 2, France 3, France 5, Arte, Cnews, BFM TV, l’équipe 21, Paramount Chanel, 13e Rue, France 24, Syfy, TV Melody, TV5 Monde, Warner TV, Canal 33, TF1 série et film, TV Breizh, et LCI. Cette année, le spot bénéficiera d’une plus grande exposition en télévision pour toucher le plus grand nombre. De plus une déclinaison de 12 secondes de ce spot TV a été diffusée via les écrans installés dans 1 200 pharmacies du 26 octobre au 8 novembre 2018, ainsi que sur des sites Internet touchant les personnes pour qui la vaccination est recommandée.
Nouveauté cette année, un partenariat est mis en place avec le programme des prévisions météorologiques de France 2 et de France 3, respectivement aux éditions de 12 h 55 et 20 h 55. Du 28 octobre au 2 décembre, à la fin de chaque bulletin météorologique, les présentateurs de ce rendez-vous quotidien plébiscité par les téléspectateurs rappelleront l’approche de la saison de la grippe. Avec bienveillance, ils conseilleront aux personnes pour qui la grippe représente un danger de penser à s’en protéger par la vaccination.
Enfin, lors de pics de froid en novembre et/ou décembre, l’appli de Météo France et celle de la Chaîne Météo diffuseront une annonce pour rappeler que la saison de la grippe est proche.

Un relais sur Internet et les réseaux sociaux
Les messages de la campagne seront aussi relayés sur le compte Twitter de l’Assurance Maladie et sur Facebook. Une vidéo pédagogique est diffusée sur ameli.fr, la chaîne YouTube de l’Assurance Maladie et sur les réseaux sociaux ainsi que dans les espaces d’accueil de l’Assurance Maladie. Les médias propriétaires de l’Assurance Maladie (ameli, newsletters Sophia & vous à destination des personnes diabétiques et asthmatiques) relaient également la campagne d’information.

Des annonces presse et un spot radio
Cette année, trois publirédactionnels paraissent en novembre, chacun destiné à un titre distinct de la presse magazine maternité et agricole ; ils seront relayés sur leur site Internet. Par ailleurs, trois annonces presse sont mises à disposition des organismes de l’Assurance Maladie et de la MSA afin qu’ils puissent les relayer dans leur presse locale. Trois annonces spécifiques sont destinées aux séniors et aux femmes enceintes.
Autre nouveauté cette année, les caisses disposent d’un spot radio s’adressant aux personnes de 65 ans et plus, pour une diffusion au niveau local.

Les nouveautés de la campagne de vaccination 2018-2019
Dans le cadre d’une réflexion sur l’élargissement de l’offre vaccinale et afin de simplifier le parcoursvaccinal pour les personnes pour qui la vaccination est recommandée, la Haute Autorité de santé (HAS), saisie par le ministère des Solidarités et de la Santé, s’est prononcée, dans un avis du 25 juillet 2018, en faveur de l’harmonisation des compétences des différents professionnels de santé impliqués dans la vaccination contre la grippe (pharmaciens, infirmiers, sages-femmes). Les textes réglementaires permettant de mettre en œuvre, dès cette campagne, l’extension des compétences des infirmiers et des pharmaciens (dans les quatre régions expérimentatrices de la vaccination en officine : Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Hauts-de-France) ont été publiés le 26 septembre 2018.
Ces professionnels ont désormais la possibilité de vacciner, sans prescription médicale préalable, toutes les personnes adultes éligibles à la vaccination qu’elles aient été ou non déjà vaccinées. La prescription médicale restera nécessaire pour les enfants de moins de 18 ans. L’objectif est de limiter les occasions manquées de vaccination en multipliant les lieux possibles de vaccination.
Toutes les personnes de 18 ans et plus pour qui la vaccination antigrippale est recommandée peuvent désormais retirer leur vaccin à la pharmacie, sur simple présentation de leur bon de prise en charge de l’Assurance Maladie.
Les dernières mesures de simplification étant très récentes, les courriers d’invitation ne stipulent pas cette nouveauté. Toutes les personnes adultes ayant reçu ce courrier peuvent néanmoins se rendre directement chez un pharmacien, munies de leur bon de prise en charge pour retirer leur vaccin. Elles peuvent ensuite se faire vacciner par le professionnel de leur choix : infirmier, médecin, sage-femme (femmes enceintes et entourage du nourrisson à risque de grippe grave) ou par un pharmacien participant à l’expérimentation dans les quatre régions concernées. Pour les personnes de moins de 18 ans, la prescription médicale reste indispensable. Les personnes présentant des antécédents de réaction allergique sévère à l’ovalbumine ou à une vaccination antérieure doivent continuer à bénéficier d’une prescription médicale préalable.

Les vaccins et le rôle de l’ANSM
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) intervient dans l’autorisation des essais cliniques conduits en France au cours du développement d’un vaccin, puis dans l’autorisation de mise sur le marché, délivrée au niveau national ou européen après évaluation de son bénéfice et de ses risques. Après la mise sur le marché, l’ANSM assure la surveillance de la sécurité d’emploi des vaccins notamment à travers la pharmacovigilance. Par ailleurs, les vaccins font l’objet d’un contrôle de la qualité de chaque lot avant leur mise sur le marché en France et en Europe par une autorité indépendante, qui s’ajoute au contrôle réalisé par les laboratoires pharmaceutiques. L’ANSM contrôle plus de la moitié des lots de vaccins grippe qui circulent en Europe. Ce double contrôle constitue ainsi une garantie supplémentaire de la maîtrise de la qualité et de la sécurité des vaccins.

Le vaccin
Composition du vaccin 2018-2019 : la composition du vaccin est adaptée annuellement, suite à la recommandation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en fonction des souches virales qui ont circulé l’hiver précédent et donc les plus susceptibles d’être présentes cette année.
La composition du vaccin recommandé pour la saison grippale 2018-2019 dans l’hémisphère nord est modifiée par rapport à celle de l’année précédente, elle comprend :
• un virus de type A/Michigan/45/2015 (H1N1) pdm09 ;
• un virus de type A/Singapore/INFIMH-16-0019/2016 (H3N2) ;
• un virus de type B/Colorado/06/2017 (lignée B/Victoria/2/87) ;
• et pour les vaccins tétravalents un virus de type B/Phuket/3073/2013 (lignée B/Yamagata/16/88).
Les vaccins grippaux inactivés tétravalents indiqués à partir de l’âge de 6 mois sont les suivants : Vaxigriptetra, Fluarixtetra, le vaccin tétravalent Influvac Tetra est indiqué uniquement chez l’adulte (18 ans et plus). Le vaccin trivalent Influvac est indiqué à partir de l’âge de 6 mois.
Qu’ils soient trivalents ou tétravalents, les effets indésirables fréquemment observés avec les vaccins grippaux inactivés sont généralement bénins et transitoires. Il s’agit de réactions au site d’injection, céphalées, myalgies, fièvre modérée. Jusqu’à ce jour, aucun signal de pharmacovigilance ayant remis en cause leur balance-bénéfice/risque n’a été identifié dans le monde. Les contre-indications sont communes à tous les vaccins anti-grippaux : hypersensibilité avérée aux substances actives, à l’un des excipients, aux protéines de l’œuf, aux substances présentes à l’état de traces.

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