L’héritage européen

L’héritage européen

La 35e édition des journées européennes du patrimoine invite à « l’art du partage » ! De nombreux sites sont ouverts à tous les publics les 15 et 16 septembre prochains et dès le 14 au public scolaire.

 Ces Journées européennes du patrimoine doivent célébrer avec force la construction de la grande Europe du patrimoine, cent ans après la fin du premier conflit mondial et la chute des empires, qui a engendré une nouvelle Europe des États. Elles s’intègrent dans l’Année européenne du patrimoine culturel 2018.
La plupart des pays européens partagent le même découpage chronologique fondamental : la Préhistoire et ses grandes périodes, l’Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes et la période contemporaine. Dans cette chronologie partagée, la circulation des idées, des artistes et des architectes a permis la création d’un cadre de vie présentant bien des similitudes sur tout le continent européen. Si l’existence des grottes ornées paléolithiques rassemble les Européens de l’Ouest, le mégalithisme s’inscrit dans une révolution néolithique, venue d’Orient, progressant à travers toute l’Europe ; l’émergence des villes celtes, grecques, romaines et byzantines, aux confluents des routes commerciales maritimes et terrestres puis de la ville médiévale, engendrent progressivement de grands courants artistiques et architecturaux communs à de nombreux pays européens.
L’existence de ce patrimoine et de cette culture partagée, dont la langue latine a longtemps été l’un des ferments, de l’Antiquité au Moyen Âge et jusqu’aux humanistes, constitue un fondement de l’identité européenne, et donne aux citoyens européens le sentiment diffus d’appartenir à un même monde ; leur paysage quotidien se nourrit de repères patrimoniaux communs.
Les grands courants artistiques ont dépassé les frontières des États, actuels ou anciens : l’Europe paléolithique s’incarne, entre autres, dans Lascaux et Altamira, l’Europe néolithique dans Stonehenge et Carnac, l’Europe gréco-romaine dans le Parthénon, le Colisée, le Pont du Gard ou le mur d’Hadrien.
Le cœur de l’Europe carolingienne est à Aix-la-Chapelle, et l’art roman rayonne très largement sur l’Europe méridionale, de l’Espagne à la Corse, pendant que le christianisme orthodoxe se déploie sur l’Europe orientale.
Les cathédrales gothiques sont particulièrement présentes en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne, puis la Renaissance s’étend depuis l’Italie.Vienne, Versailles, Rome, Prague, Rundale et jusqu’aux châteaux « néo » de Louis II de Bavière, voient s’épanouir et rivaliser splendeurs baroques et grandeur classique.
Au XXe siècle, de la Riga d’Eisenstein à la Bruxelles d’Horta ou à la Barcelone de Gaudi, et à la Vienne du Bauhaus à celle de Mallet Stevens et Le Corbusier, l’Art nouveau, l’Art déco puis le Mouvement moderne marqueront à leur tour une grande partie des pays européens. Mais cet héritage commun admet d’importantes variations régionales. Les formes architecturales, les courants picturaux ou statuaires se déclinent différemment entre les pays, en fonction des matériaux disponibles, du contexte économique et des influences politiques.
L’ardoise, la tuile, la terre, la pierre, les essences de châtaigner, les bulbes dorés, les différents types de pierre, la brique donnent leur caractère aux édifices civils et religieux des différents pays ou régions. Ces différences se nourrissent parfois d’apports extérieurs en particulier d’Al Andalus : l’art mozarabe prolonge, en Andalousie, les vestiges du califat de Cordoue, et la présence de l’Empire ottoman dans les Balkans imprime durablement sa marque dans le paysage. Cette architecture « importée » apporte une note orientale à certaines régions européennes.
Le thème des Journées européennes du patrimoine appelle donc à une réflexion sur ce que les éléments du patrimoine national présentent de commun, et de spécifique, par rapport au reste du patrimoine du continent.
L’Europe du patrimoine, c’est aussi, comment ne pas le rappeler, pour cette année du centenaire de l’armistice, l’Europe de la mémoire, des crimes contre l’humanité, des guerres et des réconciliations. Alésia, Azincourt, Pavie, Rocroy, Austerlitz, Waterloo, Sedan, Verdun, Auschwitz, Oradour, Varsovie, Coventry, Dresde, Mostar ou Sarajevo appartiennent, pour le meilleur et pour le pire, à notre patrimoine commun, et les témoignages matériels de ces conflits sont devenus des symboles de réconciliation et de paix entre les peuples européens. L’image de François Mitterrand et d’Helmut Kohl, main dans la main à Douaumont, près de Verdun, ou la visite du président allemand à Oradour-sur-Glane, en 2013, illustrent, entre autres, cette dimension mémorielle commune.
C’est encore l’Europe du sacré :
• avec ses cathédrales gothiques ;
• avec ses synagogues et ses cimetières, en Europe de l’Est (Prague, Budapest, Vilnius, Cracovie, Berlin) et de l’Ouest (Carpentras, Tolède…) ;
• avec ses mosquées et palais en Espagne, en Bosnie, en Macédoine ou à Istanbul, avec ses monuments de l’Europe hors d’Europe, comme la mosquée de Tsingoni, édifice du XVIesiècle récemment classé au titre des monuments historiques, à Mayotte.
L’Europe du patrimoine, ce sont enfin les monuments emblématiques de la démocratie et de la construction européenne : la cité antique d’Athènes, les vestiges de l’Europe romaine, répandus dans toute l’Europe en deçà du Danube, les palais des Empereurs carolingiens, puis des empereurs romains germaniques, la Magna Carta anglaise, la salle du Jeu de Paume à Versailles, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et la Constitution polonaise de 1791, les chantiers navals de Gdansk (1981). En Allemagne, le château médiéval d’Hambach. Plus proches de nous, Bruxelles et Strasbourg se partagent l’essentiel des bâtiments symboliques de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe : par exemple à Strasbourg, le palais de l’Europe, siège du Conseil de l’Europe depuis 1977, et à Bruxelles, le Berlaymont, siège de la Commission européenne.
Participent aussi de cette catégorie des lieux de mémoire, comme les maisons des penseurs et des fondateurs de l’Europe, ouvertes au public : Hauteville-House, maison de Victor Hugo à Guernesey, la maison de Robert Schuman à Scy-Chazelle (57), celle de Jean Monnet à Bazoches-sur-Guyonne (78), celle d’Alcide de Gasperi à Pieve Tesino (Italie) ou celle de Konrad Adenauer à Bad Honnef (Allemagne).

Sélection
Autour du thème l’Europe en héritage
• Centre culturel irlandais : classé au titre des monuments historiques. Inauguré en 2002, le Centre culturel irlandais est situé dans le Collège des Irlandais, ancienne résidence d’une importante communauté irlandaise de prêtres, séminaristes et étudiants laïcs, dont les origines remontent à 1578. Le Centre propose aujourd’hui une ouverture sur l’héritage culturel de l’Irlande et surtout sur sa culture contemporaine. Exposition « Surveillé-e-s » réunissant une quinzaine d’artistes, visite libre de la chapelle du XVIIIesiècle, de la médiathèque et de la bibliothèque patrimoniale, démonstrations de réalisations d’enluminures médiévales et initiation à la langue et la culture irlandaises. Paris 5e arrondissement, wwww.centreculturelirlandais.com/
• Bibliothèque Sainte-Geneviève : classée au titre des monuments historiques. Construite par Henri Labrouste, la bibliothèque a accueilli ses premiers lecteurs le 4 février 1851. Sainte-Geneviève et labellisée CollEx (Collection d’Excellence) en 2017, est actuellement la bibliothèque la plus riche dans les domaines des langues et cultures scandinaves et finno-ougriennes en dehors des pays nordiques.
Paris 5e arrondissement, www.bsg.univ-paris3.fr/
• Collège des Écossais : inscrit au titre des monuments historiques. Construit entre 1662 et 1672, le Collège des Écossais est fondé pour accueillir de jeunes étudiants catholiques venus d’Écosse. L’immeuble est confisqué à la Révolution et sert de prison sous la Terreur. Restitué en 1806 à l’Église d’Angleterre, il reste voué à des œuvres d’enseignement. Sa façade, sa chapelle et l’escalier ont été inscrits au titre des monuments historiques en 1945. Paris 5e arrondissement, www.paris-historique.org/
• Musée Curie : maison des illustres. Le musée Curie est situé dans le troisième et dernier laboratoire de Marie Curie. Elle a été la première femme à enseigner dans le supérieur, la seule scientifique à avoir obtenu deux prix Nobel dans des disciplines différentes et la première femme à intégrer le Panthéon. Paris 5e arrondissement, musee.curie.fr/
• Centre tchèque de Paris : ouvert en 1997, le Centre tchèque de Paris a pour mission de présenter la culture tchèque en France sous toutes ses formes. Il a fondé son propre club de jazz et le festival international Jazzycolors. L’histoire du siège parisien dans le 6e arrondissement est chargée d’une forte valeur symbolique : c’est là qu’a été fondé en 1916 le Conseil national tchèque, puis tchécoslovaque, à l’origine du futur gouvernement tchécoslovaque. Paris 6e arrondissement, www.paris.czechcentres.cz/
• Ambassade de Finlande : ouverture exceptionnelle. L’ambassade de Finlande à Paris a déménagé en 1967 à son adresse actuelle, place de Finlande, à proximité de la place des Invalides. L’édifice est l’œuvre de l’architecte français Jean Ginsberg et la conception de l’intérieur a été confiée à l’architecte finlandais Veli Paatela. La décoration d’origine, quant à elle, a été effectuée par les artistes Antti Nurmesniemi et Yrjö Randell. Paris 7e arrondissement, www.finlande.fr/
• Cité internationale universitaire de Paris : inscrite au titre des monuments historiques. La Cité internationale est édifiée dans un parc de 34 hectares dans le sud de Paris. Elle accueille près de 12 000 étudiants, chercheurs et artistes issus de quelque 140 nationalités. La quarantaine de maisons dans lesquelles ils séjournent, construites entre 1925 et 1969, sont emblématiques des principaux courants architecturaux du XXesiècle et abritent des chefs-d’œuvre artistiques remarquables.
Paris 14e arrondissement, www.ciup.fr/
• Maison de l’Europe de Paris : construit en 1880, l’hôtel de Villiers a servi successivement d’ambassade de Corée et de conservatoire de l’arrondissement. Sa façade, ses décors intérieurs et l’escalier monumental desservant les étages sont classés au titre des monuments historiques. Sa forme et son histoire unique font écho aux missions de la Maison de l’Europe de Paris : allier histoire et défis contemporains. Paris 17e arrondissement, www.paris-europe.eu/

Autour du thème architectes
• Monastère russe orthodoxe de Notre-Dame-de-Kazan : ouverture exceptionnelle. L’ermitage de Notre-Dame de Kazan, monastère orthodoxe russe, est fondé en 1938 par Grigori Vendt, devenu le père Euthyme. D’une architecture exceptionnelle, il est orné de fresques peintes par le moine iconographe Grégoire Krug au début des années 1960. Moisenay-le-Grand, Seine-et-Marne, www.skite-notredame-de-kazan.blogspot.com/
• Skit du Saint-Esprit : ouverture exceptionnelle architecture contemporaine remarquable. Le skit du Saint-Esprit est un lieu d’ermitage monastique orthodoxe russe. Construit dans la tradition byzantine en 1938, ce site architectural est composé de deux éléments en pierre de taille. Les murs sont couverts de fresques et d’icônes entièrement réalisées par le Père Grégoire Krug, l’un des plus grands iconographes du XXesiècle. Le-Mesnil-Saint-Denis, Yvelines.
• Maison et atelier de Philolaos : né à Larissa, en Thessalie, le sculpteur Philolaos Tloupas (1923-2010) s’installe en France en 1950 et fréquente l’Académie de la Grande Chaumière et les cours de Marcel Gimond aux Beaux-Arts. En 1958, à Saint-Rémy-lèsChevreuse, il construit son atelier d’après ses propres plans au dessin épuré et qui laisse une large place à la transparence, tel un manifeste de sa conception de l’architecture. Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Yvelines, www.opcnsaintremy.fr/
• Castello Marochetti : inscrit au titre des monuments historiques maison des illustres. Carlo Marochetti a participé à la réalisation de nombreux monuments parmi lesquels l’Arc de triomphe, avec le bas-relief de la bataille de Jemmapes, et l’église de la Madeleine dont il a réalisé le maître-autel. Son père, Vincenzo, devient propriétaire du château de Vaux en 1819. Carlo, puis son fils Morizio, également sculpteur, y ont habité et travaillé. Cette construction du XVesiècle, bâtie sur l’emplacement d’un ancien château fort normand dont il subsiste des vestiges, a été le lieu de rencontre d’artistes ainsi que d’écrivains de tous pays et est un témoignage marquant de l’histoire du goût du XIXe siècle. Vaux-sur-Seine, Yvelines.

Autour du thème un patrimoine historique commun
• Musée Clemenceau : maison des illustres. Georges Clemenceau (1841-1929), homme d’État, homme de lettres et amoureux des arts, vécut de 1896 jusqu’à la fin de ses jours dans un appartement de quatre pièces s’ouvrant sur un jardin privé avec vue sur la tour Eiffel et qui abrite aujourd’hui un musée lui étant consacré. Par la volonté conjointe d’un mécène américain et de proches du « Tigre », ce lieu est resté inchangé. Le vestibule et le cabinet de travail de l’appartement ont été restaurés à l’identique en 2015. Au premier étage, une galerie expose de nombreux objets retraçant la vie politique et personnelle de Georges Clemenceau, dans une muséographie et une scénographie entièrement renouvelées en 2017. Visites de l’appartement du président du Conseil, ministre de l’Intérieur (1906-1909) puis ministre de la Guerre (1917-1920) et principal artisan du traité de Versailles, traité de paix signé le 28 juin 1919 entre l’Allemagne et les Alliés à l’issue de la Première Guerre mondiale. Paris 16e arrondissement, www.musee-clemenceau.fr/
• Maison Jean Monnet : maison des illustres. Jean Monnet, l’un de pères fondateurs de la Communauté européenne, a vécu dans cette maison de 1945 à sa mort en 1979. C’est là qu’il a rédigé, avec ses collaborateurs, dans les derniers jours d’avril 1950, les grands principes qui allaient servir de pierre angulaire à la construction européenne : la déclaration historique que Robert Schuman devait adresser à l’Europe le 9 mai, proposant la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) et jetant ainsi les bases de la Communauté européenne. Exposition « Que partage-t-on en Europe ? » sur les éléments unissant les pays européens. Bazoches-sur-Guyonne, Yvelines, www.ajmonnet.eu/
• Bibliothèque municipale de Versailles : classée au titre des monuments historiques. Cet ancien hôtel des Affaires étrangères et de la Marine, construit entre 1761 et 1763, devient bibliothèque municipale en 1803. La galerie d’honneur, magnifiquement conservée, a été décorée par les peintres Charles-André Van Loo, Jean-Jacques Bachelier et Louis-Nicolas Van Blarenberghe avant de devenir un haut lieu de la diplomatie internationale sous Louis XV et Louis XVI. C’est dans cette galerie notamment que sont préparés les traités de Paris et de Versailles (1783) signant la paix et l’indépendance des colonies américaines. Visites commentées de la galerie d’honneur de l’Hôtel des Affaires étrangères, visites insolites pour adolescents et adultes (inscriptions sur place) et « Les coups de cœur du Pôle patrimoine ». Versailles, Yvelines, www.versailles.fr/culture/etablissements/ bibliothèques municipales/
• Maison littéraire de Victor Hugo : « Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Petersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu’elle serait impossible et qu’elle paraîtrait absurde aujourd’hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où la France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne (…). » Tels étaient les mots de Victor Hugo, considéré comme l’un des pères de la construction européenne, lors de son discours au Congrès de la Paix de 1849. Le château des Roches était au XIXesiècle la propriété de Bertin l’aîné, directeur du Journal des Débats. Victor Hugo, invité privilégié, y séjourna également pour des vacances en famille. Aujourd’hui, le château abrite une collection prestigieuse de manuscrits, éditions originales rares, épreuves corrigées, gravures et photographies d’époque. Visite libre du parc et visites commentées de la maison. Bièvres, Essonne, www.maisonlitterairedevictorhugo.net/

Identification des biens patrimoniaux en péril
Emmanuel Macron, président de la République, a confié le 16 septembre 2017 une mission à Stéphane Bern consistant à identifier les biens patrimoniaux en péril et à proposer des sources de financement innovantes afin de les sauvegarder.
2 000 monuments ont été identifiés grâce aux signalements du grand public, avec l’appui du ministère de la Culture et de la Fondation du patrimoine. Ils se caractérisent par une grande diversité typologique :
• maisons, hôtels particuliers, châteaux, maisons d’illustres ;
• édifices religieux : abbayes, églises, synagogues, temples, qu’ils soient encore ou non dédiés au culte ;
• bâtiments agricoles : fermes, lavoirs, pigeonniers, moulins ;
• bâtiments industriels : usines et ateliers, forges, hangars ;
• ouvrages d’art et ouvrages hydrauliques : ponts, aqueducs ; – patrimoine militaire et fortifications ;
• lieux culturels : théâtres, cinémas.
Toutes les périodes historiques sont représentées, de sites archéologiques de l’époque romaine à des édifices du XXe siècle. Les bâtiments identifiés sont la propriété de personnes privées ou publiques, gérés ou soutenus par des associations ou fondations de défense du patrimoine ; certains sont gérés ou la propriété du Centre des monuments nationaux (CMN). Ils peuvent être protégés au titre des monuments historiques, des sites patrimoniaux remarquables, des abords ou des plans locaux d’urbanisme, ou non protégés. Les dossiers présentés ont été examinés par les services du ministère de la Culture (directions régionales des affaires culturelles) et par les services de la Fondation du patrimoine et ses bénévoles. 18 projets emblématiques (1 par région métropolitaine et d’outre-mer) et 251 projets répartis sur tout le territoire ont été jugés prioritaires et seront sauvés dès cette année.
Ils ont été choisis en fonction :
• de leur intérêt patrimonial et culturel ;
• de l’urgence de leur restauration au regard de l’étendue des dégradations et de leur état de péril ;
• de la recherche d’un équilibre géographique et historique, tout en privilégiant les zones rurales et petites agglomérations, dans un objectif de revitalisation des territoires et des cœurs de ville ;
• du projet de valorisation ou de réutilisation, s’il y a lieu, et des retombées économiques attendues, notamment pour le développement économique, l’attractivité des territoires et le tourisme local.
Pour tous les projets qui n’auront pas pu être retenus en 2018, une nouvelle campagne de sélection sera organisée l’année prochaine. Ils seront accompagnés pour la constitution de leur plan de financement et dossier technique par les services de l’État et par les bénévoles de la Fondation du patrimoine.
À l’occasion de l’annonce des projets retenus cette année, le président de la République a accueilli jeudi 31 mai 2018 au Palais de l’Élysée les personnalités engagées pour le patrimoine. Autour de Françoise Nyssen, ministre de la Culture, de Stéphane Bern, de Guillaume Poitrinal, président de la Fondation du patrimoine, de Stéphane Pallez, présidente directrice générale de la Française des jeux (FDJ) et de Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, étaient présents les responsables des projets sélectionnés (maires, présidents d’associations, propriétaires privés) et les acteurs du patrimoine.
• Exemple de sites du patrimoine en péril ouvert à l’occasion des journées européennes du patrimoine : le domaine des Frênes Bougival en Yvelines. En 1874, Ivan Tourgueniev et le couple Louis et Pauline Viardot achètent le domaine des Frênes et sa villa qui surplombent la Seine. L’écrivain russe et le couple Viardot en font un lieu de foisonnement intellectuel qui célèbre les idées pacifistes et l’amitié franco-russe. Cette villa, désormais à l’état de ruines, est l’un des 18 monuments bénéficiant du Loto du patrimoine. Le domaine des Frênes sera ouvert et la villa sera visible de l’extérieur.

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