Le médical se refait une santé

Le médical se refait une santé

Le Gouvernement a décidé de faire évoluer les études médicales pour mieux former, mieux orienter et mieux insérer les futurs médecins. Les étudiants en soins infirmiers ne sont pas en reste.

La réforme qui touche les futurs médecins entre en vigueur à partir de la rentrée 2019-2020 : elle concerne donc les étudiants qui entreront en 4e année en 2019.

La compétition : un concours de début et de fin d’études
• Une admission principalement par la Paces.
– un deuxième cycle entièrement orienté vers la préparation des épreuves nationales classantes (ECN). Les doubles parcours, les années de césure et la mobilité internationale sont peu encouragées car elles sont perçues comme défavorables à la préparation des ECN.
– 8 400 étudiants en 6e année de médecine passent, chaque année, fin juin, les épreuves classantes nationales (ECN) pour accéder à l’une des 44 spécialités et effectuer leur internat dans l’une des subdivisions de France, organisées autour d’un CHU.
– Les ECN se déroulent sur trois jours et comprennent des dossiers cliniques avec des questions sous forme de QCM et des QCM dits « isolés » ainsi qu’une épreuve de lecture critique d’article, également sous forme de QCM. En fonction de leurs résultats aux ECN, tous les étudiants de France sont classés.
– La formation clinique, en stage ou par la simulation est très peu valorisée dans le cursus des étudiants. Leur aptitude pour tel ou tel type d’exercice de la médecine n’est pas pris en compte.
– Cette procédure est jugée rigide et inadaptée aux enjeux de la formation des médecins : l’objectif des étudiants et des formateurs n’est plus de former les étudiants à l’exercice de la médecine ou des fonctions d’interne, mais à obtenir de bons résultats aux l’ECN.

Des études médicales rénovées
• Des connaissances socles acquises par tous les étudiants : celles-ci resteront évaluées par un examen national, en fin de 5e année, utilisant les nouvelles technologies éducatives.
• Mieux former les étudiants et évaluer leurs compétences cliniques :
– consacrer la 6e année à des stages professionalisants, permettant à l’étudiant de confirmer son projet d’orientation.
– Renforcer l’encadrement et l’évaluation en stage.
– Évaluer, en fin de 6e année les compétences cliniques et relationnelles de tous les étudiants par une épreuve utilisant notamment la simulation.
• Permettre une diversification des parcours : la diversification des parcours des étudiants, leur engagement dans des activités comme le tutorat, la réalisation d’un double cursus recherche, la mobilité internationale seront encouragés.
• Repenser l’orientation des étudiants vers une spécialité :
– chaque année, en adéquation avec les besoins des territoires, des postes d’interne sont offerts dans les différentes spécialités et subdivision comme actuellement.
– Les étudiants dont les connaissances et compétences ont été validées pourront candidater pour différentes spécialités.
– Le classement des étudiants tiendra compte des connaissances et des compétences, ainsi que du parcours, et les éléments pourront être pondérés différemment pour les différentes spécialités.
• La concertation se poursuit :
– pour identifier les connaissances socles qui doivent être évaluées et maîtrisées et améliorer encore la pertinence des épreuves,
– pour standardiser des méthodes pertinentes d’évaluation des compétences, notamment en simulation,
– pour définir les critères qui permettront de tenir compte des parcours personnalisés.

Après la réforme
• Évaluation des compétences cliniques et relationnelles des étudiants, notamment en simulation, et prise en compte pour l’orientation vers les spécialités.
– Maintien d’une épreuve d’évaluation des connaissances recentrée sur des connaissances clés.
• Meilleur accompagnement de l’étudiant : aide à l’orientation et aménagement de la 6e année pour conforter le choix de l’étudiant.
• Mise en place de parcours diversifiés pouvant être valorisés dans le choix d’une spécialité.
Régulation par l’État du nombre de médecins formés dans chaque spécialité et chaque région

Les étudiants en soins infirmiers
Le nouveau dispositif d’admission en Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) entre en vigueur début 2019. Désormais, plus de concours mais des vœux formulés sur Parcoursup et une admission sur dossier.

2019 : un accès simplifié et des droits nouveaux pour les étudiants en soins infirmiers.
Les étudiants en soins infirmiers s’engagent pour trois années d’études sanctionnées par le diplôme d’État d’infirmier (diplôme reconnu grade licence). Le nouveau dispositif d’admission en Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) entre en vigueur début 2019.
• Le contexte actuel :
– à l’heure actuelle, les candidats passent un concours organisé par chaque IFSI ou par des groupements d’IFSI, avec des épreuves écrites d’admissibilité et un oral d’admission.
– La sélectivité des concours est très variable selon les IFSI, certaines places restant non pourvues, notamment dans des zones démographiquement en tension.
– Les recrutements en IFSI sont très diversifiés : néo-bacheliers, étudiants ayant suivi une préparation au concours après le bac, étudiants en réorientation, personnes en reconversion ou en promotion professionnelle, titulaires d’un diplôme et d’une expérience comme aide-soignant ou comme auxiliaire de puériculture.
– Les conventions entre IFSI et universités prévoient un accès inégal aux services universitaires (BU, sport, médecine préventive, carte d’étudiant, droit de vote…) : la normalisation de cette situation est demandée depuis plusieurs années par les étudiants.
• Nouvelles modalités pour l’entrée en IFSI :
– formulation des vœux sur la plateforme Parcoursup pour les néo-bacheliers, les étudiants en reconversion. Les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture conservent une voie d’accès spécifique au titre de la promotion professionnelle.
– Admission sur dossier : prise en compte de l’ensemble des compétences et valorisation des parcours, avec un objectif de diversité du recrutement. En 2019, le parcours des étudiants ayant suivi une préparation sera pris en compte et valorisé. L’examen des dossiers sera réalisé selon des procédures harmonisées au niveau national, par chaque regroupement d’IFSI.
– Mise en place de dispositifs d’accompagnement et de consolidation des acquis, notamment pour des réponses oui-si.
• Les avantages pour les étudiants :
– meilleur accompagnement des néo-bacheliers dans leur projet d’orientation.
– Dialogue renforcé IFSI/lycée sur l’orientation progressive des étudiants.
– Meilleure affectation dans toutes les places en IFSI.
– Attractivité renforcée de la filière.
– Limitation de l’utilisation des années de préparation au concours et des inscriptions d’attente dans les formations universitaires.
– Coût moins élevé (suppression des coûts d’inscription aux concours, et des frais de déplacement…).
• Des étudiants inscrits à l’université et accédant aux services de vie étudiante :
– délivrance, dès la rentrée 2018, d’une carte d’étudiant par l’université avec laquelle est conventionnée leur institut, ce qui permettra aux étudiants en IFSI de bénéficier des mêmes droits que les étudiants de l’université.
– Accès à l’ensemble des services aux étudiants via la Contribution vie étudiante et de campus (CVEC) qui devra être acquittée à partir de la rentrée 2018. Les étudiants en santé bénéficieront des services de vie étudiante et des droits dans les mêmes conditions que les étudiants d’autres filières.

Quelques chiffres
• 180 000 candidatures déposées (chaque candidat postule à de nombreux IFSI).
• 31 000 places à pourvoir, mais certaines restent vacantes du fait de la multiplicité des concours.
• 25 M€ coût de l’inscription aux concours, des déplacements pour s’y rendre et des préparations aux concours pour les étudiants et leurs familles.

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