La France protectrice des pollinisateurs

La France protectrice des pollinisateurs

L’utilisation de produits phytopharmaceutiques contenant des néonicotinoïdes est interdite en France à compter de ce samedi 1er septembre.

La France se positionne plus que jamais en pointe pour l’interdiction des produits phytopharmaceutiques dangereux pour les pollinisateurs.

Les 5 substances insecticides néonicotinoïdes concernés

Ayant des effets particulièrement nocifs sur l’environnement (notamment sur les pollinisateurs), ces substances sont désormais interdites d’utilisation en France. Cette interdiction a placé notre pays comme précurseur sur la protection des pollinisateurs. Sous l’impulsion de la France, l’Union européenne a récemment adopté des restrictions d’usage pour 3 de ces substances, interdisant leur utilisation dans la plupart des situations. Le Gouvernement souhaite aller encore plus loin dans la protection de la santé et de l’environnement et a inscrit, dans le projet de loi issu des États généraux de l’alimentation, l’interdiction prochaine de deux autres substances dont le mode d’action est identique à celui des substances de la famille des néonicotinoïdes. La mesure vient d’être notifiée à l’Union européenne. Ces interdictions sont essentielles pour lutter contre le déclin massif des colonies d’abeilles et des pollinisateurs sauvages, constaté cet hiver. Le Gouvernement rappelle qu’il a mis en place un plan ambitieux sur les pesticides avec une priorité donnée à l’élimination rapide des substances les plus préoccupantes, à la sortie du glyphosate et à la mise en œuvre de l’interdiction des néonicotinoïdes. Dans de nombreuses situations, les produits contenant des néonicotinoïdes peuvent être remplacés par des solutions alternatives, telles que les produits de biocontrôle. Le Gouvernement entend accompagner les agriculteurs dans cette transition.
Zoom technique : Les néonicotinoïdes sont une famille de substances employées dans des produits insecticides. Ces substances agissent sur le système nerveux central des insectes. En raison de leur toxicité sur les pollinisateurs, mise en évidence par de nombreuses études, ces substances sont une des causes du déclin des colonies d’abeilles.
Les substances suivantes seront interdites à compter du 1er septembre 2018 : imidaclopride, clothianidine, thiaméthoxame, thiaclopride et acétamipride. L’Union européenne vient d’interdire, pour une majeure partie des usages, les 3 premières substances mentionnées. Le projet de loi issu des États généraux de l’Alimentation propose d’étendre cette interdiction aux substances ayant un mode d’action identique à celui des néonicotinoïdes. Sont concernés, aujourd’hui, le sulfoxaflor et le flupyradifurone.

Focus
Et que prévoit-on…

• dans le Plan biodiversité?

Certaines pratiques agricoles intensives, notamment celles ayant recours à l’utilisation de pesticides, génèrent des impacts négatifs significatifs sur la biodiversité et la qualité de l’eau. Depuis plusieurs dizaines d’années, le monde agricole s’est saisi de l’enjeu biodiversité et a développé des pratiques vertueuses, des labels et des marques de qualité qui contribuent à maîtriser les impacts sur la biodiversité et à renforcer l’intégration des enjeux de biodiversité au cœur de la logique agricole.
Dans le cadre du plan biodiversité :
– le Gouvernement assurera la transparence sur les achats de produits phytopharmaceutiques à la résolution la plus fine (l’échelle communale, quand cela est possible) pour permettre à chacun de mesurer les efforts accomplis, dans le respect de l’anonymat ;
– le Gouvernement mettra fin aux principaux usages du glyphosate d’ici trois ans au plus tard et d’ici cinq ans pour l’ensemble des usages, sans laisser d’agriculteurs sans solution. Pour cela, le Gouvernement a mis en place une task force associant les acteurs afin d’animer et de suivre le plan d’action pour sortir de l’utilisation de produits contenant du glyphosate ;
– le Gouvernement mettra en œuvre l’interdiction des néonicotinoïdes (famille de pesticides particulièrement toxiques pour les insectes) à compter du 1er septembre 2018 et soutiendra l’interdiction de tous les insecticides contenant une ou des substances actives présentant des modes d’action identiques à ceux de la famille néonicotinoïdes et renforcera les conditions d’utilisation des pesticides dangereux pour les pollinisateurs ;
– le gouvernement développera de nouvelles solutions pour accompagner la transition des pratiques agricoles consécutives à la sortie des pesticides dans le cadre d’Écophyto et d’un programme de recherche spécifique, doté de 30 millions d’euros.

• Et  pour les apiculteurs?…

Stéphane Travert  avait annoncé, en juillet dernier, la mise en place d’un dispositif d’aide exceptionnel à hauteur de 3 M€ pour les apiculteurs impactés par les mortalités d’abeilles – L’enquête qualitative menée par la Direction générale de l’Alimentation (DGAL) auprès des Directions régionales de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) sur les mortalités apicoles de l’hiver 2017/2018, ayant mis en lumière une augmentation par rapport aux hivers précédents en Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Bourgogne-Franche Comté principalement, Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, décide de mettre en place un dispositif d’aide exceptionnel pour les apiculteurs impactés.
Ce dispositif, qui sera effectif d’ici fin septembre, prendra la forme d’une aide au renouvellement du cheptel apicole (aide à l’achat d’essaims). L’enveloppe consacrée à cette aide sera d’un montant de 3 M€. Le dispositif sera articulé avec les aides déjà mises en place par les collectivités territoriales et notamment les Conseils Régionaux. Afin de répondre au besoin de trésorerie des apiculteurs touchés, une avance sera versée rapidement dès la demande effectuée. Les apiculteurs auront ensuite jusqu’à la fin du printemps 2019 pour réaliser les achats d’essaims et transmettre les factures.
En complément de l’enquête qualitative, une enquête nationale quantitative  faite auprès de plus de 50 000 apiculteurs, enquête réalisée par la plateforme nationale d’épidémio surveillance en santé animale. Dont l’objectif est de recueillir les informations des apiculteurs quant au niveau des mortalités durant l’hiver 2017/2018 et leurs causes possibles. L’enquête est restée ouverte en ligne jusqu’au 15 août dernier.

 

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