Du blé à moudre

Du blé à moudre

Le séquençage du génome du blé offre de nouvelles perspectives pour l’amélioration variétale du blé et sa culture.

Le Consortium international de séquençage du génome du blé (IWGSC), dans lequel l’Inra occupe une position de leader, annonce la publication de la première séquence de référence du génome du blé dans la revue Science du 17 août 2018.
Des équipes françaises de l’Inra, du CEA, du CNRS et des universités de Clermont-Auvergne, d’Evry Val d’Essonne, de Paris-Sud et de Paris-Saclay, ont contribué à ce véritable exploit scientifique en raison de la taille et de la complexité de ce génome, cinq fois plus gros que le génome humain et 40 fois plus gros que celui du riz. Ce résultat permettra notamment l’identification de gènes d’intérêt agronomique, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’amélioration des variétés de blé et de sa culture, face aux défis planétaires à relever. C’est également une étape majeure au plan fondamental, pour comprendre le fonctionnement et l’évolution de ce génome complexe.
Avec 220 millions d’hectares, le blé tendre (Triticum aestivum L.) est la céréale la plus cultivée dans le monde. Nourriture de base pour 30 % de la population mondiale, le blé est également, avec le riz, la céréale la plus consommée en alimentation humaine, fournissant en moyenne 20 % des besoins alimentaires journaliers moyens. Pour répondre à la demande alimentaire changeante d’une population mondiale grandissante, et ce dans des conditions environnementales et sociales durables une augmentation annuelle des rendements, du blé de l’ordre de 1,7 % est nécessaire. Pour parvenir à cette augmentation, des progrès sans précédent depuis la Révolution verte des années 1960 doivent être réalisés conjointement au niveau de l’amélioration variétale et des pratiques agronomiques.
Fruit du travail de plus de 200 scientifiques issus de 73 instituts de recherche de 20 pays, la description et l’analyse de la séquence de référence annoncées par le Consortium international de séquençage du génome du blé (IWGSC) en janvier 2016 ont été publiées dans la revue Science le 17 août 2018. Cette ressource fournit de précieux outils pour répondre aux défis de l’agriculture, puisqu’elle permettra d’identifier plus rapidement les gènes contrôlant des caractères d’intérêt agronomique. En effet, l’analyse de cette séquence a conduit, entre autres, à la localisation précise de plus de 107 000 gènes, parmi lesquels des gènes potentiellement impliqués dans la qualité du grain, la résistance aux maladies ou la tolérance à la sécheresse. Elle a également permis de développer plus de quatre millions de marqueurs moléculaires dont certains sont déjà utilisés dans des programmes de sélection.
Au-delà de son intérêt pour l’amélioration variétale, cette séquence permet également de mieux comprendre ce génome qui compte parmi les plus grands et les plus complexes du règne végétal. Il est ainsi possible d’étudier l’organisation des gènes et la régulation de leur expression ou encore d’élucider les mécanismes évolutifs ayant façonné ce génome depuis sa formation, il y a environ 10 000 ans.
Si elle est l’aboutissement de 13 années de travail et une réalisation majeure pour la communauté scientifique, cette séquence n’est cependant qu’une première étape. Et les équipes scientifiques du consortium IWGSC se lancent d’ores et déjà dans de nouveaux défis, comme notamment l’étude fonctionnelle des éléments constitutifs de cette séquence ou la caractérisation de la diversité génétique du blé et de ses espèces apparentées pour identifier de nouveaux gènes et allèles d’intérêt agronomique.

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