Chez Clemenceau

Chez Clemenceau

Sur la terre de Vendée, à quarante-huit ans de distance, sont nés deux hommes Georges Clemenceau et Jean de Lattre, dont le rôle a été déterminant lors des deux guerres mondiales.

Mouilleron-en-Pareds est un village vendéen aux frontières de la plaine et du bocage. Catholiques et protestantes, Vendée blanche royaliste et Vendée bleue républicaine ont vécu et combattu ici. Clemenceau et de Lattre sont les fils de ces deux traditions.

Deux destins vendéens
• Georges Clemenceau : né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds et mort le 24 novembre 1929 à Paris. Homme d’État français, Georges Clemenceau a laissé un héritage considérable dans la vie politique française où il a œuvré pendant plus de cinquante ans de la Commune à la Première Guerre mondiale.
Entre 1870 et 1920 : maire de Montmartre, député, sénateur, ministre de l’Intérieur et Président du Conseil, puis ministre de la Guerre et Président du Conseil, il est l’artisan de la Victoire de 1918 ce qui lui valut son surnom de « Père La Victoire ». Il signa en 1919 le traité de Versailles, traité de paix entre l’Allemagne et les Alliés. Républicain de combat, il fut aussi médecin, journaliste, écrivain, défenseur de l’art contemporain et des artistes. Laïc convaincu, il joua un rôle central dans la réhabilitation du capitaine Dreyfus. En janvier 1898, il donna le titre fameux de « J’accuse » à l’article décisif rédigé par Émile Zola dans le journal l’Aurore.
• Jean de Lattre de Tassigny : né le 2 février 1889 à Mouilleron-en-Pareds et mort le 11 janvier 1952 à Neuilly-sur-Seine. Jean de Lattre de Tassigny a eu une brillante carrière militaire. Jeune capitaine en 1918, il sera promu général d’armée par le Général de Gaulle en 1943. Commandant de l’armée B, il débarque en Provence le 16 août 1944, prend Toulon et Marseille, franchit le Rhin et entre en Autriche jusqu’au Danube. Il représente la France à la capitulation de l’Allemagne à Berlin, le 8 mai 1945. Commandant en chef des Armées de terre de l’Europe occidentale en 1948, il est nommé Haut-Commissaire en Extrême-Orient en décembre 1950. Il a été élevé à la dignité de Maréchal de France, le 15 janvier 1952, à titre posthume.

Le musée national Clemenceau-De Lattre
Le musée national Clemenceau-De Lattre est composé de deux maisons natales, celle du maréchal de Lattre et celle de Georges Clemenceau. Situées au cœur de Mouilleron-en-Pareds, elles sont toutes deux « Musée de France » et labellisées
« Maison des Illustres ». Distantes de quelques mètres seulement, la rue du Temple est le trait d’union entre les deux propriétés.

La maison natale de Georges Clemenceau
L’histoire d’une famille, d’une maison : en 1839, Benjamin Clemenceau et Sophie Gautreau se marient au temple de Mouilleron-en-Pareds. Le couple s’installe rue de la Chapelle, chez le père de la jeune femme : François Gautreau, républicain et protestant, maire de Mouilleron de 1832 à 1834. En 1840 naît Emma, le premier enfant du couple. Un an plus tard, en 1841, Georges Clemenceau verra le jour dans la maison de son grand-père. Dès 1844, la famille déménage pour s’installer à Nantes. Enfant, Georges Clemenceau reviendra dans cette maison tous les étés, chez François Gautreau, son grand-père maternel. Ses souvenirs d’enfance lui ont inspiré de nombreuses nouvelles publiées dans Figures de Vendée. Après la mort du grand-père (1872), la maison fut vendue en 1893 et transformée partiellement en boulangerie. Profondément attaché à ses racines familiales et vendéennes, Georges Clemenceau s’y arrêtera jusqu’à la fin de sa vie à chacun de ses passages en Vendée.

De la maison natale au musée
• L’engagement des services de l’état : le musée national est né d’une forte volonté de l’État, qui a souhaité rendre ainsi hommage au grand républicain que fut Georges Clemenceau. Après l’achat de la maison natale en 2005, le Service des musées de France-ministère de la Culture a assuré intégralement le financement du projet. Le maître d’œuvre retenu en 2015 pour ce chantier est l’agence Titan de Nantes. La maîtrise d’ouvrage déléguée est assurée par la Direction régionale des Affaires culturelles des Pays de la Loire et a été déterminante par son efficacité.
• La création d’un blog pour suivre la naissance du musée : avant l’ouverture officielle, et afin que le public puisse assister aux coulisses du chantier, un blog a été créé. Accessible et alimenté régulièrement, il offre une porte d’entrée inédite au musée et en prépare agréablement la visite. Sur ce blog, figurent également les nombreux partenaires du projet et les autres chantiers autour de Georges Clemenceau en Vendée et ailleurs. www.maison-musee-clemenceau.fr
• 16 juin 2018, première ouverture au public : après un an et demi de travaux intensifs, la maison natale du Père la Victoire est prête à accueillir tous les publics. Elle vient compléter la visite de la maison natale du Maréchal de Lattre. Le musée Clemenceau-De Lattre est une étape incontournable de l’offre de tourisme historique et culturel de la Vendée, en synergie notamment avec les autres sites « clemencistes » du département, au premier rang desquels se trouve la maison où Clemenceau séjourna au soir de sa vie, à Saint-Vincent-sur-Jard. Ces différents sites s’inscrivent dans des logiques de parcours touristiques, au travers d’outils numériques ou d’une signalétique urbaine mise en place par le Conseil départemental de Vendée. Les nombreux aménagements qui y ont été réalisés concourent bien sûr aux commémorations de l’Année Clemenceau et à plus long terme, à la valorisation touristique du patrimoine.

Le projet architectural
• Le choix d’une équipe jeune pour un musée du XXIesiècle : suite à l’appel d’offres du ministère de la Culture, l’agence nantaise Titan Architectes est retenue en 2015 pour la rénovation et l’aménagement muséographique de la maison natale de Georges Clemenceau. Avec un projet ambitieux, original et résolument contemporain, cette jeune agence a convaincu – de façon unanime – le jury de sélection.
• Les points forts du projet : la maison natale de Georges Clemenceau, construite au XVIIIesiècle, présente une architecture simple et domestique, caractéristique des constructions de cœur de village, avec une façade plus riante sur le jardin. Elle présente une surface de 600 m2. Malgré sa transformation pendant plusieurs décennies en boulangerie, elle a conservé l’essentiel de ses volumes intérieurs, ainsi que quelques éléments de décor, cheminées, trumeaux, boiseries, huisseries du XVIIIe siècle, parquets à larges lames et tomettes. La vente de la maison par la famille maternelle de Clemenceau a entraîné la dispersion du mobilier et l’absence d’archives a interdit tout projet de reconstitution. La rénovation a eu pour but de mettre en valeur l’architecture de cette maison traditionnelle en respectant l’esprit du lieu et les traces encore présentes dans cette maison-musée à taille humaine, tout en proposant les meilleures solutions pour accueillir les publics et permettre l’accessibilité à tous.

Le musée
Sur deux niveaux, le musée propose au public une expérience de visite agréable et accessible. Les collections sont présentées dans des vitrines pédagogiques, complétées par des dispositifs multimédias de toute nature dont certains destinés à illustrer le lien entre l’histoire de Georges Clemenceau et notre société actuelle. Clemenceau est présenté dans son siècle et également dans la modernité de ses idées et de ses actions. La déambulation dans la maison permet de découvrir les multiples facettes de Clemenceau, en dépassant l’image traditionnelle du Père la Victoire, au long d’un parcours organisé autour de trois axes :

L’homme politique
Il a marqué cinquante ans de la vie politique française, de la Commune à la Première Guerre mondiale, homme de combat et homme d’action : ardent républicain, laïc convaincu, défenseur de Dreyfus, pourfendeur du colonialisme et de la peine de mort, inlassable journaliste, héraut de la justice sociale et pourtant briseur de grève. La presse contemporaine de Clemenceau est le fil rouge du parcours à travers la force des images : violence du dessin de presse, débuts de la photographie, et enfin apparition du cinéma. Le musée révèle la modernité de la pensée et de l’action de Clemenceau tout en interrogeant l’actualité des valeurs républicaines.

L’homme de passions
Ouvert au monde et aux autres civilisations, mais attaché à ses racines, écrivain et épistolier, défenseur de l’art contemporain de son temps, ami fidèle et amoureux des choses simples de la vie.
– Clemenceau et la Vendée, dans ses liens personnels, familiaux et littéraires.

Parcours historique et politique
• Clemenceau de l’enfance à la postérité : de 1841 à 1929, une grande fresque historique vous immerge dans sa vie et son action politique. Parmi les plus beaux objets exposés, vous apprécierez le buste en bronze du Père la Victoire réalisé par François Sicard en 1919. Cette représentation était la préférée de Georges Clemenceau.
• Les armes de Clemenceau : la parole, la plume et l’épée. Dans cette deuxième salle, on découvre notamment le film de Henri Diamant-Berger que l’on peut visionner et que l’on croyait perdu depuis 1941. Retrouvé en 2008 par le petit-fils du réalisateur, ce film-interview, tourné en Vendée, vous entraîne aux côtés de Georges Clemenceau en 1928.
• Le combat pour la République, 1870-1893 : cette salle revient sur la Commune, l’anticolonialisme, le boulangisme, ou encore les scandales de l’époque. Des vidéos animées présentent les grandes valeurs républicaines de façon ludique et pédagogique : Patriotisme, Laïcité, République, Libertés publiques, Progrès…
• L’Affaire Dreyfus : quel fut le rôle de Georges Clemenceau ? Pourquoi ce conflit a-t-il bouleversé la société française ?
• L’épreuve du pouvoir, 1906-1909 : séparation de l’Église et de l’État, troubles sociaux, création d’une police moderne, cette salle nous immerge au cœur de la IIIe République. On y trouve de nombreuses caricatures et dessins de presse.
• La guerre : de l’action du Père la Victoire à l’Armistice, du Traité de Versailles à la Paix ambiguë, retour sur la Première Guerre mondiale et ses conséquences. Cette salle intègre un écran multimédia avec des photographies sur le front.
• Le parcours vendéen : la Vendée de Clemenceau se raconte avec les photographies de Jules Robuchon, son contemporain, célèbre pour ses vues de l’ouest de la France. Un dispositif interactif nous fait voyager « Sur les pas de Clemenceau » à travers des énigmes et jeux de pistes.
• La chambre natale : un arbre généalogique et un album de famille multimédia vous font découvrir tout l’univers personnel de Clemenceau (famille, amis, résidences…) dans la chambre où Georges Clemenceau vit le jour le 28 septembre 1841.
• Au soir de la pensée : cette salle met en écho la fin de la vie de Georges Clemenceau à Saint-Vincent-sur-Jard et les réflexions philosophiques de son livre « Au soir de la pensée ».
• Clemenceau et les arts : loin des images habituelles, Georges Clemenceau n’a eu de cesse de cultiver l’amour des avant-gardes contemporaines et des arts asiatiques. Dans cette salle, découvrez le film sur ses victoires artistiques et son amitié avec le peintre Claude Monet réalisé par l’Historial de la Vendée.
• Son écriture : Clemenceau a publié plus de vingt livres dans sa vie. L’épistolier se dévoile avec la diffusion sonore d’extraits de correspondances. Cette salle met également un salon de lecture à votre disposition.
• Popularité et postérité : son souvenir inspire les hommes d’État encore aujourd’hui. Hommages, icônes, images populaires racontent comment Georges Clemenceau est devenu une figure emblématique.

Au musée du soir
La grange adjacente à la maison natale a été aménagée pour constituer un espace culturel destiné à présenter expositions, concerts, projections, conférences, lectures, etc. Indépendante du musée et modulable, la grange dénommée
« Le musée du soir » peut accueillir jusqu’à 99 spectateurs assis. Ce nouveau lieu servira de décor à une programmation artistique, variée et accessible à tous.

Le jardin, lieu d’accueil et de vie
L’aménagement du jardin témoigne de l’attachement profond de Georges Clemenceau à la nature. L’espace extérieur, d’une superficie de 1 255 m2, offre une déambulation où le paysage évolue progressivement tout au long du chemin.
• Le jardin conçu par la jeune équipe de paysagistes : de long en large, c’est une création inspirée par la vie de Georges Clemenceau. Les photos d’archive ont servi dans le processus créatif. L’ambiance domestique du jardin a été conservée en s’inspirant des usages que l’on pouvait y trouver (verger, potager, serre, volière…). Le visiteur, comme s’il faisait partie de la famille, rentre dans ce jardin par la porte du fond ; il le découvre en commençant par ses coulisses. C’est un jardin d’enfance comme un souvenir : on remonte le jardin, comme on remonterait le temps. L’attachement de Georges Clemenceau à la nature et au jardin, sa grande amitié avec Monet, sa passion pour l’Asie s’expriment par des clins d’œil dans le choix des plantes. Plusieurs d’entre elles ont été sélectionnées en raison de leur origine ou de leur évocation asiatique (érables du japon, cerisier fleur, chrysanthèmes…).

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