Après le bachotage

Après le bachotage

Retour sur l’organisation de la session 2018 du baccalauréat et les aides apportées aux candidats… avant la parution – aussi attendue que redoutée – des résultats.

Nouveauté pour cette session 2018, les banques des situations d’évaluation des compétences expérimentales de physique-chimie et de SVT, soit 80 situations pour chacune des deux disciplines ont été mises en ligne sur Eduscol. Pour chaque académie, 20 situations étaient retenues, trois semaines avant les épreuves qui se sont déroulées entre le 4 et le 8 juin. Cette mise en ligne a permis aux candidats comme aux professeurs de préparer au mieux ces épreuves pratiques, qui comptent pour 4/20 dans la note de chacune des deux disciplines (chacune des épreuves écrites étant sur 16 points).
Pour la première fois, les 2 617 candidats de la série STHR, filière rénovée depuis la rentrée 2015, ont passé la nouvelle épreuve de philosophie. Celle-ci a proposé au choix une dissertation, une composition (dissertation dont le cheminement est balisé par une série de questions, la succession de réponses à ces questions aboutissant à un argument dissertatif) ou une explication de texte (sous forme de questions permettant de rédiger un commentaire).
Pour la première fois également, les élèves des filières ES et L, ayant choisi cette option ont passé les épreuves du baccalauréat. Les candidats avaient travaillé sur un projet de création numérique réalisé tout au long de l’année. Seule la soutenance de ce projet est évaluée. Cet oral préfigure l’épreuve orale terminale du baccalauréat rénové en 2021.

Déploiement de la dématérialisation
Entreprise depuis 2015, la dématérialisation du « Livret scolaire du Lycée (LSL) », outil d’aide à la décision des jurys du baccalauréat, a été généralisée depuis la rentrée 2018 et concerne désormais toutes les séries générales et technologiques (sauf STHR et TMD) dans toutes les académies, soit environ 465 000 candidats scolarisés. Le « Livret scolaire du Lycée » permet une remontée automatique des données personnelles et des notes dans le livret, facilitant le remplissage par les équipes pédagogiques ; il est également plus accessible que le livret papier pour les élèves et les familles, par l’intermédiaire du téléservice. Son déploiement dans la voie professionnelle a été amorcé dans la perspective d’une généralisation pour la session 2021 du baccalauréat professionnel.
Dans les centres de baccalauréat à l’étranger, une procédure de dématérialisation des copies a été progressivement mise en œuvre depuis la session 2011 par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) en liaison avec les services académiques. Ce dispositif a été étendu à quelques épreuves de métropole, notamment pour des épreuves de langues à faibles effectifs afin de limiter les transports de copies, à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie.
Le service d’attestation numérique des diplômes (Sand) mettra progressivement à disposition les résultats de l’ensemble des examens du second degré, dont le baccalauréat. Il a un triple objectif :
• simplifier la relation à l’usager par la mise en place d’un service innovant de numérisation et certification des diplômes, qui prévoit la possibilité de les transmettre aux tiers intéressés (recruteurs, administrations, etc.) sous forme numérique, sécurisée et faisant foi, ainsi que d’en faire état sur les réseaux sociaux professionnels ;
• automatiser les demandes pour l’administration ;
• garantir l’authenticité des diplômes produits et lutter contre la fraude.

Les candidats en situation de handicap
Pour la session 2018, 29 661 candidats étaient concernés par des aménagements d’épreuves qui pouvaient être de plusieurs ordres, parmi lesquels :
• un temps d’épreuves majoré ;
• une répartition des épreuves sur la session normale et la session de remplacement ;
• pour les épreuves obligatoires de langue vivante à l’oral, une possibilité de dispense ;
• une assistance humaine ou l’utilisation d’outils informatiques adaptés ;
•pour les candidats malvoyants, une transcription des sujets en braille ou en gros caractères avec fort contraste ;
• des épreuves orales obligatoires par visioconférence ou web-conférence : certains candidats ont pu en effet passer à distance leurs épreuves orales obligatoires grâce à des visioconférences ou des web conférences. Ce dispositif s’adressait à des candidats au profil très spécifique : géographiquement éloignés des centres d’examen, handicapés, hospitalisés, incarcérés, et dans l’impossibilité de se déplacer jusqu’au centre d’examen. Ces candidats ont été avertis par le recteur de leur académie, qui est le garant du principe d’égalité entre tous les candidats à l’examen. Le recteur s’est assuré de la qualité, de la sécurité et de la confidentialité des échanges entre le candidat et l’examinateur. Un surveillant était présent auprès du candidat pour contrôler le bon déroulement de l’épreuve. Par ailleurs, des réunions de jurys pouvaient également se tenir en visioconférence ou en web-conférence.

Une dimension internationale
À l’étranger, les épreuves du baccalauréat général et technologique sont organisées dans 91 pays, pour un total de 19 872 candidats aux épreuves terminales et 20 127 candidats aux épreuves anticipées. Les épreuves se déroulent dans 153 centres d’examen ouverts dans les établissements de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et de la mission laïque française.
Les calendriers des sessions à l’étranger s’échelonnent d’avril à novembre, selon les pays :
• Pondichéry : du 4 au 9 mai 2018
• Liban : 21, 22, 23, 28, 29 mai et 1erjuin 2018
• Amérique du Nord : du 22 au 25 mai et du 29 au 31 mai 2018
• Pays étrangers du groupe 1 (Pays européens, pays d’Afrique et du Proche-Orient, Madagascar et Île Maurice) : du 5 au 12 juin 2018
• Asie : du 18 au 22 juin 2018
• Amérique du Sud : le 9 novembre 2018, et du 12 au 16 novembre 2018
Le baccalauréat, c’est aussi une large ouverture à l’international, notamment à travers l’option internationale du baccalauréat (3 985 candidats), les sections européennes ou de langues orientales (environ 40 000 candidats), l’Abibac, le Bachibac et l’Esabac (respectivement 1 620, 1 320 et 805 candidats), le baccalauréat franco-américain et le baccalauréat franco-allemand.

Les sujets d’épreuves
La conception et la diffusion des sujets sont soumises à un ensemble de règles strictes qui visent à garantir la confidentialité à chaque étape :
• répartition confidentielle entre les académies pour l’élaboration des sujets de l’année suivante ;
• signature d’une charte de déontologie pour tous les personnels impliqués ;
• composition confidentielle des commissions d’élaboration des sujets ;
• travail des commissions dans des conditions hautement sécurisées ;
• transmission des sujets de façon dématérialisée par les académies conceptrices, grâce à un réseau hautement sécurisé, propre à l’éducation nationale ;
• impression et mise sous pli des sujets dans des locaux académiques sécurisés ;
• double conditionnement des sujets ;
• diffusion des sujets au plus près possible du début des épreuves concernées ;
• stockage sécurisé dans les centres d’examen avec accès limité au chef d’établissement et son adjoint ;
• ouverture des enveloppes contenant les sujets uniquement avant l’épreuve concernée, en présence des candidats.
Lors de chaque session, environ 2 900 sujets d’épreuves de baccalauréat ont été élaborés. Pour chaque épreuve, un nombre de sujets a été retenu en fonction des destinations concernées (métropole, Dom-Com, regroupements de pays à l’étranger). À côté des sujets principaux, des sujets de secours ont été élaborés afin de répondre à tout type d’incident qui nécessiterait de changer de sujet au cours de la session du baccalauréat. Ils étaient conçus de la même façon que les autres. En philosophie par exemple, 92 sujets ont été élaborés pour les différentes filières.

 Les actions de prévention des fraudes
Tous les candidats étaient informés des consignes à respecter et des sanctions encourues en cas de fraude ou de tentative de fraude, grâce à une notice d’information affichée à la porte de chaque salle d’examen et lue par les surveillants au début de chaque épreuve. Constituent une fraude toute communication entre les candidats pendant les épreuves, toute utilisation d’informations, de documents ou de matériels non autorisés par le sujet ou la réglementation ; toute substitution de personne.
Le ministère de l’Éducation nationale met en place un dispositif de veille et d’alerte tout au long des épreuves écrites des baccalauréats général, technologique et professionnel qui se déroulaient en métropole, dans les départements et régions d’outre-mer, dans les collectivités d’outre-mer et à l’étranger.
Ce dispositif visait à permettre une gestion optimale des incidents qui auraient pu se produire, grâce à une circulation des informations la plus rapide possible entre les centres d’examen, les services académiques concernés et le ministère.
En cas de flagrant délit de fraude ou de tentative de fraude, le surveillant responsable de la salle a pris les mesures nécessaires pour y mettre fin. Le candidat pris en flagrant délit a poursuivi sa composition, sauf dans le cas précis de substitution de personne ou de trouble affectant le déroulement de l’épreuve.
Les sanctions encourues sont de deux ordres : administratives et/ou pénales. En vertu de l’indépendance des procédures pénales et disciplinaires, un même acte de fraude peut faire l’objet d’une condamnation à une peine par le tribunal correctionnel et d’une sanction disciplinaire prononcée par la commission académique de discipline. Néanmoins, les sanctions pénales concernent spécifiquement les cas de fraude les plus graves, tels que la divulgation de sujets et la substitution de personne.
Les sanctions encourues par les fraudeurs sont les suivantes (article D. 334-32 du Code de l’éducation) : blâme ; privation de toute mention portée sur le diplôme délivré au candidat admis ; interdiction de subir tout examen conduisant à l’obtention du baccalauréat pour une durée maximum de cinq ans ou d’un titre ou diplôme délivré par un établissement public dispensant des formations post-baccalauréat pour une durée maximum de cinq ans. Cette sanction peut être prononcée avec sursis si l’interdiction n’excède pas deux ans ; interdiction de prendre toute inscription dans un établissement public dispensant des formations post-baccalauréat pour une durée maximum de cinq ans.
Le délit de fraude aux examens et concours est également réprimé par le juge pénal (article L. 331-3 du Code de l’éducation) sur la base de la loi du 23 décembre 1901 réprimant les fraudes dans les examens et concours publics. Dans le cas d’une divulgation de sujets d’épreuves ou de substitution de personne, l’article 2 prévoit une condamnation à « un emprisonnement de trois ans et à une amende de 9 000 euros ou à l’une de ces peines seulement ». L’article 3 prévoit que les mêmes peines sont prononcées contre les complices du délit.

L’après-baccalauréat
Pour améliorer les conditions d’accès à l’enseignement supérieur et réduire le taux d’échec trop important en 1re année de licence, un Plan étudiants, porté par la loi Orientation et réussite des étudiants du 8 mars 2018, a été mis en place pour la rentrée 2018.
Il apporte notamment aux futurs étudiants :
– un accompagnement renforcé pour aider les élèves à bien s’orienter et à concevoir leur projet de réussite ;
– une plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur, Parcoursup, transparente et juste qui supprime le tirage au sort ;
– la mise en place de parcours personnalisés à l’université à la rentrée 2018 pour mieux accompagner les étudiants vers la réussite.
Pour accueillir tous les bacheliers dont le nombre augmente chaque année, le Gouvernement a dégagé 13 millions d’euros dès 2018 pour financer la création de 19 000 places dans les filières les plus demandées.

Les candidats et les vœux pour la session 2018
Les 810 957 candidats ont confirmé au moins un vœu sur Parcoursup (hors apprentissage), contre 808 566 en 2017, soit une hausse de 0,3 %. Parmi les candidats qui ont confirmé au moins un vœu, on compte en 2018 629 769 lycéens de terminale (soit 78 %), 98 490 candidats en réorientation (soit 12 %) et 82 698 candidats suivant une scolarité à l’étranger ou non scolarisés cette année (soit 10 %).
Parmi les lycéens de terminale ayant confirmé au moins un vœu ; les bacheliers généraux : 387 182 candidats soit 62 % ; les bacheliers en filière technologique : 139 710 candidats soit 22 % ; les bacheliers en filière professionnelle : 102 877 candidats soit 16 %.
À l’issue de la phase d’inscription, ces 810 957 candidats ont confirmé près de 6,3 millions de vœux (hors apprentissage) dans une ou plusieurs des 13 000 formations disponibles sur Parcoursup. Les candidats ont formulé et confirmé en moyenne 7,7 vœux (contre 9,4 l’année dernière).
Les filières sélectives de l’enseignement supérieur continuent d’attirer de nombreux candidats avec 4,3 millions des 6,3 millions de vœux (soit 68 %) pour les STS, les CPGE, les IUT ou les écoles.
Depuis le 22 mai et jusqu’au 5 septembre, se déroule la phase principale d’admission dans l’enseignement supérieur sur Parcoursup. Les candidats reçoivent désormais une réponse à chacun de leurs vœux, ce qui leur permet de choisir sereinement la formation qu’ils souhaitent poursuivre.
Parcoursup fonctionne en continu. Chaque matin, les dossiers des candidats sont actualisés. Chaque fois qu’un candidat fait un choix entre plusieurs propositions, il libère une place pour un autre candidat qui souhaite également suivre cette formation. Les délais de réponse aux propositions d’admission se réduisent au fur et à mesure que la rentrée universitaire approche, pour que chacun trouve sa place rapidement.
Lorsqu’une proposition d’admission est faite par un établissement, les candidats reçoivent une alerte via leur messagerie personnelle et l’application Parcoursup.
Les différentes réponses des formations que les candidats peuvent recevoir :
• Oui : proposition d’admission.
• Oui, si : proposition d’admission si le candidat accepte un parcours personnalisé pour augmenter ses chances de réussite (formation non sélective).
• En attente d’une place (position dans la liste d’attente affichée et actualisée régulièrement en fonction des places qui se libèrent).
• Non (uniquement en formation sélective).
Une phase complémentaire accessible à tous les candidats dès le 26 juin débute après les épreuves du baccalauréat et permet aux candidats qui le souhaitent de formuler dix nouveaux vœux dans des formations qui disposent de places disponibles sur Parcoursup. Cette phase dure jusqu’au 21 septembre.
Enfin, en 2018, si un candidat n’a pas pu se présenter à une ou plusieurs épreuves du baccalauréat en cas de force majeure, il ne repasse que celle/celles-ci en septembre et conserve le bénéfice de son classement Parcoursup jusqu’aux délibérations et résultats en septembre.

Leave a Reply

Your email address will not be published.