Priorité à la santé

Priorité à la santé

La mobilisation gouvernementale est au cœur de l’élaboration de la Stratégie nationale de santé 2018-2022. Celle-ci a fait l’objet d’une consultation publique dont le premier axe a mis en avant le besoin d’investir prioritairement dans la promotion de la santé et dans la prévention.

Obtenir un environnement favorable à la santé

La priorité donnée à la prévention se concrétise dans un ensemble d’actions qui prend en considération l’individu et son environnement dans son parcours de vie, pour « rester en bonne santé tout au long de sa vie » :

  • une grossesse en pleine santé et les 1 000 premiers jours ;
  • la santé des enfants et des jeunes ;
  • la santé des adultes de 25 à 65 ans : vivre en bonne santé ;
  • bien vieillir et prévenir la perte d’autonomie.

 Les 25 mesures phares

Pour chaque période de vie, le plan détaille 25 grandes préoccupations et autant de mesures permettant d’obtenir un environnement favorable à la santé. Au total les actions de prévention représentent un investissement de 400 millions d’euros pour 5 ans.

 Le temps périnatal et la petite enfance

1 – Vitamine B9 pour les femmes enceintes et en désir de maternité

  • Mesure :

– supplémenter systématiquement les femmes qui souhaitent avoir un enfant, au moins 4 semaines avant la conception et au moins durant les deux premiers mois de grossesse ;

– mener des campagnes de sensibilisation des femmes et des professionnels de santé concernés.

  • Contexte : les anomalies de fermeture du tube neural, à l’origine de malformations de la moelle épinière : on estime qu’elles représentent 1 naissance pour 1 000 (naissances vivantes, mort-nés et interruptions médicales de grossesse). La vitamine B9 (ou acide folique ou folates) joue un rôle important dans le bon développement du système nerveux de l’embryon et intervient notamment dans la fermeture du tube neural.

2 – Consommations à risque et addictions pendant la grossesse

  • Mesure :

– améliorer la visibilité du message sanitaire « zéro alcool pendant la grossesse » sur les contenants d’alcool en augmentant notamment significativement la taille du pictogramme « interdit aux femmes enceintes » en concertation avec l’ensemble des acteurs pour une mise en œuvre en 2019 ;

– mettre à disposition des femmes enceintes des autoquestionnaires

« consommation (alcool, tabac, cannabis), facteurs de vulnérabilités » afin de mieux les informer et de faciliter la communication avec les professionnels de santé, notamment lors de l’entretien prénatal précoce (4e mois de grossesse en général) ;

– diffuser des messages clefs sur les comportements favorables à la santé et des informations sur les pratiques à risque (tabac, alcool, cannabis) dans les 16 temps organisés pour le suivi de la femme enceinte, dont l’entretien prénatal précoce, via les professionnels de santé (en ville, en établissements de santé et dans les réseaux de périnatalité).

  • Contexte : les pratiques addictives pendant la grossesse, et notamment la consommation de tabac et d’alcool, sont à l’origine de lourdes complications telles que les accouchements prématurés, la mort subite du nourrisson ou des anomalies chez l’enfant. On estime 700 à 1 000 enfants sur l’ensemble des naissances annuelles, qui seraient concernés par le syndrome d’alcoolisation fœtale.

3 – Produits chimiques de consommation courante

  • Mesure : créer d’ici fin 2018, un site internet d’information du public sur les produits chimiques contenus dans les produits de consommation courante porté par Santé publique France avec l’appui de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Et soutenu par une campagne de communication menée auprès du public.
  • Objectifs :

– informer la population sur les produits chimiques de consommation courante et sur les moyens de s’en protéger afin d’en limiter les effets potentiels sur la santé ;

– tendre vers une sobriété d’exposition, en particulier pour les personnes les plus sensibles, notamment les femmes enceintes et en âge de procréer, les parents, les enfants ainsi que les personnes qui n’ont pas les ressources suffisantes (connaissances, ressources financières) pour s’en prémunir.

La santé des enfants et des jeunes

4 – Santé des 0-6 ans

  • Mesure : après avoir étendu l’obligation vaccinale des jeunes enfants (3-18 mois), il s’agit, avec l’ensemble des parties prenantes, de mieux construire et coordonner le parcours de santé des enfants avant l’âge de six ans :

– actualiser et moderniser les outils de suivi : une nouvelle version du carnet de santé et des certificats de santé de l’enfant sera diffusée en 2018 et les certificats de santé de l’enfant dématérialisés d’ici 2020 ;

– expérimenter sur 3 territoires un parcours de coordination renforcée « santé-accueil-éducation » de l’enfant entre 0 et 6 ans, de la première socialisation à l’entrée au CP, afin de déployer progressivement des coordinations adaptées des acteurs de chaque territoire permettant, entre autres, d’améliorer le taux de participation à la visite médicale avant six ans.

  • Contexte : les inégalités de santé sont déjà installées avant l’âge de 6 ans, voire dès 3 ans. À titre d’exemple, 21 % des enfants d’ouvriers sont en surpoids ou obèses contre 8,5 % des enfants de cadres.

5 – L’obésité chez les enfants

  • Mesure : une expérimentation de prévention de l’obésité chez les enfants de 3 à 8 ans lancée récemment dans 4 départements (Nord, Pas de Calais, Seine-Saint-Denis et la Réunion) permet au médecin traitant de l’enfant de prescrire, dans le cadre d’un forfait, des consultations diététiques, des bilans d’activité physique ou des consultations psychologiques, en fonction des besoins et de la situation de l’enfant et de sa famille. Il s’agit donc de s’appuyer sur cette expérimentation pour y intégrer des séances d’activité physique, selon les besoins, pour que la prise en charge multidisciplinaire proposée permette d’agir précocement sur le contrôle du poids et de l’obésité chez l’enfant.

En parallèle de cette expérimentation, il s’agira de mener des travaux visant à intégrer la prescription et la dispensation de l’activité physique adaptée dans la rémunération des parcours des patients atteints de maladies chroniques ou ayant des facteurs de risques. En effet depuis 2011, la Haute autorité de santé reconnaît l’activité physique comme une thérapeutique non médicamenteuse efficace pour ses bienfaits en prévention. De même, que l’on étudiera la possibilité de mettre en place des conférences de financeurs en régions pour aider au déploiement de l’activité physique adaptée.

  • Contexte : en 2014, la moitié des adultes était en surpoids ou obèse (un adulte sur six était obèse). Concernant les jeunes, le taux de surpoids chez les 5-6 ans était en 2013 de 11,9 % (dont 3,5 % d’obésité) ; pour les 10-11 ans, il était à 18,1 % (dont 3,6 % d’obésité). L’obésité infantile est un facteur prédictif de l’obésité à l’âge adulte : la probabilité qu’un enfant obèse le reste à l’âge adulte varie selon les études de 20 à 50 % avant la puberté à 50 à 70 % après la puberté.

6 – L’offre médicale dans les territoires ultra-marins

  • Mesure : créer une centaine de postes d’assistants spécialistes « outre-mer » en améliorant l’attractivité de ce statut : contrats de court terme de 6 mois à 2 ans, aide à la mobilité et au logement, accompagnement lors du retour dans l’Hexagone.

Le dispositif d’« assistant-spécialiste partagé » permet à un jeune médecin en fin d’internat de réaliser un post-internat en partageant son temps entre un CHU et un autre établissement, et prochainement, en ville.

  • Contexte : à l’instar d’autres territoires français, les territoires d’outre-mer présentent un déficit de temps médical sur certaines spécialités : réanimation, anesthésie, obstétrique, néonatologie…

7 – L’école promotrice de santé

  • Mesure : plusieurs mesures doivent être combinées pour une action complète, efficace et coordonnée :

– généraliser dans tous les établissements les programmes de développement de la promotion de la santé du type : « Aller bien pour mieux apprendre (ABMA) », incluant le développement des compétences psychosociales, en associant l’ensemble de la communauté éducative et les parents ;

– généraliser dans l’ensemble des écoles et établissements secondaires les

« ambassadeurs élèves » de prévention dont le rôle est de partager des messages de prévention auprès des autres élèves. L’ambassadeur aura à sa disposition une mallette pédagogique regroupant différentes interventions de prévention (notamment tabac, alcool, nutrition, activité physique, environnement) ;

– mettre à disposition des familles des ressources leur permettant d’assurer à leurs enfants une meilleure prévention en matière de santé : ces outils seront intégrés dans la « mallette des parents », entièrement revue pour la rentrée scolaire 2018 ;

– favoriser les partenariats entre chaque collège et lycée et une consultation jeunes consommateurs (CJC) référente située à proximité afin de systématiser les échanges et les liens entre l’équipe de la CJC et l’équipe éducative.

8 – Les risques auditifs chez les jeunes

  • Mesure : les actions comprennent :

– le repérage des troubles auditifs et la délivrance de conseils de prévention lors de l’examen de santé réalisé entre 15 et 16 ans grâce au redéploiement des 20 examens de santé de l’enfant pris en charge à 100 % par l’assurance maladie. En effet, tous prévus aujourd’hui entre 0 et 6 ans, ils seront répartis entre 0 et 18 ans afin de prendre en compte les problématiques spécifiques de l’enfant puis de l’adolescent ;

– la prévention en direction des jeunes dans le cadre du service sanitaire ;

– une campagne nationale de sensibilisation sur les risques liés à l’écoute de musique amplifiée et une sensibilisation à l’usage des bouchons d’oreille

9 – Le « Pass préservatif » pour les moins de 25 ans.

  • Mesure : expérimenter dans quelques régions à forte incidence d’IST (dont une région d’outre-mer) un programme de prévention en santé sexuelle à destination des jeunes de moins de 25 ans. Ce programme, reposant sur l’information et la sensibilisation de jeunes sur la santé sexuelle, inclura la mise en place d’une carte donnant un accès gratuit à des préservatifs, en s’inspirant des programmes évalués et validés de la Grande-Bretagne. Il mobilisera les professionnels de santé et ceux en contact avec les jeunes dans une logique de parcours. Il est prévu de définir dans un premier temps un cahier des charges Co construit avec les acteurs dès 2018 pour mener l’expérimentation du programme en 2019. Par ailleurs, ce programme se fera le relais auprès des jeunes des campagnes de dépistage (VIH – hépatites virales – autres IST) qui seront déployées chaque année en région.
  • Contexte : les indicateurs de santé sexuelle parmi les jeunes en France sont préoccupants : ces derniers sont particulièrement exposés aux infections sexuellement transmissibles (IST). Un quart des découvertes de séropositivité, deux tiers des cas de gonococcies, plus de deux tiers des cas de Chlamydioses concernent les jeunes. Les cas de syphilis sont aussi en augmentation. Or, le préservatif reste la méthode de base pour se protéger et protéger les autres du VIH et des IST et pour prévenir les grossesses non prévues.

10 – Consultations de jeunes consommateurs

  • Mesure : il s’agit de renforcer l’intervention des consultations jeunes consommateurs sur le territoire, pour des actions de prévention collective « hors les murs » et pour accueillir les jeunes de 11 à 25 ans et leur famille, de manière anonyme et gratuite, lorsqu’ils sont en difficulté avec une consommation de substances (tabac, alcool, cannabis…) ou une pratique (écrans, jeux…). Il s’agit aussi de développer des partenariats de proximité entre les établissements scolaires et les consultations jeunes consommateurs pour y orienter les jeunes en difficultés. Ce renforcement des interventions des consultations jeunes consommateurs sera soutenu financièrement par les recettes de l’amende forfaitaire pour usage simple de stupéfiant.
  • Contexte : les niveaux de consommation des produits psychoactifs sont préoccupants en France et globalement supérieurs à la moyenne des autres pays européens, en particulier chez les jeunes. La moitié des jeunes de 17 ans interrogés ont connu une alcoolisation ponctuelle massive au cours du mois précédent, près de 4 adolescents sur 10 ont déjà fumé du cannabis. Or il s’agit d’une période de la vie où l’installation de consommations problématiques peut avoir des conséquences très lourdes, comme des troubles du développement, de l’apprentissage ou de la socialisation.

11 – Accompagnement spécialisé systématique.

  • Mesures :

– proposer systématiquement aux jeunes une démarche préventive et une orientation après leur passage aux urgences. Le fait de sensibiliser les jeunes (remise d’une plaquette et intervention brève) a un effet sur leur consommation d’alcool post-passage aux urgences ;

– renforcer les équipes de liaison spécialisées en addictologie (ELSA) des établissements de santé, pour qu’elles aient les moyens d’intervenir spécifiquement. Les consultations jeunes consommateurs et les maisons des adolescents y seront associées.

  • Contexte : de nombreux jeunes sont admis aux services d’accueil des urgences pour une intoxication éthylique aiguë. Le projet AURIA (Admission aux Urgences de Rennes des Adolescents en ivresse aiguë), basé sur le programme allemand HALT (Hart am Limit) et mené au CHU de Rennes entre 2010 et 2012 a donné des résultats probants en matière de réduction de consommation.

12 – Former la population aux gestes de premiers secours

  • Mesure : former 80 % de la population aux gestes de premiers secours. Un travail interministériel piloté par le ministère de l’Intérieur en concertation avec tous les acteurs sera mené d’ici fin 2018 afin d’en établir les modalités d’application. Une attention particulière sera apportée aux formations pour les jeunes générations, en fonction de leur âge :

– premier degré (dispositif « apprendre à porter secours) ;

– second degré (classe de sixième : « gestes qui sauvent » et classe de troisième : PCS 1) ;

– enseignement supérieur : « rattrapage » des étudiants non formés au PCS 1 et mise à jour des connaissances de ceux déjà formés.

Cette mesure sera accompagnée d’un accès facilité aux défibrillateurs automatisés externes sur l’ensemble du territoire par une géolocalisation accrue.

  • Contexte : la France, société de solidarité et confrontée à des menaces toujours plus présentes doit porter un programme ambitieux de formation aux gestes de premiers secours. Actuellement l’on estime que seulement 20 % de la population française a suivi une formation aux gestes de premiers secours et que 50 % des élèves en classe de troisième ont bénéficié de la formation « prévention et secours civique de niveau 1 » (PSC1).

13 – Former les étudiants aux premiers secours en santé mentale

  • Mesure : introduire en France une formation aux premiers secours en santé mentale. Il s’agit d’apprendre à savoir réagir face à une détresse psychique : entrer en contact, soutenir et orienter. Déjà mise en œuvre dans 20 pays, les premiers secours en santé mentale sont inspirés du programme « mental health first aid ». Il s’agit de former la population pour mieux connaître et repérer les troubles psychiques et connaître la conduite à tenir en cas de problème ou de crise. Un projet pilote de formation sera conduit auprès d’une population étudiante, dans une logique d’aide par les pairs. Elle sera articulée avec les travaux de la conférence nationale de prévention étudiante.
  • Contexte : au-delà des premiers secours « somatiques », c’est aussi la détresse psychique qui appelle des interventions précoces, car les prises en charge tardives sont synonymes de troubles plus sévères et chroniques.

 La santé des adultes de 25 à 65 ans

14 – Traitements d’aide à l’arrêt du tabac

  • Mesure : il est question aujourd’hui de franchir une nouvelle phase dans le soutien au sevrage tabagique : passer du forfait d’aide au sevrage de 150 € par an et par assuré à un remboursement classique. Cela permet à la fois de lever les freins liés à l’avance de frais systématique et d’avoir le même tarif pour un produit sur tout le territoire, tout en permettant une durée de traitement adaptée à la dépendance.

Ce mouvement est progressif, car il implique une démarche des laboratoires. Cependant un premier produit sera inscrit dès à présent au remboursement par le Gouvernement. Noter que la prise en charge classique s’inscrira dans le cadre du prochain Plan de national de réduction du tabagisme qui sera annoncé prochainement par le Gouvernement.

  • Contexte : en France, plus de 13 millions de personnes fument, mais plus de la moitié souhaitent arrêter de fumer. Si le Plan national de réduction du tabac (PNRT), l’accès au forfait à 150 euros par an pour tous les assurés ainsi que l’opération #MoisSansTabac ont eu un impact important en 2016 et 2017, il reste encore trop limité au regard des 13 millions de fumeurs. L’un des freins majeurs actuels du recours aux traitements de sevrage est la nécessité de faire systématiquement l’avance de frais dans le cadre du forfait.

15 – Prévention et dépistage du virus de l’hépatite C

  • Mesure : l’élimination de l’hépatite C à l’horizon 2025 repose sur 3 actions principales :

– renforcer l’accessibilité aux traitements de l’hépatite C par l’ouverture à de nouveaux prescripteurs en favorisant les réseaux ville-hôpital ;

– renforcer le dépistage de proximité par test rapide d’orientation diagnostique (TROD) dans une approche combinée du VIH, VHC, VHB ;

– renforcer la prévention par des actions innovantes « d’aller-vers » pour toucher les publics prioritaires et éloignés du système de santé.

  • Contexte : l’OMS a défini un cadre mondial d’élimination des hépatites B et C au cours de l’assemblée mondiale de la santé 2014, dans lequel la France s’est engagée (définition internationale de l’élimination : 90 % de réduction d’incidence, 65 % de réduction de mortalité). Depuis 2014, la possibilité de guérir de l’hépatite C est une réalité grâce aux antiviraux à action directe (AAD). Des actions sont indispensables pour consolider les acquis et accélérer la prise en charge de l’hépatite C.

16 – Dépistage du cancer du col de l’utérus

  • Mesure : introduire un troisième programme national de dépistage organisé, celui du cancer du col de l’utérus en France. Concrètement, toutes les femmes n’ayant pas réalisé de frottis dans les 3 dernières années seront invitées à le faire, avec une prise en charge à 100 % du frottis. Par ailleurs, les recommandations de cet intervalle de réalisation seront rappelées afin de réduire la fréquence des dépistages chez les femmes qui en font trop régulièrement.
  • Contexte : les cancers du col de l’utérus sont responsables de plus de 1 000 décès et de 3 000 nouveaux cas par an. Or, un repérage précoce des lésions précancéreuses permet d’éviter à 100 % le développement d’un cancer. Pourtant, même si la réalisation d’un frottis du col de l’utérus est recommandée, plus d’une femme sur trois ne le réalise pas.
  • Objectifs : élargir la couverture du dépistage du cancer du col de l’utérus pour atteindre les 40 % de femmes ne réalisant pas de frottis tous les trois ans et parvenir à une couverture générale de 80 %.

17 – La vaccination

  • Mesure : l’objectif du Gouvernement est d’élargir les compétences vaccinales des professionnels de santé, en concertation avec tous les acteurs, et notamment de généraliser dès 2019 la vaccination antigrippale par les pharmaciens d’officine dont les premiers résultats sont positifs.
  • Contexte : la vaccination est une des interventions les plus coût-efficace pour prévenir les maladies infectieuses. Pourtant, malgré les progrès indéniables accomplis grâce à la vaccination, une part de nos concitoyens reste défiante vis-à-vis de cette prévention. Le manque d’information, la complexité de l’organisation de l’offre vaccinale et les problèmes d’accessibilité de certains vaccins ont contribué à cette situation.

18 – le Nutri-Score

  • Mesures : étendre le Nutri-Score à la restauration collective et commerciale nécessite, au préalable, de l’adapter aux caractéristiques d’une telle restauration. Sa mise en place progressive se fera à partir de janvier 2020 et sur la base du volontariat. De plus elle a vocation à être mise en œuvre dans tous les lieux de restauration fréquentés par les enfants afin que cette représentation graphique simple et intuitive contribue à l’éducation nutritionnelle des enfants à l’école et à celle de la famille. En outre, grâce au projet de loi résultant des États généraux de l’alimentation en cours d’examen, les repas servis dans les services de restauration collective des personnes publiques, notamment scolaires, devront comprendre, à l’horizon 2022, 50 % des produits bénéficiant de signes de qualité ou de mentions valorisantes, dont au moins 20 % issus de l’agriculture biologique.

Toutefois étendre le Nutri-Score aux produits alimentaires manufacturés non préemballés nécessite de l’adapter à ce contexte particulier, avant sa mise en place progressive au 1er janvier 2020.

  • Contexte : le Nutri-Score recommandé depuis octobre 2017 sur les denrées alimentaires est un logo qui informe sur la qualité nutritionnelle simplifiée (indication des teneurs en matières grasses, acides gras saturés, sel, sucre, protéines) fixée par la réglementation européenne. Son application, facultative, repose sur le volontariat des entreprises de l’agroalimentaire et des distributeurs.

Avec plus de 3,1 milliards de prestations servies chaque année, la restauration collective représente près de la moitié de la restauration hors domicile. Elle doit répondre aux besoins physiologiques et nutritionnels des convives, et donc leur fournir des aliments surs, sains, en quantité suffisante et à leur goût, dans un budget maîtrisé et un temps contraint. Elle doit s’adapter à une grande diversité de situations et de besoins, de la crèche à l’entreprise, en passant par l’école ou l’université.

  • Objectifs :

– mieux informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des repas servis en restauration collective et commerciale afin notamment de réduire les apports en sel, sucre, et augmenter les apports en fibres ;

– mieux informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des denrées alimentaires manufacturées vendues en vrac et non préemballées (céréales, gâteaux, bonbons, pain, etc.) ne disposant pas d’étiquetage nutritionnel.

19 – Consommation du sel

  • Mesure : en cohérence avec les États généraux de l’alimentation, inciter les industriels, par des mécanismes d’auto-régulation, à réduire la teneur en sel des aliments (de 10 % par exemple) et à améliorer en complément le contenu en autres nutriments d’intérêt pour la santé.
  • Contexte : une consommation excessive de sel est un des facteurs majeurs de risque de développement d’hypertension artérielle. L’OMS a fixé un objectif de consommation maximum de sel de 5 g/jour. En France, la consommation moyenne est de 8 g/j. On n’observe plus de réduction de cette consommation depuis 2006.

85 % du sel consommé provient du sel contenu dans les aliments et 25 % proviennent du seul pain. L’OMS estime que la baisse de la consommation de sel (de 10 à 5 g/j) permettrait de réduire le taux global d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) de

23 % et les taux de maladies cardiovasculaires de 17 %.

  • Objectifs : réduire d’ici 5 ans la consommation de sel dans la population française de 20 %.

20 – Les perturbateurs endocriniens

  • Mesure : susciter des engagements volontaires des industriels et des distributeurs pour substituer, dans les produits de consommation courante, les substances pouvant présenter des propriétés de perturbation endocrinienne, informer les consommateurs par la diffusion de messages de prévention ou par un étiquetage par exemple.
  • Contexte : un certain nombre d’affections de la santé humaine sont aujourd’hui suspectées d’être la conséquence d’une exposition aux perturbateurs endocriniens : malformations congénitales, diminution de la fertilité, puberté précoce, cancers hormono-dépendants, troubles du développement neuronal. Ces substances se retrouvent dans une large gamme de produits de consommation courante, mais également dans l’environnement.

21 – Les fédérations sportives au service de la santé

  • Mesure : mobiliser et accompagner les fédérations sportives, lors des manifestations organisées à tout niveau et plus particulièrement dans le cadre des grands événements sportifs internationaux (Coupe du monde de rugby [2023], Jeux olympiques et paralympiques [2024], Tournoi des 6 nations, Roland Garros…) autour de la promotion des comportements favorables à la santé et au bien-être et principalement des quatre grands facteurs de risque de maladies non transmissibles (tabac, alcool, sédentarité, obésité). Il s’agira d’une part de mobiliser les fédérations dans le cadre des campagnes nationales de santé publique, d’autre part de profiter des événements sportifs pour transmettre des messages positifs sur les comportements favorables à la santé.
  • Objectifs : L’image véhiculée à l’occasion des grands événements sportifs à venir aura un impact fort, en particulier vis-à-vis des jeunes.

 La santé des personnes en situation de Handicap

22 – Besoins de santé des personnes en situation de handicap

  • Mesures :

– réaliser, au moins une fois par an, un bilan de santé afin de repérer les besoins de soins courants dont ceux en santé bucco-dentaire, de dépister les facteurs de risques et de réaliser des actions de prévention et promotion de la santé (alimentation, sédentarité, vaccinations, dépistages organisés, santé sexuelle…) ;

– mieux prendre en compte la complexité de la prise en charge médicale des patients en situation de handicap dans les tarifs des professionnels et établissements de santé ;

– informer les patients sur l’accessibilité du cabinet du professionnel de santé en enrichissant de cette donnée l’outil Ameli.fr ;

– augmenter le nombre de lieux de soins adaptés à la prise en charge des personnes en situation de handicap, notamment les consultations dédiées ;

– développer une téléconsultation de repérage et dépistage (pré-diagnostic) auprès de personnes en situation de handicap ou dépendantes en établissements.

  • Contexte : les personnes en situation de handicap font l’expérience de nombreux obstacles pour accéder aux soins, liés à la fois aux facteurs propres à la personne (mobilité et capacités de communication réduites, crainte des soins, raisons financières) et aux facteurs environnementaux (accessibilité des locaux et des équipements, manque de formation au handicap des professionnels de santé).

En conséquence, le recours à certaines spécialités médicales est plus faible, comme c’est le cas des consultations chez le gynécologue ou des consultations bucco-dentaires (les personnes titulaires de l’allocation aux adultes handicapés [AAH] ont un recours réduit de 9 points pour l’accès aux soins dentaires et de 17 points pour les soins gynécologiques).

 La santé des plus de 65 ans

23 – Action(s) de médiation auprès des personnes âgées isolées ou précaires.

  • Mesure : s’appuyer sur les conférences des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie pour :

– mieux repérer les personnes âgées isolées et fragiles à partir des registres nominatifs en cas de canicule et des outils de repérage des retraités fragilisés de la caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) ;

– mettre en œuvre dans chaque département des actions de lutte contre l’isolement des personnes âgées ;

– déployer les missions de service civique auprès des personnes âgées isolées et/ou précaires en appui aux actions portées par des équipes de bénévoles.

  • Contexte : la solitude et l’isolement social gagnent en importance depuis les années 1960. Ils concernent aujourd’hui 1 français sur 10, soit 5,5 millions de personnes dont 1,2 million de personnes de plus de 75 ans. L’isolement social est un facteur aggravant des situations de fragilité et de vulnérabilité psychologique. C’est notamment une cause d’accélération de la perte d’autonomie.

24 – La perte d’autonomie.

  • Mesures :

– dès 2018, un plan de 15 M€ annuel financera des programmes de prévention en EHPAD, ciblés sur la prévention de la perte d’autonomie et de l’aggravation de l’état de santé auprès des résidents ;

– systématiser à 60-65 ans, à l’âge du départ en retraite, le bilan de santé et la consultation proposés par la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et les caisses de retraite afin de repérer et prévenir les risques de perte d’autonomie.

  • Contexte : les personnes âgées en perte d’autonomie seraient de l’ordre de

2 millions à l’horizon 2040 et de 2,4 millions en 2060, dont 1,45 million à domicile. Par ailleurs, près de 585 500 personnes résident en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

25 – Les soins bucco-dentaires en Ehpad.

  • Mesure :

– former le personnel soignant d’EHPAD à assurer l’hygiène bucco-dentaire par la toilette quotidienne, les soins des prothèses, etc. ;

– organiser des consultations de dépistage et systématiser le bilan bucco-dentaire d’entrée en EHPAD en mobilisant les professionnels de santé concernés, les ARS et les EHPAD (directeurs, médecins coordonnateurs et infirmiers coordonnateurs) et en s’appuyant sur la téléconsultation voire la télé-expertise ;

– intégrer systématiquement la santé bucco-dentaire dans les projets d’établissements, les Contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) et les évaluations internes et externes.

  • Contexte : selon une étude de la Haute autorité de santé parue en 2013, la vie en institution réduirait le recours au chirurgien-dentiste de 25 % par rapport à la vie à domicile.

 

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