Premières classes

Premières classes

Retour sur l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans, annoncé par le président Emmanuel Macron, à l’occasion des assises de l’école maternelle.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a confié la préparation de ces assises au neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Durant deux jours, 400 membres et partenaires de la communauté éducative ont partagé leurs connaissances de l’école maternelle à travers des conférences et des témoignages de bonnes pratiques, avec un objectif : faire de la maternelle une véritable « école du langage et de l’épanouissement ».

Les objectifs
En préparant les assises, Boris Cyrulnik avait comme objectif de repenser la maternelle pour en faire une véritable « école du langage et de l’épanouissement ». Ces assises furent aussi l’occasion de :
• faire le point sur la place de l’école maternelle dans notre système éducatif et de définir les pistes pour accroître sa contribution à la réussite et à l’épanouissement des enfants.
• De mettre en avant les techniques pédagogiques et éducatives inspirées par la recherche et fondées sur les meilleures pratiques, y compris au niveau international, et qui ont déjà fait leurs preuves.
• Permettre, à partir des études et des analyses des différents intervenants, ainsi que des échanges et débats avec les participants, d’éclairer les mesures à prendre pour l’évolution de l’école maternelle.
À travers des conférences et des témoignages de bonnes pratiques, ces deux journées de travail ont favorisé le partage de connaissances et d’expériences autour d’un objectif : mettre en évidence comment la « dimension affective » et la dimension « préparation aux apprentissages fondamentaux » se renforcent au sein de l’école maternelle.

Le préélémentaire en Europe
L’OCDE et l’UE proposent deux grands modèles d’éducation et d’accueil des jeunes enfants :
• une structure unique pour tous les enfants en âge préscolaire ;
• deux structures séparées en fonction de l’âge de l’enfant : l’une avant 3 ans, l’autre de 3 à 6 ans.

Abaisser l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans

Emmanuel Macron, a annoncé l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans.

L’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans à compter de la rentrée 2019, qui vient consacrer la place de l’école maternelle dans le système éducatif français, a une triple portée :

• Historique
La loi Ferry du 28 mars 1882 disposait que « l’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de 6 ans révolus à 13 ans révolus ». Depuis, la durée de l’instruction obligatoire n’a été étendue qu’à deux reprises :
– la loi du 9 août 1936 : l’instruction est désormais obligatoire de 6 à 14 ans révolus ;
– l’ordonnance du 6 janvier 1959 : l’instruction est obligatoire de 6 à 16 ans révolus.
L’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire est inédit depuis 1882. Cette décision vient affirmer le caractère fondamental de la scolarité avant 6 ans et reconnaît l’importance des missions assurées par les personnels (professeurs des écoles et Atsem) qui accueillent les enfants à l’école maternelle.
• Sociale
– Les études scientifiques démontrent que la stimulation cognitive précoce entre 0 et 5 ans favorise la réussite scolaire, le niveau d’études et l’insertion professionnelle.
– La volonté du Gouvernement est donc d’agir au plus tôt, avec une attention constante aux élèves les plus fragiles.
– Aujourd’hui, 97 % des élèves sont scolarisés à 3 ans, mais selon des modalités imparfaites (disparités territoriales dans les taux de scolarisation à 3 ans, assiduité incomplète, notamment en petite section).
– Après le dédoublement des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, qui concernera 340 000 élèves par an à partir de la rentrée 2019, cette décision traduit la volonté du Président de la République de faire de l’école le lieu de l’égalité réelle, celle qui lutte contre le déterminisme social en assurant à chacun la maîtrise des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter et respecter autrui.
• Pédagogique
– L’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire est l’occasion d’affirmer l’identité propre de la maternelle. Véritable école, elle doit être encore davantage tournée vers l’acquisition du langage et l’épanouissement de l’enfant. En effet, à 4 ans, un enfant issu d’un milieu social défavorisé a entendu 30 millions de mots de moins qu’un enfant issu d’un milieu favorisé.
– Cette nouvelle approche de la maternelle implique une formation plus spécifique encore des professeurs des écoles et une meilleure prise en compte du rôle des Atsem.

Focus sur les Atsem
Les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) qui travaillent auprès des enseignants des classes maternelles ou enfantines ont vu leur rôle évoluer et leurs missions éducatives fortement augmenter depuis la réforme des rythmes scolaires en 2013. Aujourd’hui, près de 50 000 Atsem œuvrent dans les classes maternelles ou enfantines. La part des « faisant fonction » (qui peuvent être ou non titulaires du CAP « Petite enfance »), 5 000 agents environ, a toujours été importante, notamment en milieu rural.
Dans l’exercice de leurs fonctions, les Atsem sont placés sous une double hiérarchie : à l’autorité hiérarchique de la collectivité territoriale-employeur s’ajoute celle, fonctionnelle, des directeurs d’école qui doivent, sur le temps scolaire, organiser leur contribution au bon fonctionnement des classes dans lesquelles ils travaillent en fonction des besoins des activités pédagogiques conçues par les enseignants. Sur le temps périscolaire, ils relèvent en revanche de la seule autorité communale.
En outre l’augmentation du temps de présence des enfants dans les écoles maternelles en dehors des horaires scolaires stricto sensu, depuis les années 1980, a conduit à une plus grande mobilisation des Atsem dans des missions nouvelles, d’abord essentiellement de l’ordre de la surveillance et de la garderie. La réforme des rythmes scolaires de 2013 ayant induit un fort besoin d’encadrement et d’animation d’activités périscolaires, ils ont souvent été sollicités pour tenir ce rôle nouveau. Dès lors, ils sont devenus les adultes de référence pour les enfants au long de la journée ; ils le sont aussi pour les parents qui, le matin et/ou le soir, n’ont plus affaire à l’enseignant, mais à l’Atsem chargé du périscolaire, qui est, le plus souvent, celui affecté à la classe de leur enfant.
Aussi les agents des collectivités territoriales sont considérés comme membres de la communauté éducative par le code de l’éducation, leur contribution est reconnue par de nombreux textes officiels du ministère de l’Éducation nationale. Comme ils assurent aujourd’hui de facto dans une grande proportion de situations un accompagnement éducatif complet sur l’ensemble de la journée, leur participation aux réunions qui impliquent la communauté éducative (conseil d’école, par exemple, mais pas uniquement) serait importante ; la majorité le revendique. L’introduction d’un capital-temps, intégré à leur service, pourrait permettre cette participation, plus systématique qu’elle ne l’est à l’heure actuelle, quand les sujets traités requièrent leur présence. Sans fixer un quota horaire qui ne correspondrait pas aux réalités locales, la mention de cette possibilité dans leur fiche de poste permettrait de répondre à cette revendication et d’officialiser ainsi leur place dans l’école.

Chiffres clés
Répartition par âge des 2 522 282 élèves de maternelle
– moins de 3 ans : 92 885 élèves au total
– 3 ans : 788 070 élèves au total
– 4 ans : 809 062 élèves au total
– 5 ans et plus : 832 265 élèves au total
• Le personnel
– 85 678 professeurs des écoles affectés en pré élémentaire
– 52 000 Atsem en poste dans les écoles maternelles
• Les écoles maternelles
– 14 131 écoles
– 93 134 classes
Cela représente une moyenne de 25,3 élèves par classe.
• La dépense moyenne par élève de maternelle par an : 6 350 €.
Ce coût moyen est supérieur à celui d’un élève d’élémentaire qui s’élève à 6 090 €.

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