Ma générale !

Ma générale !

Avec un taux de féminisation qui dépasse les 20 %, le ministère des Armées français est l’un des plus féminisés au monde. L’égalité est l’une des valeurs fondatrices.

Les femmes représentent aujourd’hui près de 54 200 des 265 000 personnes du ministère, environ 32 000 d’entre elles servant directement dans les forces. Elles représentent ainsi 16 % du personnel militaire et 38 % du personnel civil.
Les statuts consacrent l’égalité entre les femmes et les hommes pour l’accès aux différents corps militaires. De nombreuses actions ont été conduites dans ce sens :
• novembre 2012 : un haut fonctionnaire chargé de l’égalité des droits est nommé ;
• décembre 2013 : l’Observatoire de la parité est également mis en place. Il propose des actions afin de corriger les déséquilibres entre les parcours professionnels des femmes et des hommes ;
• novembre 2017 : pour une meilleure conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, un plan d’accompagnement des familles dit « Plan famille » est lancé.
Ces mesures permettent de mieux prendre en compte les absences, de mieux vivre la mobilité, de faciliter l’accès des familles à l’accompagnement social du ministère, d’améliorer les conditions de logement familial, notamment pour les familles monoparentales.
Par ailleurs, un dispositif particulier mis en place dans le cadre du projet de Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 va permettre, lors d’un congé pris pour convenance personnelle afin d’élever un enfant, d’exercer une activité de réserviste. Cette disposition permettra notamment de préserver les qualifications professionnelles. De plus pour une gestion des ressources humaines égalitaire, le ministère des Armées s’est engagé dans une démarche de labellisation « Égalité ». Soucieux de respecter son engagement dans l’action de politique publique « La République en actes » (6 mars 2015) qui vise à lutter contre les discriminations dans la gestion des ressources humaines de la fonction publique, le ministère déposera un dossier de labellisation dans le courant du 1er semestre 2018. De même, un dossier de labellisation « Diversité » devrait être réalisé en 2020.
Dans le cadre de l’Observatoire de la parité, une consultation en ligne réalisée par Altidem concernant la perception de l’égalité femmes hommes a été conduite auprès du personnel du ministère en février 2018. Elle indique que :
• 72 % des répondants perçoivent une certaine équité, et que 83 % estiment que la direction du ministère est engagée pour l’égalité femmes hommes.
• 66 % des répondants considèrent que l’action prioritaire du ministère doit être la réduction des comportements sexistes puis l’amélioration de l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle (50 %).

Égalité et respect
Le ministère des Armées condamne avec la plus grande fermeté tout type de comportement inadapté et ne tolère aucune impunité. Au printemps 2014, un plan d’action contre les harcèlements, discriminations et violences d’ordre sexuel, ou à connotation sexiste ou liées à l’orientation sexuelle des personnes (HDV-S) a été décidé. Il comprend quatre volets qui sont l’accompagnement des victimes, la prévention, la transparence et la sanction.
C’est dans ce cadre que la cellule Thémis a été mise en place le 15 avril 2014. Elle est chargée de recueillir le récit et de traiter les cas de HDV-S. Dans les cas avérés :
• elle fournit un accompagnement aux victimes ou les oriente dans différents domaines (psychologique, social…) ;
• elle propose un appui juridique grâce à des expertises solides en matière de droit ;
• elle vérifie que les enquêtes disciplinaires sont bien menées, que la protection des victimes est assurée et que des sanctions adaptées sont prises.
Depuis sa création, 323 dossiers de HDV-S présumés ont été ouverts. Ce sont en moyenne quinze dossiers qui sont en cours d’instruction.
La cellule Thémis apporte également son expertise (supports didactiques, conférences, formation) au plan de formation à la prévention et à la lutte contre les HDV-S mis en place au sein des armées.
Lorsqu’ils sont déployés en opération, les militaires interviennent au contact des populations civiles. Les armées appliquent une politique de prévention et de formation des militaires de tout grade. Les militaires français sont parfaitement informés du caractère intangible des règles de comportement et les actes répréhensibles font l’objet de sanctions.

Comme dans le civil
La représentation des femmes par métiers est relativement similaire à ce que l’on observe pour les emplois civils : les spécialités liées au soutien sont les plus féminisées. Ainsi dans la gestion des ressources humaines des armées le taux par exemple est de 40 %. Dans le domaine opérationnel, il est également constaté que les femmes s’orientent principalement vers des emplois dans des unités de soutien ou d’appui. Toutefois dans des métiers ou spécialités tels que fusiliers commandos, mécaniciens ou combat d’infanterie, les femmes ne représentent encore que 3 à 5 % des effectifs.
A contrario, les régiments de transmission de l’armée de Terre sont parmi les plus féminisés de France. Environ 30 % des linguistes et analystes renseignement sont des femmes, essentiellement des cadres, techniciens et experts de très haut niveau.

Au commandement

Les armées françaises se placent au 4e rang des plus féminisées au monde.

Le ministère des Armées conduit une politique volontariste pour augmenter la représentation des femmes au sein du haut encadrement, et notamment dans le cadre de l’application de la loi du 12 mars 2012 (loi Sauvadet), qui instaure un dispositif de nominations équilibrées dans les emplois supérieurs et dirigeants de la fonction publique. À cette fin, le ministère a pris des mesures pour augmenter les viviers et valoriser les carrières des femmes, notamment par des plans d’accompagnement personnalisé des administrateurs civils.
En 2017, dans le strict respect de la loi Sauvadet, le taux de primo nominations de poste de haut encadrement s’élève à 42 % de femmes pour le ministère des Armées.
Par la tenue annuelle d’un « Observatoire de la parité », le ministère veille à ce qu’il n’y ait pas de « plafond de verre » dans la nomination aux postes de haut encadrement. Les femmes occupent désormais des postes sommitaux du ministère, notamment à la Direction centrale du service de santé des armées, au Secrétariat général pour l’Administration, à la Direction des ressources humaines, à la Direction des affaires juridiques, à la Direction des patrimoines, de la mémoire et des archives ou encore à la Délégation à l’information et à la communication de la défense, et à la Direction générale de l’Armement. En 2017, on comptait 35 femmes officiers généraux des armées. 5 femmes ont été nommées en 2017.
La féminisation des postes de commandement et de direction du ministère ne se limite pas au haut encadrement. Aujourd’hui de plus en plus d’officiers féminins commandent à la mer, dans les régiments ou sur les bases aériennes, à tous niveaux de responsabilité. À titre d’exemple, on trouve ainsi 4 femmes commandantes de bâtiments de surface (dont la frégate de combat Surcouf et le patrouilleur l’Astrolabe), une femme chef de corps du régiment du SMA en Polynésie, une femme commandant le 1er bataillon de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, une femme commandant l’escadron de transport, une femme à la tête de l’élément Air Rattaché 901 de Drachenbronn, ou encore une femme commandant l’escadron de soutien technique aéronautique A400M.

Engagées
Depuis la loi Paul-Boncour (1938) portant sur l’organisation de la Nation en temps de guerre et instaurant les premiers engagements féminins dans les armées sous statut civil jusqu’à la suppression des quotas de recrutement en 1998, les femmes ont trouvé leur place dans les Armées et de plus en plus en unités opérationnelles : le taux de féminisation des unités engagées en opérations extérieures en 2017 est de 8,2 %. Au fil des ans, les femmes ont été de plus en plus nombreuses à être projetées sur les théâtres d’opérations. Progressivement, tous les emplois opérationnels ont été ouverts aux femmes, l’une des dernières étapes étant la féminisation des équipages de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins expérimentée depuis la fin 2017.

La loi Sauvadet
Portée par le ministre de la Fonction publique (29 juin 2011 – 15 mai 2012), François Sauvadet, la loi du 12 mars 2012, reprend les principales préconisations du « rapport Guégot ». Elle introduit des objectifs chiffrés de représentation équilibrée dans l’encadrement supérieur et dirigeant des trois versants de la fonction publique, parmi les personnalités qualifiées des conseils d’administration des établissements publics et dans les jurys et comités de sélection.
Le décret du 30 avril 2012 s’applique aux administrations de l’État, collectivités territoriales (régions, départements, communes de plus de 80 000 habitants et EPCI de plus de 80 000 habitants) et établissements hospitaliers et de santé. Il met en œuvre l’obligation de nominations équilibrées d’hommes et de femmes dans les emplois supérieurs de l’État, des collectivités territoriales
et de la fonction publique hospitalière par des quotas progressifs, à compter du 1er janvier 2013.
Deux circulaires publiées le 24 août 2012, signées du Premier ministre, visent à inclure cette problématique dès la préparation et l’étude d’impact d’un projet ou d’une proposition de loi et à accélérer la nomination de femmes aux postes de hauts fonctionnaires.
Dès 2013, la part de chaque sexe dans les primonominations aux emplois de direction et à la décision du gouvernement doit atteindre au moins 20 %, puis 30 % pour celles prononcées de 2015 à 2017 et 40 % à partir de 2018. Sous peine de sanctions financières : 30 000 euros par nomination manquante en 2013, avec une montée en charge jusqu’à 90 000 euros en 2018.

Quelques combattantes célèbres
• Élisabeth Boselli (1914-2005) : elle fut, en 1946, la première femme brevetée pilote de chasse de l’armée de l’Air française.
• Caroline Aigle (1974-2007) : elle est, en 1999, la première femme pilote de chasse à être affectée au sein d’un escadron de combat de l’armée de l’Air.
• Valérie André (née en 1922) : médecin générale française, combattante de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, médecin et pilote dans la ligne de front pendant les guerres en Indochine et en Algérie. Elle a été la troisième femme à recevoir la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur et la première femme à être élevée au rang de générale en avril 1976.
• Susan Travers (1909-2003) : citoyenne britannique, née au Royaume-Uni, décédée à Paris, fille d’un amiral. Seule femme immatriculée à la Légion étrangère (matricule 22166), elle s’est notamment illustrée à Bir Hakeim. Elle reçut, à 86 ans, la croix de chevalier de la Légion d’honneur.

Armées du monde
À travers le monde, le taux de féminisation dans les armées est de 33 % en Israël, 20 % en Hongrie, 18 % aux États-Unis, 16 % en France, 15 % en Australie, 14 % au Canada, 13 % en Espagne, 11 % au Portugal, 10 % au Royaume-Uni, 10 % en Allemagne, 10 % en Norvège, 9 % aux Pays-Bas, 7 % en Belgique, 6 % au Brésil, 6 % en Russie, 5 % au Japon, 4 % en Italie, 3 % en Pologne et enfin 1 % en Turquie.

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