Yvelines : Le quartier Terres de Versailles

Yvelines : Le quartier Terres de Versailles

La Ville de Versailles et l’aménageur Icade dévoilent le nouveau quartier qui sera réalisé entre le domaine du Château et Saint-Cyr-L’école à partir de 2019 et jusqu’en 2026. Cette ancienne emprise militaire de 20 hectares préservera un cadre patrimonial exceptionnel grâce à un projet urbain aéré, végétalisé, de faible hauteur et contemporain, dans la tradition de la cité-jardin. La moitié du terrain sera réservée en zone agricole et accueillera les épreuves d’équitation des JO 2024. Ce choix fait suite à une consultation menée avec le concours de l’agence Une Fabrique de la Ville (Jean-Louis Subileau, Guillaume Hébert) sur un plan défini par le paysagiste Michel Desvigne.

Le 9e quartier de Versailles
La Ville de Versailles s’est engagée dès 2008 à réaliser cette opération en respectant le paysage en lien avec le domaine du château, en ouvrant les logements sur la nature, en protégeant des nuisances sonores et en maîtrisant la place de la voiture. Une consultation d’aménageurs a ainsi été engagée de mars 2017 à février 2018. C’est à l’issue de cette procédure que le projet porté par l’équipe Icade s’est distingué. Créer le 9e quartier de Versailles implique de développer une gamme complète de logements afin de donner au projet toute la diversité et la qualité d’un tissu urbain. Le projet comporte ainsi 4 typologies d’habitat: la maison de ville, la maison jumelée, l’individuel en duplex et le petit collectif qui comporteront des espaces extérieurs privés généreux, des ouvertures sur le paysage et un accès aux jardins partagés.
Dans une démarche alliant innovation éducation et ambition environnementale sont aussi prévus des commerces et activités (alimentaire bio, restaurant et atelier de transformation, micro-ferme, pépinières…), des lieux d’apprentissage traditionnels (crèche et école avec pédagogie alternative) et novateurs (écocentre, conciergerie dédiée à la transition énergétique, mai-son du bois, espace de recyclage…) ainsi qu’un hôtel, un centre équestre et une plaine dédiée au sport.
C’est au total 51 250 m2 de surface de plancher qui seront réalisés, dont 544 logements.

La mutation du site
Après l’abandon de l’affectation militaire du site (20 hectares), le ministère de la Défense a mené une réflexion sur sa reconversion en 2008. Ce site pré-sentait un intérêt majeur pour la ville, dans la continuité du parc du château et en mitoyenneté de Saint-Cyr-l’École :
• sa surface importante et d’un seul tenant permettait d’imaginer une opération d’envergure ;
• sa proximité des dessertes en trans-ports, existantes ou à créer, autorisait la réalisation d’opérations importantes de logements, mais imposait d’imaginer la mise en œuvre de modes de liaison aux gares innovants ;
• sa position qui offrait une opportunité de dialogue paysager, architectural et urbain avec le château, son parc et le cœur de Saint-Cyr ;
• et enfin sa proximité du site voisin de l’Inra et des jardins du château permet-tait d’imaginer l’implantation d’activités innovantes, notamment dans le domaine des écotechnologies. Ainsi, la ville de Versailles a décidé d’acquérir le foncier, au moyen d’une convention de portage avec l’EPFIF (Établisse-ment Public Foncier de la Région île-de-France), signée le 16 avril 2009. L’EPFIF s’est porté acquéreur de la caserne Pion le 16 décembre 2011.

Les enjeux urbains et paysagers
Une mission d’études a été confiée en 2012 au groupement Michel Desvigne Paysagiste – Inessa Hansch Architecte et Une Fabrique de la Ville. La phase de diagnostic a permis de cerner les principaux enjeux du paysage à mettre en valeur dans le projet urbain et de sélectionner certains bâtiments à conserver dans un souci patrimonial: trois constructions, anciennement à usage d’habitation et présentant un très bon état de conservation, une halle, anciennement utilisée pour les magasins.
La situation exceptionnelle du site, mitoyen du domaine national du château de Versailles sur près d’un kilomètre de long, s’est révélée une opportunité et une grande attention a été portée à la maîtrise des vues depuis le site sur le grand paysage, à la perception du site depuis l’extérieur et à la cohérence des tracés paysagers structurants. L’insertion du projet à la juste échelle du paysage a guidé la composition des volumes bâtis sur le site.
La conception du futur quartier s’est ainsi avant tout appuyée sur les éléments d’un nouveau paysage élaborés par Michel Desvigne : une structure viaire cohérente avec celle du domaine du château, un renouvellement du patrimoine paysager du site, la mise à profit de la situation en terrasse du site, la maîtrise de la gestion de l’eau.

La consultation des aménageurs
Les orientations ainsi définies ont été soumises à une concertation préalable avec le public en 2016, dont le bilan favorable a permis de lancer une consultation d’aménageurs, de mars 2017 à février 2018. La ville s’est appuyée sur un assistant à maîtrise d’ouvrage, Une Fabrique de la Ville, agence de conseil en aménagement et montage de projets urbains créée en 2008 par Jean-Louis Subileau (Grand Prix de l’Urbanisme 2001) et Guillaume Hebert (Palmarès des Jeunes Urbanistes, 2007), mandataire du groupement Une Fabrique de la Ville / Fidal / Michel Desvigne Paysagiste / Inessa Hansch Architecture / SCE.
Dès le lancement de la consultation, en accord avec l’architecte des bâtiments de France, la ville a souhaité limiter sur ce site la hauteur des constructions à 2 étages, hors rez-de-chaussée (R+2). C’est à l’issue de cette procédure que l’équipe d’Icade s’est distinguée.

La stratégie de développement durable
La stratégie développement durable repose sur deux piliers :
• une philosophie humaniste ;
• une déclinaison opérationnelle des objectifs de performance environne-mentale. La philosophie du projet, insufflée par Deyrolle, repose sur le triptyque « Nature – Art – Éducation ». Ces valeurs, associées au projet urbain, ont permis de proposer une réinterprétation contemporaine de la cité-jardin : la cité fertile. Dans cette cité, qui doit répondre aux enjeux du XXIe siècle, la Nature est foisonnante et nourricière (potagers, vergers). L’Art est présent partout, et notamment dans l’esthétisme de l’architecture. L’Éducation est essentielle afin de transmettre aux futures générations les savoirs nécessaires pour agir dans un monde nouveau, où les défis se multiplient. Cette philosophie est le socle de l’approche environnementale du projet qui a été déclinée dans plusieurs objectifs opérationnels.
Pour construire cette Cité fertile et incarner les valeurs Nature Art Éducation, Icade a fixé des objectifs à atteindre et une méthode de suivi de ces objectifs. Les objectifs consistent principalement en l’obtention de certifications environnementales pour les pro-grammes immobiliers (100 % des programmes labellisés), le déploiement de solutions de mobilité durable (véhicule électrique, navette auto-nome, vélo, etc.) et à l’implantation de programmes et activités emblématiques (micro-ferme, maison du bois et du recyclage, organisation de formation à destination des habitants, etc.).

L’aménagement
Le projet d’aménagement est structuré selon quatre principes fondateurs :
• Un paysage de perspectives : la conception des espaces publics permet des vues dégagées, à l’échelle du grand paysage, en écho avec le domaine du château dans la continuité des allées du domaine de Versailles créées par André Le Nôtre et les grands tracés de la ville.
• Des pièces de verdure : le quartier s’organise à travers de grandes séquences paysagères, constituées d’une périphérie et d’un cœur s’inspirant des bosquets du Château et des îlots des cités-jardins.
• Des promenades : des chemins de traverse permettent plusieurs façons de découvrir cette composition urbaine.
• Un rationalisme ornemental : la philosophie architecturale, à la fois contemporaine et inspirée du patrimoine de Versailles.

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