La Dihal

La Dihal

Au cœur du pilotage du Plan Logement d’abord et instituée par un décret du 14 juillet 2010, la Délégation interministérielle à l’hébergement et l’accès au logement (Dihal) a pour objectif d’enrichir les politiques ministérielles par une approche décloisonnée.

La Dihal s’appuie sur un vaste réseau d’associations, de collectivités territoriales, de services déconcentrés de l’État et plus globalement sur l’ensemble des acteurs impliqués dans les politiques d’hébergement et d’accès au logement.
Instance de coordination interministérielle, force de proposition et d’expertise, elle intervient principalement sur six politiques publiques :

  • l’hébergement et l’accès au logement ;
  • la lutte contre l’habitat indigne ;
  • la résorption des campements illicites et bidonvilles ;
  • l’accueil et l’accompagnement des Gens du voyage ;
  • la prise en charge de l’hébergement et l’accompagnement dans le logement des réfugiés ;
  • le logement des personnes immigrées — la Commission interministérielle pour le logement des personnes immigrées.

Il existe à travers chacune de ces thématiques une forte volonté d’apporter des réponses pratiques et opérationnelles pour répondre aux situations de sans-abrisme, de difficultés d’accès et de maintien dans le logement, et de mal-logement.

Cette volonté se traduit sur le terrain par des actions directes, comme la plateforme nationale de logement des réfugiés ou le dispositif « Un chez-soi d’abord », qui a permis à 353 personnes sans-abri et souffrant de troubles psychiques sévères d’accéder au logement et de recevoir un suivi adapté à leur situation. Ces modes d’approche permettent d’apporter une expertise au plus près des acteurs avec une mission de conseil affirmée. L’ensemble de ces éléments contribuent également au pilotage de plans d’actions publiques, toujours en lien coopératif avec l’expérience de celles et ceux qui s’y impliquent.
C’est dans cette démarche partenariale que s’inscrit le Plan Logement d’Abord, piloté par la Dihal. Depuis le discours d’Emmanuel Macron en janvier 2017 à l’occasion de la remise du rapport de la Fondation Abbé Pierre et le lancement de l’élaboration du plan par le ministre de la Cohésion des territoires le 6 juin 2017, la délégation interministérielle a mené, avec la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP) et la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), une grande phase de concertation.
Ainsi durant l’été 2017, ce sont près de 80 acteurs de l’hébergement et du logement qui ont été rencontrés : associations d’élus, bailleurs sociaux, associations d’insertion par le logement, Conseil national des personnes accueillies et accompagnées, services déconcentrés de l’État, administrations centrales, etc.
Et un premier Comité de pilotage national du plan s’est tenu le 8 septembre 2017.
La Dihal, la DHUP et la DGCS ont également travaillé à l’élaboration du plan annoncé par Emmanuel Macron à Toulouse le 11 septembre 2017. Et finalement les mesures détaillées du Logement d’abord seront publiées prochainement et fixeront la stratégie à mettre en œuvre durant le quinquennat.
Dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt visant à retenir des territoires de mise en œuvre accélérée du plan Logement d’abord, la Dihal a appuyé les territoires dans la construction de leur dossier, avec notamment une vingtaine de déplacements. Le comité de sélection composé de représentants du ministère de la Cohésion des territoires (notamment la Dihal, la DGCS et la DHUP) a ensuite examiné les dossiers reçus et recueilli l’avis des fédérations et associations partenaires pour déterminer la liste des territoires retenus.

Une démarche partenariale

Pour répondre ensemble à la question du sans-abrisme, la stratégie du Logement d’abord constitue un changement de paradigme par rapport à l’approche classique de l’accompagnement des personnes en grande difficulté. Elle suppose de mettre le logement non pas en bout de course dans un parcours d’insertion, mais en amont de celui-ci. Le logement est effectivement un préalable à la reconstruction des personnes que les accidents de la vie ont mis au bord du chemin. En ce sens, cette stratégie a toujours reçu un fort soutien des Départements qui sont les chefs de file des solidarités et, à ce titre, se trouvent au cœur de cette problématique. La preuve incontestable de cette adhésion est leur forte mobilisation dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt que la Dihal a lancé fin 2017.
L’Assemblée des Départements de France (ADF) s’associe donc pleinement à cette démarche et souhaite que les projets portés par les collectivités départementales soient encouragés et retenus dans ce cadre. Ils portent en eux la capacité des Départements à interroger leurs pratiques, à les faire évoluer et à innover.
Depuis de nombreuses années, les collectivités locales ont engagé des politiques ambitieuses de développement d’une offre de logement ouverte à tous. Ces politiques qui visent à assurer la plénitude des parcours résidentiels concernent notamment l’accès au logement des plus démunis, des personnes sans-domicile ou en difficulté de maintien dans leur logement. Par ailleurs l’appel à manifestation d’intérêt lancé par le ministère s’inscrit dans cette ambition. Il s’agit de développer une offre d’accueil durable au sein du parc locatif social ou dans des structures spécifiques et de mobiliser les logements du parc privé existant via les structures associatives. L’ADF a souhaité soutenir cet appel à manifestation d’intérêt et se félicite de son succès auprès des collectivités qui ont été nombreuses à y répondre. Il permettra de renforcer la dynamique partenariale déployée au travers des programmes locaux de l’habitat, en cohérence avec les plans départementaux pour l’accès au logement et à l’hébergement des personnes défavorisées en plaçant les personnes au cœur de dispositifs existants à conforter ou de démarches à mettre en place.
L’appel à manifestation d’intérêt repose sur un changement de logique, visant à réorienter rapidement et durablement les personnes sans-domicile de l’hébergement vers le logement, grâce à un accompagnement adapté, modulable et pluridisciplinaire. Les communautés et métropoles, qui ont désormais la charge de la gouvernance et de la mise en œuvre des politiques locales de l’habitat souhaitent en être des acteurs clés.
• France urbaine : France urbaine a soutenu l’approche Logement d’abord menée par le gouvernement, participant notamment à l’analyse des nombreux dossiers émanant des territoires. Le Logement d’abord est conçu dans une double exigence de souplesse et d’urgence, afin que soient pris en compte de manière résolue le sans-abrisme, la résurgence de bidonvilles dans nos collectivités, la précarisation du logement privé dans plusieurs villes-centres. De très nombreuses métropoles ou grandes agglomérations, dans les territoires métropolitains, mais également ultramarins, se sont ainsi engagées, avec des préconisations particulièrement ambitieuses. Néanmoins cette action ne saurait être la seule dynamique nationale en matière de logements et que, si les aides à la personne ont éventuellement pu connaître des effets pervers, France urbaine est un acteur exigeant pour participer à la nécessaire refonte d’un partenariat financier de qualité et pérenne entre l’État, les territoires et les bailleurs sociaux.

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