Enfance pauvre

Enfance pauvre

Le président de la République a décidé d’engager l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et de promouvoir une toute nouvelle approche de cette action.

C’est, d’une part, la priorité donnée à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, d’autre part, la promotion de l’investissement social.

 Une double inflexion des priorités
• Les enfants et les jeunes : la France compte aujourd’hui 3 millions d’enfants pauvres, soit près d’un enfant sur cinq. Éradiquer la pauvreté des enfants et des jeunes, c’est rétablir l’égalité républicaine, celle qui concilie les chances et les places. C’est redonner confiance et espoir aux familles et refuser que les enfants pauvres d’aujourd’hui soient les adultes pauvres de demain.
• La prévention et l’investissement social : développer la prévention et l’investissement social, c’est restituer l’ambition universelle du modèle social français, améliorer l’efficacité des politiques sociales et replacer les travailleurs sociaux sur le cœur de leur engagement : l’accompagnement des fragilités sociales, pour en sortir durablement. L’action sociale doit redevenir un cadre d’actions collectives qui permettent la redistribution par les équipements et services collectifs, contribuent à la citoyenneté, répondent au défi de l’isolement et favorisent l’engagement, la transmission, la coopération en mobilisant tous les acteurs publics et privés.
La réflexion et les échanges auxquels donne lieu tous les jours la concertation dans ses différents aspects sont l’occasion de confirmer collectivement le bien-fondé de ces deux orientations et de les consolider.

Une gouvernance nouvelle
Ces orientations nouvelles exigent aussi une gouvernance nouvelle qui ne part plus d’un plan unilatéral porté par l’État, mais implique une action coordonnée de l’ensemble des acteurs concernés, dans le cadre d’une stratégie globale.
La concertation a précisément pour objet de mobiliser les acteurs sur des objectifs communs. Elle montre l’importance du pilotage et de la coordination des actions par l’État. Elle fait aussi la démonstration de la nécessité de laisser la place à l’adaptation et à l’initiative des territoires dont les acteurs sont fortement engagés et responsabilisés.

Trois niveaux de concertation
• Des groupes de travail qui produisent : 6 groupes de travail ont été formés pour réfléchir à la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes. Co-présidés par deux personnalités reconnues dans leur domaine, chaque groupe de travail étudie une problématique spécifique :
– éradiquer la pauvreté des enfants : coprésidé par Nathalie Casso-Vicarini, Ensemble pour l’éducation de la petite enfance et Frédéric Leturque, Maire d’Arras, vice-président de la Communauté urbaine d’Arras délégué à l’Habitat et à la Politique de la Ville, conseiller régional des Hauts-de-France.
– Prévenir la vulnérabilité des jeunes et favoriser leur insertion : co-présidé par Antoine Dulin, vice-président du Conseil économique, social et environnemental, Habitat et Humanisme et Fiona Lazaar, Députée.
– Développer l’accompagnement global et les leviers de prévention de la pauvreté : coprésidé par Véronique Fayet, Présidente du Secours catholique et Olivier Veran, Député.
– Un accompagnement renforcé dans la lutte contre l’exclusion : coprésidé par Christine Laconde, Directrice du Samu social de Paris et Alain Regnier, Préfet.
– Accès aux droits et aux services, lutte contre le non-recours : coprésidé par Matthieu Angotti, Directeur général du centre communal d’action sociale de Grenoble et Aurore Berge, Députée.
– Piloter la lutte contre la pauvreté à partir des territoires : coprésidé par Mathieu Klein, Président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle et Joëlle Martinaux, Présidente de l’union nationale des centres communaux d’action sociale.
• 150 contributeurs, élus locaux ou nationaux, représentants d’associations et personnalités qualifiées participent activement à ces groupes de travail.
• 20 réunions déjà tenues et complétées par des auditions menées par les coprésidents des groupes, pour recueillir la parole de personnalités qualifiées.
Chaque groupe de travail produira une note de synthèse avec des propositions qui viendront nourrir la stratégie. Elles émaneront des divers sujets abordés en réunion plénière. Parmi eux, garantir la qualité d’accueil la plus propice au développement des jeunes enfants, lever les freins périphériques relatifs à la mobilité, le logement, les discriminations, la santé, l’information, l’accès aux droits et la qualification, les loisirs dans la vie des familles en précarité, le droit des adolescents en difficulté à une vie épanouie, la santé mentale, la perte d’autonomie et la territorialisation de la politique de lutte contre la pauvreté
Ces propositions intégreront les solutions innovantes qui auront émergé dans le cadre de la concertation. En trois semaines, le site de la consultation www.lutte-pauvrete.gouv.fr a été visité par 18 500 visiteurs uniques et 5 200 personnes ont participé à la consultation en publiant leur contribution.

Objectifs de développement durable
La France 5e puissance mondiale est classée 19e sur 41 pays. Un enfant sur 5 dans les pays riches vit dans une pauvreté de revenus relative et en moyenne 1 enfant sur 8 est confronté à l’insécurité alimentaire, selon le dernier Bilan publié par Innocenti, le centre de recherche de l’Unicef.
« Construire l’avenir : les enfants et les Objectifs de développement durable dans les pays riches » est le premier rapport qui évalue la situation des enfants dans 41 pays à haut revenu par rapport aux Objectifs de développement durable (ODD) identifiés comme les plus importants pour le bien-être des enfants. Le rapport classe les pays en fonction de leur performance et détaille les défis et les opportunités que les économies développées rencontrent dans la réalisation de leurs engagements pour les enfants.
« Le Bilan 14 rappelle que même dans les pays à haut revenu les progrès ne bénéficient pas à tous les enfants, » selon Sara Cook, la Directrice du centre Unicef Innocenti. « Des revenus plus élevés ne mènent pas automatiquement à de meilleurs résultats pour tous les enfants, et peuvent même creuser les inégalités. Les gouvernements de tous les pays doivent agir pour réduire les écarts et progresser pour atteindre les ODD pour les enfants. »
Parmi les Objectifs de développement durable et indicateurs sélectionnés, le rapport fait le constat suivant :
• Mettre fin à la pauvreté : en moyenne 1 enfant sur 5 dans les pays à haut revenu vit dans une pauvreté de revenus relative, bien qu’il existe de grandes variations (de 1 sur 10 au Danemark, en Islande et Norvège, et de 1 sur 3 en Israël et en Roumanie).
• Éradiquer la faim : en moyenne 1 enfant sur 8 dans les pays à haut revenu est confronté à l’insécurité alimentaire, et cela peut aller jusqu’à 1 sur 5 au Royaume-Uni et aux États-Unis, et même 1 sur 3 pour le Mexique et la Turquie.
• Garantir une bonne santé : la mortalité infantile a fortement baissé dans la plupart des pays ; et les taux de suicide chez les adolescents, de natalité chez les adolescentes et d’ivresse ont diminué. Cependant, 1 adolescent sur 4 signale au moins deux problèmes de santé mentale plus d’une fois par semaine.
• Garantir une éducation de qualité : même dans les pays les plus performants, comme le Japon et la Finlande, environ un cinquième des enfants de 15 ans ne possèdent pas le niveau de compétence minimum en lecture, mathématiques et science.
• Parvenir à l’égalité entre les sexes : 14 % en moyenne des adultes interrogés dans 17 pays à haut revenu pensent que les garçons mériteraient un accès prioritaire aux études universitaires et dans la majorité de ces pays, cette croyance est plus forte chez les hommes.

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