Dans les bras de Morphée

Dans les bras de Morphée

La Journée du Sommeil a eu lieu le 16 mars dernier. Thème de cette année : « Ouvre l’œil sur ton sommeil ! »
1 personne sur 3 déclare souffrir d’au moins un trouble du sommeil, avec en tête de liste les insomnies. 73 % des Français confient se réveiller la nuit et plus de la moitié jugent leur sommeil insuffisant

À chacun son sommeil !
Insomnie et malaise diurne associé, difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, cauchemars, sommeil non réparateur, stress… il n’existe pas un trouble, mais souvent plusieurs troubles du sommeil. Plus récemment, les écrans, tablettes, ordinateurs, téléphones portables qui envahissent les foyers au quotidien sont devenus de véritables facteurs d’altération du sommeil.
Or, un sommeil insuffisant peut avoir de nombreuses conséquences, d’une part sur le fonctionnement diurne : inattention, baisse de la vigilance et des performances, risques liés à la somnolence (accident du travail et sur la route), augmentation de la sensibilité à la douleur, irritabilité, difficultés relationnelles, etc., et d’autre part, à plus long terme, sur la santé : prise de poids, diabète, hypertension, aggravation des troubles respiratoires et cardiovasculaires, dépression…

L’insuffisance de sommeil
Le mal du XXIe siècle est illustré par la consommation importante de benzodiazépines. En 2015, 13,4 % de la population française a eu recours au moins une fois à ces molécules aux propriétés hypnotiques, anxiolytiques et calmantes, ce qui a conduit à l’écoulement d’un peu plus de 110 millions de boîtes en un an. Ce triste record situe la France au 2nd rang européen des plus gros consommateurs de benzodiazépines derrière l’Espagne.
Si les benzodiazépines peuvent être indiquées dans le traitement de l’insomnie à court terme, leur consommation se prolonge souvent pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, ce qui entraîne des risques d’effets délétères du type somnolence diurne, trouble de la mémoire, chutes, accident, ainsi qu’une dépendance…
Face au nombre croissant de Français qui souffrent d’un sommeil insuffisant et de ses lourdes conséquences sur l’état de santé, il existe différents types de prise en charge.
• Les solutions qui ont fait leurs preuves : les récents consensus d’experts, tant en Europe qu’aux USA, recommandent en première intention la thérapie comportementale et cognitive, la luminothérapie et la mélatonine, selon l’origine du trouble. La sophrologie, phytothérapie, micronutrition, etc. peuvent être utiles, notamment si ces approches s’inscrivent dans une prise en charge globale.
Le besoin de sommeil est propre à chacun (court ou long dormeur, du soir ou du matin) selon son âge, et la qualité du sommeil dépend de son rythme éveil/sommeil et de son mode de vie. Les solutions à la dette de sommeil croissante de la population se trouvent donc à la fois dans la prise de conscience, par chacun, de l’enjeu d’un sommeil suffisant pour sa santé et dans l’individualisation de la prise en charge.

Le sommeil

En un demi-siècle, 1 h 30 de sommeil en moins
L’érosion est silencieuse, mais bien réelle. Le temps de sommeil des Français s’amincit ! Selon le rapport de l’enquête INSV/MGEN réalisée à l’occasion de la Journée du sommeil 2017, les Français déclarent dormir 7 h 07 en moyenne en semaine soit 18 minutes de moins qu’il y a 25 ans. L’insuffisance de sommeil peut être délétère pour la santé physique et mentale et elle est d’autant plus forte du fait que notre temps de sommeil est aujourd’hui plus court. Cela se ressent chez les habitants de l’hexagone qui sont 54 % à juger leur sommeil insuffisant (qualité et durée) et plus particulièrement chez les habitantes, puisque ce sont surtout les femmes qui souffrent d’un temps de sommeil plus faible et qui déclarent le plus de réveils nocturnes et de somnolences dans la journée. Ces plaintes sont également déclarées par les 45/54 ans et les ronfleurs réguliers. En France, aujourd’hui, 28 % de la population déclare être somnolents.
« Je rêve de m’endormir à peine après avoir posé la tête sur mon oreiller ». Certains y parviennent, mais, en moyenne, les Français mettent plus d’une vingtaine de minutes pour s’endormir. Toutefois, selon les périodes de la vie ou chez certaines personnes, l’endormissement peut être plus difficile, et ce pour des raisons très variées : un environnement défavorable, notamment trop de lumière (objets connectés, lumière extérieure…), du bruit extérieur ou une température de la chambre trop élevée. Le co sleeping qui concerne 1 français sur 2, peut également perturber l’endormissement ou le sommeil, par les mouvements ou les ronflements de l’autre, etc. Enfin, le stress, l’hyperconnexion (notamment via les réseaux sociaux), l’anxiété et les ruminations concernant sa vie professionnelle ou personnelle contribuent largement aux difficultés d’endormissement et à la perturbation du sommeil.
Si la durée idéale de sommeil chez l’adulte est évaluée entre 7h et 8h, cette donnée est propre à chacun. En effet, le besoin de sommeil varie d’une personne à l’autre selon des facteurs multiples, notamment génétiques (y compris par rapport à l’horloge biologique), l’âge et le profil psychologique. Dans le contexte sociétal actuel qui encourage à l’hyperconnexion et aux écrans jusque dans le lit, à une vie réglée sur le mode 24h/24 et 7 j/7 et à la sédentarité, il est essentiel de respecter son besoin de sommeil pour préserver sa santé à tous les âges.

Le sommeil, cycles facilement ébranlables
• La structure du sommeil : le sommeil n’est pas un état continu ; il se compose de 4 à 6 cycles de sommeil, dont chacun dure environ 90 minutes chez l’adulte (chez un sujet sain), chaque cycle de sommeil comprenant plusieurs phases : sommeil lent (léger ou profond), puis sommeil paradoxal. À la fin de chaque cycle, il peut y avoir un court éveil, suivi par un nouveau cycle de sommeil ou, parfois, par un réveil complet. Le sommeil lent profond est le sommeil le plus récupérateur ; il est plus abondant pendant les 3 ou 4 premières heures suivant l’endormissement que pendant la deuxième moitié de la nuit de sommeil.
• Les rôles du sommeil : le sommeil joue de nombreux rôles pour notre organisme, outre l’évidente mise au repos du corps et de l’esprit. En résumé, le sommeil contribue directement à la bonne santé, à la vigilance et au bien-être de chacun : maintien de la vigilance à l’état de veille ; maintien de la température corporelle ; reconstitution des stocks énergétiques des cellules musculaires et nerveuses ; production d’hormones, notamment de croissance, et la mélatonine ; régulation de fonctions telles que la glycémie (et l’appétit) ; élimination des toxines ; stimulation des défenses immunitaires ; régulation de l’humeur et de l’activation du stress ; mécanismes d’apprentissage et de mémorisation
• Les conditions favorisant un sommeil de bonne qualité : pour faciliter l’endormissement et améliorer la qualité du sommeil, il est recommandé d’opter pour des horaires de sommeil réguliers, de s’exposer à la lumière naturelle dès le matin, de pratiquer une activité sportive/physique (marche) plusieurs fois par semaine, si possible en plein air (pour s’exposer en même temps à la lumière), de favoriser des activités stimulantes en journée. Si besoin, on peut faire une sieste courte (pas plus de 20 min) en début d’après-midi pour retrouver une bonne vigilance. Par ailleurs, il vaut mieux limiter la consommation d’excitants (café, boissons énergisantes) et, en tout cas, les éviter après 16h ; limiter également alcool et tabac le soir. Il est recommandé aussi de dîner environ deux heures avant le coucher, de favoriser les activités calmes le soir (musique douce, lecture), de se déconnecter digitalement (ordinateurs, tablettes, smartphones) idéalement deux heures avant le coucher et pendant toute la nuit et, enfin, de ne pas consommer de somnifère sans avis médical. La mélatonine, ce messager qui signale qu’il est l’heure d’aller dormir, « l’hormone de l’horloge biologique », est naturellement sécrétée par la glande pinéale pendant la nuit, en l’absence de lumière. C’est un signal biologique qui permet donc à l’organisme de se synchroniser sur un rythme de 24 heures correspondant à l’alternance jour/nuit. Elle rythme un grand nombre de paramètres physiologiques, tels que le fonctionnement de divers organes, la température du corps, l’éveil et le sommeil ainsi que certaines sécrétions hormonales comme le cortisol (l’hormone « du stress »).
Elle est aussi en interaction avec l’horloge biologique centrale, située dans le cerveau au sein d’une région nommée hypothalamus, qui est elle-même synchronisée principalement par la lumière. La production de mélatonine diminue avec l’âge, parallèlement à un sommeil plus instable la nuit et à une somnolence accrue le jour.

Pas un, mais des troubles
Les troubles du sommeil les plus fréquents sont : les insomnies, les altérations des rythmes circadiens (avance et retard de phase, notamment), les troubles respiratoires et le syndrome des jambes sans repos.

Avec l’hyperconnexion jusque dans le lit, l’endormissement devient plus difficile.

Les insomnies
L’insomnie se manifeste par des difficultés d’endormissement, des réveils nocturnes, un réveil trop matinal et, surtout, des retentissements handicapants dans la journée (fatigue, difficultés de concentration, irritabilité…) qui dégradent la qualité de vie à terme. Ce dernier critère permet de différencier l’insomniaque d’une personne qui dort peu, mais qui se sent « en forme » dans la journée. Il s’agit là d’un court dormeur.
Aussi l’insomnie peut être transitoire (liée à de mauvaises conditions de couchage, un événement ponctuel) ; elle cesse dès que sa cause disparaît. Elle est dite « chronique » lorsqu’elle se manifeste au moins 3 fois par semaine depuis au moins trois mois. À l’origine, l’insomnie se maintient par la mise en place, par l’insomniaque, de stratégies visant à le soulager de ses difficultés de sommeil et de sa fatigue diurne. Cependant, à la longue, ces comportements vont perturber les systèmes de régulation de l’éveil et du sommeil sur plusieurs plans. Schématiquement, ces perturbations concernent à la fois :
• un dérèglement de la bascule veille/sommeil par déséquilibre entre les systèmes d’endormissement et de sommeil et les systèmes d’éveil. Ce déséquilibre est souvent lié à des problèmes de stress qui augmentent le niveau d’anxiété et entraînent une hausse du taux de cortisol ;
• un mauvais fonctionnement de l’horloge biologique ou un décalage de son rythme, problèmes généralement dus à une exposition inappropriée aux signaux qui synchronisent l’horloge biologique (rythmes de sommeil irréguliers, déficit d’exposition à la lumière du jour et d’activité physique/sportive pendant la journée, utilisation des écrans le soir…) ;
• les troubles du rythme circadien : horaires de travail non conventionnels, décalage de phase, jet-lag. Pour les personnes qui vivent et travaillent aux horaires dits « conventionnels », la journée de 24 heures est divisée en deux grandes périodes. Les troubles du rythme circadien qui peuvent aussi être liés à des facteurs biologiques modulant le rythme de l’horloge interne : il s’agit du syndrome de retard ou d’avance de phase ;
• le syndrome de retard de phase est d’origine multifactorielle (biologique, psychologique comportementale/sociétale, partiellement génétique). Il est caractérisé par un décalage récurrent de l’heure de l’endormissement et du réveil, en moyenne de plus de deux heures par rapport aux horaires dits conventionnels. Ce trouble touche plus particulièrement les adolescents. En résumé : la personne n’arrive pas à s’endormir et a une grande difficulté à se lever tôt le matin.
• l’inverse se produit pour le syndrome d’avance de phase : l’horloge biologique avance (on devient plus matinal), comme c’est le cas chez la personne âgée. Lorsque cette tendance est très accentuée, l’endormissement arrive très tôt (2 heures ou plus avant l’horaire conventionnel) et le réveil devient très matinal. Ce désordre affecterait environ 1 % de la population adulte d’âge moyen, mais le risque d’en être atteint augmente avec l’âge.
En résumé : la personne a du mal à tenir éveillée en soirée ; elle ressent le besoin d’aller se coucher tôt, entre 18 et 21h, puis se réveillera prématurément entre 2h et 5h du matin.

Les autres troubles du sommeil et de la veille
• Le Syndrome d’apnées du sommeil (SAS) : est courant puisqu’il affecte entre 5 et 15 % de la population adulte selon l’âge. L’apnée du sommeil est un trouble de la ventilation nocturne qui se caractérise par la survenue anormalement fréquente de pauses respiratoires. Ce syndrome est dû à des épisodes répétés d’obstruction des conduits respiratoires de l’arrière-gorge. Pendant le sommeil, chez la personne qui souffre de SAS les parois du pharynx tendent à se refermer en raison d’un relâchement musculaire. Cela entraîne une circulation de l’air plus difficile et un ronflement à cause des vibrations de l’air. Si les voies aériennes se ferment complètement, la personne s’arrête temporairement de respirer et fait une apnée obstructive. Un tel événement peut durer 10 secondes ou plus et peut se reproduire jusqu’à plusieurs centaines de fois par nuit ! Le sommeil est perturbé sans que la personne en ait forcément conscience (micro-éveils pendant – ou éveils brefs après – chaque apnée).
Les principaux symptômes qui caractérisent les apnées du sommeil : l’impression de ne pas avoir récupéré pendant la nuit de sommeil et une somnolence diurne excessive ; des ronflements très bruyants ; des troubles de la mémoire et de l’attention ; de l’irritabilité et une baisse de la libido.
Le SAS est considéré comme un facteur de risque indépendant de morbidité et mortalité cardiovasculaire. Dans une étude menée sur 1 499 patients suspects d’avoir un SAS, le risque d’hypertension était multiplié par 4,3 en cas de syndrome d’apnée du sommeil.
• Le syndrome des jambes sans repos : troubles moteurs du sommeil, est une pathologie plus rare puisqu’elle ne touche que 2,5 % de la population adulte et jusqu’à 8,5 % de la population générale, quel que soit le degré de sévérité concerné. Les manifestations qui caractérisent ce syndrome sont le besoin de bouger, souvent lié à des sensations désagréables, voire douloureuses, dans les membres inférieurs. Ces signes surviennent au repos, et sont majorés ou apparaissent en fin de journée, le soir ou la nuit, et sont soulagés momentanément par le mouvement. Autres troubles, des mouvements involontaires, qui se manifestent de manière régulière (périodique) au cours du sommeil et dont le dormeur n’a pas forcément conscience. Cette fois encore, ce sont surtout les muscles des jambes et des pieds qui sont concernés.

Les conséquences sur la santé
Fatigue, irritabilité, somnolence, troubles de la mémoire, troubles de l’humeur, diminution de la réponse immunitaire, prise de poids… Les conséquences sont nombreuses !
Si l’on constate des retentissements immédiats : somnolence, fatigue, irritabilité… le manque de sommeil chronique peut être responsable de l’apparition ou de l’entretien de nombreuses pathologies :
• du côté cognitif : problèmes de concentration, trouble de la mémoire… ;
• du côté cardio vasculaire : troubles du rythme, augmentation de la tension artérielle… ;
• du côté immunitaire : infections à répétition, augmentation du risque de cancer… ;
• et du côté métabolique : surpoids, obésité, troubles métaboliques, diabète…
• et du point de vue psychologique : moindre résistance au stress, troubles anxio-dépressifs…
Aucun aspect de notre psychobiologie n’est laissé indemne par la privatisation de sommeil.

À chacun sa solution
Il est important de souligner avant tout que la qualité du sommeil dépend du rythme de vie et des conditions environnementales. Cette notion doit toujours être prise en compte dans la recherche de solutions pour pallier une insuffisance de sommeil.
La prise en charge d’un trouble du sommeil dépend du type de trouble (insomnie, retard de phase, jetage…) comme de sa sévérité, et nécessite une approche individualisée pouvant combiner des moyens non médicamenteux et médicamenteux. À chaque trouble sa solution.

Resynchroniser une horloge biologique décalée
Place aux mesures chrono biologiques : Pour resynchroniser une horloge biologique décalée il existe des solutions comme la chronothérapie, la luminothérapie et la prise de mélatonine, approches qui aident à la resynchronisation du rythme veille/sommeil sur des horaires « normaux ».
• La chronothérapie : cette méthode, en changeant progressivement les horaires de lever et de coucher, permet de recentrer les habitudes de sommeil d’une personne sur son profil chronobiologique, selon qu’il est du « soir » (chronotype vespéral) ou du « matin » (chronotype matinal). Et en pratique, comment cela se passe ?
Dans le syndrome de retard de phase du sommeil, l’heure du coucher est retardée de 3h tous les jours en conservant une durée de sommeil fixe avec l’interdiction des siestes, ce qui entraîne un allongement de la période d’éveil chaque « jour ». Le patient se retrouve « calé » sur des horaires « conventionnels » en 7 jours. Ces horaires doivent alors être maintenus strictement par la suite.
Dans le syndrome d’avance de phase du sommeil, l’heure de coucher est avancée de 3h tous les jours ce qui entraîne un raccourcissement de la période d’éveil chaque « jour ».
• La luminothérapie : la luminothérapie repose sur une exposition à une lumière de forte intensité chaque jour pendant une durée déterminée, à un horaire particulier qui dépend des personnes et du trouble. Couplée à une bonne hygiène de sommeil et au respect des rythmes, la luminothérapie est actuellement le traitement de référence en cas de désynchronisation de l’horloge, comme dans le syndrome d’avance de phase. Elle est également recommandée pour les personnes qui ont des décalages de phase sans troubles du sommeil particulier, ou encore chez celles dont le chronotype est difficilement compatible avec leur vie socioprofessionnelle. On utilise alors la lumière et la mélatonine pour resynchroniser leur horloge biologique.
• La mélatonine : dans le syndrome de retard de phase, l’administration de mélatonine permet de faciliter l’endormissement à une heure plus compatible avec une vie scolaire ou sociale « normale ». La prise de quelques milligrammes de mélatonine à libération immédiate le soir (environ cinq heures avant l’endormissement habituel) contribue à avancer l’heure d’endormissement, surtout si elle est couplée à une exposition à la lumière le matin peu après le lever.
Lors d’un jet-lag, il est recommandé d’utiliser un ensemble de leviers permettant la synchronisation de l’horloge interne sur le nouvel horaire : exposition à la lumière, activité physique, heure des repas, mélatonine. Ces leviers sont à appliquer à différentes heures selon l’importance du décalage horaire et son sens (est ou ouest). Dans l’ensemble, la prise de 0,5 mg à 5 mg de mélatonine a un effet bénéfique, mais l’heure de prise est cruciale : administrée trop tôt dans la journée, la mélatonine peut être à l’origine de somnolence et d’un retard d’adaptation au jet-lag. Le moment d’administration de la mélatonine peut varier en fonction du nombre de fuseaux horaires traversés et du sens du vol (est/ouest ou ouest/est).

 Les bonnes habitudes et les techniques
• L’hygiène du sommeil : les excitants (café, thé, vitamine C, boissons énergisantes…) ne doivent pas être consommés après 15 ou 16h et il vaut mieux éviter la nicotine dans la soirée. On recommande un dîner léger, mais consistant (privilégier les féculents) et une limitation de l’alcool le soir, car il détériore la qualité du sommeil en deuxième partie de nuit. Les activités physiques et stimulantes doivent également être évitées le soir (à partir du dîner).
• Les bénéfices de la cohérence cardiaque :
– au niveau physiologique : baisse du cortisol (hormone du stress) ; baisse du rythme cardiaque ; baisse de la pression vasculaire ; hausse de la mélatonine (hormone de la nuit). Sur le long terme, plus de vitalité : renforcement du système immunitaire.
– Au niveau psychique et cognitif : retour au calme après un événement stressant ; hausse de la capacité à ressentir des émotions agréables ; hausse de la maîtrise émotionnelle ; hausse de la capacité à prendre des décisions pertinentes et à gérer des situations complexes ; hausse de la capacité à rester calme et à appréhender les situations avec recul ; et enfin baisse de l’inquiétude et anxiété
– Comment ça fonctionne ? Grâce à la bonne pratique de la cohérence cardiaque, les battements du cœur vont se synchroniser avec la respiration. Ainsi, on apprend à contrôler son cœur, et donc à apprivoiser son cerveau émotionnel. Ce mécanisme induit une baisse du cortisol (l’hormone du stress) et une baisse du rythme cardiaque et de la pression vasculaire. Ainsi le taux de mélatonine va augmenter et avec lui on retrouve un bon rythme du sommeil.
Bon à savoir : la pratique sur le long terme permet d’acquérir plus de vitalité et joue sur le renforcement du système immunitaire.
• Les micros siestes : la micro sieste ou « sieste flash » est basée sur une technique de sophrologie. Pendant 3 à 5 minutes, on est invité à fermer les yeux, contrôler/ralentir sa respiration, prendre conscience de son corps en accueillant toutes les sensations et à détendre progressivement les différents muscles pour arriver à un état de profonde relaxation. Cette technique permet de récupérer sa vigilance et son énergie en cas de somnolence ou de fatigue. Les microsiestes permettent donc de récupérer physiquement sans pour autant dormir, c’est-à-dire sans entamer son « capital sommeil » pour la nuit qui va suivre.
En cas d’anxiété et de stress, la « sieste flash » peut aider à se détendre suffisamment pour affronter la situation stressante dans de meilleures conditions.


Dodos de jeunes

À l’occasion de la 18e Journée mondiale du Sommeil, la Smerep a fait le point sur un problème récurrent qui impacte la vie des jeunes.
Plus de 60 % des étudiants affirment souffrir d’au moins un trouble du sommeil. La solution ? Des ateliers pour orienter et conseiller les jeunes dans leur quête du sommeil.

Depuis son lancement en 2016, la cabine e-santé a rencontré un fort succès auprès des étudiants qui plébiscitent la santé connectée.

Études supérieures et troubles du sommeil
Selon l’étude santé conduite par Opinion Way pour la Smerep, 62 % des étudiants déclarent souffrir d’au moins un trouble du sommeil, un chiffre en hausse comparé à 2016 (58 %). Parmi eux, 41 % ont des difficultés d’endormissement, 25 % des réveils nocturnes et 21 % souffrent d’insomnies. Dans le cadre de son parcours de prévention santé, la Smerep a mis en place au sein de son accueil Saint-Michel, des ateliers gratuits et ouverts à tous. Les étudiants et lycéens pourront être informés et sensibilisés de manière ludique, notamment sur leur besoin de sommeil, et plus généralement sur la manière de concilier, rythme étudiant et sommeil.
• Un quart des étudiants dort moins de 6 heures par nuit : parmi ces étudiants en proie à des troubles du sommeil, 67 % affirment que le stress lié aux études est à l’origine de leurs difficultés nocturnes. Ce chiffre atteint même 71 % si l’on fait un focus sur l’Ile-de-France. Les problèmes affectifs (37 %) et les problèmes familiaux (22 %) font également partie des raisons citées par le panel. Côté lycéens, ils sont près de la moitié à déclarer avoir au moins un trouble du sommeil suite au stress (46 %). Parmi eux, 35 % souffrent de difficultés d’endormissement et 15 % de réveils nocturnes. Les raisons sont les mêmes que pour les étudiants avec 59 % des lycéens français stressés par leurs études, puis près de 50 % qui pensent à ce qu’ils ont à faire le lendemain ou dans la semaine.
Ces phénomènes sont amplifiés par la très faible durée du sommeil. Une difficulté majoritairement ressentie par les jeunes puisque, près de 70 % des lycéens ne dorment qu’entre 6 et 8 heures par nuit et près de 20 % dorment moins de 6 heures ! Ces chiffres augmentent encore dès l’entrée en études supérieures, puisque les étudiants d’Ile-de-France sont plus de 25 % à dormir moins de 6 heures par nuit.

Le bilan de santé gratuit
En 2018, la Smerep renouvelle son opération de check-up santé connecté qui a déjà permis à près de 600 étudiants de réaliser leur bilan de santé gratuitement et en toute autonomie. Lancé en 2016, la cabine e-santé s’inscrit pleinement dans le cadre de la politique d’engagement et de prévention de la mutuelle historique des étudiants.
Selon l’étude annuelle, plus de 15 % des étudiants français se considèrent en mauvaise santé, un chiffre en hausse comparé à 2016 (12 %). Pourtant, ils sont près de 90 % à ne pas aller systématiquement chez le médecin en cas de maladie et 45 % à pratiquer l’automédication.
Pour ces étudiants qui font l’impasse sur leur santé, faute de temps (24 %) et pour des raisons financières (20 %), la Smerep propose une réponse concrète : un bilan gratuit à réaliser en toute autonomie grâce à la cabine e santé située 54 boulevard Saint-Michel 75006, Paris.
Pour toujours mieux accompagner les étudiants dans la prise en charge de leur santé, la Smerep met en place des actions de prévention santé afin de mettre en lumière les fragilités et d’agir sur les risques auxquels les étudiants sont exposés. Ces actions sont animées dans les facs et écoles ou au sein même du Smerep Store.
Depuis son lancement en 2016, la cabine e-santé a rencontré un fort succès auprès des étudiants qui plébiscitent la santé connectée. Pas étonnant : plus de 50 % d’entre eux utilisent au moins une application mobile dédiée à la santé ou au bien-être de manière générale selon l’enquête menée par la Smerep et l’institut Withings Health. Plus précisément, les étudiants sont 45 % à ne pas être opposés à utiliser une cabine e-santé en complément de visites médicales classiques, considérant que l’utilisation d’une cabine de télémédecine est un gain de temps et que cela facilite l’accès aux soins pour les étudiants étrangers (64 %).
Enfin, 94 % des étudiants pensent que la santé connectée peut contribuer à la prévention santé.

 

 

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