Les volontaires du feu

Les volontaires du feu

Parmi les 247 000 sapeurs-pompiers présents sur tout le territoire national, 17 % de professionnels et 5 % de militaires interviennent aux côtés de plus de 78 % de volontaires.

Le modèle de sécurité civile français, internationalement reconnu, repose sur ce savant alliage entre professionnels et volontaires. Ainsi les sapeurs-pompiers sont aujourd’hui de plus en plus sollicités par les citoyens et les pouvoirs publics, tant dans le cadre de crises majeures (catastrophes naturelles ou industrielles, terrorisme) que d’accidents du quotidien (incendies, secours aux personnes).
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2015 les sapeurs-pompiers ont reçu 20 247 000 appels, et réalisé 4 453 000 interventions, dont 300 700 incendies (+11 %), 3 692 700 secours d’urgence aux personnes (+5 %), 53 200 opérations pour des risques technologiques (+ 3 %) et 406 700 interventions pour divers secours. Cependant, bien que sur le terrain les besoins se font croissants, il reste difficile pour nombre de sapeurs-pompiers volontaires de concilier vie professionnelle, personnelle et volontariat.
Les contraintes affectant la pérennité de leur engagement sont nombreuses. Plus de 1/3 des volontaires comptent moins de 5 ans d’engagement et le nombre de nouveaux recrutements s’érode. Comme il y va de la pérennité du modèle de sécurité civile français, une mission de réflexion dédiée, dans la perspective du nouveau plan de volontariat pour les sapeurs-pompiers qui sera proposé en 2018, a été lancée le 4 décembre dernier à Méru (Oise).
D’ici mars 2018, l’objectif de cette mission sera de réfléchir à de nouvelles propositions ambitieuses pour refonder le plan volontariat des sapeurs-pompiers. Impactant tous les acteurs de la société, il s’agira de recueillir les contributions des élus locaux, des représentants des chefs d’entreprise, de l’Éducation nationale, des chercheurs, des sociologues, des géographes… Ainsi l’ensemble des actions à mettre en place, tant d’un point de vue économique, que social ou juridique, devront être expertisées, afin de garantir un socle minimum de 200 000 volontaires.
Les axes de travail arrêtés pour cette concertation sont les suivants :
• Comment attirer un nouveau public et diversifier le recrutement ? Avec un double défi : celui de la féminisation, seulement 16 % des sapeurs-pompiers étant des femmes et celui du renforcement du volontariat dans les zones périurbaines et quartiers populaires.
• Comment fidéliser les volontaires ?
• Comment revaloriser l’engagement ?
Aussi des solutions très concrètes devront émerger, afin par exemple de favoriser la conciliation vie socioprofessionnelle et engagement volontaire, améliorer la vie courante dans les casernes, associer les entreprises pour harmoniser les contraintes, adapter le volontariat aux besoins locaux, envisager de nouvelles formes de disponibilités opérationnelles…
Depuis le début du quinquennat, l’État a pris ses responsabilités pour renforcer et pérenniser notre modèle de sécurité civile :
• un budget inédit de 801 millions d’euros en 2018 (et d’une consolidation de celui des SDIS de 5 milliards d’euros ;
• l’acquisition de 6 nouveaux avions polyvalents gros porteurs, pour améliorer la lutte contre les feux de forêt et faciliter les transports de matériel ;
au vu de la diversification des situations d’intervention, les effectifs de démineurs seront augmentés de 10 %.
Des chantiers plus structurels seront menés en parallèle :
• la mise en place de plates-formes communes de réception des appels d’urgence avec un numéro unique le 112, et la pérennisation du soutien au projet de système d’information commun à tous les SDIS (Services départementaux d’Incendies et de Secours) ;
• le lancement d’un groupe de travail sur les carences ambulancières et l’organisation du secours, en coopération avec le ministère de la Santé et des Solidarités ;
• la formation de 80 % de la population aux gestes qui sauvent ;
• des négociations pour la mise en place d’une force européenne de sécurité civile.

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