La Nuit des idées

La Nuit des idées

Le 25 janvier, le Quai d’Orsay donnera le coup d’envoi de la troisième édition de cette Nuit créative, sur le thème « L’imagination au pouvoir ».

 Célébrer la circulation des idées entre les pays et les cultures, les disciplines et les générations : chaque année, la Nuit des idées est une invitation à découvrir l’actualité des savoirs, à écouter celles et ceux qui font avancer les idées dans tous les domaines, à échanger sur les grands enjeux de notre temps. Parce que la pensée traverse les frontières, toutes les formes sont bienvenues (conférence, théâtre, performance, projections, concert…), et les lieux les plus prestigieux comme les plus inattendus sont conviés à se joindre à la fête, en proposant leur interprétation originale du thème proposé. Au fil des fuseaux horaires, les échos de la Nuit des idées se répercutent via les réseaux sociaux, faisant de la Nuit des idées un événement global.
Le ministère des Affaires étrangères accueillera à cette occasion l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie qui reviendra sur son œuvre et ses engagements, notamment en faveur de l’égalité entre hommes et femmes et sur la place des pays africains dans la globalisation. Le public sera ensuite convié à une déambulation au sein de l’Hôtel du ministre. Les inscriptions à cet événement sont ouvertes depuis le 5 janvier 2018.
Née le 15 septembre 1977 à Igunu, Chimamanda Ngozi Adichie est l’auteure de plusieurs romans et recueils de nouvelles ayant reçu de nombreux prix, parmi lesquels l’Hibiscus pourpre, Autour de ton cou et Americanah. Elle dénonce dans ses œuvres les violences de l’histoire, les tensions ethniques et religieuses du Nigéria contemporain et aborde la question raciale et les problématiques liées à l’immigration aux États-Unis. L’auteure porte un discours offensif sur la place des pays africains dans la globalisation. Son intervention très remarquée lors d’une conférence Ted Talk en décembre 2012, intitulée « We should all be feminists » a par ailleurs largement contribué à sa notoriété.

En France et à travers le monde
Organisée en parallèle sur cinq continents la Nuit des idées se déclinera : de Dakar à Los Angeles en passant par Bruxelles, Buenos Aires, Katmandou, Marseille et Paris… Elle réunira des intervenants de tous horizons : intellectuels, chercheurs, artistes qui ont été invités à débattre autour du thème choisi cette année.
De nombreux lieux de culture et de savoir ont eu la possibilité de proposer leurs projets de Nuit des idées : libraires, associations, universités, ONG, écoles, centres d’art, laboratoires…

Le thème
« L’imagination au pouvoir » : en 1968, c’était une formule dont les manifestants couvraient les murs de Paris. Après un demi-siècle, son destin planétaire donne le vertige. En cinquante ans…
• l’aspiration à l’utopie a connu métamorphoses, élans et déceptions selon les lieux et les moments, les crises économiques et les soubresauts politiques ;
• L’appel à être « créatifs » a essaimé dans les domaines les plus sérieux, de la technologie au management, de l’urbanisme aux systèmes d’information ;
• pour agir, les sociétés humaines ont dû et doivent encore s’adapter à l’inimaginable – la fonte des pôles ou le décodage du génome humain, la chute du mur de Berlin ou l’intelligence des machines ;
• pour comprendre le monde à venir, les romans d’anticipation se révèlent aussi utiles que les ouvrages de prospective, et 1984 de Georges Orwell est en tête des ventes aux États-Unis ;
• l’irruption du numérique ouvre de nouveaux horizons à l’exercice de la citoyenneté, mais bouleverse les échanges jusqu’à brouiller la limite entre le réel et l’imaginaire, donnant aux fantasmes une emprise inédite au risque de confondre faits et hallucinations ;
• de leur côté, de la 3D à la VR, du partage de photos à l’imagerie scientifique ou au roman graphique, les images elles-mêmes ne cessent de changer de nature et d’échelle : qu’elle soit « augmentée » ou « virtuelle », la réalité déplace la fiction.
Après un demi-siècle, quelles formes prend l’aspiration à l’utopie ? Quel sens trouve cet appel à être créatifs, de la technologie à l’économie, de la science à l’urbanisme ? Comment nos sociétés peuvent-elles composer avec l’inimaginable – fonte des pôles, décodage du génome ou intelligence des machines ? Les œuvres d’imagination (l’art, la littérature, la science-fiction…) nous aident-elles à mieux comprendre le monde d’aujourd’hui ? Du poétique au politique, du scientifique à l’artistique, du littéraire au visuel, comment sonder et relancer le pouvoir de l’imagination ?

Comité éditorial
Composé de personnalités de tous horizons, le comité éditorial de la Nuit des idées sera invité à :
• imaginer des pistes de programmation (déclinaisons thématiques, formats, invités, lieux…) ;
• accueillir la Nuit des idées ou participer à celle-ci dans l’un des lieux partenaires ;
• relayer l’initiative et s’en faire les ambassadeurs/drices.
Ont accepté de participer au comité éditorial Mark Alizart (philosophe, coordinateur associé de la Nuit des idées 2017), Hortense Archambaud (directrice de la MC93), Philippe Artières (historien, CNRS, co-auteur de 68, une histoire mondiale), Gilles Babinet (entrepreneur, spécialiste des enjeux numériques), Patrick Boucheron (historien, professeur au Collège de France), Anne Cheng (sinologue, professeure au Collège de France), Julie Clarini (journaliste, Le Monde), Sophie de Closets (éditrice, PDG des Éditions Fayard), Jean-Max Colard (commissaire d’exposition, Centre Pompidou), Jean Duprat (astrophysicien, CNRS), Frédéric Ferrer (metteur en scène et géographe, compagnie Vertical Détour), Philippe Quesne (metteur en scène et directeur du Centre dramatique national Nanterre-Amandiers), Stéphane de Freitas (réalisateur, créateur du concours Eloquentia), Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros (curateurs, plateforme « le Peuple qui manque »), Maylis de Kerangal (romancière), Emmanuel Laurentin (journaliste, producteur de « la fabrique de l’histoire » sur France-Culture), Camille Louis (philosophe, curatrice de « La fabrique du commun »), Florence Martin-Kessler (réalisatrice, cofondatrice de Live Magazine), Lionel Naccache (neurologue, chef de service Pitié-Salpêtrière), Fabienne Servan-Schreiber (productrice, co-fondatrice de « Fraternité générale »), Sandrine Treiner (directrice de France-Culture), Rémi Babinet (cofondateur de BETC).

En 2017
Le 26 janvier 2017, pour la première fois, la Nuit des Idées réunissait le même soir, de Tokyo à Los Angeles, centres culturels, bibliothèques, universités et grandes écoles, musées et centres d’art, cinémas, hôpitaux, lieux associatifs, autour d’un même thème : « un monde commun ».
Chaque partenaire était invité à s’approprier ce thème à sa manière :
• en fonction des enjeux locaux ;
• en fonction de son expertise et de son public ;
• en fonction de ses contraintes techniques (durée, accessibilité).
Au travers de la diversité des propositions, il s’agissait de valoriser :
• des échanges interdisciplinaires, internationaux, inter-générationnels ;
• Le croisement entre enjeux « sérieux » et atmosphère festive ;
• La découverte de lieux inattendus et la mobilisation de partenaires locaux.
Initiée par l’Institut français, cette vaste opération de débat d’idées a rassemblé :
• 51 pays sur les 5 continents ;
• 80 villes en France et dans le monde ;
• Plus d’une centaine d’événements ;
• 180 000 participants ;
• 7 millions d’internautes autour de la balise #lanuitdesidees.
La Nuit des idées 2017 a mobilisé près d’un millier d’intervenants de tous pays et de toutes disciplines, et bénéficié du soutien de parrains prestigieux (Robert Badinter, Patrick Boucheron, Barbara Cassin, Hélène Carrère d’Encausse, Michaël Foessel, Esther Duflo, Souleymane Bachir Diagne, Achille Mbembe, Pierre Rosanvallon, Anne Cheng, Maylis de Kérangal, Cédric Villani…).

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