Plantes en danger

Plantes en danger

Pour ses dix ans, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) fait le point sur ses actions dans le domaine de la préservation de la santé des végétaux et les écosystèmes.

Xylella fastidiosa, nématode du pin, mouche orientale du fruit, maladie du huanglongbing… les émergences de maladies de plantes se multiplient. Dans un monde globalisé et qui se réchauffe, les écosystèmes sont aussi confrontés à des dangers provenant d’autres pays. Or les organismes nuisibles se propagent rapidement et sont souvent très difficiles à éradiquer une fois installés sur le territoire. Il est donc indispensable d’accentuer la prévention pour éviter des urgences sanitaires et préserver la diversité des espèces végétales et les cultures.

Anticiper les émergences et les crises sanitaires
La bactérie Xylella fastidiosa menace plus de 500 espèces de plantes : les vignes, les amandiers, les agrumes, les chênes, les caféiers et tout particulièrement les oliviers. Transmise par des insectes vecteurs dits « piqueurs-suceurs » se nourrissant de la sève, elle provoque le dessèchement des plantes infectées.
En France, la bactérie est présente en Corse et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). Un plan de surveillance a été mis en place afin d’éviter la propagation de la maladie. En cas de détection, tout végétal infecté est détruit. Le laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses est le laboratoire national de référence pour l’identification et la détection de la bactérie. À Angers, l’unité spécialisée en bactériologie analyse et confirme les échantillons de végétaux en provenance de toute la France… Depuis l’arrivée de Xylella fastidiosa sur le territoire en 2015, 48 000 échantillons prélevés sur des plantes ornementales, sauvages, aromatiques ou cultivées ont été analysés. À Montpellier, l’unité des ravageurs et plantes invasives identifie les insectes vecteurs de la maladie comme le cercope des prés, de la famille des cicadelles. En 2019, l’Anses a confirmé la présence de Xylella fastidiosa sur deux oliviers de la région Paca. Les scientifiques ont pu déterminer que l’un était contaminé par la sous-espèce pauca et l’autre par la sous-espèce multiplex. Cette découverte a permis de mettre en place des mesures de surveillance renforcées, le seul moyen de lutter contre cette maladie.
Parasite particulièrement destructeur, le nématode du pin est un ver microscopique qui touche des conifères, en particulier les pins maritimes. Il peut provoquer la mort de l’arbre en quelques semaines en bloquant la circulation de la sève dans le tronc. C’est un insecte coléoptère qui transmet ce parasite après s’être nourri sur un arbre infecté. Un seul insecte peut transporter plusieurs centaines de nématodes. Présent au Portugal et en Espagne, ce nématode n’a pas été mis en évidence en France, mais il existe un risque élevé d’introduction. Le sud de la France et la région des Landes présentent plusieurs facteurs favorables à sa propagation : les conditions climatiques, la présence avérée de l’insecte vecteur et la surface forestière composée d’espèces de pins maritimes sensibles au parasite. La diffusion de cet organisme est principalement liée au transport de bois ou de végétaux. Des palettes contaminées par le nématode du pin en provenance du Portugal et destinées à la France ont été récemment découvertes. À Rennes, l’unité de nématologie de l’Anses travaille depuis plus de 10 ans pour développer des méthodes innovantes de détection afin d’assurer une surveillance renforcée des territoires. Chaque semaine, elle conduit des analyses sur les extraits de bois prélevés dans les ports, forêts, usines ainsi que des échantillons d’insectes. Elle évalue les risques de dissémination de la maladie et propose des mesures de gestion pour les éviter. Elle contribue également à faire évoluer la norme européenne afin de détecter de façon plus précoce la présence du nématode et mettre en place une stratégie de lutte plus ciblée.
Certains insectes nuisent également à la santé des végétaux et ravagent les jardins, les forêts, le bois et les cultures agricoles. Chaque année, 3 à 4 nouvelles espèces sont détectées en France et plus de 20 en Europe. Certains insectes s’abritent dans les végétaux et s’en nourrissent. Exemple, le charançon rouge est l’un des ravageurs les plus destructeurs de palmiers. D’autres insectes ont un rôle de vecteur et transmettent des maladies comme Xylella fastidiosa et le nématode du pin. La maladie du huanglongbing, qui menace les cultures d’agrumes, est transmise par les psylles Diaphorina citri et Trioza erytreae. Le premier est déjà présent au Portugal et en Espagne et pourrait disséminer la maladie sur le territoire européen. Laboratoire de référence aux niveaux national et européen, l’Anses analyse les insectes interceptés sur les lieux de transports et de ventes des végétaux avant qu’ils se propagent. Chaque année, plus de 2000 échantillons sont analysés. Le laboratoire dispose d’une insectothèque qui rassemble des milliers d’exemplaires d’insectes répertoriés, utilisés pour une identification visuelle.

Lutter contre les plantes invasives
Parmi 6 000 espèces végétales sauvages en France, on dénombre environ 700 espèces exotiques introduites sur le territoire. Parmi ces plantes, certaines colonisent des écosystèmes et des cultures présents en France et en Europe et provoquent des dégâts environnementaux et agricoles importants. Elles peuvent aussi présenter des risques pour notre santé.
Le laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses veille et alerte sur les nouvelles plantes introduites potentiellement invasives et développe des méthodes pour identifier parmi ces espèces celles qui sont potentiellement les plus dangereuses. De plus, il mène des travaux de recherche pour mieux comprendre les caractéristiques de ces plantes envahissantes et dans quels milieux elles se développent. Il conduit également des expertises pour évaluer les risques liés à l’invasion de ces plantes que ce soit pour l’homme, l’environnement ou l’agriculture.
• Les ambroisies : des plantes envahissantes et hautement allergisantes
Il existe en France plusieurs espèces d’ambroisies, dont l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia) et l’ambroisie trifide (Ambrosia trifida), originaires d’Amérique du Nord. Ces plantes sont nocives pour les cultures qu’elles envahissent. On estime qu’au moins 4 % des surfaces agricoles françaises sont infestées par l’ambroisie à feuilles d’armoise, ce qui représente un coût de gestion d’environ 170 millions d’euros par an. Très allergisantes, les ambroisies sont un fléau pour les populations qui respirent leur pollen. Il suffit de cinq grains de pollen pour déclencher des symptômes chez les personnes allergiques. Les ambroisies trifides sont principalement présentes en Occitanie et l’ambroisie à feuilles d’armoise a été observée sur une très grande partie du territoire métropolitain et surtout dans les vallées du Rhône, de la Loire et de l’Allier. L’Anses étudie actuellement le risque de propagation des différentes espèces. La lutte biologique se présente comme un des rares recours possibles pour ralentir la prolifération de cette plante. Ainsi, ont été évalués le risque et le bénéfice liés à l’introduction d’un petit coléoptère, Ophraella communa, grand amateur d’Ambrosia. L’Agence évalue aussi les risques d’allergies liés aux pollens d’ambroisies, et une étude est en cours pour estimer l’impact sanitaire et économique de ces plantes.
• La berce du Caucase : limiter les risques pour la santé et l’environnement
La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) est une espèce qui présente à la fois des risques pour la flore des milieux qu’elle colonise et pour la santé humaine, car sa sève peut provoquer des brûlures de la peau. Cette plante peut atteindre jusqu’à quatre mètres de haut. Elle envahit les bords de routes, les prairies abandonnées, les bords de rivières. Actuellement présente dans un large quart nord-est de la France, en particulier dans les Hauts de France et les Alpes, la berce du Caucase progresse régulièrement vers le sud-ouest où les conditions climatiques sont particulièrement propices à son établissement. L’Anses a mené une expertise afin notamment de recommander des mesures de gestion adaptées.

La sève de la berce du Caucase : un danger pour la flore qu’elle colonise mais aussi pour l’homme.

Préserver la santé des insectes pollinisateurs
Les insectes pollinisateurs sont essentiels à la reproduction de nombreuses plantes et à la production notamment de fruits. Ainsi, ils sont de véritables sentinelles de la santé des écosystèmes et du maintien de la biodiversité. Les abeilles sauvages et domestiques représentent 90 % de ces insectes, aux côtés de bourdons, papillons ou encore de mouches. Leur déclin engendrerait des conséquences importantes pour la diversité des espèces végétales et l’offre alimentaire. Maladies, insectes prédateurs, appauvrissement des pollens, produits chimiques… : l’Anses étudie et évalue les facteurs de stress qui pèsent sur les abeilles et propose diverses solutions scientifiques et réglementaires afin de préserver leur santé.
• Le laboratoire pour la santé des abeilles de Sophia Antipolis : depuis plus de 40 ans, le laboratoire de l’Anses de Sophia Antipolis s’est imposé comme une référence aux niveaux national et international dans le domaine de la santé des abeilles. Les équipes y étudient les maladies des abeilles, les bactéries, parasites ou virus qui en sont responsables et les effets des produits phytosanitaires. Elles mettent au point des méthodes d’analyses pour identifier et détecter les agents pathogènes ainsi que les résidus des produits les plus dangereux pour leur santé. Les travaux du laboratoire ont permis des avancées significatives pour la compréhension de multiples facteurs qui sont à l’origine des troubles affectant les colonies d’abeilles et la mise en place de solutions durables pour leur préservation au niveau national et européen.
• Epilobee, un dispositif fiable de surveillance épidémiologique européen : l’Anses a coordonné l’enquête Epilobee, un vaste programme de surveillance épidémiologique en Europe qui a permis de mieux caractériser le phénomène de surmortalité des abeilles grâce à la collecte d’une grande quantité d’informations sur les ruches. Cette étude peut être reproduite régulièrement, grâce à des protocoles harmonisés qui permettent de comparer les résultats d’une année sur l’autre et d’obtenir une évolution temporelle.
• L’expertise de l’Anses sur les maladies des abeilles : dans le cadre de ses travaux d’expertise, l’Agence a mis en lumière le caractère multifactoriel de l’effondrement des colonies d’abeilles résultant de l’exposition à des agents infectieux et des pesticides. Elle montre une réalité complexe d’interactions entre pathogènes tels que le parasite Varroa, ou entre produits chimiques. Certains diminuent par exemple les défenses immunitaires des abeilles, les rendant plus fragiles face aux pathogènes. Autant de facteurs auxquels s’ajoutent la perte de la biodiversité, notamment chez les fleurs prisées par les abeilles et le changement climatique qui diminuent leurs ressources alimentaires. Face à ce constat, l’Anses a recommandé plusieurs pistes de travail comme la mise au point de mesures multi résidus plus fines sur spécimens et produits de la ruche pour mieux identifier les molécules présentes dans l’environnement de l’abeille, et la création d’un réseau de ruchers de référence pour mieux analyser les situations régionales des ruchers. L’Agence recommande par ailleurs de diminuer de façon globale le recours aux intrants chimiques et de renforcer les exigences pour les autorisations de mise sur le marché.
Les recommandations de l’Anses sont triples :
– évaluation des risques aigus et chroniques systématique dans le cadre des demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM) ;
– propositions de restrictions d’utilisation pour l’ensemble des produits : aucune application pendant les périodes où les cultures sont attractives pour les abeilles ;
– propositions d’évolutions des méthodes d’évaluation des risques dans le cadre des demandes d’AMM pour améliorer l’évaluation des risques à long terme pour les abeilles et pour les autres pollinisateurs, avec notamment l’introduction de la méthode de mesure du temps de retour à la ruche.

Le nématode du pin touche les conifères, en particulier les pins maritimes.

Agir ensemble à l’international
Préserver la santé des végétaux sur le territoire français ne peut se concevoir que par une pluralité d’approches préventives s’étendant hors de nos frontières. L’expertise de l’Anses est largement reconnue au niveau international. En témoignent les multiples partenariats dans lesquels l’Agence est impliquée, et les trois mandats de référence européens concernant les organismes nuisibles aux végétaux obtenus en 2019.

Valitest : garantir des méthodes robustes de détection des organismes nuisibles
Lancé en 2018 avec seize partenaires, ce projet européen coordonné par le laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses réunit différents acteurs universitaires et réglementaires, privés et publics, pour garantir la fiabilité et la robustesse des méthodes de détection des organismes nuisibles aux plantes, et contribuer à l’harmonisation des méthodes utilisées dans l’espace européen.
L’enjeu est de garantir la sécurité alimentaire en Europe. Si un organisme nuisible est introduit, il s’agit alors de disposer de tests pour le détecter efficacement afin de limiter sa dissémination.
À cette fin, Valitest contribue à la coordination des différents acteurs de la détection des organismes nuisibles grâce notamment à une charte de qualité de la production des réactifs et la structuration des producteurs. Il évalue également les méthodes de détection et d’identification, qui sont de plus en plus rapides, utilisables sur le terrain. Comme la technologie Lamp (Loop isothermal amplification), dont les résultats sont disponibles en quelques heures. Quant à l’avenir, il sera forgé par les outils de séquençage haut débit de l’ADN qui devraient permettre de détecter un panel étendu d’organismes nuisibles et d’identifier rapidement l’émergence de nouvelles menaces.

Projet européen « Horizon Scanning »
Pour assurer la protection des végétaux contre les maladies et insectes ravageurs, il est indispensable d’être en capacité d’identifier les nouvelles menaces, appelées « émergentes », d’apprécier leur dangerosité et de partager cette information au niveau européen. À cette fin, le projet européen « Horizon Scanning » (Surveillance de l’horizon) réalise une veille croisée de plus de 10 000 sources issues de la littérature scientifique et des médias permettant d’identifier des risques émergents. Sur cette base, ces menaces sont hiérarchisées. L’information est ensuite rendue disponible tant pour le grand public que pour les autorités européennes, qui peuvent alors prendre des décisions adaptées.

Mandats de référence européens : la reconnaissance de l’excellence de l’Anses en matière de référence pour la santé des végétaux
En 2019, l’Anses a obtenu trois nouveaux mandats de référence européens concernant les organismes nuisibles aux végétaux. Il s’agit des premiers mandats européens concernant ces organismes. Trois unités du laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses ont en effet été désignées Laboratoires de Référence de l’Union européenne en santé des végétaux pour les insectes et acariens, les nématodes et les champignons et oomycètes.
Dans le domaine de la santé des végétaux, ils sont des acteurs essentiels de la surveillance et la prévention de la dissémination des organismes nuisibles aux végétaux, en étant les garants des méthodes d’analyses officielles menées pour la détection précoce et le diagnostic, notamment de menaces sanitaires émergentes

OEPP et Euphresco
L’Anses coordonne ou participe de longue date à de nombreux travaux internationaux dans le champ des végétaux. Ainsi l’Agence est active au sein de l’organisation régionale de la protection des végétaux (OEPP) comptant 52 pays européens, de l’Oural à la Méditerranée. Elle contribue au développement de nombreux outils de référence et de recherche. L’Agence participe à différents panels d’experts : sur les plantes invasives, le diagnostic de bioagresseurs ou la résistance des organismes nuisibles aux produits phytosanitaires. L’Anses est par ailleurs membre de plusieurs groupes d’experts internationaux chargés de produire des méthodes et outils d’évaluation des risques qui seront utilisés par les pays membres de l’OEPP. L’Agence est impliquée dans le réseau international Euphresco (près de 70 membres de 50 pays différents) dont les objectifs sont d’améliorer la recherche en santé des végétaux, avec 34 projets de recherche menés depuis 2006. L’Agence a par exemple coordonné les travaux menés sur la détection fiable de la maladie du huanglongbing.

L’Anses évalue l’efficacité des produits phytosanitaires et les risques liés à leur utilisation pour la santé de l’homme et de l’environnement.

Les produits phytosanitaires
Le recours aux produits phytosanitaires fait partie des moyens de lutte contre les organismes nuisibles aux végétaux. Parce que ces produits ne sont pas anodins, leur autorisation et leur surveillance ont été confiées à une autorité sanitaire. Leur emploi sur les cultures et dans les espaces naturels doit se faire à bon escient et respecter les conditions d’utilisation.

Évaluer les produits et réduire leurs impacts sur les écosystèmes et la santé
L’Anses évalue l’efficacité des produits phytosanitaires et les risques liés à leur utilisation pour la santé de l’homme et de l’environnement. Elle surveille également, au travers de la phytopharmacovigilance, leur présence et leurs effets dans les différents milieux et sur la santé. Cette mission concerne l’ensemble des produits y compris ceux utilisés en agriculture biologique. L’Anses est aussi force de proposition pour faire évoluer les méthodes d’évaluation des produits et formuler des recommandations réglementaires aux niveaux national et européen. L’action de l’Agence s’inscrit dans une logique de recours raisonné et aussi faible que possible aux produits phytosanitaires, pour préserver leur efficacité face aux phénomènes de résistance et limiter l’exposition des professionnels et de la population générale, ainsi que celle des organismes vivants et des écosystèmes.

L’évaluation et l’autorisation en vue de la mise sur le marché des produits phytosanitaires
Les produits phytosanitaires sont soumis à une demande d’autorisation avant leur mise sur le marché. Leur utilisation au sein de l’Union européenne est étroitement encadrée par une réglementation spécifique, avec un processus d’évaluation scientifique et d’approbation à l’échelon européen concernant les substances actives, puis une logique d’évaluation par zones géographiques (réunissant plusieurs pays) pour les produits, l’autorisation de mise sur le marché des produits commerciaux s’effectuant ensuite au niveau de chaque État membre. En France, c’est l’Anses qui remplit cette mission depuis 2015.

Une plateforme de dialogue sur l’évaluation et l’impact des produits phytosanitaires
L’un des principes fondateurs de l’Anses est le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes s’intéressant à ses travaux d’expertise scientifique, dans son large domaine de compétences. Sur la question des produits phytosanitaires, une plateforme de dialogue a été mise en place en novembre 2017. Elle réunit plusieurs fois par an des associations, des organisations professionnelles et syndicales et constitue un lieu d’échange privilégié pour évoquer les questions relatives à l’évaluation et à l’impact des pesticides dans le périmètre des missions de l’Anses. Les participants y parlent notamment des méthodes d’évaluation et d’autorisation, des pistes d’évolution des cadres réglementaires et des expertises en cours au sein de l’Agence.

L’évaluation et l’autorisation des produits phytosanitaires, comment ça marche ?
Les produits phytosanitaires ne peuvent être autorisés que si la ou les substances actives qu’ils contiennent ont été approuvées au niveau de l’Union européenne.
Les industriels déposent un dossier de demande de mise sur le marché comprenant notamment les études requises par la réglementation et, s’il en existe, les publications scientifiques pertinentes. Les études doivent avoir été réalisées avec le produit formulé tel qu’il sera utilisé afin de prendre en compte l’effet de l’ensemble de ses composants — substance(s) active(s) d’ores et déjà approuvées par l’Europe — et coformulants. L’Anses vérifie la validité scientifique des données fournies par les industriels et leur conformité aux exigences réglementaires. Elle évalue ensuite l’efficacité des produits et les risques liés à leur utilisation pour les applicateurs, les travailleurs, les résidents et les personnes présentes à proximité des lieux d’application, les consommateurs, l’environnement, la faune et la flore. Pour cela, l’Agence fait intervenir des équipes d’évaluateurs scientifiques spécialistes de différentes disciplines (chimie, toxicologie, écotoxicologie, etc.) et s’appuie sur un comité d’experts spécialisés indépendant. L’évaluation tient compte des données de la littérature scientifique et celles issues des dispositifs de surveillance. Sur la base de cette évaluation partagée avec les États membres de la Zone Sud de l’Europe, des décisions d’autorisation ou de refus sont délivrées pour chaque usage du produit et pour une durée définie comprenant des conditions d’emploi spécifiques et, si nécessaire, des restrictions d’usage en fonction des risques identifiés. Les autorisations peuvent être restreintes ou retirées à tout moment si de nouvelles données scientifiques ou de surveillance le justifient.

Un dispositif de phytopharmacovigilance unique en Europe
L’Anses coordonne un dispositif de phytopharmacovigilance permettant de détecter aussi tôt que possible d’éventuels effets liés aux produits phytosanitaires, observés sur le terrain dans les conditions réelles d’utilisation. Il recueille les signalements des professionnels tels que les fabricants, les utilisateurs de produits phytosanitaires et les professionnels de santé. Grâce à un maillage de 19 dispositifs partenaires, il permet également la collecte de nombreuses données de surveillance sur la présence de résidus de substances dans les milieux, sur les expositions observées et sur les impacts sur la santé humaine, les animaux et les écosystèmes. Des études spécifiques sont par ailleurs financées dans ce cadre, sur le niveau d’imprégnation des populations par exemple ou les pratiques culturales. Toutes ces informations permettent d’alerter sur des effets non souhaités et d’adapter si nécessaire les conditions d’autorisation de mise sur le marché.