Opération Résilience

Opération Résilience

Lancée fin mars, cette opération constitue la contribution des armées à l’engagement interministériel contre la propagation du Covid-19.

Cette opération militaire inédite, dédiée au soutien des services publics et des Français dans les domaines de la santé, de la logistique et de la protection, en métropole et outre-mer, prend en compte la nécessité de poursuivre les opérations au profit de la sécurité des Français, sur le territoire national, dans les airs, sur les mers, dans l’espace cyber, comme sur les théâtres extérieurs.

Une opération multidomaines
Les militaires de l’opération « Résilience » apportent leur concours et leur savoir-faire aux autorités civiles dans plusieurs domaines :
• le domaine sanitaire : en complément de ce qu’accomplit déjà le personnel médical des établissements militaires du Service de santé des armées (SSA), les armées participent activement au désengorgement des zones les plus lourdement frappées par le coronavirus, à travers l’Élément militaire de réanimation (EMR-SSA) à Mulhouse, mais aussi le transport médical avec les moyens de l’armée de Terre (NH90 Caïman), de la Marine nationale (PHA Tonnerre), et de l’armée de l’Air (module Morphée) ;
• le domaine logistique, via le transport de fret aérien, terrestre, ou maritime, la mise à disposition d’emprises, ou l’affectation d’experts logistiques auprès des autorités civiles et sanitaires pour les appuyer dans ce domaine clé de la lutte contre le coronavirus ;
• le domaine protection : les militaires de l’opération « Résilience » peuvent assurer la protection de sites sensibles militaires et civils, ainsi que des missions de surveillance et de présence dissuasive en appui des forces de sécurité intérieure à titre d’exemple. Les armées n’ont cependant pas vocation à participer directement aux mesures de respect du confinement.

Un engagement en complément des autres moyens de l’État
Avec « Résilience », il s’agit pour les armées de s’engager directement au profit de la population en complétant le dispositif interministériel placé sous l’autorité du Premier ministre. Cette opération contribue ainsi à la réponse gouvernementale, sous la responsabilité des préfets, aux côtés du personnel hospitalier, des administrations civiles et des autres opérateurs.
Les armées contribuent avec leurs moyens lorsque ceux des autres services de l’État sont insuffisants, inexistants, indisponibles ou inadaptés pour répondre au besoin (règle dite des « 4 I »).
Les armées s’engageront dans l’ensemble des secteurs où elles pourront apporter un soutien à la continuité de l’État.

Les moyens mis en œuvre
Le Service de santé des armées pleinement impliqué
Le Service de santé des armées (SSA) est pleinement impliqué dans le dispositif depuis le déclenchement du stade 1. Tous les établissements hospitaliers du SSA, conformément aux consignes du ministère des Solidarités et de la Santé (MSS), sont passés en Plan blanc, dispositif hospitalier destiné à réagir aux crises sanitaires de grande ampleur, et participent à la lutte contre l’épidémie.
L’hôpital d’instruction des armées (HIA) Bégin (Paris), établissement de première ligne, fut l’un des premiers établissements de la liste des établissements de santé habilités à recevoir des patients atteints du Covid-19. Les HIA Percy (Paris), Sainte-Anne (Toulon), Laveran (Marseille), et Clermont-Tonnerre, établissements de santé de deuxième ligne, sont également pleinement mobilisés pour augmenter les capacités des établissements de première ligne et reçoivent des patients Covid-19.
Le passage au stade épidémique a mobilisé l’ensemble du système de santé français. À ce titre, les autres HIA (Metz, Lyon et Bordeaux), établissements de rang 3, participent aux prises en charge et accueillent également, selon leurs capacités et les besoins de la santé publique, des patients de médecine générale atteints du Covid-19.
Ces HIA étaient par ailleurs mobilisés dès la première heure de la crise, à travers les partenariats civilo-militaires qui amènent le SSA à avoir des professionnels de santé insérés dans des hôpitaux civils.

Participer activement au désengorgement des zones les plus lourdement frappées par le coronavirus
• L’EMR SSA
Le Service de santé des armées (SSA), avec le soutien du régiment médical de l’armée de Terre, a créé et déployé à proximité de l’hôpital de Mulhouse un Élément militaire de réanimation (EMR-SSA), structure médicale modulaire sous tente d’une capacité de 30 lits de réanimation qui permet la prise en charge de patients atteints du Covid-19. L’EMR-SSA est armé par 121 personnels, dont 91 du SSA et 30 du régiment médical (RMED) de l’armée de terre. Le personnel soignant comporte une quinzaine de médecins, dont 10 anesthésistes/réanimateurs, des infirmiers et aide-soignants, mais également des kinésithérapeutes et des ingénieurs biomédicaux pour le soutien médical.
Le RMED de La Valbonne est une unité de l’armée de Terre qui dispose d’une expertise logistique permettant de répondre aux besoins des spécialistes du SSA en énergie, moyen de liaison, alimentation, protection, et soutien vie en campagne, avec le soutien du poste de commandement de force logistique et du commandement de la logistique des forces terrestres. Le RMED a ainsi été projeté dans un premier temps à Chanteau (près d’Orléans) auprès de la Direction des approvisionnements en produits de santé des armées (Dapsa) pour procéder à la préparation, au montage et à la qualification de l’infrastructure imaginée par le SSA.
• Le dispositif Morphée de l’armée de l’Air
Depuis le 17 mars, à la demande de Florence Parly, les armées ont mis en alerte sur la base aérienne 125 d’Istres, le Module de Réanimation pour Patient à Haute Élongation d’Évacuation « Morphée », qui permet de transporter sur de longues distances, et dans des conditions de prise en charge adaptées, jusqu’à six patients lourds atteints du Covid-19. Ce module peut être mis en œuvre sur les avions A330 Phénix et C135FR de l’armée de l’Air.
Nouvel avion polyvalent livré à l’armée de l’air en octobre 2018, l’A330 Phénix assure la permanence de la mission de dissuasion nucléaire par sa capacité à ravitailler sa composante aéroportée. Il peut également ravitailler les avions de chasse dans leurs missions conventionnelles (qu’elle soit d’entraînement, de projection de puissance ou en opération extérieure) et assurer le transport stratégique de passagers et de fret.
Conçue pour le soutien des militaires déployés hors métropole, notamment en opérations extérieures, la capacité Morphée permet actuellement de participer au transfert des personnes gravement atteintes par le Covid-19 depuis les hôpitaux métropolitains les plus saturés pour faciliter leur prise en charge dans d’autres structures, en lien avec la Direction générale de la santé. Cette configuration a été déployée pour la première fois en métropole et sur l’A330 Phénix.
Le dispositif Morphée, opérationnel depuis 2006, a été utilisé pour la première fois au Kosovo en 2008 et a depuis servi à cinq reprises, au Kosovo et en Afghanistan. Véritable capacité stratégique, il permet à tout moment d’assurer l’évacuation simultanée d’une dizaine de blessés graves depuis une zone d’opération, n’importe où dans le monde, jusqu’à la métropole pour sa prise en charge dans un hôpital militaire.
Dans le contexte du Covid-19, le module est mis en œuvre par 20 personnes : 6 membres d’équipage et 14 membres du Service de santé des armées (SSA) pour la prise en charge des malades, dont 2 infirmiers convoyeurs.
• Le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre
Le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre a été le premier PHA immédiatement mobilisé, car disponible à quai à Toulon. Il a su reconfigurer ses capacités en moins de 48 heures pour pouvoir réaliser la mission de transfert sanitaire de la Corse vers les hôpitaux de la métropole. À leur arrivée à Marseille, en coordination avec le ministère des Solidarités et de la Santé, les patients ont été transférés dans les établissements de santé de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur pouvant les accueillir. Pour cette mission, les capacités médicales du PHA ont été adaptées afin de pouvoir accueillir des patients en réanimation. Le Tonnerre a été configuré pour transporter des malades confinés, avec prise en charge sanitaire.
• Le NH90 Caïman de l’armée de Terre
Après avoir mené une phase d’expérimentation et de certification en coordination avec le Samu et les autorités sanitaires, l’aviation légère de l’armée de terre (Alat), appuyée par le 2e régiment de dragons, a mis en place une procédure de transfert de patients infectés par le coronavirus à bord de l’hélicoptère de manœuvre NH90 Caïman de l’armée de Terre. La soute des Caiman ainsi configurée peut accueillir deux patients en réanimation, pour un transfert sur plusieurs centaines de kilomètres. Les patients sont accompagnés pendant le transfert par des équipes du Samu, dont l’équipement (brancards, oxygène…) est arrimé dans l’hélicoptère. Le personnel militaire qui arme la soute est muni d’équipement de protection fourni par le Samu, tandis que le poste de pilotage est séparé de la soute par un dispositif de protection mis en place par les équipes spécialisées NRBC du 2e régiment de dragons. La première mission a été réalisée par le 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg. Il a assuré, sous le contrôle opérationnel de l’officier général de zone de défense et de sécurité Est, le transfert de patients depuis Mulhouse vers un centre hospitalier situé à Essen, en Allemagne.
Le Caïman est un hélicoptère multimissions biturbine européen de transport militaire de la classe des 11 tonnes. Polyvalent et à la pointe de la technologie, il se décline en 2 versions : TTH (transport tactique, équipe l’armée de Terre) et NFH (lutte anti-surface et anti-sous-marine, équipe la Marine nationale).
• La solidarité européenne via l’opération Résilience
Le ministère des Armées, pour répondre aux besoins exprimés par le ministère des Solidarités et de la Santé, active également la solidarité européenne dans le domaine de la défense. Ainsi, l’armée de l’air allemande a mis à disposition de l’EATC (European Air Transport Command), un A400M du Lufttransportgruppe 62, pour transférer deux patients depuis Strasbourg vers Ulm, le 29 mars, via l’aéroport de Stuttgart, après avoir conduit une mission d’évacuation médicale de Bergame (Italie) vers Cologne (Allemagne) pour soulager les hôpitaux de Lombardie. L’Allemagne fournit pour ces vols le personnel de santé et l’équipement.
L’EATC, basé à Eindhoven aux Pays-Bas, est le fruit d’un projet initié en 1999 par le couple franco-allemand rapidement rejoint par la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Espagne et l’Italie. Il rassemble les moyens aériens de transport de ces sept pays, selon une logique de mutualisation et de partage qui vise à permettre un emploi optimisé des aéronefs. Par ailleurs, des hôpitaux allemands et suisses accueillent des patients français, évacués grâce aux hélicoptères des forces armées françaises.
Les autres vecteurs aériens engagés au profit de « Résilience »
Le 1er avril, un plot avancé de l’armée de l’air a été mis en place sur la Base aérienne 107 de Villacoublay pour participer au désengorgement des hôpitaux d’Île-de-France. Leur mission : assurer l’aérotransport de patients atteints du Covid-19 jusqu’à des hôpitaux en capacité d’accueil et de prise en charge. Les moyens aériens en alerte sont les suivants :
– 3 Caracal de l’EH 1/67 « Pyrénées » de la BA 120 de Cazaux : capacité d’aérotransport de patients en réanimation : 2 personnes ; et capacité d’aérotransport de patients en médicalisés : 6 personnes.
– 2 Puma de l’EH 1/44 « Solenzara » de la BA 126 de Ventiseri-Solenzara : capacité d’aérotransport de patients en réanimation : 1 personne ; et capacité d’aérotransport de patients en médicalisés : 4 personnes.
– 1 Cn235 Casa en version « nurse » (sanitaire) de la 64e Escadre de transport de la BA 105 d’Évreux : capacité d’aérotransport de patients en réanimation : 2 personnes ; et capacité d’aérotransport de patients en médicalisés : 8 personnes.
– 1 A400M Atlas équipé d’un Kit « CM30 », de l’Escadron de transport 1/61 « Touraine » de la BA 123 d’Orléans : capacité d’aérotransport de patients en réanimation : 4 personnes ; capacité d’aérotransport de patients médicalisés : 6 personnes.
Le plot a été réarticulé le 7 avril suite à une baisse de la demande, seuls deux Caracal restant déployés à Villacoublay. Les autres moyens ont rejoint leur base aérienne de stationnement sous un régime d’alerte à 2 heures.
De même, 5 personnels de l’armée de l’air constituent une équipe dans le cadre du plot de désinfection engagé sur la BA 107 de Vélizy-Villacoublay. Leur mission : désinfecter et restituer les moyens aériens présents sur la BA 107 engagés dans les opérations de secours, le plus rapidement possible, afin d’assurer la continuité de la mission, tout en suivant des protocoles stricts.
Composition du plot : 1 trinôme Section d’intervention nucléaire, radiologique bactériologique et chimique (SI – NRBC) de la BA 120 de Cazaux ; 2 Éléments de désinfection air (EDA) de la BA 107 de Vélizy-Villacoublay ; 1 EDA de la BA 105 d’Évreux ; 1 EDA de la BA 123 d’Orléans
• L’appui à la population et aux autorités civiles outre-mer
Le président de la République a décidé le 25 mars de déployer deux porte-hélicoptères amphibies (PHA) de la Marine nationale dans les approches des territoires français ultra-marins. Ils viendront appuyer l’action de l’État dans la lutte contre la pandémie. Régulièrement déployés pour porter assistance aux populations civiles en cas de crise, comme ce fut le cas lorsque l’ouragan Irma a frappé Saint-Martin et Saint-Barthélemy en 2017, ils vont mettre leur polyvalence à la disposition des autorités civiles des Antilles et de la Guyane, de la Réunion et de Mayotte dans le cadre de l’opération « Résilience ».
Ainsi, le PHA Mistral, engagé dans la mission Jeanne d’Arc, a réorienté sa mission vers Mayotte et La Réunion. Il a atteint Mayotte le 4 avril, où il a débarqué un sous-groupement tactique embarqué (SGTE), qui viendra renforcer le détachement de Légion étrangère de Mayotte (DLEM). Le PHA Dixmude tout juste rentré d’une mission en Méditerranée orientale a appareillé de Toulon le 3 avril à destination des Antilles qu’il devrait atteindre à la mi-avril. Grâce à leurs capacités, ils pourront appuyer et apporter du soutien aux commandants supérieurs des forces armées aux Antilles, en Guyane, et en zone sud de l’océan Indien, et les aider à gérer les conséquences de l’épidémie en soutien des autorités civiles : pénurie, logistique, protection, etc.
Le Tonnerre, le Mistral et le Dixmude sont les 3 PHA de la Marine nationale. Grâce à ces bâtiments polyvalents, la Marine est capable de mener des opérations de gestion de crise, de transport ou encore d’évacuation sanitaire et de soutien médical par des moyens amphibies et aéromobiles, en intégrant à bord des éléments de forces interarmées et sanitaires, militaires et civiles.

L’appui aérien dans le transport de personnel médical
Le 1er avril, 72 personnels soignants ont été transportés par des avions de l’armée de l’air : 41 passagers dans un KC 130 J (Brest-Paris), 18 autres passagers dans un C160 Transall (Marseille-Paris) et enfin 13 dans un Falcon 900 (Nice-Paris).
Le 5 avril, 1 KC 130J de l’armée de l’air a transporté 21 personnels soignants de Quimper à Villacoublay. 1 Falcon 8X et 1 Falcon 900 de Dassault Aviation et mis à la disposition des Armées ont transféré 28 personnels soignants de Brest à l’aéroport de Paris-Le Bourget.

L’engagement des armées dans les actions de désinfection de vecteurs, de personnel et de matériel
Des équipes spécialisées dans la désinfection approfondie ont été déployées en métropole au profit des zones de défense et de sécurité, et outre-mer au profit des commandants supérieurs des forces de souveraineté. Elles conduisent en premier lieu les opérations de désinfection approfondie des vecteurs mis en œuvre pour transférer les patients et désengorger les hôpitaux dans les zones saturées, et plus généralement l’ensemble des moyens utilisés dans le cadre de « Résilience », et pour assurer la continuité des activités militaires, dont les postures permanentes et les activités stratégiques. Elles peuvent également être mises en œuvre désinfecter des infrastructures et sites civils essentiels pour assurer la continuité de l’État, ou s’il y a un besoin d’assistance vitale aux personnes.
Ces équipes sont constituées de spécialistes NRBC, qui disposent d’une expertise reconnue dans les opérations de désinfection approfondie. Elles constituent une capacité rare, qu’il convient d’utiliser à bon escient pour poursuivre les opérations dans la durée.
• Les armées disposent d’un Centre Inter Armées NRBC (CIA NRBC) qui assure les missions de formation et de doctrine dans le domaine NRBC. Ce centre forme chaque année des centaines de personnels qualifiés NRBC qui agissent comme des relais dans leurs unités non spécialisées et sont à leur tour chargés de l’instruction des non-spécialistes. Ce maillage assure une résilience et une capacité NRBC aux armées.
• L’armée de terre dispose avec son régiment de spécialistes NRBC, le 2e régiment de dragons, d’une expertise reconnue en matière des risques biologiques, notamment pour la désinfection approfondie. Dans le cadre de l’opération Résilience, des équipes de désinfections « légères », ou des équipes « lourdes » dotées de véhicules organiques de décontamination sont en mesure d’écarter tout danger CoViD aussi bien de locaux que d’infrastructures ponctuelles.
• L’armée de l’air dispose, sur la base aérienne 120 de Cazaux, d’un centre expert (CE NRBC) qui forme l’ensemble de la population des pompiers des bases aériennes, et d’une section d’intervention (SI NRBC) capable d’intervenir et de se déployer sur alerte. Depuis le 31 janvier, et le début des missions d’aérotransport de personnels (rapatriement de Français expatriés à Wuhan) et d’aérotransport de patients atteints du Covid-19, les pompiers de l’air de la SI — NRBC de la BA 120 œuvrent aux opérations de désinfection des moyens des armées.
• L’armée de l’air dispose au total de plus de 600 pompiers qualifiés pour être engagés sur des missions NRBC. Ces spécialistes sont répartis sur l’ensemble des bases aériennes à vocation nucléaire (BAVN) et bases à vocation intervention (Bavi). Ce maillage territorial est ainsi de nature à répondre rapidement à toute sollicitation de protection ou de remise en œuvre de capacités militaires.
• La Marine nationale dispose de spécialistes NRBC pouvant être embarqués à bord de ses bâtiments et au sein des emprises terrestres réparties sur les trois façades maritimes et outremer. La principale ressource spécialisée est affectée dans les unités de marins-pompiers des bases navales, aéronavales, de la base opérationnelle de l’île Longue, au sein des brigades sécurité des bords, mais également dans les structures de formation et entraînement (Pôle Écoles Méditerranée et centres de formation pratique et d’entraînement à la sécurité). La Marine dispose également de spécialistes en gestion de crise nucléaire dont l’expertise est recherchée en lutte NRBC (Service de surveillance radiologique, laboratoires d’analyse, de surveillance et d’expertise de la Marine). Enfin, le Bataillon de Marins-Pompiers de Marseille est une unité formant les marins-pompiers de l’ensemble de la Marine, reconnue dans le milieu de la Sécurité civile et des armées et dont l’expertise NRBC est à disposition des autres formations de la marine.
• Les armées comptent dans leurs rangs des pompiers experts dans le domaine nucléaire, radiologique, biologique, chimique aguerris aux procédures de désinfection.

Protéger les Français
Les armées continuent à opérer et à se préparer pour protéger les Français. Résolument engagées dès le début pour apporter leur soutien à la Nation dans la lutte contre le coronavirus, les armées, au titre de cette opération, mettent leurs moyens et savoir-faire à disposition des autorités civiles, tout en continuant à protéger la Nation à travers leur engagement sur le territoire national comme en opération extérieure.
Dans les circonstances exceptionnelles de la crise liée au coronavirus, les armées, directions et services restent mobilisés pour assurer la permanence des missions essentielles à la sécurité des Français. Il s’agit notamment de la dissuasion nucléaire, en mer et dans les airs, de la lutte contre le terrorisme en opération extérieur (opérations Barkhane, Chammal) et sur le territoire national (opération Sentinelle), de la protection de notre espace aérien, de nos satellites, de la surveillance et la sauvegarde maritimes ou encore de la lutte contre les trafics. Ainsi, près de 40 000 militaires français sont déployés au quotidien au profit de la sécurité de la France et des Français, sur le territoire national comme en Opex, mais également 12 000 pompiers militaires mis pour emploi par le ministère de l’Intérieur.
Le maintien de ces activités s’effectue en prenant en compte toutes les mesures strictes et rigoureuses de précaution face au risque de contamination, qui sont adaptées aux contraintes locales, nécessairement variables, que l’on soit sur le terrain, en garnison, sur base navale ou aérienne, sur un navire ou dans un aéronef. Pour chacune de ces unités, les mesures « barrière » nécessaires pour protéger les unités sont appliquées. Elles concernent la vie courante et l’exercice des missions (distanciation sociale), les mesures d’hygiène dans les lieux communs, l’organisation de la vie en collectivité ainsi que la surveillance de l’état de santé du personnel, en lien avec les échelons locaux du service de santé.
Enfin, dans le contexte actuel et en application des mesures du ministère des Solidarités et de la Santé (MSS), pour limiter la propagation du Covid-19, des plans de continuité d’activité ont été déclinés dans chaque armée, au sein de chaque unité pour assurer l’ensemble des missions essentielles à la protection de nos citoyens. Nos armées s’organisent pour toujours être prêtes et professionnelles.
Afin de freiner la propagation du virus, le ministère applique donc très rigoureusement en interne les mesures de prévention du MSS. Il adapte son organisation et ses activités afin de poursuivre ses missions de défense et de protection de la Nation et des Français (déploiement du télétravail, suspension des rassemblements, y compris dans le cadre du sport ou des traditions, fonctionnement avec alternance des équipes, fermeture des écoles académiques et report de toutes les activités non opérationnelles, etc.).
D’une façon générale, un fonctionnement permettant des relèves tous les 15 jours est privilégié où ce régime est compatible avec la mission (ex. : les bâtiments au port base et les entités de la Marine basées à terre [état-major ou centres d’expertise] ont adopté un fonctionnement par bordées allant jusqu’à 15 jours).