Prochain parc éolien

Prochain parc éolien

Afin de diversifier son mix énergétique, la France s’est fixée comme objectif de porter à 33 % la part de la consommation d’énergie provenant de sources renouvelables d’ici 2030. À cet horizon, 40 % de la production du mix électrique proviendra d’énergies renouvelables.

C’est dans ce cadre que l’État souhaite réaliser un nouveau parc éolien en mer d’1 GW au large de la Normandie et planifier de futurs projets. Saisie par le ministère, la Commission nationale du débat public organise un débat public depuis le 15 novembre jusqu’au 15 mai 2020. La Programmation pluriannuelle de l’Énergie (PPE) fixe les priorités de la France en matière d’énergie pour les 10 ans à venir. Le projet de PPE localise le prochain parc éolien en mer français en Normandie, et ce parc pourra être suivi par d’autres projets dans la même zone.
Les évolutions récentes de la réglementation permettent désormais de consulter le public avant de désigner l’entreprise retenue pour développer le projet de parc éolien afin d’éclairer le choix qui sera fait en particulier sur la localisation du parc et de son raccordement. La démarche présentée au public porte donc sur la recherche, au large de la Normandie, d’une zone pour un futur projet éolien en mer d’1 GW et son raccordement, ainsi que d’autres zones, pour des projets ultérieurs et leur raccordement.
L’État attend du débat public qu’il permette de :
• partager le diagnostic des enjeux de la zone géographique soumise à la consultation du public (la « macro-zone ») et des aires d’étude du raccordement au réseau électrique ;
• définir une ou plusieurs zones permettant de développer de futurs projets éoliens en mer, dont un premier d’1 GW à l’issue du débat public ;
• définir les modalités permettant l’intégration du futur parc éolien et son raccordement en mer et sur le territoire.

Pourquoi développer les énergies renouvelables en mer ?
En cohérence avec les objectifs européens, la France s’est fixé des objectifs en matière de développement des énergies renouvelables et de diversification du mix énergétique. Elle vise à porter la part des énergies renouvelables à 40 % de la production d’électricité en 2030 et la part du nucléaire à 50 % en 2035 contre 72 % en 2016. La diversification contribuera à améliorer la robustesse du système électrique et sa résilience tout en réduisant son impact environnemental et ses importations de combustible.
Sur la façade maritime Manche-Est – mer du Nord, sept sites de production d’électricité sont présents dont 5 centrales nucléaires, une centrale à charbon et une centrale à gaz. La majeure partie de l’électricité est produite par les centrales nucléaires.
Le développement des énergies renouvelables et la diversification du mix électrique constituent des enjeux majeurs de transition écologique. Possédant de réels atouts pour y contribuer, la façade Manche Est – mer du Nord a vocation à devenir pionnière dans la production d’énergie renouvelable en mer, en utilisant principalement l’énergie du vent et celle des courants marins. Concernant les projets d’éoliennes en mer, 4 parcs (dont trois en Normandie) totalisant une puissance de près de 1,95 GW sont en cours de développement sur la façade, les premières mises en service étant attendues pour 2022.

 Pourquoi la Normandie ?
• Les conditions de vents et les fonds marins, au large, sont très favorables à l’éolien en mer posé, ce qui permet d’installer des éoliennes qui produisent davantage d’énergie dans des conditions économiques compétitives. En mer, le vent est plus fort et plus régulier qu’à terre et les éoliennes fonctionnent donc de l’ordre de deux fois plus qu’à terre.
• Les concertations menées sur le territoire depuis plusieurs années identifient des zones propices à l’implantation de nouveaux parcs éoliens en mer.
• La Normandie dispose d’une filière industrielle en plein essor qui bénéficiera de retombées locales en emplois, formation et fiscalité.
• Le raccordement au réseau de transport d’électricité sera facilité grâce aux infrastructures existantes à terre.
En mer, la « macro-zone » dans laquelle l’État cherche des zones pour de futurs parcs comprend deux zones du Document stratégique de façade Manche Est Mer du Nord (DSF). Le choix de ces zones répond à des critères de faisabilité technico-économiques et visent à limiter les effets d’un parc éolien en mer sur l’environnement et les activités socio-économiques existantes. L’État y cherche des zones préférentielles d’environ 300 km2 chacune.
Le parc de 1 GW pourrait être composé d’environ 80 éoliennes de 12 MW, éoliennes les plus puissantes à ce jour. À l’avenir, grâce aux progrès techniques, des éoliennes moins nombreuses et plus puissantes pourraient être installées. Un parc éolien d’1 GW pourrait, par exemple, être composé d’environ 65 éoliennes de 15 MW. « Le développement des énergies renouvelables, notamment en mer, est une composante majeure de la diversification de notre mix électrique. Pour mener cette transition, identifier de façon concertée les zones des futurs projets éoliens en mer, très en amont de la réalisation des projets, est capital », a commenté la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne. Depuis 10 ans, la France a appuyé le développement de l’énergie éolienne en mer en lançant 3 procédures de mise en concurrence pour des parcs éoliens en mer posés en 2011, 2013 et 2016, totalisant 3,6 GW répartis dans 7 projets en Manche (Saint-Brieuc, Courseulles-sur-Mer, Fécamp, Dieppe – Le Tréport et Dunkerque) et en Atlantique (Saint-Nazaire et Yeu – Noirmoutier). Pour ce 8e projet, l’ensemble des enjeux du territoire, l’environnement, le paysage, le patrimoine culturel et les activités humaines traditionnelles et déjà existantes, devront être pris en compte pour le choix des zones d’implantation. Les effets du projet éolien en mer sur l’environnement et les activités humaines seront appréhendés tout au long de la vie du projet. S’ils ne peuvent être évités, ils seront réduits et compensés.

En quoi consiste le projet de raccordement ?
Responsable du réseau public de transport d’électricité en France, RTE est chargé de raccorder le futur parc éolien au réseau public de transport d’électricité. Depuis la loi du 30 décembre 2017, RTE a vu son périmètre de responsabilité s’étendre à la construction, le financement et l’exploitation du poste électrique en mer.
Les éoliennes sont reliées entre elles et raccordées au réseau public de transport d’électricité par l’intermédiaire d’un poste électrique en mer. Le poste électrique en mer est lui-même relié à un poste électrique à terre (lequel peut se situer à plusieurs dizaines de kilomètres à l’intérieur des terres), par des câbles électriques à très haute tension, prioritairement enfouis dans le sol ou déposés au fond de la mer et protégés par des enrochements ou des matelas en béton. La jonction entre la partie sous-marine et la partie terrestre du raccordement est réalisée à l’atterrage.
Pour le raccordement, 3 zones sont susceptibles d’accueillir la production électrique des futurs parcs éoliens au large de la Normandie : le poste de Menuel dans la Manche, le poste de Barnabos en Seine-Maritime et la zone du Havre (poste à construire près de la liaison Le Havre-Rougemontier). Leur capacité d’accueil respective est d’ores et déjà suffisante pour raccorder un parc éolien de 1 GW.
Le débat public visant à définir les zones futures d’implantation, le rôle de RTE sera d’apporter des éléments techniques et environnementaux au débat.

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)
Élaborée par le ministère de la Transition écologique et solidaire en concertation avec l’ensemble des parties prenantes, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est l’outil de pilotage de la politique énergétique créé par la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Elle établit les priorités d’action du gouvernement en matière d’énergie pour les 10 années à venir afin d’atteindre les objectifs de cette loi. Elle est révisée tous les 5 ans.
La PPE en vigueur est la PPE 2016-2023. Elle est actuellement en cours de révision et portera sur la période 2019-2028. Conformément au Code de l’environnement, l’État a saisi la Commission nationale du débat public (CNDP) sur cette révision de la PPE et un débat public, organisé sous l’égide de la CNDP, s’est déroulé du 19 mars au 30 juin 2018. Le 30 novembre 2018, soit 3 mois après la publication du compte rendu de la CPDP, l’État a décidé de poursuivre la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie en tenant compte des enseignements du débat public. Cette décision a été publiée au Journal officiel le 4 décembre 2018.
Le projet de PPE a fait l’objet d’une évaluation environnementale stratégique, qui a été soumise à l’Autorité environnementale (AE) et à la consultation de plusieurs instances impliquant des parties prenantes variées. À la suite de ces consultations, une consultation du public sera organisée, puis la PPE 2019-2028 pourra être adoptée.
Le projet de PPE (2019-2028), présenté par le président de la République et le ministre de la Transition écologique et solidaire le 27 novembre 2018 et publié sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire le 25 janvier 2019, prévoit que le prochain parc éolien en mer français sera situé sur la façade Manche Est – Mer du Nord, ce qui constitue la décision de lancer ce prochain parc éolien en mer et a abouti à la saisine de la CNDP par le ministre de la Transition écologique et solidaire en mars 2019 conduisant à ce débat.