Les cités éducatives

Les cités éducatives

Objectif de ce dispositif fédérateur : accompagner au mieux chaque parcours éducatif individuel, depuis la petite enfance jusqu’à l’insertion professionnelle, dans tous les temps et espaces de vie.

Depuis trente ans, les inégalités de destin ont progressé dans notre pays : selon l’endroit de naissance, sa famille, l’école fréquentée, les chances de réussite ne sont pas les mêmes. C’est pourquoi le ministère chargé de la Ville et du Logement et le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse ont décidé de mettre en œuvre des mesures fortes à chaque étape du parcours des enfants.
Le projet des « cités éducatives » est né d’une expérimentation, à Grigny (91), en 2017. Au printemps-été 2018, dans le cadre de la co-construction de la feuille de route gouvernementale pour la politique de la ville, il a d’abord été porté par un groupe de travail national au ministère de la Cohésion des territoires et par le rapport Borloo, avant que le Gouvernement ne décide de son essaimage dans une soixantaine de grands quartiers sans mixité, avec des moyens dédiés, le 18 juillet 2018.
Les cités éducatives s’adressent aux habitants des territoires de la politique de la ville et s’inscrivent dans la mobilisation nationale, lancée en juillet 2018, par Emmanuel Macron et portée par le ministère en charge de la Ville et du Logement. Elles s’inscrivent dans le cadre des mesures nouvelles prises par le ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse : scolarisation obligatoire dès 3 ans, dédoublement des classes, Plan mercredi, « Devoirs faits », prime Rep+, petits-déjeuners à l’école…

Un label d’excellence
Les cités éducatives visent à intensifier les prises en charges éducatives des enfants et des jeunes, de 0 à 25 ans, avant, pendant, autour et après le cadre scolaire. Elles consistent en une grande alliance des acteurs éducatifs travaillant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville : services de l’État, des collectivités, associations, habitants.
À travers les cités éducatives, le Gouvernement veut ainsi fédérer tous les acteurs de l’éducation scolaire et périscolaire, dans les territoires qui en ont le plus besoin et où seront concentrés les moyens publics.
Un travail fin a été réalisé avec les préfets et les recteurs pour identifier 80 territoires cibles. Il s’agit de grands quartiers d’habitat social de plus de 5 000 habitants, présentant des dysfonctionnements urbains importants et avec des enjeux de mixité scolaire. Il a par ailleurs été tenu compte des enjeux d’aménagement du territoire et du volontarisme des élus locaux.
Le label « Cités éducatives » et les moyens supplémentaires affectés par l’État ne seront accordés qu’aux territoires éligibles où les acteurs du territoire proposeront une stratégie ambitieuse et partagée, avec une collectivité cheffe de file.
L’ambition des cités éducatives n’est pas d’être un dispositif de plus mais l’occasion de mieux coordonner et renforcer les dispositifs existants. L’enjeu est de pouvoir accompagner au mieux chaque parcours éducatif individuel, depuis la petite enfance jusqu’à l’insertion professionnelle, dans tous les temps et espaces de vie.
Dès son installation, le Gouvernement a fait de l’éducation dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville une priorité. Elle se traduit par des mesures concrètes et fortes : le dédoublement des classes qui bénéficie à près de 190 000 élèves de CP et de CE1 depuis la rentrée 2018-2019, l’augmentation sur 3 ans de la prime aux 60 000 personnels de l’éducation nationale exerçant dans les établissements REP+, les « devoirs faits », le « plan mercredi », le déploiement d’une offre de plus de 30 000 stages de qualité pour les élèves de 3e des quartiers ou encore le renforcement du dispositif des médiateurs à l’école pour prévenir et gérer les conflits.

Les grands objectifs
Les cités éducatives consistent en une meilleure coordination des dispositifs afin de parvenir à des « Territoires à haute qualité éducative ».

Conforter le rôle de l’école
Il s’agira de concevoir des perspectives de travail et d’envisager des actions coordonnées :
• Rechercher une meilleure mixité sociale et scolaire : créer des filières et des formations innovantes et attractives.
• Améliorer le bien-être de tous, élèves et personnels : qualité et utilisation des locaux scolaires sur les temps périscolaires.
• Renforcer le suivi personnalisé des élèves en amont et sur la durée : travail coordonné entre les cycles, avec les divers dispositifs culturels, éducatifs sportifs de prise en charge des jeunes sur les différents temps et l’ensemble du territoire.
• Encourager l’ambition scolaire : accompagnement des élèves sur la persévérance et l’orientation.
• Encourager la coopération avec les parents.
• Renforcer les alliances éducatives à l’interne et avec les partenaires : développement d’actions de formations communes afin de partager les enjeux et le sens des actions.

Promouvoir la continuité éducative
L’enjeu est aussi d’organiser autour de l’école la continuité éducative, afin de construire un lien continu avec les parents et les autres adultes pouvant contribuer à la réussite dès le plus jeune âge et dans le périscolaire.
• Favoriser la socialisation précoce des enfants : créer de nouvelles places de crèches.
• Faciliter l’implication des parents et les conditions d’exercice de la parentalité : étendre l’opération « ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants » (OEPRE).
• Développer la prévention santé-hygiène : dépistage précoce des troubles de santé ; petits-déjeuners gratuits en lien avec la stratégie pauvreté.
• Favoriser la persévérance scolaire et la lutte contre le décrochage : renforcement du programme de réussite éducative.
• Promouvoir l’éducation artistique et culturelle : actions en lien avec les structures culturelles du territoire.
• Développer la pratique sportive et les activités de bien-être corporel : promotion de la labellisation « Génération 2024 » entre le monde scolaire et le mouvement sportif.
• Mieux diffuser la culture scientifique et technique : fablabs, tiers-lieux.
• Investir davantage les lieux et les temps où les services publics sont en retrait : renforcement de la présence des adultes formés en soirée, les week-ends et pendant les vacances scolaires, pour éviter les replis communautaires et/ou identitaires.
• Développer l’accompagnement personnalisé des jeunes : cordées de la réussite, tutorat, mentorat.
• Promouvoir les valeurs collectives et la prévention des risques : promotion des valeurs républicaines.

Ouvrir le champ des possibles
L’un des enjeux majeurs de la « cité éducative » est d’aider les enfants et les jeunes à trouver, dans leur environnement, les clés de l’émancipation. Les partenaires viseront ici à multiplier les opportunités d’ouverture et de mobilité sur le monde extérieur.
• Faire découvrir les filières de formation et du monde du travail : stage de 3e, partenariats avec l’enseignement supérieur et le monde économique.
• Favoriser la maîtrise de la langue et lutter contre l’illettrisme et l’illectronisme.
• Aider à l’insertion professionnelle des jeunes sans qualification : écoles de la 2e chance, établissements pour l’insertion dans l’emploi (Épide), écoles de production.
• Développer la mobilité et les rencontres : voyages de découverte, mobilités scolaires et éducatives.
• Promouvoir l’ouverture culturelle et citoyenne : service civique, actions d’entraide scolaire ou de solidarité, participation à la vie de la cité.
• Participer à la société numérique de demain : fablabs, badges numériques ouverts.
• Offrir à tous un « droit à la ville » : accessibilité des transports en commun et accès aux ressources culturelles et sportives de l’agglomération.

80 territoires

L’ambition des cités éducatives est de créer une alliance éducative : fédérer tous les acteurs des quartiers prioritaires de la politique de la ville afin d’en faire des lieux de réussite républicaine. Le travail étroit entre le maire, le préfet et le directeur académique des services de l’éducation nationale va permettre de créer un écosystème favorable autour du collège afin d’offrir aux élèves une éducation de qualité pendant le temps scolaire et périscolaire.

Jean-Michel Blanquer et Julien Denormandie ont ainsi dévoilé les 80 territoires éligibles * qui ont été sélectionnés après un travail fin avec les préfets et les recteurs. C’est désormais aux collectivités, sans qui rien ne peut se faire de s’engager dans cette démarche, à travers l’élaboration d’une stratégie territoriale ambitieuse et partagée. L’État sera là pour les accompagner avec près de 100 millions d’euros engagés sur les trois prochaines années et l’engagement de toute la communauté éducative.
Jean-Michel Blanquer a rappelé : « C’est par l’école qu’il est possible de lutter à la racine contre les déterminismes et les assignations, c’est par l’école qu’on élève le niveau général et qu’on œuvre à la justice sociale. Les cités éducatives, dont le cœur est le collège du quartier, vont permettre de fédérer tous les acteurs et d’offrir aux enfants une éducation de qualité sur le temps scolaire, périscolaire et extrascolaire ».
Pour Julien Denormandie, « Depuis trente ans, les inégalités de destin ont progressé en France : selon l’endroit de naissance, sa famille, l’école fréquentée, les chances de réussite ne sont pas les mêmes. Ce n’est pas acceptable. Ces 80 cités éducatives vont apporter des financements nouveaux et coordonner les acteurs autour de l’école. Il s’agit de mieux accompagner nos enfants pour leur assurer cette réussite républicaine : le soir, après l’école avec des prises en charge pour faire les devoirs, le mercredi pour découvrir une nouvelle expérience sportive ou culturelle, la semaine pour échanger avec d’autres sur les problèmes rencontrés. Tous les acteurs autour de nos enfants seront en contact pour leur offrir les meilleures chances d’insertion et d’épanouissement ».
* La carte de ces territoires est consultable sur https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/