Richelieu contemporain

Richelieu contemporain

Franck Riester, ministre de la Culture, a annoncé les trois projets retenus dans le cadre du 1 % artistique pour le site Richelieu.

Le ministère de la Culture a choisi un comité artistique pour la réalisation d’une œuvre pour le nouveau site Richelieu réhabilité par l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (Oppic). Dans le cadre du 1 % artistique, ce comité a choisi trois projets innovants portés par le groupement Gilles Clément, Antoine Quenardel et Mirabelle Croizier, Dove Allouche et Jeremy Maxwell Wintrebert.
Après plusieurs années de travaux, une première partie du site Richelieu qui héberge la bibliothèque de l’École nationale des chartes, la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art, et les salles de recherche de la Bibliothèque nationale de France (départements des Manuscrits, Estampes et photographie, monnaies, médailles et antiques, Arts du spectacle et Musique) a rouvert ses portes en 2017.
En 2021, l’ensemble du site sera ouvert avec le musée de la BnF, la galerie d’exposition et la salle ovale (salle emblématique qui deviendra tout public et gratuite). À la fois bibliothèques, musée, galerie, palais rénové et centre de recherches, le site Richelieu prévoit d’accueillir un large public et d’offrir un pôle d’excellence dédié à l’histoire des arts. Avec deux nouvelles entrées situées rue de Richelieu et rue Vivienne, il devient le 26e passage parisien et le premier construit depuis presque cent ans.
Au sein de ce grand projet patrimonial, le 1 % artistique va permettre d’ancrer la création contemporaine au cœur de ce site, trois interventions artistiques instaurant un dialogue inédit entre passé et présent ont été choisies par chacune des trois institutions dans le cadre d’une réflexion commune.

Projet de la Bibliothèque nationale de France (BnF)
Hortus Papyrifera – Création paysagère dans le jardin Vivienne
Le groupement Gilles Clément/Antoine Quenardel et Mirabelle Croizier crée un parcours inventif et original au sein d’un projet paysager dédié qui fait le lien entre le passé, le présent et le futur du jardin. Basée sur la thématique des essences papyrifères, c’est-à-dire permettant de fabriquer du papier, la palette végétale se distingue par sa diversité et sa luxuriance. Le projet prévoit la restauration d’éléments patrimoniaux du site qui seront mis en scène au sein de la composition végétale, ainsi qu’un dallage polychrome en dialogue avec les bâtiments. Les visiteurs seront immergés au sein d’un véritable cocon de verdure exotique.

Projet de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA)
Les conditions de la culture – Projet photographique monumental dans la bibliothèque de l’INHA – Salle Labrouste par Dove Allouche
Prenant son point de départ dans les collections elles-mêmes, le projet de Dove Allouche vise à mettre en évidence la participation du vivant sur les artefacts culturels. L’artiste va réaliser 4 500 photographies de colonies de micro-organismes prélevés sur autant de monographies d’artistes appartenant aux collections de la bibliothèque de l’INHA, les cultiver, les photographier, et rassembler ces photographies dans 20 ouvrages, qui seront librement consultables dans l’espace Jacques Doucet. Ces images, mettant en relation un artiste du passé et ses parasites vivants, constitueront une œuvre à la fois discrète et paradoxalement monumentale, témoignant des formes de vie invisibles qui se développent continuellement dans l’architecture conçue par Henri Labrouste et sur les livres qui y sont conservés.

Projet de l’École nationale des chartes (ENC)
Gravity ripples #3 – Une sculpture de verre dans le hall circulaire par Jeremy Maxwell Wintrebert
Mettant audacieusement à l’honneur « un savoir-faire qui ne se transmet pas par l’écrit », le choix du comité artistique souhaite mettre en valeur les métiers d’art, en écho avec les métiers de relieurs. Disposée dans le hall circulaire de la bibliothèque de l’École, d’une très belle hauteur sous plafond, la pièce de verre soufflé formera une séquence vibratoire à la puissance d’évocation visuelle et intemporelle.