La terre au campus

La terre au campus

Le secteur agricole a ses classes et ses élèves. Différentes voies existent, en France et à l’international. Zoom sur cette rentrée 2019.

L’apprentissage est une voie intéressante pour les jeunes de moins de 30 ans. Voie de formation rémunérée, elle permet une poursuite d’études et offre des aides au permis de conduire et à la mobilité. Elle présente un très bon taux d’insertion professionnelle et de poursuite d’études. L’apprentissage dans l’enseignement agricole représente 8 % des effectifs nationaux d’apprentis. Afin d’être en capacité d’accueillir plus d’apprentis, les CFA agricoles et agroalimentaires évoluent pour apporter une offre adaptée en répondant aux enjeux du monde professionnel : qualité, agilité, individualisation, performance.
• Poursuivre des études dans l’enseignement supérieur agricole sous statut d’apprenti
En BTSA, un étudiant sur trois suit sa formation par la voie de l’apprentissage. Les cycles d’ingénieur comptent 15 % d’apprentis. Les écoles d’ingénieurs dispensent des formations par la voie de l’apprentissage dans diverses spécialités : agronomie, agroalimentaire, alimentation et santé, horticulture, paysage… 214 places ont été ouvertes dans le cadre de la session 2019 du concours d’accès aux écoles publiques d’ingénieur. Les effectifs d’apprentis ne cessent d’augmenter et l’insertion professionnelle des diplômés est rapide : six mois après la sortie de l’école, neuf sur dix sont en emploi.
Dans le secteur du paysage, l’École nationale supérieure de paysage de Versailles forme aussi des paysagistes par apprentissage.

Enseignement technique
La réforme du baccalauréat général a été également conduite dans l’enseignement agricole. Dans ce cadre, l’enseignement de spécialité biologie-écologie est exclusivement proposé dans les lycées d’enseignement généraux de l’enseignement agricole. Il a pour objectif de participer à la construction d’une culture scientifique solide (enjeux environnementaux et enjeux de santé publique) et à la formation de l’esprit critique. Combiné aux mathématiques ou à la physique-chimie, il prépare aux études supérieures dans les domaines de l’agronomie, de l’écologie, de la santé humaine et animale et du sport.
• Innovation pédagogique et 3e Rencontres nationales
L’enseignement agricole encourage l’innovation. Afin de valoriser les démarches innovantes, personnels de direction, enseignants, formateurs, personnels éducatifs et chercheurs se réuniront pour échanger et découvrir différents outils pédagogiques les 18 et 19 mars 2020 lors des 3e Rencontres nationales de l’innovation pédagogique. Ces rencontres organisées par la DGER, avec les établissements du dispositif national d’appui et l’Inspection de l’enseignement agricole, se dérouleront à Montpellier SupAgro et auront pour thème « éduquer, former, innover — avec ou sans numérique — dans une société numérisée ».
• Valorisation des compétences des jeunes
La pédagogie s’appuie sur la démarche de projet, l’éducation socioculturelle, la prise de parole, le sens critique et l’acquisition de l’autonomie au travers des stages ou voyages à l’étranger. Le renforcement de l’estime de soi se travaille par la pratique sportive, les dynamiques de projet et la déconstruction des préjugés. L’engagement citoyen du jeune est encouragé et les propositions des délégués des élèves et des délégués écoresponsables sont valorisées dans les projets d’établissements.
• Plan « enseigner à produire autrement », saison 2
Dès le lancement du premier plan, l’enseignement agricole a montré une mobilisation forte et volontariste. Au vu des résultats très encourageants, le ministre a souhaité poursuivre et amplifier la dynamique au travers d’un second plan qui vise à :
– favoriser la prise d’initiative des apprenants ;
– toucher toutes les formations s’intéressant à l’agriculture, à l’alimentation, à la bioéconomie et aux services dans les territoires ;
– mobiliser plus largement les membres des communautés éducatives et impliquer plus fortement les établissements de l’enseignement agricole supérieur ;
– stimuler toutes les exploitations agricoles et tous les ateliers technologiques afin qu’ils soient exemplaires dans la mise en œuvre des politiques publiques portées par le ministère ;
– encourager la diffusion des bonnes pratiques de l’enseignement agricole.

 Enseignement supérieur
• Parcoursup
Oniris, École nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l’alimentation de Nantes-Atlantique, a ouvert en 2019 un accès post-bac en partenariat avec Agrocampus Ouest, pour un cycle préparatoire à sa formation d’ingénieur en agroalimentaire, afin d’amplifier la diversification de ses voies de recrutement.
Les écoles privées d’ingénieurs du réseau France Agro3 (ISA de Lille, ESA d’Angers, ISARA-Lyon et EI Purpan) ont rejoint Parcoursup. Enfin, les certificats de spécialisation, formations post-bac par apprentissage en un an, y ont également fait leur entrée.
• L’appel à projets « Devenir ingénieur ou vétérinaire avec un BTSA »
L’objectif : inciter les établissements d’enseignement supérieur et les lycées agricoles à construire des projets de coaching, de soutien, de tutorat, de mentorat afin que les étudiants en BTSA préparent plus massivement et mieux les concours d’entrée dans les écoles d’ingénieurs agronomiques et vétérinaires (voies C et apprentissage du concours agrovéto, recrutement dans les écoles d’ingénieurs sous contrat du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation).
• Renforcement de l’enseignement supérieur agronomique
Le 14 décembre 2018, Frédérique Vidal et Didier Guillaume ont réaffirmé l’importance qu’ils attachent à la mission de l’enseignement supérieur agronomique en matière de soutien aux transitions de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche et de la forêt françaises. Ils confirment leur soutien au projet :
– d’un établissement « leader » dans les sciences et industries du vivant et de l’environnement, AgroParisTech, membre d’une université de premier rang international, l’Université Paris-Saclay ;
– et d’un établissement « leader » sur les questions d’agriculture, alimentation et environnement, composé d’écoles fortement ancrées dans les territoires et en lien avec les filières, issu du rapprochement de Montpellier SupAgro et Agrocampus Ouest. Il aura aussi un rôle majeur à jouer dans la transformation de l’agriculture et de l’alimentation en apportant son appui à l’enseignement technique agricole.
Ces établissements offriront ainsi à leurs étudiants une large palette de formations au service des différents modèles agricoles et alimentaires, en lien avec l’enseignement technique et les territoires.

International

Europe
Le programme Erasmus+ pour l’enseignement agricole français entre 2014 et 2018 c’est :
– plus de 60 millions d’euros ;
– l’enseignement agricole bénéficie de près de 70 % du budget Erasmus+ consacré à l’enseignement et à la formation professionnelle ;
– un budget pour l’enseignement scolaire multiplié par 7 en 4 ans ;
– en 2018, 80 % des dossiers déposés sont sélectionnés soit plus de 8 % des crédits éducation et formation du programme Erasmus+ dédiés à la France.

Afrique
Dans la continuité des priorités définies par le président de la République, l’enseignement agricole se mobilise pour donner une nouvelle impulsion aux partenariats avec l’Afrique autour de 4 engagements :
– soutien aux réformes des dispositifs de formation agricole ;
– intensification de la mobilité réciproque des étudiants et enseignants ;
– co-construction d’un réseau de formations croisées et doubles diplômes ;
– soutien aux jeunes entrepreneurs africains.
Un accord a été signé le 1er mars 2018 entre la France et l’Angola avec la formation pour axe prioritaire. S’appuyant sur l’expérience de coopération entre Montpellier SupAgro et l’Institut supérieur de technologies agroalimentaires de Malanje, la coopération va s’étendre à l’appui de l’Institut de Tchivinguiro pour qu’il devienne la référence pour la formation des exploitants et techniciens agricoles. La mobilité des boursiers en direction des formations françaises sera aussi favorisée.

Amérique latine
En octobre 2019, 15 établissements du réseau Brésil de l’enseignement agricole participeront au VIe Forum sciences et société à Urutai, sur le thème de la participation des jeunes à la construction d’un territoire sain et durable. L’occasion pour scientifiques et apprenants des deux pays de partager leur point de vue sur ce thème.

Asie
La première réunion du comité de pilotage du centre franco-chinois de la formation à l’agriculture créé en 2015 s’est tenue à Pékin le 26 avril 2019. Des projets seront mis en place, en lien avec le réseau Chine de l’enseignement agricole, sur des thématiques telles que la biosécurité en filière porc, l’agriculture biologique, le thé… Des mobilités d’étudiants, d’enseignants et d’agriculteurs chinois sont aussi prévues.