La rentrée des petits

La rentrée des petits

Placée sous le signe de la réussite, cette année scolaire 2019-2020 veut élever le niveau des élèves en insufflant plus de justice dès les premières classes, maternelles et primaires.

Retour sur les priorités de l’année scolaire des petites classes telles qu’annoncées par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

 La maternelle
Depuis cette rentrée 2019, tous les enfants âgés de 3, 4 et 5 ans doivent désormais être inscrits dans une école ou une classe maternelle, publique ou privée, sauf si leurs parents ou responsables légaux déclarent qu’ils les instruisent ou les font instruire dans la famille. Dans ce cas, des contrôles seront réalisés par les autorités compétentes. L’obligation d’instruction entraîne également une obligation d’assiduité durant les horaires de classe. Qui peut toutefois être assouplie pour un enfant de petite section d’école maternelle, à la demande des personnes responsables de l’enfant. La loi autorise aussi, à titre transitoire, l’instruction d’un enfant de 3 à 6 ans dans un jardin d’enfants.
L’école est aussi celle du langage. Chiffre inquiétant, 23 % des élèves qui entrent en CP ne connaissent pas le nom des lettres et le son qu’elles produisent, compétences pourtant essentielles pour la pratique de la lecture. L’apprentissage d’un vocabulaire précis et des structures de la langue deviennent par conséquent la priorité de l’école maternelle qui joue un rôle crucial dans la réduction des inégalités sociales.
De nouvelles ressources sont mises à disposition des professeurs : une recommandation pédagogique qui porte sur le langage et deux guides consacrés au vocabulaire et à la phonologie « Les mots de la maternelle ». Les premiers apprentissages mathématiques, notamment grâce à des pratiques de classe fondées sur le jeu et la manipulation, structurent le sens logique des élèves. Sachant que plus d’un élève sur deux a des difficultés à utiliser les nombres en entrant au CP, une recommandation pédagogique donne alors des indications pour renforcer l’enseignement. Une autre recommandation pédagogique a été publiée. Celle qui encourage l’exposition anticipée des enfants aux langues étrangères afin de mieux structurer leur compréhension du fonctionnement des langues et de les préparer à leurs apprentissages futurs.
À partir de septembre 2019, les professeurs nommés à un poste en école maternelle bénéficieront d’une formation académique spécifique, élaborée à partir d’un cahier des charges national.
Il importe de faire une école de l’épanouissement, a rappelé ministre. À la suite des Assises de la maternelle, pour l’épanouissement de l’enfant, dimension essentielle de sa réussite, l’école maternelle veille à prendre en compte davantage encore :
• les besoins physiologiques des enfants ;
• l’organisation d’une journée qui ménage des temps de repos et des temps d’apprentissage dans une alternance équilibrée ;
• les besoins relationnels d’attachement et de sécurité des jeunes élèves.
Par ailleurs aux côtés des professeurs des écoles, les compétences des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) contribuent pleinement au bien-être des élèves et à la mise en œuvre des activités dans la classe. Ainsi le ministère développe les formations qui associent les professeurs et les Atsem. De plus conjointement avec l’équipe de Boris Cyrulnik, un vadémécum est en préparation pour enrichir la formation au CAP d’accompagnant petite enfance.
Enfin, renforcer le suivi médical des enfants à l’école avec un bilan complet, permet de s’assurer que l’enfant voit et entend bien, et qu’il se trouve dans de bonnes conditions d’apprentissage.

CP et CE1
La bonne maîtrise des savoirs fondamentaux constitue l’un des principaux leviers pour réduire les inégalités sociales. De ce fait le dédoublement concernera 300 000 élèves en cette rentrée. Au total, depuis 2017, la mesure s’est traduite par la création de 10 800 classes de CP et de CE1 en Rep+ et Rep. Le dédoublement des classes de CP et de CE1 de l’éducation prioritaire a fait l’objet d’une évaluation scientifique menée par la Depp et un groupe de chercheurs reconnus. Elle a montré que :
• les élèves des classes dédoublées ont, en fin de CP, des résultats en français et mathématiques supérieurs aux élèves des classes avec des caractéristiques similaires, mais sans dédoublement : 8 % d’écart-type en français et 13 % en mathématiques, en faveur des élèves de Rep+ par rapport au groupe témoin ;
• l’effet de la mesure se vérifie en particulier sur les 24 000 élèves en très grande difficulté à leur entrée en CP, qui au terme de la première année de la mise en œuvre de la mesure, 2 000 d’entre eux ont moins de difficultés en français et 3 000 en mathématiques ;
• les professeurs décrivent des classes mieux disposées aux apprentissages scolaires avec des élèves plus attentifs, plus concentrés, plus efficaces dans leur travail et plus motivés. 96,5 % des professeurs concernés rapportent une meilleure compréhension des modes de raisonnement des élèves, 98,5 % une meilleure identification des besoins des élèves et enfin 82 % une meilleure dynamique de la classe ;
• les professeurs des classes dédoublées recourent plus fréquemment à des pratiques individualisées et dispensent un enseignement systématique du code alphabétique.
Pour être pleinement profitable, le dédoublement des classes doit s’accompagner de pratiques pédagogiques qui ont fait leurs preuves et d’un soutien constant aux professeurs. Cela s’est traduit par :
• la publication en avril 2018 d’un guide de référence pour l’enseignement de la lecture et de l’écriture et quatre recommandations pédagogiques pour l’enseignement du français et des mathématiques ;
• la publication en mai 2019 de trois recommandations pédagogiques pour la maternelle sur l’enseignement du langage, sur la découverte des nombres et de leur utilisation, sur l’enseignement des langues vivantes ;
• une réflexion sur les pratiques pédagogiques dans les classes (incluant aménagements physiques des classes, organisation des emplois du temps) ;
• des séminaires de formation qui ont concerné l’ensemble des inspecteurs de l’éducation nationale et les conseillers pédagogiques en charge de l’accompagnement du français et des mathématiques (2017-2020).
Cet effort en faveur des apprentissages fondamentaux sera poursuivi en 2019-2020 par la mise à disposition de nouvelles ressources :
• un vadémécum adressé aux inspecteurs de l’éducation nationale ;
• un guide de référence pour l’enseignement de la lecture et de l’écriture au CE1 et un autre guide sur l’enseignement des mathématiques au CP.
Trois séminaires nationaux de formation concernent les 1 400 inspecteurs de l’éducation nationale en ce mois de septembre 2019. L’ensemble des conseillers pédagogiques recevra aussi une formation afin d’accompagner efficacement les enseignants dans la classe.
Le calendrier de passation des évaluations 2019-2020 est le suivant :
• CP et CE1: du 16 septembre au 27 septembre
• Évaluation de mi-CP : du 20 janvier au 31 janvier 2020.
• 6e: du 30 septembre au 18 octobre.
Afin de ne pas surcharger les élèves, l’étalement des exercices sur plusieurs demi-journées distinctes est recommandé.
Les évaluations ont été conçues par la Depp, le Conseil scientifique de l’éducation nationale (CSEN) et la DGESCO. Elles sont élaborées pour repérer et comprendre la nature des difficultés que peuvent rencontrer les élèves dans l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et des premiers éléments de mathématiques. Le CSEN a rédigé un document intitulé ÉvalAide qui explicite les choix retenus pour ce dispositif national d’évaluation : objectifs, fondements scientifiques et intérêts pédagogiques.
Toutes les données, strictement anonymisées, collectées par la Depp fourniront des indications objectives pour éclairer la politique d’éducation du ministère. De plus les évaluations nationales fournissent aux professeurs un panorama détaillé des acquis et des besoins de chaque élève dans les compétences clés en français et en mathématiques. Elles permettent aussi de mieux associer les parents à la scolarité des élèves en leur présentant les résultats des évaluations et d’ajuster le projet pédagogique des écoles, des établissements et des circonscriptions.
Au CP, les évaluations repères de septembre permettent, en français, de mesurer le degré d’agilité des enfants à manipuler des syllabes et les sons et portent sur la capacité des élèves à comprendre les mots, les phrases ou un court texte, lus par le professeur. Quant aux mathématiques, on vérifie chez les élèves leur connaissance des nombres jusqu’à dix et leur capacité à les mobiliser dans une situation simple. L’évaluation de janvier-février, donne des indications au professeur sur l’évolution des acquis de ses élèves, notamment en fluidité de lecture.
Au CE1, le but de l’évaluation en français, organisée en septembre, est d’analyser la capacité de l’élève à décoder rapidement les mots, lire à voix haute avec fluidité, comprendre un texte simple, orthographier les mots les plus fréquents. En mathématiques, est de savoir utiliser des nombres entiers supérieurs à dix et mobiliser les premières notions de géométrie.
En 6e, les évaluations nationales des élèves en français et en mathématiques sont mises en ligne et corrigées automatiquement. Et à partir de ces résultats s’organise le suivi ajusté des élèves durant l’année. Enfin selon le retour individualisé de l’élève, les professeurs s’arrangent une rencontre collective ou individuelle avec les parents.
À la rentrée 2019, des repères annuels de progression en français et en mathématiques entrent en vigueur. Ainsi du CP au 3e, les équipes pédagogiques disposent d’un outil supplémentaire pour mener à bien un enseignement progressif. Exemple : au CP, l’élève doit acquérir les automatismes de déchiffrage du code alphabétique en apprenant les correspondances graphèmes-phonèmes. L’apprentissage commence dès la rentrée à un rythme soutenu de 2 correspondances par semaine pour atteindre 12 à 15 correspondances graphèmes-phonèmes avant les congés de Toussaint.
Les repères de progression indiquent des attendus de fin d’année, c’est-à-dire ce qui doit être acquis au terme de chaque année de la scolarité obligatoire. Exemple : en français, on attend d’un élève qu’il sache lire correctement et de manière fluide au moins 50 mots par minute à la fin du CP, au moins 90 à la fin du CE2 et 120 à la fin du CM2. En mathématiques, à la fin du CP, l’élève résout des problèmes d’addition et de soustraction avec des nombres inférieurs ou égaux à 100. Au CE1, il résout des problèmes à deux étapes mixant additions, soustractions et/ou multiplications avec des nombres jusqu’à 1 000.

L’école primaire sur tous les territoires
Dans les 45 départements des plus ruraux, 270 postes sont créés alors qu’il y a 57 000 élèves en moins sur trois ans. Cette décision permet de maintenir un maillage d’écoles rurales à un haut niveau de densité (20 % des écoles en France comptent 1 ou 2 classes) et d’améliorer le taux d’encadrement des élèves dans tous les départements, notamment dans les cinquante les plus ruraux. À titre d’exemple, en moyenne, il y a 17 élèves par classe dans le Cantal et 14 élèves par classe en Lozère.
• Le Plan bibliothèque : ce plan se poursuit à la rentrée 2019 avec 2 millions d’euros d’investissement par an. Il s’agit d’offrir une grande variété de livres aux élèves dans les écoles rurales. Prioritairement celles qui ne bénéficient pas d’un service public du livre de proximité ni de dotation récente.
• Les Écoles numériques innovantes : lancé en juin 2018 et doté de 20 millions d’euros, le programme permet de soutenir près de 3 800 écoles dans 3 570 communes rurales dans l’acquisition d’équipements numériques. Ces équipements sont destinés à favoriser les apprentissages, à enrichir le lien avec les familles et à conforter l’attractivité de l’École et des territoires ruraux. Plus de 85 % des communes concernées comptent moins de 1 500 habitants.
• Le partenariat avec les collectivités territoriales : les conventions ruralité sont le résultat d’un dialogue étroit entre l’éducation nationale et les collectivités. Les leviers d’action mobilisés dans ces conventions : la constitution de pôles scolaires ; la mise en réseau des écoles ; le renforcement des liaisons-écoles-collèges ; la diminution du nombre d’écoles à classe unique ; les innovations pédagogiques ; l’adaptation des services de transport scolaire ; le recours aux ressources numériques. Au 31 août 2019, 49 conventions ruralité ont été signées, soit 5 de plus qu’en 2018. En outre, à l’instar des contrats de ville, les contrats de ruralité coordonnent les moyens financiers et prévoient l’ensemble des actions et des projets à conduire en matière d’accessibilité aux services et aux soins. Le ministère a renforcé les moyens pour y maintenir une offre scolaire de proximité.
• La fermeture d’école : il n’y aura pas de fermeture d’écoles sans accord préalable du maire de la commune d’ici à la fin du quinquennat. Sur la base de cet engagement du président de la République, le nombre de fermetures d’écoles en zone rurale est limité à 63 à la rentrée 2019.
• L’école ultramarine : le livre bleu Une ambition pour l’outre-mer, issu des Assises des outre-mer (automne 2017), retient comme priorité la réduction des écarts entre les élèves ultramarins et ceux de la métropole dans la maîtrise des savoirs fondamentaux. 1 993 classes de CP et de CE1 dédoublées dans les Doms offrent à 25 000 élèves un suivi renforcé dans leurs apprentissages. Dans ces territoires ultramarins, pour les Devoirs faits, l’éducation nationale mobilise près de 340 000 heures supplémentaires et près de 1,2 million d’euros dans les académies concernées. Ainsi, plus de 800 écoles proposeront des actions de soutien dès la rentrée scolaire 2019.

Soutenir les familles les plus fragiles
• Un petit-déjeuner à l’école pour 100 000 élèves : le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, par la stratégie de la prévention et de lutte contre la pauvreté (2018-2022), permet, dès cette rentrée, à 100 000 enfants de prendre régulièrement un petit-déjeuner à l’école. Cette nouvelle opportunité est offerte en priorité aux élèves des territoires les plus fragilisés (Rep/Rep+ et quartier prioritaire de la ville [QPV], zone rurale). Et toute autre école en dehors de ces territoires exprimant des besoins. Par ailleurs l’identification des écoles bénéficiaires du dispositif se fait en fonction de l’indice social (CSP, taux de boursiers, etc.). Dès avril 2019, la mesure a été mise en place dans 8 académies préfiguratrices avant d’être étendue à la rentrée. Cependant ces petits-déjeuners doivent répondre à un cahier des charges précis : ils doivent être équilibrés et de qualité ; servis dans le respect des règles de sécurité et d’hygiène alimentaire ; ouverts à tous les enfants ; et enfin accompagnés d’une action d’éducation à l’alimentation et d’une sensibilisation des parents au rôle du petit-déjeuner.
• Le soutien financier aux familles : le montant de l’allocation de rentrée scolaire est de 389,19 euros par enfant de 11 à 14 ans. Le ministère consacre 739 millions d’euros aux bourses de collège et de lycée, soit 4 % de plus que durant l’année 2018. En complément des bourses, le ministère consacre 65 millions d’euros aux fonds sociaux pour soutenir les familles les plus fragiles. Enfin, en 2019, l’éducation nationale consacre 2 millions d’euros (soit 1 million d’euros de plus qu’en 2018) au programme Ouvrir l’école aux parents, destiné à aider les parents allophones dans la prise en charge de la scolarité de leur enfant.

L’accueil des élèves en situation de handicap
En cette rentrée 2019, l’article 5 quinquies du chapitre IV de la loi, intégralement consacré à l’École inclusive permet d’engager à la fois une transformation de l’organisation de l’accompagnement des élèves en situation de handicap et une amélioration significative des conditions de recrutement, de formation et de travail de leurs accompagnants. Ce sont les deux piliers d’un véritable service public de l’École inclusive.
Le Pial, forme d’organisation de l’accompagnement des élèves en situation de handicap, permettait jusqu’alors aux élèves ayant besoin que la personne soit recrutée. Désormais, les accompagnants sont recrutés au sein du pôle inclusif et apportent leur aide à l’élève dès son arrivée en classe. Les objectifs étant un accompagnement humain défini au plus près des besoins de chaque élève en situation de handicap ; une plus grande réactivité dans l’affectation des accompagnants ; et aussi une professionnalisation des accompagnants et une amélioration de leurs conditions de travail. Pour l’année scolaire 2019-2020, plus de 3 000 pôles inclusifs d’accompagnement localisés seront déployés dans le premier et le second degré. À cet effet, 4 500 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires d’accompagnants sont recrutés. En outre, 29 000 contrats aidés (CUI-AVS) sont transformés en 16 571 ETP d’AESH. Soit au total, une progression de 7,2 % des moyens en ETP d’AESH.
À compter de la rentrée 2019, les emplois des AESH sont recrutés en contrat à durée déterminée de 3 ans, renouvelable une fois avant signature d’un CDI en cas de poursuite de leur activité. La loi permet désormais à l’Éducation nationale et aux collectivités territoriales de s’associer par convention en vue d’un recrutement commun d’AESH. Cette généralisation du principe du « second employeur » permettra aux accompagnants qui le souhaitent une augmentation du temps de travail moyen et garantira aux élèves une meilleure continuité de leur accompagnement entre les temps scolaires et périscolaires.
Des AESH référents sont nommés dans chaque département pour accompagner ceux qui débutent. Leur formation d’adaptation à l’emploi est garantie par la loi Pour une École de la confiance. Ils pourront en bénéficier dès la première année d’exercice et auront ainsi accès à des actions de formation inscrites dans les plans académiques de formation.
Afin de mieux accompagner les familles, depuis juin 2019, l’aide d’une cellule d’écoute leur a été apportée dans tous les départements. Il s’agit précisément de les informer sur les dispositifs existants et de leur répondre sur le dossier de leur enfant. Une réponse de première intention est donnée dans les 24 heures suivant l’appel. Depuis la rentrée scolaire 2019, la plateforme Cap École inclusive propose aux professeurs des ressources pédagogiques, immédiatement mobilisables en classe, afin de les accompagner pour la scolarisation de tous les élèves et plus particulièrement les élèves à besoins éducatifs particuliers. Cette plateforme permet également la mise en relation des professeurs avec des pairs expérimentés qui pourront les accompagner dans la mise en place d’adaptations et aménagements pédagogiques, notamment pour les élèves avec des troubles du spectre de l’autisme (TSA). Enfin, en cette rentrée 2019, 200 Ulis sont créées dont 100 pour le second degré. D’ici 2022, création de 250 Ulis en lycée.

Les devoirs faits
Chaque élève des établissements publics et privés sous contrat, qui le souhaite peut bénéficier de plusieurs heures par semaine d’aide aux devoirs, sans se limiter aux élèves en difficulté. Le but est que l’enfant puisse travailler individuellement à ses exercices, répéter ses leçons, exercer sa mémoire et son sens de l’analyse, sous le regard d’adultes (professeurs, assistants d’éducation, volontaires du service civique, membres d’associations, etc.).
En 2018-2019, environ 28 % des élèves de collèges ont choisi d’y participer, soit près de 755 000 élèves, dont 245 513 élèves de 6e. En Rep+, près de 40 % des collégiens, soit 60 000 élèves, sont concernés. En moyenne, les élèves fréquentent Devoirs faits deux heures par semaine, supervisés majoritairement par des professeurs, qui assurent 54 % des heures.
Depuis janvier 2019, dans le cadre de Devoirs faits, le Cned a conçu et mis en ligne un assistant numérique. Jules, personnage virtuel, qui s’enrichit en permanence avec les questions qu’on lui pose, apporte aux collégiens des réponses précises en français et en mathématiques. (Rens. sur cned.fr/le-cned/services-aux-etablissements-scolaires/avatar-jules-devoirs-faits/)

La culture et les arts
• Éducation musicale
La Rentrée en musique, symbole d’une ambition, une troisième du genre a eu lieu le 2 septembre dernier. Un moment musical est organisé dans toutes les écoles, les collèges et les lycées afin d’accueillir les nouveaux élèves et de commencer l’année avec la joie.
Une chorale est annoncée dans chaque école et chaque collège d’ici 2020 : 90 % des collèges ont leur chorale contre 70 % des écoles. Un comité réunissant les collectivités, le ministère de la Culture et le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse est créé dans chaque département et dans chaque région. Les crédits consacrés aux projets territoriaux et nationaux ont triplé, pour atteindre 800 000 euros, abondés à parts égales par le ministère et ses partenaires. Ces financements sont complétés localement par les Drac et les collectivités territoriales.
D’autre part une nouvelle instance nationale, le comité national du chant choral, présidé par Sofi Jeannin, directrice musicale de la maîtrise de Radio France, a pour mission d’encourager la création de répertoires pour les élèves et la formation conjointe entre les professeurs, les professionnels de la culture, les animateurs, etc.
Les formations de qualité pour les chefs de chœur se multiplient, notamment avec la participation de partenaires prestigieux, comme l’Opéra-comique ou l’académie musicale de Villecroze, qui proposent plusieurs stages d’une durée d’une semaine associant chefs de chœur et artistes de haut niveau.
D’ici janvier 2020, toutes les académies disposeront d’un chœur de professeurs.
À noter : L’édition 2019 du festival École en chœur, s’est conclue par un concert radio diffusé rassemblant de plus de 1 000 élèves et professeurs choristes, dans l’auditorium de Radio France le 11 juin dernier.
• Livre et lecture
Le ministère poursuit son action pour favoriser la pratique de la lecture personnelle, le développement du goût et du plaisir de lire et l’accès aux livres. Cela passe par :
– un plan d’investissement dans les bibliothèques des écoles : 4,5 millions d’euros depuis 2017 auxquels s’ajoutent 2 millions d’euros en 2019-2020 ;
– des « quarts d’heure lecture » : le développement de temps banalisés de lecture personnelle quotidiens dans les écoles et les établissements ;
– l’opération Un livre pour les vacances, a permis de remettre à 800 000 élèves de CM2 un recueil de 22 fables de La Fontaine illustrées cette année par le dessinateur Voutch ;
– le soutien renforcé au concours les Petits champions de la lecture avec un objectif de 100 000 élèves inscrits en 2019-2020 ;
– un soutien aux associations qui promeuvent la lecture dès l’école maternelle comme Lire et faire lire et l’écriture avec le Labo des histoires.
• La pratique théâtrale
385 établissements (376 collèges et 9 lycées professionnels) dans 25 académies participent en 2020 à une expérimentation consacrée aux arts oratoires. Les élèves de troisième concernés bénéficieront alors de 30 minutes supplémentaires par semaine pour travailler la prise de parole en public, l’art de lire et de dire un texte. Ce qui les préparera à la prise de parole notamment lors du « grand oral » du baccalauréat et au-delà pour leur réussite personnelle et professionnelle.
• L’éducation du regard
Le 20 septembre 2019, vendredi précédant les journées du patrimoine, les ministères de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et de la Culture lancent l’opération Levez les yeux ! Une journée dédiée à l’éducation au patrimoine. Les professeurs disposent d’un guide Connaître le patrimoine de proximité.
Pour aiguiser le regard critique des élèves, chaque collège et chaque lycée disposeront d’un ciné-club. Lancé en octobre 2018 par France Télévisions, avec le soutien de réseau Canopé, cinéma.lesite.tv met à disposition gratuitement des professeurs des collèges et des lycées 55 films du patrimoine cinématographique.
Dans le même temps, avec le concours du Centre national du cinéma (CNC) il s’agira d’étendre Écoles au cinéma, Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma pour développer chez les élèves le goût des projections cinématographiques dans des salles de cinéma.
La deuxième édition du César des lycéens, en partenariat avec l’académie des Césars, aura lieu à partir de janvier 2020. Durant trois semaines en février, un jury de plus de 1 200 élèves de lycées généraux, technologiques et professionnels débattra.
• La chaîne éducative
Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse s’associe avec France Télévision et l’ensemble des acteurs de l’audiovisuel public pour lancer en janvier 2020 une grande chaîne éducative. Cette nouvelle offre va permettre aux enfants de bénéficier de contenus éducatifs de qualité sur leurs différents temps.
• Année de l’Afrique et de la bande dessinée
Des événements, des projets de classe et des échanges vont permettre aux jeunes Français de mieux comprendre l’Afrique contemporaine. La bande dessinée est à l’honneur durant toute l’année 2020. L’éducation nationale a pour volonté de promouvoir la pratique du dessin et les techniques d’écriture.