Transition écologique pour tous

Transition écologique pour tous

Lutter contre les inégalités par la protection de la biodiversité et du climat, tel est l’objectif du G7 de l’environnement. Une réunion a été organisée en ce sens ce mois de mai et des engagements ont été pris.

Le Gouvernement a choisi de faire de la lutte contre les inégalités le thème central de sa présidence du G7. Dans la perspective du Sommet Biarritz qui aura lieu du 24 au 26 août 2019 avec les chefs d’État et de gouvernement des sept pays membres (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et l’Union européenne, une réunion ministérielle G7 de l’environnement a été organisée les 5 et 6 mai dernier, au Centre des congrès Robert Schuman de Metz. En plus des membres du G7, d’autres pays ont été invités à cette occasion. Objectif, développer ensemble des actions concrètes pour protéger la planète et préserver les populations vulnérables.
La communauté scientifique ne cesse en effet d’alerter l’opinion sur l’accélération de la disparition de nombreuses espèces et la dégradation généralisée de l’état des écosystèmes terrestres et marins. Les derniers chiffres récents sont alarmants : le rythme actuel de disparition des espèces est 100 à 1 000 fois supérieur au taux naturel d’extinction. La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a examiné du 29 avril au 4 mai 2019 le rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques. Cette évaluation constitue l’un des documents de référence pour l’élaboration du futur cadre mondial pour la biodiversité post-2020.

Les objectifs

Inégalités et transition écologique juste
La priorité transversale de la présidence française du G7 étant la lutte contre les inégalités, le G7 Environnement s’inscrira dans le cadre de l’Agenda 2030 pour promouvoir une transition écologique ne laissant personne de côté. Il intègre alors la question des inégalités à la fois de manière transversale dans ses discussions et au travers de livrables spécifiques promouvant des solutions triplement gagnantes au regard de la biodiversité, du climat et de la lutte contre les inégalités. L’égalité entre les femmes et les hommes reçoit une attention particulière.

Alertes scientifiques et mobilisation internationale sur la biodiversité et le climat
Le G7 environnement s’appuie sur la science et en réaffirme le rôle clé pour alerter, mettre en cohérence et susciter une mobilisation politique à la hauteur des enjeux sur la biodiversité et le climat.
Conformément à l’engagement du président de la République, il contribue en particulier à rehausser la place accordée à la question de l’érosion de la biodiversité sur la scène internationale d’ici à 2020. Comme il s’intègre pleinement dans la séquence de grands événements internationaux organisés par la France pour préparer l’événement décisif que constitue la Cop15 de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Le One Planet Summit de Nairobi dédié à l’Afrique qui s’est tenu en mars 2019, s’est également inscrit dans les enjeux liés à la biodiversité et au climat.
D’autre part, le G7 Environnement a été adossé en mai 2019 à la réunion plénière, à Paris, de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) qui adoptera sa première évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques. Il s’appuiera sur ce rapport majeur pour alimenter le Sommet du G7, au travers à la fois d’une Charte du G7 sur la biodiversité qui pourrait être endossé par les Chefs d’État et d’engagements concrets pris par des coalitions d’acteurs.
Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et l’IRP (Panel international sur les ressources) présenteront leurs travaux aux ministres de l’Environnement.

Solutions concrètes pour le climat et la biodiversité
Le G7 Environnement vise à susciter des engagements concrets pour lutter contre les pressions majeures sur la biodiversité et promeut tout particulièrement les solutions fondées sur la nature. Le changement climatique, projeté pour devenir la pression principale sur la biodiversité, est traité de manière transversale. Il vise aussi à susciter des solutions concrètes pour répondre à chacune des trois autres pressions majeures sur la biodiversité – l’usage des terres (lutte contre la déforestation), les pollutions (plastiques, gestion des déchets, systèmes de refroidissement propres et efficaces) et la surexploitation (grands singes) – et en tirant parti des services rendus par la nature (résilience côtière, récifs coralliens, mangroves) sont mis en lumière.

Financement de la préservation de la biodiversité
Le G7 Environnement s’attache à poser des jalons pour l’émergence d’une finance biodiversité au travers notamment de deux études sollicitées par la Présidence française du G7.
L’OCDE présentera ses travaux sur relatifs à l’intérêt économique de la préservation de la biodiversité et à la quantification des flux financiers en sa faveur. WWF et Axa remettront leur rapport conjoint sur l’intégration du risque biodiversité dans les décisions d’investissements privés.
La thématique océan devant être largement traitée lors du Sommet de Biarritz, le G7 Environnement ne se focalise par sur ce sujet.

Les modes d’action
Les débats doivent s’accompagner de la mise en œuvre de propositions concrètes. En lien avec les initiatives One Planet Summit, le cercle des pays invités à participer est élargi au-delà des pays du G7 et la société civile y est fortement associée. En complément d’un communiqué et d’une Charte du G7 sur la biodiversité, le G7 exploite de nouvelles formes de partenariats entre gouvernements, avec la société civile et avec les collectivités. Il cherche à mobiliser des coalitions d’acteurs à géométrie variable autour de solutions concrètes pour le climat et sur la biodiversité, contribuant ainsi à identifier les livrables à plus fort impact en vue du Sommet du G7.
Les pays du G7 sont appelés à annoncer concrètement leurs engagements individuels ou en coalition à travers de mesures ciblées vis-à-vis de certains facteurs d’érosion de la biodiversité, et en participant à l’Agenda de l’action pour la biodiversité « Sharm El-Sheikh – Kunming » qui a été annoncé à la Cop14 de la convention sur la diversité biologique (CBD) en novembre 2018.

Les partenaires hors G7 invités lors de ce G7
• L’Inde, acteur incontournable sur le climat qui assurera par ailleurs la présidence de la Cop14 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (septembre 2019).
• Le Mexique, qui a accueilli la Cop13 de la CDB ; est moteur dans les négociations sur la biodiversité, le climat et l’environnement en général, et notamment sur l’initiative Collaboratif de Paris sur les budgets verts avec l’OCDE.
• L’Égypte qui a accueilli la Cop14 de la CDB en novembre 2018, et est présidente du Groupe Afrique.
• Le Chili qui accueillera la Cop25 de la CCNUCC.
• Les Fidji en tant que pays de l’Océanie particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique, ambitieux à la CCNUCC et important pour les enjeux biodiversité.
• L’Indonésie et le Gabon en tant que grands pays forestiers et riches en biodiversité. L’Indonésie est par ailleurs coprésidente de l’Initiative internationale pour les récifs coralliens (2018-2020).
• Le Niger en tant que pays atteint par la désertification et dans la perspective du projet de sommet de Niamey sur le Programme d’investissement climat Sahel initié à la Cop22. Le Niger accueille également le sommet de l’Union africaine en 2019.
• La Norvège, car elle prend la présidence du Secrétariat des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC).
Le président de la Cop24 de Katowice qui s’est déroulé en Pologne a également été convié au segment ministériel.

Un G7 Environnement exemplaire
La réunion des ministres européens du G7 à Metz est engagée dans une double démarche de certification : la norme « Iso 20 121 » et le label « Égalité Grand Événement » de Afnor-normalisation. À travers la norme « Iso 20 121 », norme de management durable des événements, le ministère de la Transition écologique et solidaire a mis au cœur du G7 Environnement 3 enjeux prioritaires :
• maîtriser l’empreinte environnementale ;
• lutter contre l’inégalité ;
• créer une dynamique durable.
Cette dynamique s’applique à l’organisation de l’événement, mais également, fait rare, au contenu des échanges de cette réunion.

Maîtrise de l’empreinte environnementale
La maîtrise de l’empreinte environnementale implique de viser la neutralité carbone et de s’engager pour une économie circulaire.
Le G7 Environnement est un événement neutre en carbone. Dans une logique de sobriété, Metz bénéficie d’une desserte TGV en centre-ville qui limite l’impact des modes de déplacements, tout comme la compacité du dispositif, grâce à la proximité avec les lieux d’accueil et d’échanges. La certification HQE du Centre des Congrès de Metz permet de limiter l’impact énergétique.
À l’issue du G7 Environnement, le ministère compense son impact carbone avec un soutien à des initiatives locales et internationales.
Pour la restauration, le G7 Environnement a choisi de travailler avec Marcotullio, traiteur écoresponsable certifié Iso 20121 et avec la Maison Dufossé. Les deux traiteurs s’appuient sur une démarche d’approvisionnement en agriculture biologique, en production locale et circuits courts. Ils sont aussi engagés dans le soutien aux labels La Lorraine notre signature, Mangeons Mosellan ou à EqoSphère.

Lutte contre les inégalités
La Lutte contre les inégalités a pour objectif de viser l’égalité femmes/hommes et d’ouvrir à la société civile, au grand public et aux jeunes l’événement. Les événements destinés à la société civile et au grand public organisés au Centre Pompidou illustrent cette volonté d’ouverture avec une programmation riche, des temps d’échanges entre ministres et représentants des groupes d’engagements, et une rencontre avec les élèves du collège Pilâtre-de-Rozier.
L’engagement dans la labellisation « Égalité Grands Événements » est une démonstration que l’égalité femmes/hommes est au cœur de l’approche de la réunion ministérielle. Que ce soit dans les équipes d’organisations, dans le panel d’intervenants ou dans le choix de ses partenaires et prestataires, la parité a alors été visée. Ainsi, le cadeau remis aux délégations étrangères par le ministre a été réalisé par une équipe mixte de la cristallerie Saint-Louis.
La parité a été également de mise lors des représentations musicales qui ont précédé le dîner de gala. La lutte contre les stéréotypes genrés est d’ailleurs illustrée par le mode de sélection des musiciens de l’Orchestre national de Metz qui sont auditionnés à l’aveugle.

Une dynamique développement durable, inscrite dans le temps
La dynamique durable du ministère se poursuivra dans les prochains mois avec le Congrès mondial de la Nature de l’UICN 2020 qui sera organisé en juin 2020 à Marseille et pour lequel la certification Iso 20121 sera également visée.
La dynamique territoriale s’illustre avec le village écocitoyen organisé les 3 et 4 mai 2019 à Metz et qui s’est concrétisée par l’annonce de la création de la Charte d’engagement écomanifestations que la ville de Metz imposera aux futurs événements organisés dans la ville. Les partenaires se retrouvent également dans cette dynamique. L’hôtel La Citadelle a ainsi profité du G7 Environnement pour renforcer son engagement environnemental en obtenant le Label Planet 21 Argent. Le Centre des congrès de Metz a lui accéléré son processus de certification Iso 14001.

Les engagements de la France

Feuille de route pour l’économie circulaire
La feuille de route pour l’économie circulaire adoptée en avril 2018 présente 50 mesures pour transformer en profondeur l’économie et les modes de production de la France. Réconciliant environnement et économie, la démarche vise à mieux produire, mieux consommer, mieux gérer les déchets et mobiliser tous les acteurs.
La France s’est fixé un double objectif d’ici à 2025 : réduire de 50 % les quantités de déchets mis en décharge et tendre vers 100 % des plastiques recyclés.

Plan biodiversité
Le Plan biodiversité, présenté en juillet 2018, est constitué de 6 axes, 24 objectifs et 90 actions. Les 5 angles prioritaires de ce plan sont : la limitation de la consommation de l’espace et la préservation des milieux, la protection de certaines espèces, la préservation de la mer et du littoral, la transition de nos modèles de production et de consommation et le renforcement du lien entre santé et environnement. Sa mise en œuvre s’appuie sur la mobilisation du Gouvernement, de la société française dans toutes ses composantes et de la communauté internationale.

Stratégie française pour l’énergie et le climat
Le Gouvernement a présenté en novembre 2018 sa Stratégie française pour l’énergie et le climat qui s’appuie sur la Stratégie nationale bas carbone et la Programmation pluriannuelle de l’énergie. La PPE est un outil de pilotage qui vise à définir la politique énergétique de la France pour les prochaines années par l’amélioration de l’efficacité énergétique, la réduction de la consommation finale d’énergie, l’accélération du développement des énergies renouvelables, la promotion de la mobilité propre, la garantie de la sécurité d’approvisionnement et la maîtrise de la facture énergétique des Français.

Loi d’orientation des mobilités (LOM)
La loi mobilités, présentée en novembre 2018, a 4 objectifs : apporter à tous et partout des solutions alternatives à la dépendance à l’usage individuel de la voiture ; développer l’innovation et les nouvelles solutions de mobilité, qui doivent être mises au service de tous ; réduire l’empreinte environnementale des transports, en réussissant la transition écologique dans notre façon de se déplacer ; et enfin investir davantage dans les infrastructures qui améliorent les déplacements du quotidien.

Agenda 2030
En 2015, les États membres de l’Onu ont adopté le programme de développement durable à l’horizon 2030. Au cœur de cet « Agenda 2030 », 17 objectifs de développement durable (ODD) ont été fixés. Ils couvrent l’intégralité des enjeux dans tous les pays : le climat, la biodiversité, l’énergie, l’eau, la pauvreté, l’éducation, l’égalité des genres, la prospérité économique et l’agriculture. Au travers de l’élaboration d’une feuille de route, la France a réaffirmé son engagement à mettre en œuvre les ODD tant sur le plan national qu’international.

One Planet Summit
À l’initiative de la France, des Nations Unies et de la Banque mondiale, le One Planet Summit (OPS) a rassemblé le 12 décembre 2017 les acteurs publics et privés autour de deux piliers : le climat et la mobilisation des financements.
L’objectif est d’accélérer la mise en œuvre de l’accord de Paris pour le rendre irréversible en l’inscrivant au cœur d’actions concrètes. Une seconde édition de l’OPS s’est tenue en septembre 2018 à New York pour suivre la mise en œuvre des engagements pris lors de la première édition et l’élargir à la biodiversité et les océans. Une édition régionale de l’OPS s’est également tenue à Nairobi au Kenya sur les questions climatiques africaines.

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